COLMAN CONDAMNÉ À MORT
exempt de persécution comme catholique et ami du duc, recherché pour être arrêté, on n'a rien trouvé chez lui; mais il devra partir. Colman a avoué avoir reçu de France 2500 pièces d'or pour les distribuer dans la Chambre basse, mais qu'il les a gardées pour lui; ajoutant qu'aussitôt la révolution éclatée, une flotte française serait arrivée en Irlande.
Le 26, Tanari informe Cybo qu'il paraît que l'objet qui préoccupe en ce moment le Parlement c'est la destruction du parti des Français en Angleterre, aussi bien que celui des catholiques. « Plutôt que de vérifier l'existence ou non de la prétendue conspiration contre le roi, ou prétend que du côté de plusieurs catholiques, on a voulu soutenir les droits du duc d' York, par les armes, et à l'aide de secours étrangers, ainsi que le libre exercice du culte catholique dans ce royaume; on ose soupçonner la personne du duc, et, comme dans la correspondance de Colman on trouva quelques lettres écrites à des ministres français, on dit que York aurait dû nier qu'il l'eût ordonné de vive voix, et ne point reconnaître, comme siennes, deux feuilles que, sur ce sujet, on admet avoir été écrites de sa main... 11 ne paraît pas que l'orage soit entièrement calmé, et on craint que la haine des protestants, des amateurs de nouveautés, et des ennemis de la maison royale ne tende à éloigner le duc de la Cour. La duchesse a été obligée de remettre par écrit les noms des catholiques qui se trouvent à son service . . . , et l'on prétend la même chose de la reine . . . bien qu'elle refuse de s'y assujettir, parce que cela n'a pas été inséré dans son contrat de mariage... »
Le 2 décembre, Bevilacqua mande, à son tour, à Cybo que les affaires des catholiques en Angleterre vont toujours plus mal et que l'on craint que le duc soit obligé de quitter
le royaume; on dit aussi qu'on le pousse à se faire protestant, mais que S. A. ne se laisse pas séduire (1). Mellini écrit à Cybo, le 31 décembre 1678:
Il Sig. Gruglieimo Godolfin, che al présente essercita in questa Corte l'ufficio d'Ambasciatore d'Inghilterra e Cavalière molto cattolico e ben afFetto alla nostra Religione, sicome suppongo già noto a V. E. è stato accusato in Parlamento non solo per cattolico, ma ancora per uno de' complici nella congiura supposta contro quel Re d'Inghilterra, e perché viene allegato, che fusse visto confessarsi dall'Arcivescovo di Tuan Hesidente in questa Corte^ e che dal medesimo Arcivescovo gli fusse data una patente firmata dal Padre Oliva il quale lo dichiarava per ordine di Nostro Signore Gruarda Seglio del Pegno, per confutare simili imposture e falsità ha desiderato, che io parli al detto Arcivescovo, acciô facci una attestazione délia verità e corne in tanti anni, che sta in questa Corte non ha parlato se non che due volte con Sua Ec-
(1) Et, à la même date, il mande encore: qu'à Londres on continue, sous le prétexte de la conspiration, à agir contre les catholiques. Le 19 novembre, le roi se rendit à la Chambre haute et, après s'être couvert du manteau royal, appela devant lui la Chambre basse ; il fit un discours pour remercier de l'intérêt témoigné pour sa personne : il assura qu'il protégera toujours le protestantisme, avec toutes les lois possibles et tout acte qui lui seront requis, pourvu qu'il ne soit porté aucune atteinte à la succession directe et à son autorité. Ce discours a été très commenté, mais peu de monde a été satisfait. En attendant, le révélateur a obtenu sa grâce, quoique les ministres disent que tout ce qu'il a dit est faux. Les Chambres ont demandé l'éloignement de tout élément catholique des maisons royales ; le roi y consentit, faisant exception pour les Portugais qui se trouvent près de la reine. L'ambassadeur d'Espagne réclama contre l'expulsion des commerçants espagnols, pour lesquels ont pris parti même les protestants, et le roi publia un ordre excluant du décret d'expulsion les commerçants et les artisans catholiques : et les étrangers peuvent aussi demeurer à Londres.
l'ambassadeur anglais à MADRID 215
cellenza di puro complimento perché da tal testimonianza non solo spera giustificar la detta inven'tione contro la sua persona, ma ancora crede che con la medesima possano rendersi più manifeste tutte le altre calunnie inventate da quel Predicante, che con le sue déposition! ha acceso tanto fuoco con la sua perfidia aiutata ancora di sécréta da altri nemici de' Cattolici. Essendomi parsa l'istanza molto giusta e stimandola anche profittevole vi condescesi con prometterli di parlare al detto Arcivescovo, al quale per ritrovarsi a Cuenca ad esercitare per quel Vescovo, che sta maie, ho scritto acciô se ne venga qua quanto prima per conferirli materia importante. Prima perô d'impegnarmi volsi comunicare il tutto confidentemente al Sig. D. Gio: per sentire il suo gusto et esso approvô e stimô a proposito l'ufficio. Mi parve di far questa parte per meglio assicurarmi, ancorchè tenessi molti rincontri del buon zelo di detto Signor Ambasciatore, e délia stima e confidenza che tiene questa Corte di Lui, e suppongo che N. S. e V. E. non sieno per disapprovare questo fatto per il quale non ho potuto pigliar tempo per conferirlo prima a V. E. stante il pregiuditio délia dilatione. Per le notitie datemi dal detto Ambasciatore, e per altre havute da questi Ministri che sono avvisati da quelli di Sua Maestà Cattolica residenti in Inghilterra, ho giudicato formare la relatione che invio a V. E. acciô resti informata di quelle si discorre qui sopra li emergenti correnti in Londra, sapendo molto bene che da altre parti V. E. sta puntualmente avvisata di tutto. Si crede che l'Ambasciatore sara privato del posto per ordine del Parlamento.
Bonvisi, le 22 janvier 1679, répond à Cybo qu'il doute de la réussite de ses instances près de l'empereur pour que Waidenstein ne soit pas rappelé, car ses parents travaillent beaucoup pour qu'il vienne, et que Sa Majesté craint toujours qu'il puisse être arrêté comme catholique. Mais, le 5 février, il annonce que Waidenstein (1) restera à
(1) Bonvisi avait déjà, le 12 décembre 1678, averti Cybo qu'ayant manifesté à l'empereur le regret de N. S. de voir Wal-
Londres parceque les plénipotentiaires de Nimègue écrivent qu'il ne faut pas que l'ambassade impériale en Angleterre reste sans titulaire en ce moment... Toutefois, le 5 mars, il écrit de nouveau : qu' à la suite de la dissolution du Parlement on ne trouve pas nécessaire de remplacer Waldenstein. « Au contraire, j'ai dit, écrit-il, que c'était plus que jamais nécessaire, parce qu' on avait mis à mort des religieux innocents, et j'ai insisté pour qu'on choisît Caprara; mais on le refusa, parce qu'il y avait été déjà comme résident de la maison d'Esté, et on le croirait trop lié à la duchesse d'York, alors j'ai proposé le comte F, de Lemberg, et j'espère qu'on l'enverra... » Le 12, il se plaint de ce que les ministres sont toujours incertains au sujet du résident en Angleterre parce qu'il leur convient de ne pas dépenser ; « on juge qu'un résident peut faire bien peu pour la politique, tandis que, pour les choses ecclésiastiques, il pourrait nuire en augmentant les jalousies du peuple, furieux contre les catholiques; on ajoute qu'on a déjà perdu le respect pour le résident impérial, car, trois fois, on est allé dans la maison de l'ambassadeur d'Espagne, et une fois dans celle de son collègue impérial pour chercher des catholiques. J'ai répliqué, cependant, à Hocher qu'il ne faut pas qu'on se plaigne si S. S. n'est point prodigue de remercîments, lorsqu'on ne fait pas un service qui apparaisse juste aux yeux de S. S. et qui ne tourne qu'au profit de le religion. »
Le 18, Tanari informe Cybo que, de plusieurs côtés, on lui écrit au sujet des conférences qui se tiennent à Londres entre le duc d'York, le pseudo-évêque de Londres et d^autres pseudo-prélats d'Angleterre, et l'on suppose qu'il s'a-
denstein revenir de Londres, parce que les catholiques pouvaient avoir confiance en lui, S. M. répondit qu'elle avait reçu un rapport affirmant que son ministre avait été insulté précisément pour cette raison.