VENISE DEMANDE AU PAPE DES SUBSIDES POUR COURFOU
Sénat et avoir la satisfaction de lui donner la nouvelle de rarranu:ement de l'affaire. J'ai manifesté, continue le nonce, mon étonnement en entendant que l'on accordait ici une aussi grande confiance en ces ministres plutôt qu'au pape. J'ai dû, conclut le nonce, interrompre la conversation ; et, jeudi, le Saint-Otïice ne s'est pas réuni, parce qu'il a plu toute la journée » (1).
Le 23 décembre, Mellini informe Cybo que, s'étant rendu de nouveau (2) chez don Juan pour avoir une réponse à
(1) Et, le même jour, il lui mande (jue lorsque le Sénat décida la fortification de Corfou on écrivit à Barbaro pour qu'il en donnât communication au pape, et que, s'agissant d'une grosse dépense, de voir si S. S. voudrait y contribuer par un subside. L'ambassadeur répondit que N. S. avait montré de bonnes dispositions à ce sujet malgré la pauvreté du Trésor. On répliqua à Barbaro que, pour faciliter au pape les moyens de subvenir, on lui demandait un subside ecclésiastique, soit dans le domaine vénitien, ou quelque chose d'analogue, telle que serait la suppression de quelque religion, qu'on a déjà écrit d'avoir fait... « J'ai entendu, conclut le nonce, qu'il ne s'agit plus des fortifications projetées par des ingénieurs qui coûteraient un million et demi; mais môme celles qu'on a adoptées coûteront 600,000 ducats vénitiens environ. <^
(2) Déjà dans les différentes conversations du nonce avec le duc pour avoir une réponse catégorique à ce sujet, don Juan lui avait dit : qu'on ne trouvait pas nécessaire à Nimègue la médiation des Vénitiens; que celle du pape suffisait; que la république avait trop montré d'être partiale envers la France, permettant à ses navires le passage par le Golfe, le défendant aux Espagnols et laissant piller ceux-ci ; que les Espagnols n'étaient pas les seuls à être méfiants envers les Vénitiens, que d'autres ministres l'étaient aussi surtout depuis que la république avait choisi comme son ministre à Nimègue l'écrivain Nani, qui, dans son histoire, avait tant maltraité les maisons d'Autriche, et que si les Espagnols le toléraient, l'empereur ne permettrait pas qu'il aille au Congrès (dépêche du 12 nov.) Et, dans une autre du 25, Mellini
(j , l'impartialité d'innocent
propos du GrOlfe, le duo lui répondit qu'on attendait toujours la résolution du Conseil, mais qu'on était très irrité contre les Vénitiens; qu'il promit de faire de nouvelles démar- <4ies; déclarant toutefois que le roi et lui-même, après mûre réflexion, trouvent que le projet énoncé dans la dépêche du 31 octobre, à savoir que la République ait à écrire' une iettre à S. S., n'est pas suffisant; mais qu'il est nécessaire que les Vénitiens fassent une manifestation contre le capitait du Golfe, car l'offense ayant été publique, publique devait être la satisfaction. Le nonce s'y opposa, trouvant que la lettre sutfisait, mais que S. A. l'engagea cependant à en écrire à S. S. Et, le lendemain, il ajoute que don Juan lui parla aussi de la ligue des princes, mais qu'il lui répondit qu'elle était impossible car, des princes italiens, bien peu sont tout à fait indépendants, ayant des attaches non faciles à rompre, et d'autres sont sans force, de sorte qu'avant même d'être unis^ ils seraient écrasés par le roi de France; mais qu'en tout cas il était bien difficile de traiter cette affaire avec Carpio, à cause de tous les ennuis qu'il a procurés à S. S., et qu'on ]:ouvait du reste pour le moment le remplacer par le cardinal Portocarrero. Et, le lendemain, il ajoute que, étant retourné chez don Juan pour les souhaits lie Noël, il parla de l'affaire du Golfe et insista pour qu^on renonçât à exiger la punition du capitaine et qu'on modérât la demande. S. A. finit pai* conclure, après une longue discussion, que S. M. acceptera la lettre de la république au pape exprimant le regret de ce qui s'est passé, le désapprouvant en termes proportionnés, blâmant le peu «le prudence et la grande inattention du capitaine et déclarant que, pour ce fait, il a été réprimandé. Cette lettre, adressée à S. S., doit être remise à S. M. qui la tiendra
répète (|ue don Juan trouvait dérisoire le projet de la lettre pro- ]>o.sée. .et qu'on veut un désaveu plus complet.