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INCIDENT DANS LE QUARTIER DE FRANCE

demandé mon intervention et aussi celle de l'ambassadeur d'Espagne et parla de faire un procès ; je n'ai pas voulu agir d'une manière découverte, mais j'ai conseillé à l'ambassadeur de s'abstenir et de se contenter d'obtenir des satisfactions. En ce moment on cherche les alguazils qui ont commis le crime, pour les emprisonner. Et, le 14 mars, il ajoute, qu'en outre d'un des alguazils qui est en prison, on a cité à comparaître aussi les autres complices, et si on ne réussit pas à les saisir on procédera par une sentence de mort, confisquant en attendant leurs biens ; on doute que ces satisfactions pour les homicides soient données à la justice plutôt qu'à l'ambassadeur. Et, le 28, il écrit encore : les alguazils qui ont tué les deux valets ont été privés de leurs fonctions ; on dit même qu'on veut envoyer l'alcade de Madrid à Saragosse, mais, peut-être, il finira par avoir une promotion. Voilà les promesses qu'on donne pour satisfaire l'ambassadeur ; toutefois il continue à protester pour qu'on mette en prison les délinquants, mais on lui répond d'ignorer où ils se trouvent. Et, le 11 avril, il informe que l'ambassadeur de France vient de recevoir des ordres de Paris pour solliciter la restitution du Quartier qu'on lui a enlevé, ne comprenant pas la raison pour laquelle on fait une nouveauté à l'égard de la France. Le roi très-chrétien ne tolère pas qu'on ait à diminuer la dignité de son représentant en comparaison des autres ; et il menace de prendre des mesures si on ne lui fait pas la concession. « Ayant appris cela, écrit-il, j'ai proposé aux ministres, afin de ne pas reculer et faire voir qu'on a peur, d'abolir tous les Quartiers, m'offrant d'être le premier, à y renoncer si leur ambassadeur à Rome renonçait au sien, mais on n'accepta pas et on se prépare à la prétendue réintégration à Villars ».

Le 29 février, Mellini transmet à Cybo un rapport pour se défendre des observations du Trésorier de la Chambre Apostolique au sujet de la comptabilité de la nonciature (i).

(i) D'éjà, le 15, il en avait transmis un autre en réponse à la lettre de S. Em. touchant les observations sur la comptabilité de la nonciature ; il se plaint du fiscal Pellicanti ; car celui-ci a tâché de lui nuire en donnant de

go INNOCENT XI ET L'ESPAGNE.

Il rappelle que, en quittant Rome pour venir à Madrid, on lui donna l'ordre de veiller surtout à la comptabilité de la nonciature ; et que dès son arrivée il y appliqua toute son attention. Que des différentes méthodes pour le service de la trésorerie il y en avait deux dont s'étaient servis ses prédécesseurs : celle d'ouvrir l'enchère publique, mais il l'abandonna parce que les concurrents se mettaient d'accord pour ne pas élever la somme offerte, précisément comme font les juifs à Rome, les honnêtes refusaient la publicité ; et bien souvent l'enchère donnait lieu à des rixes et tumultes. Il avait adopté l'autre système : celui que les concurrents déposassent des offres en pli cacheté, et on accepte celui dont la somme offerte est convenable ; mais cette méthode ne plut pas au fiscal Pellicanti, prétendant que c'était à lui de choisir les collecteurs, car en lui enlevant ce droit il perdait i guanti (les pourboires) de la part des prétendants. De cela arrivèrent des ruptures déjà avec Marescotti, mais il a voulu maintenir le système ; et il déclare pouvoir fournir les preuves de l'habitude de Pellicanti d'extorquer les pourboires. Le 12 avril, Mellini remercie Cybo des assurances qu'il lui a données, que la malignité au sujet de la comptabilité de la nonciature ne lui a pas nui dans l'estime auprès de N. S. et de S. Em. et il espère qu'on voudra continuer à la lui accorder (i). Mais, dans une autre lettre, il défend de nouveau la comptabilité de sa nonciature. « Je ne sais pas, écrit-il, si les erreurs des ministres de la Caméra, à propos de mes comptes

fausses indications. En effet, le 7 janvier, Cybo lui annonçait : qu'on a remis au Trésorier général la lettre de change des 10,000 écus d'or. V. S. lira dans le rapport de Mgr le Trésorier que, selon le compte qu'il a fait et selon les nouvelles reçues et les intérêts du dépôt de la nonciature, dans celle-ci doit se trouver une somme plus forte que les 14,000 écus annoncée par V. S. ; et trouvant ce résultat après une vérification des comptes elle en fera la remise, pouvant suffire aux dépenses courantes avec les encaissements journaliers ».

(i) Le 31 mars, Cybo lui avait répondu : « J'ai tout communiqué au Trésorier général ; je peux seulement dire à V. S. que son zèle ardent pour l'indemnité et les avantages de la Chambre est bien pris en considération par S. B. avec la plus grande bienveillance »,

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