‹ Innocent XIChapitre 26 sur 430 · JUSTIFICATIONS DE MEDINA · texte numérisé non relu

JUSTIFICATIONS DE MEDINA

tique, en faisant des remontrances aux ministres de Milan ; quant au sel, malgré les recherches, on ne trouva rien qui oblige S. M. d'observer les concordats avec les ducs de Milan sur l'obligation de faire prendre tel chemin aux entrepreneurs, pour le transport ; pour la traite des vins aux cardinaux on avait déjà répondu et qu'au sujet de l'alun il fallait traiter à Naples. Enfin le duc conclut sa défense en répétant qu'on a beaucoup étudié et discuté pour réussir à satisfaire S. S. Il ajouta que le marquis d'Astorga était chargé de traiter avec le nonce, « J'ai été le voir, écrit-il, pour le féliciter et lui exprimer mes espérances de voir nos rapports couronnés de succès. Notre conversation dura une heure et demie ; et après les compliments, j'ai répété avec plus de détails ce que j'avais dit à Médina, et surtout le point que le pape ne pouvait pas répandre les grâces à pleines mains, en voyant la résistance qu'on mettait à faire droit à ses réclamations. L^^ marquis me donna les mêmes réponses que le duc ; seulement, à propos du refus du pape sur la concession des grâces au roi, il a dit qu'il ne savait pas en quoi S. M. les avait déméritées, après tant de démonstrations filiales — mais que si on arrivait à ce point, il aurait mieux valu donner de la tête contre le mur, — et il voulut dire qu'il fallait rompre tout engagement ; me disant cela en ami plutôt qu'en ministre. Nous nous sommes quittés en très-bons termes et avec des promesses réciproques de parvenir le plus possible à l'arrangement de toutes les affaires » (i).

(i) Et, le 21, il annonçait avoir reçu la visite du marquis d'Astorga qui lui parla avec beaucoup d'empliase de son contentement d'avoir des rapports avec lui, et, au nom de S. M. dit que le roi avait été bien peiné en lisant le rapport de Carpio, qui lui annonce que S. S. veut lui nier la grâce de la Croisade et le traiter autrement que ses prédécesseurs, qu'en ce moment la monarchie, et par conséquent la chrétienté, est obligée de quitter les présides d'Afrique. « A cela j'ai répondu, après l'échange des compliments, qu'il est vrai que la monarchie a de grands besoins, mais que S. S. aussi doit se prévaloir de ses droits auxquels on veut créer des préjudices ; que depuis deux ans, j'avais manifesté la désapprobation de N. S. sur l'emploi qu'on faisait de l'argent de la Croisade avec lequel on devait armer les galères ; et que je ne manquais pas de répéter que S. S. aurait suspendu les grâces voyant

8o INNOCENT XJ ET L'ESPAGNE.

Durant l'année 1680, jusqu'à la liquidation des questions agitées dans la première période du Pontificat d'Innocent, il est plus opportun d'en faire mention ici.

Le i^'" février, Mellini écrit que peu de jours avant l'entrée de la reine, M™^ Colonna s'étant enfuie du couvent de S*^ Dominique el Real est allée chez le marquis de Los Balbazes. Elle voulait y rester quelques jours, soit pour rentrer ensuite au couvent, soit pour aller à Saragosse, dans la supposition que désirant voir la grande fête de l'entrée, le connétable lui aurait permis de sortir et de se rendre chez des parents. « Se voyant désapprouvée par le marquis, elle se rendit chez l'ambassadeur de France, qui vint me prier, même au nom de Madame, de l'amener dans quelque monastère ; j'ai opposé un refus, ignorant la volonté du roi, et elle retourna chez Los Balbazes. Mais aussitôt lui arriva un ordre du roi de se rendre à Cieu Pozinlos à 5 lieues de Madrid, dans un couvent de Franciscaines. On lui a envoyé une voiture de Cour, et dans une de l'archevêque il y eut un visiteur de ce couvent,étant sujet à sa juridiction. La décision royale a fait beaucoup de bruit et on croit que Madame retournera bientôt et peut-être avant l'arrivée du connétable, qui aura licence de venir pour finir la question et remédier à ces discordes fréquentes. » (i) Le 3 mars, Cybo répond que d'après ce qu'il a écrit on « voit que N. S. n'a pas voulu, par prudence, se mêler des affaires de M'"^ Colonna. Il est à espérer que par le retour du connétable à la Cour, toute discorde sera aplanie. » Et, le 28, Mellini informe que Madame est rentrée à Madrid et s'est retirée dans le couvent de Vagliegas ; que dans son voyage elle avait été ren-

qu'on lui niait la justice et j'ai résumé toutes les affaires en suspens. Le marquis répliqua qu'on tâchait de faire le possible pour plaire au pape et il cita l'affaire des Clercs mineurs réguliers et l'incident de Carpio le jour de la Saint Roch,car tout en ayant justifié l'accidcntalité, il congédia ses domestiques, fut réprimandé et approuva les démonstrations que fit le pape contre ces domestiques ; il cita aussi le fait de Veraguaz concluant qu^ lorsqu'il y a des questions légales, la décision est plus difficile car le Conseil d'État ne s'en occupe pas ».

(i) Le 39, il annonce que le connétable vient d'arriver de Saragocse.

MADAME MANCINI COLONNA. 8l

contrée par son mari et le marquis de Los Balbases. Mais le 9 juin, Cybo l'informe qu'il arrive une lettre de M"^^ Colonna que se plaint du couvent de las Vagliegas où l'a placée le connétable et prie S. S. de lui permettre de passer dans celui des Jeromines. « Je serais bien content de pouvoir toujours rencontrer la satisfaction de cette dame pour des motifs nombreux et sérieux, mais à ce sujet je manque de toute lumière sur ce que peuvent le roi et le connétable pour lesquels je dois avoir des égards. Je désire que V. S. m'informe à ce sujet. » Le 24 octobre, Mellini informe que dans la nuit, vers 6 heures, D. Garzia de Mediano a notifié à M"'^ Colonna l'ordre royal de se rendre à l'Alcazar de Ségovie ; elle a obéi après avoir dit que le roi ne donnait pas de tels ordres à une dame de son rang dans une heure aussi importune. Vers 11 heures, elle partit pour Ségovie dans un carrosse avec ses donzelles. D.Ferdinand Colonna D. Odoardo attenant du connétable et 4 algazils qu'elle a demandés pour sa sûreté avec d'autres personnes l'ont accompagnée. A présent, on attend qu'on publie le mariage entre la Médina et l'aîné du connétable. ... Le tremblement de terre du 9 a fait bien des dégâts à Saragosse.

Le 5 janvier 1681, Cybo transmet à Mellini une lettre reçue de M'"^ Colonna, et contenant deux demandes : elle veut d'abord être transférée d'ordre de S. S. dans un des couvents de Madrid, et, en second lieu, pouvoir introduire le procès de divorce. Celui-ci dépend de la volonté de S. Exe. ; V. S. Illme tient ouvert le tribunal apostolique et elle n'a qu'à s'y adresser. S. S. étant certaine que V. S. rend la justice à tout le monde, et sans partialité : mais quant à être reconduite à Madrid, cela dépend de la volonté du roi, car c'est par son ordre qu'elle en est maintenant éloignée. V. S. aura la complaisance de signifier tout cela à Madame afin qu'elle n'ait pas à se plaindre de n'avoir pas reçu de réponse à sa lettre ».

Le 18 février, Cybo engage Mellini à insister pour la consignation du bandit Resta ; et il compte d'autant plus sur la réalisation de la demande, qu'on a vérifié qu'il a été l'auteur

des crimes. Le i8 mars, Mellini répond que Médina ayant voulu d'abord en parler au connétable, il ne doutait pas que Resta serait bientôt parti ; et que lui ayant répété qu'il devait être expulsé de tous les États espagnols, le duc répliqua : qu'il tâcherait que S. S. soit satisfaite le plus possible, quoique Resta prétend pouvoir prouver son innocence. « Je l'ai détrompé à cet égard, écrit-il, mais je ne sais pas quand Resta partira car Médina ne veut pas déplaire au connétable ». Et, le 26 avril, il ajoute que Médina lui a répété qu'il espère que par le prochain courrier il pourra annoncer le départ de Resta. Et, le 5 juin, il écrit :

Pochi di sono strinsi il Sig'" Duca di Médina per la risolutione finale délia partenza del Resta. Sopra di che mi rispose S. Ecc^ in certo modo dandomi quasi ad intendere di premer io troppo in questo negolio,dicendomi che pendeva do molto tempo in quà, senza essersi mai terminato, e che erano solo poche settimane che lui stava nel (sic) ministerio che tiene ; esser le materia molto difficultosa, e non saper egli, che vi fossero esempii di casi simili, che un Rè havesse consegnato, ô scacciato da suoi regni i proprii vassalli, e che molto meno pote va esser questo, quando quelli servivano, e stavano attualmente in casa de Grandi ; che hâve va creduto ben si S. Ecc^ di persuadere li Sig^'i Marchese de los Balbases, e Sig^ Contestabile Colonna, accioche spontaneamente allontanassero et inviassero fuori di questi regni detto Resta, ma che cio non gli era potuto riuscire per essersi detti SS" mostrati renitentissimi, e risoluti di voler difendere detto huomo, quando il Rè faccia discutere nei consigli l'affare, o in altra parte, supponendo che cosî convenga al credito del Sig^ Contestabile per esser suo servitore attuale, è supposto innocente ; che quello che haveva potuto ricavare S. Ecc'*, era stata una quasi promessa fattali, che partendo il Sig^ Contestabile di quà, non vi havrebbe lasciato il Resta, me che l'havrebbe condotto seco, o inviato in altra parte. Passo poi il Sig"" Duca ad insinuarmi destramente che mi potevo appagare délie dette ragioni, e che dovendo in brève tempo partir di quà, senza fallo il Sig"" Contestabile si poteva aspettare questo poco tempo di più, giache si era aspettato tanto, per non entrar in un impegno che poteva esser per le suddette circostanze scabroso. Io risposi che S. B*^ haveva sommamente sentito/la lunga dilatione de sin'hora di questo affare, per il quale non sapeva conoscere, che vi fosse bisogno d'altri esempii, e che questi in ogni caso credevo che con facilita si sarebbero trovati ; che non mi pareva che havesse

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