LE ROI RENONCE A L'OFFENSIVE
les ligues avec César et les Moscovites. J'ai toujours tâché, écrit-il, que les choses ne traînent pas en longueur, afin que les Moscovites ne finissent par se fatiguer et à conclure la paix avec les Turcs. J'ai aussi conseillé la défensive avec César, mais les contradicteurs sont nombreux, et le gr. chancelier a dit au résident que Radzivill retournerait à Vienne pour décider l'empereur à l'offensive, ajoutant toutefois que, lui, n'est pas contraire à la défensive. Je me suis rendu ensuite chez le roi ; il m'a dit de nouveau dans quelles incertitudes il se trouve et que, personnellement, il aurait signé la défensive ; alors je lui ai fait observer que, si à présent, on s'y refusait, l'empereur finirait par s'en offenser. S. M. ordonna que Mgr de Kiovia se trouvât chez moi avec le résident césarien pour faire à celui-ci des déclarations en faveur de l'empereur. Le 28, il transmet à Cybo la copie d'une lettre qu'il a écrite à Bonvisi, pour l'informer que la reine a dit au résident césarien qu'il serait opportun que l'empereur envoyât à Varsovie un ambassadeur, afin que par son intelligence et son activité il puisse gagner des amis à l'empire ; que l'envoi est d'autant plus nécessaire pour arriver à la stipulation de la ligue. S. M. a même cité Schiafare, qui fut déjà en Pologne et connait très bien le pays. Et Martelli prie Bonsivi de s'en intéresser, car après avoir gagné la Cour il faut l'aider à éliminer les obstacles (i). Mais, le 2 mars, Cybo lui écrit : « j'ai été étonné que V. S. n'ait pas répondu au roi, lorsqu'il a dit que l'empereur devait aussi accepter la ligue offensive, que César craint bien à raison d'être troublé par la France ainsi que Bonvisi l'a souvent écrit à V. S., l'engageant à pousser S. M. à obtenir du très chrétien des assurances à ce sujet. Et le gr. Trésorier ayant dit dernièrement au nonce à Paris, que le roi n'était pas disposé à donner cette assurance, il
(i) Le 17 mars, Bonvisi informe Cybo qu'il a répondu à Martelli : « V. S. dit très bien que nous ne pouvons pas voir le cœur des hommes ; quoique la proposition de la reine au résident césarien montre son désir de s'unir à l'empereur afin d'en obtenir la coopération, cela signifierait qu'elle veut se séparer de la France. Je ne peux pas en persuader l'empereur, car il peut se faire que le résident se trompe ; du reste c'est à lui à en juger ».
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n'est pas possible que le roi de Pologne l'ignore, et V. S. peut l'engager de nouveau à faire des démarches à Paris. Le duc de Bavière est disposé à concourir au secours de la Pologne ; on sait ce qu'a dit le Portugal ; en Espagne le nonce travaille pour l'exaction des dîmes à Naples et en Sicile. V. S. doit représenter tout cela à S. M. comme preuve des espérances qu'elle peut avoir du côté de Rome ».
Le 3, Martelli annonce l'arrivée d'un moscovite qui précède les ambassadeurs ; et qu'il a déclaré au résident césarien que c'est faux que de Moscou on ait envoyé au Transylvain un message pour conclure la paix avec lui.
Le 5, il informe qu'à l'occasion des noces qui ont eu lieu, est surgie à la Cour la question (i) du cérémonial touchant les
(i) Le même jour, il écrit que le starota Gembicki est venu l'inviter à ses noces avec la fille du Palatin de Posnanie, maréchal de la reine, et la fiancée étant demoiselle de Cour, les noces se seraient célébrées à la Cour. Mais comme devait y avoir lieu aussi le mariage entre Krasinski, référendaire du royaume avec la fille du palatin de Russie, celui de Gembicki ne pouvait se faire qu'aujourd'hui, « La coutume est que le lendemain des noces LL. MM. accompagnent l'épouse à la maison du mari, et qu'ils y assistent à un banquet, tout cela ne pouvait avoir lieu que le premier jour de carême. Gembicki, vu la circonstance, me pria de lui donner la dispense touchant le jour de la fête et de lui donner la bénédiction pour la félicité de son union. J'ai répondu, que si quelquefois on a permis de contracter mariage dans les temps défendus, restait toujours défendu le commerce entre les époux et que la mariée fut ramenée à la maison du mari ; le starota sembla être convaincu, mais, plus tard, il revint me dire qu'ayant consulté des évêques, et qu'il existait des précédents contraires à mes dires, d'autant plus que le roi y intervenait avec la Cour et qu'après le banquet il n'y aurait pas de bal, il renouvelait sa demande. Toutefois j'ai maintenu mon refus, estimant que les quelques exemples peuvent être attribués à une certaine facilité de convivance, qui, dans ces contrées, est trop grande touchant la matière des mariages : tant pour les publications, l'absence du curé que pour les divorces. Je trouve, par conséquent, que la nonciature doit maintenir de la rigueur. J'ai désapprouvé l'acte quoique fait du consentement de Mgr de Posnanie : toutefois, je me suis absenté et je suis allé passer quelques jours chez les Camaldules, qui sont dans les environs ». Et, le 13, il écrit que le roi était aussi de l'opinion qu'on ne pouvait pas faire