‹ Innocent XIChapitre 179 sur 430 · LE PALATIN PROMET D'AGIR · texte numérisé non relu

LE PALATIN PROMET D'AGIR

que jusqu'à présent ils n'ont pas été retenus par sentiment amical envers nous, mais dans la crainte de trouver une forte résistance ; par conséquent, si les hongrois voulaient la prostitution totale de leur roi ils pouvaient l'obtenir ou par le défaut des forces du roi même ou par la pression de la crainte des dangers ; ils forceraient ainsi S. M. à faire la paix avec les Turcs.Le Palatin n'a su que répondre au dilemme et se montra disposé à faire son possible pour la tranquillité... La gravité du sujet, conclut le nonce, m'a rendu prolixe; toutefois j'espère que N. S. sera content d'apprendre les particularités pour corriger ma faiblesse et augmenter ses paternels souvenirs » (i).

Le 2 novembre, Bonvisi écrit à Cybo : le chancelier Hocher est venu s'excuser de n'avoir pas encore préparé la formule au sujet du déchirement du bref, et de n'avoir pas aplani les difficultés pour l'affront à la nonciature (2) et tout cela à cause de la Diète... « Il me paraît qu'il n'y a aucune raison de hâter la remise de la barrette avant d'avoir eu les réparations, attendant de la recevoir à Vienne surtout si ici on augmente les concessions aux hérétiques. Ayant même appris qu'on était disposé à leur restituer trois églises, qui ont vraiment été bâties par eux mais qui sont actuellement en possession des catholiques, j'en ai parlé vigoureusement à S. M., relevant le scandale qui en résulte-

(i) C'est le Transylvain, mande Bonvisi le même jour dans une feuille à part, qui indirectement a fait maintenir l'empereur dans sa décision de répondre catégoriquement à la Diète, accordant ce qui est possible sauf ce qui touche la religion et sa dignité. Il n'est pas honorable de continuer à traiter avec la Diète, vu les offres que lui peut faire le Turc par l'entremise du Transylvain. Celui-ci a expédié à la Diète une proclamation très offensive contre la Maison d'Autriche, l'accusant d'avoir gouverné toujours en tyran ; que s'il a pris les armes c'était pour donner la liberté aux hongrois ses compatriotes, les délivrant de l'oppression ; il les engage à se mettre sous la paisible protection des Turcs, les assurant qu'ils jouiront de la plus complète liberté ; Abaffi affirme qu'il a déjà en main un diplôme à ce sujet.

(3) Voir dans la Ile Partie le chapitre sur les droits de l'Eglise.

458 LA DIÈTE A ÉDEMBOURG.

rait si ces autels sur lesquels a été célébré le grand sacrifice de la Messe, étaient de nouveau contaminés ; l'empereur me répondit qu'on n'arrivera pas à ce point. Toutefois je crains qu'on ne finisse par autoriser à bâtir des temples à conciliabules dans les comitats éloignés et dans les villes franches. L'archevêque et le clergé sont avec moi . mais cela ne suffira pas parce que bien d'autres sont alarmés par les désordres qui peuvent naître. En vérité, le moment est bien mauvais à cause des complications qui viennent de tous côtés, et de la faiblesse qui est très grande ; on craint aussi que les princes de l'Allemagne en profitent aux dépens de la religion et des biens ecclésiastiques. Je tâche de me régler de manière à résister sans rendre plus fort le préjudice, bien que je voie que les concessions aux hérétiques ne donnent pas une grande tranquillité dans le royaume, car les Turcs n'ont pas de partialité pour une religion plutôt que pour une autre. Jusqu'à présent, on n'envoie pas le comte Caprara à Constantinople pour toucher le fond de cette plaie ; tout procède avec lenteur, et même ceux qui le constatent ne peuvent le croire. Je regrette que l'empereur s'abatte d'esprit et de corps ; actuellement il souffre des souffrances de l'impératrice qui, pour vouloir le suivre partout, a eu une fausse couche tellement grave que, si elle ne fait pas une cure énergique, on craint qu'elle ne puisse plus avoir d'enfants » (i). Le 9, il informe qu'on croyait que les héré-

(i) Le 9, il écrit :

Era sperabile un compétente buon fine délia Dieta, se'i fautori di Monsigr Vescovo di Naistat non si fossero ostinati in volerlo sostenere nella carica di présidente délia Caméra d'Ungaria, perché sodisfatti i magnati in qiiesto punto, haverebbero fatto piegare gl'eretici à contentarsi délie condizioni già offerteli, ma piià tosto hanno inclinato i commissarii Cesarei, à dar nuove permissioni di fabricare chiese, e questo verisimilmente neanchc basterà. lo se bene sono amico del sopradetto Vescovo, per chè è un prelato molto zelante, ho vivamente rappresentato, che più tosto conveniva sodisfare la multitudine con levarlo, et non pregiudicare alla Religione, et egli ancora doveva sacrificarsi per l'istessa, ma i suoi parziali, che hanno pigliato l'impegno, non ne vogliono recedere, e l'Impcratore si rimette anche in quelle cose, che conosce contrarie al suo servizio, corne hà fatto nel recedere dà quelle, che S. M. mi haveva dctto, di volere nelle repliehe, che

Page 1