LOUIS XIV ET SAVOIE ET MANTOUE
déclaré de défendre Milan si les français l'attaquent (i). Et, le 26, il ajoute que l'abbé a eu une longue conférence aussi avec Louvois ; on suppose que les Génois en ont été l'objet, à cause des différends entre la Savoie et cette République. Et le soupçon s'accentue, parce que l'ambassadeur de Savoie est le seul qui soit autorisé à suivre la Cour dans un voyage, tandis que la parenté de la Bavière avec la Savoie aurait dû faire supposer autrement (2).
Le 17 janvier, Mellini, nonce à Madrid, écrit à Cybo : Mi sono portato dal S"" Principe Gonzaga par sentir il suo parère sopra gli uffici, che N. S^^ bramerebbe di far qui reiterare appresso il Re, si per l'indulgenza da-usarsi verso i Messinesi, corne per l'abolimento délia Monarchia di Sicilia, e de gli abusi che ne resultano. S. Ecc^^ havendo intese lutte le ragioni da me ponderatele à ténor délia lettera di V. E., mi hà mostrata inclinazione conforme à quella di S. B"^, tanto per la piacevolezza verso i Messinesi, come contro gli abusi délia Monarchia di Sicilia. Ma hà pero detto che per hora non consiglierebbe S. S^^^ à far motivo alcuno sopra questi due particolari ; no sopra il primo, perché gli animi dei ministri sono qui tutti mal impressionati di quella gente, e non si fidano di quel che sono rimasti ; e quel, che tengono lontani délia lor patria, stimano talmente infetti, che credono piena d'évidente pericolo la permissione del loro ritorno. Non sopra il secondo, perché essendo questo un tasto delicatissimo, bisogna toccarlo à tempo, e con singolar riguardo ; e toccato intempestivamente, e.senza la necessaria attenzione, potrebbe più tosto
(i) Le 5, il écrit que le roi a augmenté la pension des frères Caffari, messinoiSjde 4000 à 6000 livres. On dit qu'il a pris cette décision parce qu'il vise d'autres projets. Et, le même jour, il ajoute que le bruit court que sous peu, des troupes françaises vont entrer dans les localités ouvertes de la Flandre espagnole, qu'on peut occuper sans combat Peut-être est-ce pour obliger l'Espagne à céder à la France Charlemont, au cas où l'Eglise et l'empire n'aient pas concouru à la cession de Dinant.
(2) Le 16, il informe : « quoiqu'ici le désir d'avoir Casai soit toujours vif et qu'on continue à traiter avec le duc de Mantoue, toutefois le refus de la Hollande pourrait faire que, si le duc ne veut pas livrer cette place volontairement, on renonce à la prendre par la force et qu'on renvoie cette entreprise pour d'autre temps. En attendant, à Lyon on réquisitionne tous les mulets pour transporter des munitions dans les magasins de Verceil.
produire sconcerti che buone consonanze. Mi hà dunque promesso di voler far egli stesso questi tentativi in buona congiontura, e darmi poi la risposta categorica di quello, che stimerà potersi adempire secondo le disposizioni, che havrà discoperte. Et io mi persuado che l'eseguirà con tutto il suo discrète zelo, essendo veramente un personaggio molto pio e giusto. Et à V. E. etc.
Le i8 février, Cybo lui répond : «on connaît bien la piété du prince Gonzaga dans l'accueil des prières de S. S. en faveur des messinois, et il est sage d'attendre ses actes. Pourtant,afin que soit clair le bien fondé du désir de S. S., qu'on prenne une décision à ce sujet pour la tranquillité de la Couronne et la sûreté des Etats de S. M. catholique, plus peut-être que par simple compassion envers ces rebelles, je transmets à V. S. la feuille annexée, laquelle vient d'une personne bien renseignée et qui montre dans quels précipices le désespoir peut les entraîner ; pour y remédier S. B. a jugé plus utile d'user de clémence plutôt que de rigueur » (i). Le 29, Mellini ajoute que D. Vincenzo Gonzaga l'a prié d'écrire en son nom et en secret à N. S., qu'il ne convient en aucune manière que S. S. interpose ses offices en faveur des messinois, et que S. Exe. faisait cette démarche par zèle envers le pape. « Il m'a été impossible, écrit-il, d'obtenir de sa bouche autre chose ; peut-être que del Carpio avait déjà rapporté quelque
(i) Le 28 mars, Mellini répond que le prince Gonzaga n'a jamais douté que les paternels avertissements de S, B. seraient un témoignage de sa clémence envers les messinois, mais ici on est toujours mal disposé à leur égard, tellement que le prince croit que ces instances resteront sans résultat. S. Exe. a été déjà avertie de leurs intrigues auprès du roi de Tunis. Le 31, Cybo le charge de dire à D. Vincenzo que le pape a agréé la confiance de S. Exe. envers lui touchant les messinois. 11 lui ordonne de répéter que N. S. n'a eu d'autre but que d'exciter la charité du roi en faveur de ces malheureux, croyant que cela serait à l'avantage des intérêts de la Couronne ; mais que du reste on tiendra compte des déclarations de S. Exe. Et, le 28 avril, il ajoute que S. S. vieqt d'apprendre par une voie sûre que /les messinois traitent avec le Pacha de Tunis pour surprendre Messine ou mettre pied en quelque localité de la Sicile, et que les Turcs ont approuvé les négociations. On a déjà, par le nonce, averti le v. roi de Naples.