MAUVAIS HUMEUR DE CÉSAR ENVERS BONVISI
au roi très-chrétien pour des secours. « Toutefois, écrit-i], on a bien peu d'espoir, car l'impératrice Eléonore et les ministres m'ont dit que l'empereur n'est pas disposé à guerroyer et qu'il cherche plutôt à prolonger la trêve avec les Turcs, dont il attendrait même une réponse à cet égard; et plusieurs ministres aussi conseillent le souverain dans ce sens à cause du manque de fonds. « J'ai trouvé, ajoute le nonce^ l'empereur très froid, réservé, et sans la familiarité habituelle. On m'avait averti que la correspondance que j'entretiens avec le nonce en Pologne avait beaucoup déplu à l'empereur, que son ambassadeur lui avait écrit à ce sujet et que le Turc pourrait en tirer profit s'il en avait connaissance par le roi de Pologne; et pour cette raison, au lieu d'être reconnaissant à S. S. de cette correspondance, S. M. en a éprouvé du regret, trouvant qu'on pourrait occasionner la ruine du pays. Je me propose de faire un nouvel essai et puis j'en écrirai à V. Em. L'empereur n'est pas ami de la guerre; il est pusillanime; et les ministres sont avares, non pas tant pour épargner les contribuables que pour profiter eux-mêmes de l'argent; par conséquent, si je trouve que l'affaire est impossible, j'écrirai pour que S. S. cesse de se tourmenter et de s'obliger envers tous les princes catholiques par des démarches inutiles... La nécessité, conclut le nonce, viendra ici lorsqu'ils seront attaqués par les Turcs . . . alors ils se recommanderont afin qu'on leur procure ce qu'ils ne veulent pas à présent; mais leurs instances seront repoussées de même que celles des vierges folles, et ils iront à l'abîme. »
Le 3 juin, Cybo loue Bonvisi de la manière réservée avec laquelle il conseille à S. M. d'entreprendre la guerre contre les Turcs. « V. S. 111. me a très bien dit, écrit le cardinal, que l'affection de S. S. pour S. M. et ses devoirs envers la religion la poussent à conseiller la guerre. Quant aux secours en argent, Y. S. sait que bien que K S. n'eût pas de
gros bénéfices ecclésiastiques, il a envoyé à plusieurs reprises (avant d'être pape), à la Pologne, des sommes considérables prélevées sur son propre patrimoine et qu'il serait disposé à en donner davantage maintenant qu'il est pape, mais, comme les caisses de la Chambre Apostolique sont vides, personne ne peut se plaindre si S. S. ne donne pas ce qu'elle n'a pas. Malgré tout, N. S. ne laisse pas que d'exciter la Pologne à la guerre. Ce royaume serait d'un grand secours en attaquant, d'accord avec la Moscovie, un point du territoire turc, tandis que S. M. entrerait en Hongrie. Du reste, si l'empereur envoyait sa vieille armée en Hongrie, cela ferait une excellente impression, à présent surtout que la paix est conclue. Ce sont là les secours humains que peut donner S. S. en adressant des prières à Dieu. Que Y. S., conclut-il, se mette d'accord avec le ministre de Bavière, parce que son maître le duc est disposé à pousser l'empereur à la guerre. »
Et, en même temps, il mande à Martelrt:
Corne significai à V. S. 111.'^^ l'ordinario passato non lascia Sua Santità di rivolger l'animo à tutti i partiti, che possono offerirsi di trovar denaro in tante angustie délia Caméra Apostolica per sovvenire, e dare animo alla Polonia ; e quanto prima sarà avvisata di quello che Sua Santità puô fare. Ma se costi fanno troppo largo assegnamento nell'aiuto pecuniario del Papa, atteso il desiderio, che S. B.® mostra délia guerra contro il Turco ; \ . S. Hl."^* puô dichiararsi, che il vero et unico motivo délie premure di Sua Santità è il desiderio di veder la Polonia assicurata dalla rovina, che le sovrasta dalla potenza del Turco troppo inoltrata nelle viscère di cotesto regno, essendo l'unica via di ripararsene, e di ricuperare il perduto, et anche di far considerabili acquisti, il muover l'armi ora che se ne présenta si bella opportunità, la quai se si lascia svanire, terne grandemente S. S.*% che debba un giorno piangersi amaramente, e che non sia forse per ritornar giamai. Nel rimanente il maggiore aiuto, che possa dare la Santità Sua alla Polonia, e indurre con suoi ufficii, che non mai abbandona i