‹ Innocent XIChapitre 188 sur 430 · INSTRUCTIONS AU RÉSIDENT CÉSARIEN · texte numérisé non relu

INSTRUCTIONS AU RÉSIDENT CÉSARIEN

au sujet du mariage du prince de Brandebourg, qu'on dit célébré, mais dont on n'a pas la certitude, l'a fait appeler et lui a demandé son concours pour deux choses : d'abord, afin que Rome n'expédie pas la dispense, les deux conjoints étant parents et vu que la constitution polonaise exige la dispense ; et ensuite qu'il en parle aux sénateurs et députés de la Diète afin qu'ils s'opposent au mariage et à l'indigénat, « sur le premier point j'ai dit que j'en écrirais, bien que pour tous les princes la clause de la dispense ne comporte pas la différence de religion ; et, sur le second, que je ne voyais pas l'opportunité d'exciter le sénat contre l'électeur, dans les Etats du quel vivent bien des catholiques avec la liberté du culte, d'autant plus qu'il ne me paraissait pas que les démarches pussent être fructueuses » (i).

Le 8, il informe que l'empereur n'envoie pas d'ambassadeur à la Diète, mais de nouvelles instructions au résident lui ordonnant : d'être prudent, de ne pas entamer de négociations de guerre offensive contre les Turcs, mais d'observer ce que font les Moscovites et les Polonais, trouvant que les Moscovites étant déjà en guerre avec les Turcs et que les Polonais ayant à la craindre, ils doivent être les premiers à se liguer. Quant à la défensive, si on lui en parle il devra dire que l'em-

n'expédie pas la dispense si elle est demandée ; que S. S. prendra bien en considération le zèle de S. M. ; il convient que V. S. se rende au désir du roi et qu'elle parle aux sénateurs afin que l'on ne concède pas l'indigénat ». (i) Et, le môme jour, il annonce l'arrivée d'un personnage persan, accompagné de quatre personnes, envoyé, dit-on, par son roi avec des lettres pour S. M. qu'il a remises au gr. maréchal de la Cour ; il est bon d'attendre d'être renseigné sur le personnage et sur l'objet de sa mission. Il prétend que depuis un an ii a quitté sa Cour, et qu'à son passage à Moscou, il a laissé les ambassadeurs des tzars sur le point de partir pour la Pologne. Et il informe aussi que le roi a consenti d'écrire à son résident, afin qu'on ne chasse pas de Galatz les catholiques et ceux qui desservent l'église.

Innocent XI — III 31

pereufest toujours disposé, m^-is qu'il ne doit pas aborder ce sujet si on ne l'interroge pas (i).

Le II, Cybo mande à Pallavicini :

Par la morte del Card^ Vidoni vaca la protettione di Polonia, et importa molto che sia conferita à soggetto di spirito moderato, e discreto, di retta intentione, e non occupato da passioni ; havendosi non rimote esperienze, che quando la protezione suddetta si è incontrata in huomini di diversa qualità, è riuscita alla S. Sede una materia continova di vessationi, e d'inquietudini. È perô mente di S. S^^ che V. S. Illf"a osservi con particolare attentione gU andamenti di cotesta Corte in ordine à deputare il nuovo protettore, e me ne porti con diligenza l'avviso senza fare alcuna dichiaratione costi per non dar pretesto di querele, e di liti, ecc. (2).

Le 15, Pallavicini informe que la Cour étant rentrée à Varsovie, il a eu la réception solennelle du roi ; qu'il lui a seulement parlé des vacances des évêchés,de la nécessité d'y nommer des personnes dignes, et que S. M. lui promit de faire tout son possible (3).

(i) Le 15, il annonce que la veille a étc ouverte la Diète et que, contre l'opinion générale et la coutume, les nonces terrestres ont élu de suite, comme leur maréchal, le chev. Lubomirsky. Et, le même jour, il ajoute : Qualche dietina fa istanza che gli ambasciatori di Francia se ne partino in vigore di una legge del Regno la quale dispone che gli-Ambasciatori non vi dimorino più di sei settimane.

Li sudetti Ambasciatori oltre l'habitatione che hanno ne' Borghi hanno prcso ambedue stanze vicine al Palazzo Regio per ritirarvisi quando la notte uscissero dalla Corte in hora molto tarda ; il che potrà seguire spesso, se vorranno abboccarsi con S. M'a finite le sessioni délia Dieta.

(2) A son tour, le 5 février, le nonce lui écrit qu'est arrivé l'avis de la mort du cardinal Vidoni et qu'il verra par qui le roi veut le remplacer. Et, le 12, il ajoute qu'il a été question de Rospigliosi comme protecteur ; « j'en ai fait l'éloge sans laisser voir l'exclusion de tout autre ; on lui reproche de ne pas être bien actif ».

(3) Le 22, il écrit qu'étant tombé malade en assistant à la messe du Saint Esprit pour l'ouverture de la Diète, il n'a été reçu qu'hier par la reine, qui, contre l'ordinaire, l'a fait chercher par son carrosse escorté de gardes. Il se rendit ensuite chez le roi et lui parla de la situation, des dangers des Turcs, de la nécessité de l'union et que l'on ne devait pas clôturer la Diète sans avoir pris une résolution catégorique. « S. M. écoutant attcnti-

Page 1