LE PAPE REMERCIE YORK
muniquées, d'ordre de S. S., à qui a l'ait parvenir l'avis certain des sentiments de ce roi et du duc d'York, afin que, par la même voie, ces raisons puissent parvenir aux oreilles du roi et du duc. S. S. a été très heureuse de voir ainsi dissipés ces soupçons, non seulement pour la tranquillité des catholiques anglais (1), mais encore pour la Couronne d'Espagne, et il faut espérer que Jes effets correspondront aux paroles... »
Bonvisi, de Tienne, le 7 février, mande à Oybo : «Bevilacqua m'écrit pour que ïe comte Windischgrâtz n'ait pas à remplacer, comme ambassadeur impérial en Angleterre, le comte Waldenstein, parce que c'est un hérétique. V. Em. m'a ordonné de suivre Mgr Bevilacqua dans les affaires qui n'impliquent pas d'engagements et, pour les autres, d'attendre vos ordres. Or, le comte Windischgrâtz est porté en avant par les principaux ministres; il est très proche parent du Neubour'g, et, par conséquent, de l'impératrice; j'aurais l'air téméraire en combattant sa nomination. Je pourrai me borner à parler de la convenance de ne pas envoyer en Angleterre un hérétique, sans faire aucune personnalité à moins que V. Em.. ne m'en donne l'ordre» (2).
Le 9 avril, Cybo écrit à Bevilacqua, que le ♦; duc d'York mérite tous les remerciments de N. S. pour ce qu'il fait pour la religion catholique en des moments si difficiles; Y. S. doit le remercier et l'encourager au nom de S. S., à faire face à la tempête; se confiant en Dieu qui n'a jamais fait
(1) Dans un avis de Londres, du 20 janvier 1678, on lit : on fait des prières publiques pour délivrer la Cour de l' influence de la France et de E/Ome.
(2) Cybo aussi avait écrit, le 26 février, à Bonvisi en le priant de faire en sorte qu'on ne rappelle pas de Londres Waldenstein, qui tient une chapelle pour les catholiques, pour le remplacer -par le comte de Windischgrâtz, un hérétique.
défaut à sa maisoD. Le pape ne lui écrit pas, pour le soustraire à tout soupçon; et Y. S. fera comprendre à S. A. comme N. S. a mis toutes ses espérances en elle pour le développement de la foi en ce royaume.» Et, le 15, il transmet à Tanari, à Bruxelles, un bref pour le duc qui doit se trouver dans son voisinage, l'engageant à le faire parvenir en mains propres au prince ou par une personne de confiance; « V. S. doit transmettre le bref avec de bonnes paroles, montrant comment N. S. prend part à sa douleur et aux inquiétudes dans lesquelles il se trouve. V. S. pourra suggérer ce que S. B. peut faire pour S. A. et pour les catholiques qui souffrent. » Et, le 27 mai, Cybo l'engage « à demander à S. A. comment N. S. pourrait mettre en pratique sa décision de venir en aide aux collèges anglais. »
Le 14 mai, Cybo recommande à Bevilacqua, lorsque le duc d'York sera en Flandre de lui adresser des témoignages de sympathie, même au nom de S. S.
Le 18 juin, Bevilacqua informe le cardinal, que le duc d'York lui fit écrire aussi sur la question de religion en Angleterre, disant qu'il comptait obteuir du Parlement^ avant qu'il se prorogeât, la liberté de conscience pour les catholiques^ — et Dieu lui en a ouvert la voie, car la Chambre basse a changé d'attitude à son égard ; les chefs des factions, qui auparavant lui étaient hostiles et n'éprouvaient que haine contre York, au cours de la session, l'ont demandé comme médiateur près du roi, afin d'arranger leurs différends avec la Cour. « Que S- A. puisse saisir cette occasion, écrit le nonce, pour obtenir la liberté de conscience^ et que Dieu bénisse ses efforts ! N. S. sera bienheureux que, sous son pontificat, on soit arrivé à un tel résultat.» Et, le 21, il ajoute que le duc lui a fait savoir que finalement il a pu réunir les chefs des non conforynistes et
les décider à travailler, même dans leur propre intérêt à obtenir la liberté de conscience; et qu'ensuite S. A. s'en est remise au Gr. Trésorier pour la solution de l'affaire, que le roi désire également, mais il est à craindre qu'il se relâche et finisse par l'abandonner, ainsi qu'il fit en 1673. Tout donc repose sur le duc; et les exhortations de N. S. à S. A. ont produit grand effet, et je me permets de rappeler la demande de la Rose d'or pour la reine, qui avait été promise sous le précédent pontificat, que S. M. désire tant et dont le duc m'en fait écrire à chaque occasion. »
Et, le 25, Cybo lui mande, que d'Angleterre on lui apprend que le roi et York travaillent pour la paix afin de sauver les catholiques de la tempête que leur prépare la Chambre basse. Et V. S. ne doit pas manquer de faire connaître à S. A. l'agrément de N. 8. et son désir de coopérer à sa prospérité en réussissant à vaincre l'opposition.
Le 2 juillet, Bevilacqua informe Cybo que la situation en Angleterre n'est plus propice pour proposer la liberté de conscience; que le Gr. Trésorier a rencontré beaucoup de méfiance chez les presbytériens, tellement que York croit prudent de différer les propositions jusqu'à ce qu'il y ait un autre Parlement, afin de ne pas risquer un échec. Mais, le 15, le nonce ajoute que le duc croit que le moment est devenu favorable. Et, en effet, le 30 septembre, il annonce que l'affaire de la liberté de conscience semble bien acheminée. Son ami, sous la direction de York, travaille à sa réussite, et pour cela laisse comprendre combien lui serait nécessaire la faculté de pouvoi)* dépenser jusqu'à 40 ou 50 doublons, comme le lui concéda autrefois le cardinal Barberini.
Le 7 octobre, le nonce écrit que York, voulant à la prochaine session du Parlement tenter d'obtenir la concession de la liberté de conscience et l'abolition des lois pénales contre les catholiques, a fait tous ses efforts pour gagner à sa cause l'archevêque de Canterbury et il espère y avoir
réussi; et S. A., ayant obtenu du roi la promesse de tout son appui, compte sur le succès, bien que cette même liberté soit aussi accordée à tous les no7i conformistes ; ce sera en tout cas un ^rand avantage pour les catholiques, qui pourront dès lors remplir des charges civiles et militaires, et le duc lui-même pourra recouvrer celles auxquelles il dut renoncer il y a quelques années; et le nonce ajoute:
Per assicurar maggiormente un' opéra cosi buona, desidera S. A. che N. S.^® si degni di raccomandare à S. M.*^ Xpma la causa cattolica d' Inghilterra e d' insinuargli, che per favorirla con vero zelo non solamente bisogna procedere dolcemente; ma con intiera confidenza con S. A.; con che si verrebbe ad escludere il timoré di operare con fini politici, e di valersi délia divisione nella religione per mantenere il regno diviso, corne bene conosce il Duca, che comple alla Francia. Desidera pure che si passi l'istesso officio in Spagna perche da qualche anno in quà i ministri di quella Corona si sono trovati impegnati ne' sentiment! de' nemici délia Corte^ che per lo più sono anche i nemici più acerbi délia Religione; E non è dubbio che se aile prattiche havessero aggiunto il denaro, haverebbero potuto mettere in gran pericolo la casa reale. Il commodo del denaro, che mancava alla Spagna, soprabbondando alla Francia hà perciô molta ragione Jorch di temere, che se N. S.^'^ non riunisce nella confidenza antica con S. A. il lié di Francia, possa e la sua buona intentione per la Religion Cattolica e la sua successione, da cui ne dipende il vero ristabilimento, correre rischio grande; Supplica dunque S. A. per tutte queste considération! S. S.^^, e V. E. ad abbracciare un affare si delicato, e di tanta importanza per la S. Sede.
Intanto Dio hà visibilmente protetti i Cattolici di quel regno permettendo che si scopra una congiura tramata contro di loro, che al certo gli havrebbe rovinati. Due ministri protestant!, uno de quai! è stato cattolico, e l'altro è chimico di professione, e perciô notissimo al Rè dopo haver scopert! ! nom! de principal! Giesuiti missionarii d' Inghilterra, Scozia et Irlanda, e le loro corrispondenze havevano scritte quattro lettere sotto ! loro nom!