CARBONELLA MENACE DE S'EN ALLER
et le duc sollicitaient cette dispense pour leur satisfaction, et que Médina trouvait étrange que S. B. ait voulu la tenir en suspens. Il déclara qu'il y était indifférent parce qu'il n'aimait pas rester à la Cour, que même il engageait ses diocésains à prier pour son retour parmi eux ; et à l'égard de son assistance il dit aussi d'avoir fait quelque chose, afin que le roi s'occupât avec Médina d'affaires, et de lui-même dans les choses non graves, espérant qu'avec le temps S. M. sera plus inspirée à travailler seule, déduisant de la nature angélique et docile de S. M. de pouvoir vaincre sa timidité et manque de confiance en soi-même ; peu habitué à gouverner il remettait tout aux autres. J'ai répondu en l'engageant à persuader le roi à gouverner dans l'espoir que les choses iraient mieux ; j'ai ajouté qu'à mon tour j'étais surpris de la surprise du duc au retard de N. S. à donner la dispense, parce que s'agissant de chose bien grave et de conscience S. S. voulait se consulter, d'autant plus qu'il s'agissait d'une pure grâce ; qu'au contraire étaient bien justes les plaintes de N. S. contre la conduite du duc dans les affaires pendantes de pure justice, citant entre autres les nouvelles exigences du Quartier et qu'il y avait la censure proclamée dans la bulle In Coena Domini, et pour cela je le priais de faire réfléchir le duc sur les faits du Quartier, de Mgr de Palerme, le rappel de del Carpio etc. Le prélat répondit que le roi avait souvent écrit au marquis de tenir bien purgé son Quartier ; étant disposé â l'abolir si les autres aussi l'abolissent ; il me dit enfin qu'on était en train de se mettre d'accord pour la condamnation des propositions du clergé français. » Mais, le 10 septembre, il ajoute que Mgr le confesseur, les derniers jours, était décidé à renoncer à sa charge voyant qu'on ne suit pas ses conseils, car on a nommé del Carpio v.-roi de Naples, tandis que le roi se montrait disposé à décider sans entendre le Conseil d'Etat, et ainsi il demanda à S. M. la permission de rentrer dans son diocèse ; on ne la lui a pas concédée, le traitant avec de bonnes paroles mettant en avant les raisons d'Etat (i).
(i)Le II octobre, Cybo répond qu'il approuve l'idée de Mgr Carbonella
88 INNOCENT XI ET l'ESPAGNE.
Le 29 février, Mellini informe qu'un alcade avec bon nombre d'alguazils, était à la recherche d'un certain Vamic pour le conduire en prison ; on supposait qu'il devait passer dans le voisinage du Barrio de l'ambassadeur de Venise, et quelques alguazils, pour abréger le chemin, entrèrent dans le Barrio. C'était minuit et ils comptaient de n'être pas aperçus. Mais, au contraire, trois valets de S. Exe. se trouvaient à la porte du palais de l'ambassadeur, et les ayant découverts ils demandèrent s'ils savaient se trouver dans la juridiction de l'ambassadeur ; les alguazils répondirent affirmativement, mais ne croyant pas lui porter atteinte, ils n'avaient fait que passer pour rejoindre plus vite leurs compagnons. Les valets n'acceptèrent pas les excuses et voulurent les conduire prisonniers dans le palais ; et s'y refusant, les alguazils, pour se défendre, tirèrent des coups de pistolet, un des, valets fut tué sur le coup, un autre fut blessé mais mourut aussi, un seul ne fut pas atteint. Aux coups sortirent du palais, armés, au moins une trentaine de serviteurs, mais les alguazils avaient disparu. A présent l'ambassadeur demande une satisfaction, et il a présenté déjà la demande au roi. Au commencement on se défendit, montrant un décret de la reine-mère de 1671 dans lequel était défendu à tout ambassadeur d'avoir la juridiction du Barrio, à l'exception du nonce en réciprocité de celle dont jouissait l'ambassadeur d'Espagne à Rome. L'ambassadeur a
de rentrer dans son diocèse, voyant qu'il ne peut pas retirer un grand fruit à la Cour, mais il le conseille à ne pas désespérer. Et, le 25, il ajoute :
Dira V. E. à Monsr Carbonella, che S. Stà hà gradita molto la dimostratione fatta da lui di volersene tornare alla sua chiesa, per le inutili, et eccessivc spese, che fà il Rè corne segui coU' occasione dell' andata ail' Escuriale contre il consiglio suo. Desidera S. St^ che continovi ad insistere, et ad esclamare contro un taie scialacquamento tanto pregiuditiale agi' interessi délia Corona, essendo la pecunia il nervo del governo, e délia difesa, e sicurezza de' regni, Che se si fossero risparmiate quelle gran spese, le quali si fecero vanamente per occasione délie nozze, S. /M ta non si sarcbbc trovata poi nelle grandi occorrenze, che son venute, in quelle angustie che hà provate. Il paterno amore, col quale N. Srerimira la persona, et i rcgni di S. Mtà fà prorompere la S^à Sua in queste espressioni.