Innocent XI
Ce volume^ h troisième sur le pontificat d'Innocent X/, ne vise que les affaires politiques ; le quatrième, qui est déjà sous presse, s'adresse aux affaires ecclésiastiques. Ils contiens nent la correspondance du pape avec ses nonces durant la seconde partie de son glorieux pontificat, de Vannée 1680 à Vannée 1684, (i)
Pour mettre en lumière les véritables sentiments du pape, on a joint à cette correspondance des lettres adressées au Doge de Venise par le sénateur G. Lando^ ministre de la République à Rome à la reprise des rapports diplomatiques entre les deux Cours, Ces lettres prouvent V activité et la persévérance d'Innocent XI pour le service de VEglise et du bien public ^ quoiqu'en aient publié les détracteurs de ce pontife, qui ont prétendu appuyer leurs calomnies sur le témoignage du dit Lando.
(i) On a suivi le même système que dans la publication des deux volumes (a) , sur la première période du pontificat ; toutes les pièces sont tirées des Archives secrètes du Vatican et chaque nonciature forme une série à part ; celles de Lando se trouvent aux Archives d^Etatà Venise. (Senato Secreta-Filza n. 198).
Etaient nonces : à Vienne, Bonvisi créé cardinal en 1686 de même que Mellini à Madrid ; à Paris, Ranuzzi Archevêque de Jano ayant Lauri comme auditeur ; à Varsovie, à Martelli succéda Pallavicini venant de Cologne où il fut remplacé par Visconti; les nonces à Lisbonne, à Turin et à Bruxelles ne furent pas changés ; à Venise, Vabbé Jacobelli continue à avoir la régence de la nonciature.
(a) Voir Innocent XI édité par Desclées à Rome en 1910.
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La peste sévissant à Vienne, la Cour continuait à résider à Prague, et le nonce, Mgr Bonvisi, demeurait à Schwechet aux environs de Vienne. Il préférait ne pas se trouver près de la Cour, d'abord à cause de la discorde qui régnait entre les ministres et secondement pour la question, à lui personnelle, du cérémonial à l'endroit des ambassadeurs et des princes de l'empire.
Les négociations avec la Pologne, en vue d'une ligue contre les Turcs, étaient suspendues ; l'empereur avait bien accepté d'entrer dans une ligue défensive, mais à Varsovie on la voulait offensive. Bonvisi, du reste, se trouvait sous la mauvaise impression du refus que lui avait opposé la Cour d'intervenir en faveur de la reine d'Angleterre, en alléguant des motifs politiques.
Le 5 janvier 1680, Bonvisi répond à Cybo :
Il Padre Emerico hà fatto tutto quello, che conveniva ad un Capuccino, come V. E. vedrà anche dall' ultima lettera, che mi scrive, se poi sia par accompagnare i fatti aile parole, il tempo lo dimostrera, perche le dignità mutano aile volte gli huomini ; egli perô credo, che speri molto più dalla S. Sede, e che pero non lascierà di essere obbediente, e questa cosa che si prevede, suscita sempre più l'invidia contro di lui, e ne li accrescono l'amicitia del Maresciallo, e dell' Abele odiati da molti. lo hô procurato destramente d'insinuarli che stia tutto attento al servitio dell' Imp^^, proponendo gl'altri interessi, et egli mostra di voler in gran parte dipendere dai miei consigli, ma non sô se poi la farà ; certo è, pero, che dovrebbe staccarsi da ogni uno, e colti-
var solo quelli che sono atti al servitio di S. M*^ Cesarea, perche cosî scemerebbe l'invidia, e le persecutioni, e servirebbe meglio S. M'^^.
Le 6, Cybo informe Bonvisi qu'il a été obligé de prendre des précautions en lui écrivant au sujet de ce monarque, (l'empereur) afin que si la lettre tombait entre ses mains, il n'eût pas à se plaindre, sachant combien il est facile de trouver des prétextes pour soulever des querelles et susciter des défiances. « S. S. est contente des nouvelles envoyées par V. S., elle attend de connaître les déclarations du marquis de Vitry, à propos des assurances que donne le très-chrétien pour la guerre contre les Turcs ». Et, le 7, Bonvisi lui répond de nouveau : je remercie encore V. Em. de la bonté qu'elle a eue de m'avertir qu'il est toujours bon de modérer sa plume, dans la crainte que mes lettres puissent tomber dans les mains des ministres. D'après ce qu'elle me fait connaître, je comprends qu'il faut abandonner des sujets qui peuvent donner lieu à des interprétations déplaisantes; mais précisément dans l'intérêt public, ce moyen me paraissait le meilleur pour les décider à s'intéresser aux affaires de l'Angleterre, car ici on ne s'émeut pas aux stimulants légers. Ainsi, même parmi les religieux, on excuse l'usage abondant du vin, sous prétexte qu'ils ont besoin d'être excités par une chaleur factice. J'ai toujours jugé inutile de me valoir de la religion et de la cause de Dieu, non pas qu'ici on ne soit pas d'excellents catholiques^ mais tous mettent en avant la nécessité de se défendre, ce qui doit excuser leur alliance avec les hérétiques. Y. Em. aura déjà pu se rendre compte, dans ma réponse à Konigsegg au sujet de l'Angleterre, que, ne voulant pas mécontenter le Parlement qui est puissant, et dans l'intérêt de la religion, j'ai cru bien faire en leur démontrant que la religion n'empiète pas sur les intérêts politiques. Par conséquent, même s'ils lisent mes lettres, je ne crains rien, car si l'on est attaché auprès d'une Cour il faut se conformer à son esprit, mais celui qui veut être un bon ecclésiastique doit être impartial. Toutefois la manière de S. S. et de V. Em.. est la meilleure, parce que ce qui est bon par soi-même peut devenir mauvais à
BONVISI PROMET d'ÊTRE PLUS MODERE.
cause des circonstances des temps, et cela n'arrive pas à celui qui est circonspect. V. Em. doit m'excuser, car ayant vécu durant dix ans chez des nations qui avaient toujours besoin d'être poussées, j'en ai contracté l'usage, et il se peut que j'aie dépassé les bornes, mais je ne suis pas incorrigible. Je peux assurer que pour ce qui regarde cette Cour, non seulement ma façon de parler net ne déplaît pas, mais une foi's que je négligeai de le faire avec S. M., elle me fit demander si j'avais été mécontent de quelque chose et elle me dit ensuite que je devais parler clairement car elle savait que je le faisais pour son bien ; les ministres sont du même avis.
Le II, Cybo lui répond qu'on voit bien qu'il n'y a rien à obtenir pour le cérémonial en écrivant au maréchal de la Cour; et il l'engage, pour sa dignité, à s'abstenir d'écrire ; seulement, quand l'empereur rentrera à Vienne, il pourra lui parler afin que rien ne soit m.odifié à ses droits dans les cérémonies publiques. Toutefois, si S. M. prolonge son absence, il sera bon qu'il se rende à la Cour, mais à la condition de ne pas intervenir aux cérémonies publiques (i).
Le 21, Bonvisi écrit :
Mi stordi talmente la massima di quel ministre, che hà poi prodotto orrore in N. S^'^, che mi bisogna confessare à V. E., che fui tentato di mitigarla nel mandarne la copia, prevedendo la turbatione dell'animo di S. S^^, ma non potei disponer me stesso anche con buon fine di palliare il vero ; e forse Iddio volse che ciô pervenisse à notitia di S. B*^ per melterli avanti gli occhi lo stato infelice délia Christianità, mentre quegli stessi principi, che hanno ricevuto il principio, e l'augu-
(i) Le 21, Bonvisi informe qu'à Vienne il n'y a plus de maladies infectieuses, car on a fermé l'hôpital et ceux qui sont au Lazaret s'y trouvent pour d'autres genres.de maladie. Les nouvelles de Bohême, ajoute Bonvisi, sont incertaines, mais il paraît que l'état sanitaire y est bon, car l'empereur a résolu de faire jouer un opéra dans le château, avant de se retirer dans un autre endroit du royaume. Mais, le 28, il écrit que les nouvelles sur la santé publique à Prague ne sont point bonnes, toutefois les plus graves sont répandues pour engager la Cour à partir, les nobles voulant être plus libres.
mento délia grandezza dal farsi prottettori délia Religion Cattolica, stimano adesso di essere obligati par difesa délia Stato à correr dietro agli eretici, che sempre gli hanno ingannati, e ne fà ampia fede l'ingratitudine di Mauritio Elettore di Sassonia verso Carlo V, e quella delli Olandesi verso tutta la Casa d'Austria per poriar solo due esempij, uno antico, et uno moderno. Queste cose l'ho esaggerate piia volte, e mi hanno risposto, che la nécessita non hà legge, e che quello, che si fà per pura difesa nelle guerre, che hanno per oggetto lo Stato, e non la Religione, non offendono Iddio, abbondando questo paese di teologi, che seminano tali propositioni, e sa bene il Sig^ Cardinal Albritio quante persecutioni hebbe perché si opponeva alla Lega con gli Olandesi ; e quando con me scusavano questa et altre simili, dicevano che ci erano stati forzati, perché i due principi Cattolici, ch'erano armati, cioè Baviera et Hannover, erano del partito Francese, e che se havessero disprezzati gli eretici, sarebbe stata inevitabile la ruina, convenendo considerare, che gli eretici hanno tre voti nell'elettione, e che sono i più potenti nell'Imperio, e cercando io di convincerli con la fede mancata nel più bello délie operatione, che li ha forzati ad una pace tanto dannosa, mi hanno risposto che cosi si è perduto qualche cosa, e che in altra forma si sarebbe perduto tutto, non considerando che Iddio poteva far succedere le cose diversamente, se in lui si fosse havuta la confidenza, che ci hebbero i passati Imperatori, e particolarmente Ferdinando 2°, che stretto dagli eretici, e quasi loro prigioniero, racontano, che gettatosi à piedi di un Crocifisso, questo li dicesse : Confide Ferdinande, non te deseram, e dicono che in quel punto entrô inaspettatamente nel cortile del palarzo il Reggimento di Maradas, che messe in fuga gli eretici, e si conserva questo Crocifisso nel tesoro. Ma adesso vedo con mio dolore subentrare in alcuni ministri la politica in cambio délia pietà ; et il buon Principe oppresso da tante angustie, e da tanti abbandonamenti ancora de suoi piii congiunti, crede à religiosi, che li dicono potersi ciô fare per nécessita ; e non è mancato chi per invalidare le mie rimostranze, hà detto che ero di genio Francese, perché mettevo scrupoli, accioché il Rè di Francia, trovasse minor resistenza, et hanno nnovato questo concetto nel vedere che con premura stimolavo alla guerra col Turco, che alcuni stimavano si promovesse per impegnar l'Imp^^, e lasciar libero il campo à Francesi di operare, nell'Imperio, m modo che domenica passata fui obligato à rispondere ad un amico che mi avvisava esser io tenuto per Francese, che per questa causa godevo di non essere à