CHAPITRE IX
Les négociations à Vienne pour former une ligue entre TEmpire, la Pologne et la Moscovie contre les Turcs.
Ce n'est plus Nimègue, ni Varsovie et non plus Grodno, mais c'est Tienne qui est devenue le centre où se déploie, en cette période de son pontificat, l'activité d'Innocent. Les principaux traités de paix avaient déjà été conclus à Mmègue. Le pape avait ainsi franchi la première étape de son programme politique et religieux.
En Pologne il avait réussi à dissiper les ressentiments que l'on nourrissait contre la Cour de Tienne et en même temps à apaiser les discordes intérieures. L'empereur était décidé à prêter la main au roi Jean III pour repousser les Turcs hors d'Europe. A ces deux souverains il s'agissait de joindre le Czar Fédor III qui avait succédé à son père eu 1676 ; déjà les Moscovites et les Polonais s'étaient réconciliés à Grodno et avaient discuté les préliminaires d'une ligue, à la réalisation de laquelle on s'en était presque remis à l'empereur, en dernier ressort.
A cette triple alliance devaient, d'après le plan du pape, adhérer le plus grand nombre des princes chrétiens, par des secours soit en armes soit en argent.
La plus grande difficulté était de gagner Louis XIT et d'obtenir de lui, sinon des secours, tout au moins la neutralité, car il ne semblait pas avoir accepté comme définitive la paix qu'il venait de signer à Nimègue.
Toutefois, malgré tous ses efforts pour former une grande ligue dé la chrétienté, le pape comprenait bien qu'en ce mo-
ment il ne pouvait compter, en dehors des trois nations susindiquées, que sur l'aide de Malte et du g-raud duc de Toscane, ce qui n'était pas suffisant. L'Espagne, toujours troublée par des discordes de partis, venait, par les fiançailles du roi avec la princesse d'Orléans, de s'alJieren quelque sorte à la France, tandis que la République de Venise, à cause de l'incident de Zeno pour le Quartier, n'avait que des rapports officieux avec la Cour de Rome et se livrait à de petites représailles irritantes envers les Etats de l'Eglise. En réalité^ pour la réussite de son programme. Innocent avait mis ses espérances dans l'aide de la Providence divine, en dehors des prévisions humaines.
Voici d'abord deux dépêches de Mgr Bonvisi à Cyba qui donnent un aperçu de la situation du moment: la première, datée du 26 mars 1679, sur la Hongrie, et la seconde qui transmet au Secrétaire d'Etat un avviso de Constantinople du 13 mai:
Mn.<^ e JRevJ^^^ Signore e Sig.'^ Padron Col.^^^^
Se la Boemia è sconcertata, non lo è niente meno l'Ungaria,, poichè è già passato il tempo dell'armistizio, e non si vede alcuna disposizione per l'aggiustamento ; perche se bene alcnni de i ribelli lo desiderano, stanno troppo ostinati nel punto délia Religione, e délia restituzione délie chiese, e si scuopre, che sono talmente impegnati con i Turchi, e con i Transilvani, che non possono risolvere da se stessi, e non mancano i Transilvani d'insinuare, che non si quieterà mai l'Ungheria, se S. M. non si risolverà di pagare il tributo alla Porta. Vero è che sono tanto confusi et appassionati gl'avvisi, che vengono da quelle parti, che è impossibile discernere il vero, e solo pare che si resti capace, che senza una valida guerra col Turco, non si quieteranno i ribelli, ma per far] a bisognerebbe essere sicuro nell'Imperio, e doppo la pace pare, che siano cresciuti i pericoli per le proteste, che hanno fatte il Re di Danimarca, l'Elettore di Brandeburgo, e la Oasa di Bronsvich