‹ Innocent XIChapitre 227 sur 430 · PROJET DE LIGUE · texte numérisé non relu

PROJET DE LIGUE

la ligue. La pensée du projet est large et sa réalisation difficile ; le remède à tant de mal vient peut-être trop tard. J'ai demandé à Mgr de Leceovia si S. M. veut que tout ce qui est dans le projet soit réalisé, mais Tévêque me répondit franchement que le roi passerait, au besoin, sur quelques points pour accomplir la ligue avec César, car le roi veut la ligue et ne peut compter que sur l'empereur. J'en donne avis à Bonvisi ». Le 23, il écrit :« le projet me paraît tellement grand qu'il me fait douter qu'il n'y a rien de positif dans les propositions d'ici ; tandis que le roi ne se montre pas partisan de la guerre, il tient à augmenter sa gloire par de grands projets ». Et il ajoute :

Il Projetto délia Lega fra l'Imperatore e la Polonia che mandai la posta passata quanto è più specioso e grande tanto piii mi reca sospetto. Come ho scritto altre volte 10 dubito délia sincerità di simili propositioni parendomi il Rè alieno da travagii délia Guerra et essendo per altro amatore grande délia gloria temo che le paja di mantenersela col proporre cose magnifiche e che si persuada di fare credere at mondo che lui è sempre pronto, e che il mancamento viene da altri.

Sono rimasto ammirato che il Résidente Cesareo habbia acconsentito, se bene come ho detto non hà plenipotenza e la cosa si risolse in un semplice pensiere che l'Imperatore debba, havere nell' Ungheria superiore -^ huomini parendomi che quando l'Imperatore havesse tanto numéro di gente da potersi impiegare nell' Ungheria facilmente non si cureria dell' unione con la Polonia. Considero in oltre che forse uno de' fini principali di questa unione per parte dell' Imperatore possa essere il liberarsi dalla nécessita di haver à mantenere un Esercito grande in Ungheria per poter impiegare il nervo maggiore délie sue forze ove bisognasse ; onde non mi pare che il Résidente per altro huomo occorto et hahile, habbi bene inteso l'intento del suo Padrone.

La gente da guerra costa à Cesare molto più che l'Ungheria, e pure questi vogliono per se soli li sussidii Pontificii e le Décime d'Italia et havere in oltre degli ajuti per l'Artiglieria e con tutto questo mantenere 20/M huomini di meno, il che mostra anche essere una grande disugualianze ne' patti. Presto udiremo le riflessioni che si saranno fatte in Vienna sopra il medesimo projetto, et io ne avvisero V. E.

Havevo esposto come sopra il mio sentimento, quando mi è sopragiunta la cifra di V. E. de' 29 Agosto nella quale mi ordina in générale che avverta se nella corrispondenza di questa Corte coU' Imperatore vi

sii sotto qualche mistero con partecipazione di qualche Principe Straniero. Al che sodisfacendo dico che non mi posso persuadere ciô nelle circostanze presenti, e che se havesse à temere piii tosto temerei che ci facesse per dar gelosia alla Francia, et indurla con cio à trattare con magior riguardo, ne esser cosî dura à compiacere queste Persone Reali ne' desiderii loro. Se poi il Re di Francia si mutasse e facesse délie gratie e non volesse riguadar più questo Rè corne persona del tutto obligata a se e fattura sua, non so come passerebbero le cose e se non SI riducessero al pristino stato e si ripigliasse l'antica eorrespondenza e confidenza con quella Corte ecc.

Le 30, Pallavicini informe que d'après les nouvelles de Moscou il paraît que la soldatesque appelée Strilizzi est devenue puissante : c'est la garde du corps des Czars ; dans la crainte d'une réaction elle s'est réunie dans une localité avec 100 canons et, se prévalant de son pouvoir, elle devient arrogante. Elle a élu comme chef Kovaski, homme sage mais qui ne peut pas la remettre dans le devoir ; elle fait la loi au chef et même aux Czars quand elle pense qu'une affaire est d'intérêt public. Elle prend ses décisions, qui d'ordinaire sont cruelles et intéressées ; agit avec rigueur contre ceux qu'elle suppose avoir distrait les revenus publics destinés aux milices, et oblige son général d'aller avec une députation de soldats chez les Czars qui, tremblants, sont obligés de céder. Les habitants de la campagne voulurent en faire partie pour se soustraire au servage, mais le général s'y opposa, trouvant qu'il n'était pas digne de ce corps de recruter des paysans, et ceux-ci furent repoussés et en grande partie tués par les soldats. Ces Strilizzi prétendent sauver la principauté disant que tout y est mal gouverné. Les Czars voulurent partager cette milice en en envoyant une partie contre les tartares qui pillent un grand nombre de localités, mais elle, comme garde des Czars, prétendit qu'elle devait rester auprès d'eux. « Voici des nouvelles qui, quoique incertaines, viennent d'une bonne source ».

Le 7 octobre, Pallavicini transmet deux lettres à Cybo ;

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