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L'ESPAGNE VOUDRAIT UNE LIGUE

conversation de S. S. à ce sujet, et que le Conseil ne l'a pas bien accueillie ».

Le i^'' février, Mellini écrivait à Cybo que Don Pietro d'Arrag-on était venu le voir et, au nom de S. M., lui avait exposé la situation de l'Italie, fort inquiète à cause des grands préparatifs de guerre que fait le très-chrétien ; ses violences envers S. M. catholique pour les salves aux galères ; ses menaces à la République de Gênes afin d'obtenir la darse pour ses navires ; son attitude impérieuse vis-à-vis du grand duc de Toscane ; qu'enfin tout laissait prévoir que le très-chrétien aspirait à devenir le monarque universel. Don Pietro a déclaré que son roi voulait se défendre et recourait au zèle paternel de S. S. pour obtenir le maintien de la paix ; que le moyen d'y arriver serait de faire voir au très-chrétien que tous les princes se coalisent. Le pape, dit-il, étant le père de tous, est le seul qui puisse les réunir. £t Don Pietro ajouta qu'en Espagne on était en train de rassembler de grandes forces de terre et de mer ; que l'on armait 28 galères en outre de trois nouvelles, 17 vaisseaux et que l'on en achètera 9 autres ; qu'on faisait une levée de 4,000 hommes à Milan et que l'on créait aussi un troisième corps d'Allemands. « J'ai répondu que j'en référerais à Rome, mais sans prendre aucun engagement à ce sujet » (i). Et, le 18, Cybo lui annonçait : « que le marquis del Carpio, ambassadeur espagnol, avait parlé au pape de la ligue pour la défense de l'Italie, et que N. S. lui répondit, comme d'autres fois, d'abord que le Trésor étant dépourvu, il ne pouvait rîen faire et que, d'autre part, il ne convenait pas à son autorité Apostolique d'intervenir dans une lutte entre des princes catholiques autrement que par des conseils paternels, bien qu'il n'en pré-

(i) Le 29, il informe que les Hollandais acceptent de céder Maestricht, se contentant d'un payement. Il assure qu'il recommandera à Portocarrero et aux ministres, l'envoyé de Raguse. Qu'il a remis à S. M. la lettre du card. Omodei annonçant qu'il a assisté à la messe solennelle à S* Charles des Milanais pour le mariage du roi... Enfin il promet de communiquer à Portocarrero les assurances bienveillantes du pape à son égard.

3l6 FRANCE, ALLEMAGNE, ESPAGNE ET ITALIE.

voit pas de grands résultats, car les princes catholiques, comme s'ils s'entendraient entre eux, ont traité et traitent avec si peu de respect le Saint-Siège, qu'en quelque sorte ils lui ont fait perdre l'unique force qui donnait valeur à son action : c'est la vénération qui seule donne de la valeur à l'intervention du Pontife. Le pape n'est pas considéré pour sa puissance temporelle, mais pour la suprême autorité de Vicaire du Christ, dans l'Eglise catholique ; par conséquent si, à présent, les démarches de N. vS. ont peu de succès, les princes qui lui en font la demande ne doivent s'en prendre qu'à eux mêmes. Et l'ambassadeur ayant dit que V. S. devait en écrire, N. S. a répondu qu'elle n'avait pas écrit à ce sujet, mais que souvent elle y avait fait allusion. V. S., conclut Cybo, pourra insinuer ces sentiments du pape, qui craint que del Carpio, soit parce qu'il est sordastro (demi-sourd), soit qu'il connaisse peu la langue italienne a pu ne pas le comprendre clairement ; toutefois il semble à S. B. qu'à Madrid également on ne veut pas comprendre, ce que l'on a tant de fois écrit : de l'opportunité de rappeler cet homme » (i).

Le 17, Cybo écrivait à Mgr Pallavicino, nonce à Cologne : Vedutosi l'Articolo 13° dalla Face di Nimega, dove la Spagna promette di ottenere il consenso per la membratione di Dinant dalla Chiesa di Liegi fu significato à Mons'" Arcivescovo di Colonia per parte di S. S^'* che non doveva consentirvi ; ma bensi fare istanza per la reintegratione délia medesima Chiesa nel possesso di quella Città, e neir istesso tempo si passarono ufficii aile Corti di Spagna e di P'rancia per la restitutione. Hora perché gli Spagnuoli si dichiarano di voler ricompensar la Chiesa con l'équivalente in forma vantaggiosa la S^^ Sua vuol che V. S. rappresenti à Mons^ Arcivescovo non esser sua intentione d'impedir la membratione sud" quando la ricompensa sia certa et utile alla Chiesa. Pero in tal caso il Sigr Elettore et il Gapitolo

(i) Mais, le 28 mars, Mellini lui mande que l'on ne veut pas se rendre aux arguments contre la ligue ; ils disent que celle-ci devrait être générale, comprenant aussi le très-chrétien, de manière que si S. M. refuse d'entrer dans la ligue, elle laissera voir ses mauvaises intentions, et il en résulterait une plus forte nécessité de la conclure pour la défense réciproque. Ici ils sont toujours plus échauffés pour la formation de cette ligue.

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