‹ Innocent XIChapitre 143 sur 430 · A VIENNE ON VEUT LA DÉFENSIVE · texte numérisé non relu

A VIENNE ON VEUT LA DÉFENSIVE

Martelli annonce à Cybo que les abbés Zaluski et Kordwanowsky sont venus de la part de LL. MM. lui amener le prisonnier Piccinardi, remis en liberté avec l'obligation de quitter le royaume dans les huit jours. « Je leur ai répondu que j'appréciais la générosité du roi, mais que je n'aurais jamais intercédé en sa faveur ; que j'avais seulement dit que je ne trouvais pas sa mort opportune, afin de ne pas causer d'amertumes à César. Zaluski me dit que le roi agissait de cette manière, s'agissant d'un italien. A Piccinardi, qui était resté dans mon antichambre, j'ai dit de partir dans le temps qui lui avait été fixé... Il y a quelques jours on a chassé du royaume le nommé Balus, français, qui avait écrit contre cette Cour ».

Le 18, Bonvisi répond à Martelli qu'il, voit qu'à présent on trouve inutile la ligue défensive, que l'on venait de demander avec tant d'insistance ; il espère toutefois que le roi finira par y adhérer, par la considération que le fait de secourir les Polonais au cas où ils seraient les premiers à attaquer les Turcs avec les Moscovites, rendrait la ligue offensive ; mais l'empereur n'est pas disposé en ce moment à signer celle-ci. < Il me paraît, écrit Bonvisi, qu'aux considérations que présentera le résident césarien, V. S. pourra ajouter, que si l'empereur voit se rompre le traité de la ligue défensive, il pourrait soupçonner qu'un accommodement est survenu entre les Polonais et les Moscovites avec les Turcs, qui augmentent leurs armements en Hongrie, et alors César, délié de ses engagements avec les Polonais, serait libre de conclure la paix avec la Porte, tandis que la ligue défensive restant maintenue, l'empereur sera l'obligé de la Pologne ; même si celle-ci veut prendre les armes, il sera toujours avantageux pour le roi d'être tranquille du côté de l'empire. Il peut se faire aussi que l'empereur s'accorde avec les Turcs pour avoir la tranquillité dans la partie de la Hongrie qu'ils détiennent encore. Les grands traités se mûrissent peu à peu. Et le nonce conclut : je n'en écrirai rien à Prague, afin de ne pas paraître approuver un changement au traité. Je prie Dieu qu'ayant en vue des chan-

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gements, la Cour n'ait point conclu d'accords avec les révoltés ».

Le 21 février, Martelli mandait que Mgr de Kiovia, au sujet de l'incident de l'évêque de Posnanie, lui dit que S. M. désire que N.S., de motuproprio, écrive à ce prélat, en désapprouvant sa conduite, que S. M. doit être aidée par les évêques pour la guerre sainte. Et il ajoute : il n'y a pas de doute que l'évêque a mal agi et que le roi s'est montré généreux dans le pardon (i).

Le même jour, il informe qu'après la clôture du gr. Conseil on a tenu des réunions pour discuter les moyens de négocier

(i) Le 9 mars, Cybo déplore le grand désagrément causé au roi par l'évêque et approuve le nonce d'avoir aidé S. M. par ses bons offices. La dignité royale étant respectée et réfutées les accusations, il n'est point mauvais qu'à la suite de ce regrettable incident ait été hâtée la clôture du gr. Conseil, pourvu que ne soit pas empêchée ni retardée la conclusion des ligues proposées, qui sont tant nécessaires. Le souhait de S. M. a été bien agréé par le pape ; S. 8. espère qu'il sera suivi par les faits « Et, à la même date, il ajoute : « V. S. doit présenter au roi les doléances de N. S., qui loue la générosité royale. Le pape a d'autant plus regretté ce qui s'est passé, qu'il connaît les sentiments de droiture, de candeur de l'évêque et son zèle envers sa patrie et la religion ; il est à craindre qu'il ait été poussé, par des gens mtéressés, à déranger toute délibération touchant la guerre. V. S. fera d'abord voir au roi le bref transmis pour l'évêque ; et ensuite, en le présentant à celui-ci, V. S. doit lui faire connaître la paternelle admonestation du pape et, s'il n'a pas encore donné satisfaction au roi, V. S. l'engagera à remplir son devoir, lui recommandant d'être plus prudent à l'avenir, car de pareils faits peuvent augmenter la désunion et amener la ruine de la Pologne ; si celle-ci tombait dans les mains des barbares, les ecclésiastiques, plus que tous autres, y perdraient et particulièrement l'ordre épiscopal,qui n'aurait plus ni autorité ni fortune; tandis que les laïcs, même sous les Turcs, garderaient quelque partie de leur situation primitive. V. S. doit chercher à convaincre aussi les autres évêques de la nécessité de déclarer la guerre, donnant comme exemple l'évêque de Kaminetz ; on voit dans quel état les Turcs l'ont réduit. Mais, le fo avril, Martelli annonce à Cybo, qu'ayant dit au roi qu'il avait reçu le bref pour Mgr de Posnanie, S. M. tout en remerciant S. S., répéta Malepositum ne moveare (sic) du moment que l'affaire est arrangée ».

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