LE GR. TRÉSORIER NE SE JUSTIFIE PAS
le trésorier remettrait sa charge entre les mains du roi, se soumettant au jugement de S. M., la reine servant d'intermédiaire et cela pour lui enlever l'idée que c'était elle qui avait mis le feu ; le trésorier serait ainsi resté libre citoyen, pouvant vivre où-il voulait. Il s'est rendu chez le roi pour le remercier ; mais ayant promis de se présenter à la Diète, au trône de S. M., pour faire des excuses, il changea d'avis et ne parla des chiffres qu'en disant: on dit que ce sont les miens. Alors on souleva à la Diète la discussion pour savoir si on devait le juger d'une manière sommaire ; et prévoyant un vote favorable au trésorier la séance fut suspendue. Le lendemain, comme continuait la discorde, on tâcha de renvoyer la discussion sur les chiffres et de citer le trésorier devant une nouvelle Diète tout en le suspendant de sa charge... On a décidé aussi que tout ambassadeur ne pourrait demeurer en Pologne que temporairement et on l'a écrit en France. Comme la loi parle de légats en général on se demanda si le nonce y était compris, mais le roi avec grand respect envers le Siège Apostolique et honneur pour les nonces, dit qu'ils n'étaient pas compris dans cette loi... On voit que l'Aga turc n'est venu ici que pour
10° Significat quod 50,000 Imperialium receperit ex quibus 4,000 domino, Sapieha Duci Lituanie et 2,000 Thesaurario distribuerit.
iio Significat quod Supremus Mareschalcus Regni caput sit factionis contra Regem Polonie ex motivo conservationis Civitatum in Hungaria existentium, Sepusiensium^ quatenus beneficio Régis Gallie a Techelio preserventur et conserventur.
12° Defert quod Rex Polonie sit infensus Régi, Gallie quamvis Rex Gallie promiseriteiannuatim 100,000 Imperialium, et filii ad Thronum promotionem, ut faveret Gallie in occasionibus Regni Hungarie etaddit, quod ad bas propositiones Rex exarsit.
lo De electione et successione in Regnum Polonie scribit.
2° Conventus per Poloniam particulares Régis Gallie intentioni contrariantes rumpere contendent.
30 Cesarem insimulat velle transferre in Poloniam bellum-Turcicum.
40 Defert Illmos Palatinum Russie et Sapichas esse partium Gallicarum.
50 Relegari denuntiat omnes Legatos exteros excepto Cesareo.
60 Prôcurare contendet ne in prejudicium Régis Gallie aliquid statuatur in Comitiis.
espionner, ne traitant aucune affaire. Et, le 24, il ajoute qu'on a communiqué à la Diète ce que contiennent les chiffres séquestrés, et il fait la transmission d'une copie à S. Em. Le roi tient dans ses mains la démission du grand trésorier ; il en a suspendu l'exécution afin de ne pas entraver les travaux de la Diète, mais sous la condition que dans huit semaines il devra lui remettre la clef du chiffre, pour pouvoir traduire la partie de la lettre restée incomprise. En attendant, la Diète ne s'en occupera plus. ^
Le même jour, il écrit qu'il a eu une conférence avec les césariens qui se plaignent de la longueur des négociations, et on résolut de présenter une instance au roi pour arriver à une solution ; on en présenta une autre à la reine qui trouva la plainte fondée. Le roi, tout en donnant raison au nonce et aux envoyés, s'est plaint, à son tour, de la longueur des discussions de la Diète, où on prononçait des discours pour gagner la renommée d'orateurs éloquents. S. M. trouva que les plaisirs du luxe et l'étude des lettres humaines avaient mis de côté l'amour des armes et il craignait qu'ainsi on ne perdît le royaume ; il craignait également que les librairies de Pologne finissent par devenir les étables des chevaux des Turcs, comme il arrive maintenant pour les Tartares dans celles de la Chine. S. M. déplora aussi que la nation ait perdu la « ferocita » naturelle qui avait été conservée durant des siècles ; concluant qu'il est nécessaire de souscrire la ligue car la chute de Vienne serait bien plus désastreuse que celle de Cracovie ; et celle-ci, se trouvant entre les ciseaux de l'Autriche et de la Pologne, peut être reconquise, tandis que la perte de Vienne ferait perdre la Pologne, qui serait coupée du reste de la chrétienté. S. M. a promis de faire le possible pour que tout finisse en peu de jours (i).
Le 27, Cybo répond : que ses démarches pour la conclusion de la ligue ont rencontré le plus complet agrément de N. S., qui
(i) Le 22, Cybo informait : S. S. a attribué au service des soldats malades en guerre contre les Turcs les revenus de l'abbaye d'Andreovia, mis en réserve en 1677. V. S. s'en prévaudra selon sa prudence.