ACCUSATIONS CONTRE LES CATHOLIQUES
que les deux duchesses de Richement et de Petterbourg-, auraient dû l'accompagner, mais on leur a préféré la Monmut par décret du roi; que le duc est resté à Londres et que le peuple parle beaucoup de ce voyage, qui cependant n'a d'autre but que de voir le pays. Mais le nonce ajoute que des lettres d'Angleterre du 11 et du 14 annoncent que deux ministres protestants accusent les jésuites en particulier et les catholiques en général d'avoir attenté à la vie du roi, en le faisant empoisonner par le médecin de la reine, d'accord avec Jean d'Autriche et le confesseur du roi trèschrétien. Le principal accusateur, né dans le comté de Kent et élevé dans la religion protestante, un jour s'embarqua sur un des vaisseaux du roi, mais s'étant fatigué du service il se retira chez les jésuites après s'être fait baptiser catholique par eux; de cette manière il put connaître les noms sous lesquels ils vivaient cachés et se mettre au courant de leurs habitudes, etc. Il retourna à l'hérésie et, à présent, il accuse quatre jésuites de Londres. L'accusation se baserait sur trois lettres; il donne les noms des complices: le médecin de la reine, Colman, ancien secrétaire d'York et les quatre Lords catholiques, Bellizis, Pois, Bruduel et Pider; quant à l'autre accusateur, il ne fait que répéter ce que dit son compagnon. Le gouvernement a décidé de mettre sous procès les jésuites, le médecin et les évêqiies d'Irlande. Déjà trois jésuites sont en i)rison; on est allé pour arrêter le quatrième, qui est Je provincial de la congrégation, mais comme il habite près de l'ambassade d'Espagne, l'ambassadeur est intervenu et a pu obtenir, vu qu'il est gravement malade, qu'il pût rester chez lui jusqu'à guérison. On assure que les trois jésuites, avertis du danger, refusèrent de s'enfuir en protestant de leur innocence. L'accusateur habite
ami à Londres, 50 doublons et il fera parvenir ici l'avis du versement et on lui remboursera la somme.
Whitechapel et prétend que les catholiques voudraient le tuer. Le roi aurait dit à l'ambassadeur de France, qu'il connaît tous les accusés, que ce sont d'honnêtes gens; que cette conspiration a été inventée pour troubler la paix dans la famille royale, mais l'accusateur a mis tant de chaleur dans ses accusations que chacun réserve son jugement.
Et, le même jour, il ajoute: qu'il y a des équivoques sur ce qu'il a mandé touchant les affaires d'Angleterre. Les auteurs de l'intrigue furent l'évêque de Londres et le Gr. Trésorier; le premier travaille à faire avorter l'œuvre des catholiques et de York dans le Parlement en faveur de la liberté de conscience, et à séparer les presbytériens des catholiques aftn de mener à bonne fin le projet de la co?}!prensione] le second, en travaillant à séparer les presbytériens des catholiques, espère avec la comp^^ensione, qui les rend aptes aux bénéfices ecclésiastiques, de ne pas les avoir pour adversaires dans le maintien de l'armée et les demandes d'argent. En attendant, le Gr. Trésorier fait croire à York qu'on ne peut mieux le servir qu'en allant au fond de la conspiration; et, afin qu'il ne reste pas de soupçon sur le duc, il fait courir le bruit que la conspiration découverte est bien plus importante que l'ancienne des poudres. York a confiance dans le Gr. Trésorier, et travaille pour son compte à vaincre ses ennemis occultes, car sa personne est prise comme point de mire parla cabale; quoique l'accusateur ne l'ait pas nommé, toutefois, il l'a désigné indirectement en disant que Colman avait promis aux partisans du duc de fair obtenir la Couronne à S. A. Et le nonce conclut, que le duc a conseillé d'empêcher que le Parlement se réunisse, pour permettre de rendre plus évidente la fausseté des accusations que l'on a fait répandre.
Et, le 22, Tanari, à son tour écrit à Cybo qu'on dit que l'accusateur des catholiques anglais aurait dévoilé aussi une conspiration contre le roi organisée par le très-chrétien.