LES POLONAIS DEMANDENT DES SUBSIDES
veut toujours voir la Hongrie plus gardée de l'invasion turque, qui serait pour elle une dévastation.
Le 31, Pallavicini annonce qu'ayant reçu les brefs pour les deux Ordres, le sénatorial et l'équestre, afin de les exhortera la guerre il les fit voir au roi, car le royal aura été remis directement par l'abbé Denoff (i). « S. M. m'engagea de les remettre à Mgr de Cracovie pour les sénateurs et au maréchal pour l'équestre. Ils m'envoyèrent une députation de quatre sénateurs afin d'avoir des éclaircissements de vive voix, tout en protestant de leur dévotion envers S. S. En leur parlant de la nécessité de la ligue et de la guerre ils parurent convaincus. Mgr de Cracovie, le premier, fit une longue histoire sur les malheurs de la Pologne, concluant qu'elle ne peut pas faire beaucoup mais qu'on calculait que N.S. ne l'abandonnerait pas. Le palatin de Posnanie prit ensuite la parole, ne se montrant pas content de mes réponses générales, et demanda carrément sur quels subsides on pouvait compter. J'ai répondu que, jusqu'à présent, S. S. en avait donné à l'empereur, et que pour ce qui regarde les dîmes, je ne connaissais pas encore les inten-
(i) Le ler mai, Cybo lui répond qu'on ne lui a pas transmis d'autre bref pour S. M. au sujet de la ligue avec César, d'abord parce que V. S. n'en a demandé que pour les deux Ordres, le sénatorial en l'équestre, et ensuite parce que le roi en a reçu bien d'autres. Du reste, les sénateurs ont tort de se plaindre à V. S. de ce qu'on ne leur donne pas de secours ; et le roi comprend bien qu'en aidant l'empereur on aide aussi la Pologne, car si on perdait la Hongrie ou Vienne — que Dieu ne le permette pas — vers laquelle on dit que s'acheminent les Turcs, les sénateurs verraient dans quelle situation ils se trouveraient. S. M. raisonne juste lorsqu'elle dit que ce serait pire de perdre Vienne que Cracovie,car celle-ci se trouvant entre l'Autriche et la Pologne pourrait être récupérée, tandis que si les Turcs occupaient Vienne ils sépareraient la Pologne du reste de la chrétienté. La République a eu bien des preuves de la paternelle affection de S. B. lorsque N. S. envoya 50,000 th. de sa fortune privée, et on les a gardés à Vienne à la disposition de la Pologne pour qu'elle contmuât la guerre contre le Turc déjà aux prises avec les Moscovites et afin de reprendre Kamenitz ; mais au contraire on fit la paix avec peu d'honneur, perdant d,es contrées et ouvrant la Pologne aux Turcs ; dans une autre occasion le pape offrit 500,000 fl. dont déjà 200,000 se trouvaient entre les mains de Mgr Martelli, et à présent qu'on n'a pas su s'en servir on se plaint de ce qu'on les a donnés à César.
tions du pape ; mais comme les demandes devenaient vexatoires et que le quartier-maîtregénéral du royaume ^t le nonce de Cracovie trouvaient extraordinaire que je poussais à la guerre sans avoir la faculté de promettre les subsides, j'ai dit qu'ils devaient s'assurer par eux-mêmes, plus que par ma bouche, qu'ils seraient secourus. C'est ainsi que finit notre conversation, laquelle me sembla n'avoir eu d'autre but que de savoir quels seront les subsides. Le v. chanclier a été plus explicite, car, parlant à un de mes confidents, il a dit : que la Pologne ne pouvait presque rien faire et que les députés de la République n'ont pu obtenir du nonce que de vagues paroles, tandis qu'on savait que d'autres ont eu des déclarations de subsides ; mettant en évidence la pénurie du trésor pontifical, il s'ensuit que les adhérents à la guerre deviennent froids, comme si on voulait traiter les Polonais à la manière des enfants, à qui pour les faire marcher on offre une pomme pour la cacher ensuite ; qu'on avait promis 500,000 fl. de b. m. en en faisant espérer d'autres si la Pologne marchait en guerre ; qu'à présent qu'elle s'y prépare on nie ces sommes, disant que, en donnant à la Hongrie on aide la Pologne. Et le v. chancelier ajouta que la République doit faire face aux incursions des Tartares, partager ainsi l'armée en deux corps, et comme le roi se met lui-même à la tête, pour sa garantie personnelle l'armée doit être forte ; que du reste l'empereur reconnaît la justice des subsides en en lui accordant ; et qu'enfin on avait voté la ligue se basant sur les 500,000 fl.« Le roi aussi, écrit-il, m'a fait dire par Mgr de Luceoria que je dois, par ma foi, mon zèle envers le Saint-Siège écrire qu'il est nécessaire qu'on décide si on peut accorder bien vite des subsides pour mettre sur pied l'armée, d'autant plus qu'on a jadis offert 20,000 ungheri pour Bialacerkiew qu'on a épargnés, et il recommande de se presser » (i).
(i) A la même date il transmet aussi le Mémorial suivant :
In ordine aile rimesse di danaro che si havessero da farsi da Roma in Pol-
lonia per via d'Amsterdam si fà riverentemente a Mon^ Illmo e Revmo Nun-
zio Apostolico la seguente propositione.
Per una lira di grossi in Amsterdam si daranno in PoUonia grossi 250