‹ Innocent XIChapitre 95 sur 290 · YORK RENTRE EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

YORK RENTRE EN ANGLETERRE

maladie du roi s'était aggravée au point de faire craindre pour sa vie; que la présence (iu duc était nécessaire, et S. A. se décida à partir le lendemain avec deux chevaliers, en chaise de poste, pour Calais et l'Angleterre; que la veille, le duc le fit appeler pour en informer S. B. et lui confirmer que, en quelque situation que ce fut, il restera toujours fils obéissant de N. S. et que, malgré tout intérêt, son cœur gardera intacte sa foi pour la propager tant qu'il le pourra; et qu'il lui recommanda sa femme et ses filles qui restent à Bruxelles. «J'ai répondu, écrit-il que N. S. ne pouvait pas être sans inquiétudes au sujet des dangers du voyage et que, par mes prières, je ne cesserais d'implorer les bénédictions du ciel... J'ai dit aussi, que son sort était, pour le pape, l'objet d'une affection paternelle ... Je n'ai pas manqué de représenter que, dans l'éventualité de la mort du roi^ la piété de S. A. donnait l'assurance que, montée sur le trône, la sainte foi triompherait, et qu'ainsi S. B. désirerait l'assister par ses directions dans les matières touchant la religion, afin de faciliter sa tâche, autant que cela est permis aux maximes immuables, de façon que l'obéissance au pape parût moins âpre aux hérétiques. * Le nonce chercha enfin à persuader le duc que, pour ne pas faire de fautes, facilement, en suivant des conseils peu prudents, ou dictés, peut-être, par quelque passion, il ne devrait prendre aucune résolution en matière religieuse sans avoir pris l'avis du Saint-Siège (1). «Et j'ai ajouté, conclut Tanari, que Bruxelles est peu éloignée de Londres et que, s'il ne voulait pas de nonce à Londres, il pourrait envoyer quelqu'un à Rome...»

Le 1 6, Tanari écrit de nouveau à Cybo que, le roi ayant recouvré la santé, le duc d'York est libre de retourner en

(1) Les événements ne devaient que trop bien montrer la sagesse de cette recommandation.

Belgique ou de s'entendre avec le roi touchant la manière de rester à Londres. Durant son exil, la haine des parlementaires et de ses adversaires, s'est encore accrue dans leur malignité; mais ils pourraient feindre une réconciliation et proposer des moyens termes qui faciliteraient le séjour d'York à Londres. La duchesse a aussi de l'influence, elle est aimée de son mari et serait bien désireuse de rentrer en Angleterre... Pour tout cela, j'ai prié la duchesse de Modène de bien veiller, parce qu'il y a toujours à craindre pour le duc entouré de ses ennemis . . . , et que S. A. est destinée à aider les catholiques. La duchesse a promis de faire bien réfléchir son gendre. Si S. B. croit utile d'exhorter le duc et la duchesse d'York à ne pas exposer leurs personnes à des dangers. Elle pourrait m'envoyer des brefs. . . ».

Le 30, Cybo répond à Tanari, en le chargeant d'aller chez la duchesse d'York pour lui dire que ÎN. S. bénit le voyage du duc en Angleterre, « afln que les pensées religieuses de S. A. puissent porter leurs fruits ». Et, le 14 octobre, il lui écrit encore qu'il vient d'apprendre qu'à Londres il y a, peutêtre, quelque ouverture favorable aux intérêts du duc et de la religion catholique; et si V. S. entendait à ce sujet, parler de rémission des peines pour les biens usurpés par les protestants ou par d'autres, elle laissera entendre à la duchesse que, si toutes les difftcultés se réduisent en cela, on pourra promettre de Rome les plus grandes facilités...

Le même jour, Tanari lui écrit « que le duc, étant revenu, le fit demander, et qu'il se rendit à l'audience. S. A. le remercia de suite au sujet de l'irlandais, car la publication avait produit une bien mauvaise impression. Le duc parla ensuite de Londres et dit que la situation était meilleure pour lui et les catholiques, que par conséquent il espérait que cesserait bientôt la persécution, qui avait été excitée sous le prétexte de la conspiration, que l'on a fini par reconnaître imaginaire... Il se déclara très satisfait de l'afifection

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