INSISTANCES DU PAPE AUPRÈS DE LA REPUBLIQUE
de Ragiise, pour informer S. S. que l'eunemi du nom chrétien veut à tout prix comme place d'armes le port et la ville de Raguse; on voit par là si les possessions espa^ gnôles d'Italie peuvent vivre tranquilles. Il y a, par conséquent, urgence à conclure la paix à Nimègue et à rendre facile l'action du pape comme médiateur; Venise pourrait, par la médiation, aider la maison d'Autriche, car autrement il n'y aurait que les Anglais, lé nonce ne pouvant pas négocier avec les hérétiques» (1). Et, le 31, il l'engage à insister auprès du roi et de don Juan afin qu'on précise ce qu'on demande pour satisfaction, et que S. S. pourrait proposer comme venant de sa pai't, car on ne voit pas d'autre manière d'en finir, parce que la république, ayant à demander le consentement de centaines de voix au Sénat, ne veut pas s'exposer inutilement. « Il n'y a que le pape, ajoute Cybo, qui puisse en parler à la république, et ne sachant du reste quelle proposition faire, V. 8. pourra suggérer, comme de son initiative, que la république ait à écrire au pape en
(1) Et, le même jour, Cybo ré])ète à Mellini que si le roi et don Juan ont répondu que, pour se défendre contre les Turcs, il faut faire la ligue, cela est vrai en effet, mais, pour la faire, il faut d'al^oi'd conclure la paix, non seulement parce que si le pape, médiateur, proposait une ligue avec l'Espagne, on pourrait lui supposer des lins secondes, mais aussi parce que, sans l'adhésion de tous les princes clirétiens, la ligue est inutile. <^ Et, à ce propos, que Y. S. ne laisse pas de demander à S. M. et à don Juan s'il est utile pour la Couronne, au milieu de tant de guerres et d'agressions t^u'on peut craindre à tout moment, que leur ambassadeur à Ivome donne tant d'ennuis à S. S., et V. S. peut ajouter que, peut-être, l'indignation divine est pour quelque chose dans les révoltes [)opalaires contre les ministres du roi en Navarre et Saragosse : que. si celle de Navarre eut lieu à la suite de l'enlèvement d'une femme, il ne faut pas s'étonner s'il y a à craindre qu'il s'en produise une Ijien plus forte à Rome contre del (^arpio. »
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lui exprimant son regret pour l'excès commis par le capitaine du Golfe; cette lettre pleine de respect envers S. M. catholique, serait, avec la permission de la République, transmise au roi, qui la mettrait dans son archive à perpétua memoriay et Y. S. III. me doit ajouter qu'on s'efforcera à obtenir cet acte de la république » (1).
Le 20, Airoldi informe Cybo qu'il a parlé à l'assistant du Saint-Office au sujet des insistances du pape après des Espagnols, qui persistent à prétendre quelque satisfaction ; il ajoute que l'on pourrait en finir si l'on savait jusqu'où iraient les concessions de la république pour donner satisfaction ; si l'on en avait quelque indice, S. S. pourrait faire quelque proposition comme venant de sa propre initiative. Et l'assistant lui répéta que dans ce gouvenement il était impossible de négocier secrètement, car tout se fait par le Sénat; que certainement ce système ne donne pas toujours de bons résultats, mais on ne peut pas changer les anciennes lois. « Et, en toute confidence, il m'avoua que l'ambassadeur d'Espagne ici et celui de la république à Madrid laissent croire que l'Espagne serait disposée à s'en remettre complètement à l'arbitrage du pape, qui par une absolution générale pourrait tout arranger. Ici on en était tellement convaincu, dit-il que, au tour de ma semaine, comme Savio grande^ je croyais devoir en référer également au
(1) Le C), Borghi, internonce à Venise^ avait écrit qu'il fallait attendre la réunion du Saint-Office, après la Saint Martin, pour y parler du Golfe. Toutefois, il avoue qu'il trouve difficile que Nani veuille manifester son opinion touchant les satisfactions à donner par la république, car toute afPaire doit passer par le Sénat et, si on sait qu'un des sénateurs ou auti-e noble traite en particulier des affaires de l'Etat, il est accusé de trahison ; par conséquent on ne peut négocier secrètement.