ENVOYE DE TOKOLI A LA REINE DE POLOGNE. 74I
Le 8, Pallavicini, de Cracovie, annonce à Cybo l'arrivée d'un envoyé de Tokoli avec d'autres chevaliers ; un des sénateurs principaux le garda à diner, mais il n'a rien pu savoir de lui, car il répondit qu'il devait présenter ses lettres à la reine. S. M. a consenti à le recevoir le lendemain. « L'ayant su, écrit-il, je me suis rendu chez la reine et je Tai déconseillée de le recevoir, ne trouvant pas convenable que S. M. reçoive l'envoyé d'un rebelle à l'empereur. L'envoyé vint au palais, mais, arrivé à l'antichambre, le châtelain de Cracovie lui dit que la reine ne pouvait lui donner audience et qu'il était prêt à
sur Nuremberg, en outre d'une somme égale passée de suite au nom du président de la Chambre, il remit encore 50,000 sur Augusta et 100,000 à Bolzano ; soit un total de 250,000 fl. d'immédiate exaction. Jacobelli aussi lui a écrit qu'en plus des 100,000 fl. expédiés de Gênes en espèces dans le Tyrol par le comte Délia Torre au comte Giovanni Spaur, chef des recettes d'Innspruck,on attend encore de Gênes autres 50,000 écus qu'on expédiera par le même convoi. Ici tout le monde a été très-content, constatant qu'en outre de la largesse de S. S. on y a ajouté la sollicitude dans la transmission, vu la difficulté des rapports du commerce. Avec la remise de Nuremberg on a acheté beaucoup de vivres, et celle d'Augusta à servi à payer les munitions qu'on attend de Francfort ; les autres remises serviront à payer les troupes créancières de quatre soldes; les manifestations de reconnaissance enversja libéralité de N.S. sont infinies, car sa générosité les a délivrés de beaucoup de peines. On est scandalisé de la conduite de Mgr de Salzbourg, qui, malgré toutes les instances de N. S. et les assurances qu'en peu de temps on le rembourserait à Venise, m'a écrit qu'il n'avait pu mettre ensemble que la moitié des 50,000 fl. ; comme on en avait besoin peur les soldes, ainsi on m'a engagé à lui répondre qu'il devait les envoyer par eau avec l'escorte d'un officier... On voit qu'on ne peut pas faire grand fondement sur ce prélat, qui est toujours prêt à demander des grâces au pape mais réfractaire à lui complaire. J'ai écrit, ajoute-t-il, à Jacobelli de garder 50,000 fl. pour les restituer à Salzbourg, et de me remettre le reste des* 500,000 de N. S. et des 100,000 du Portugal... Du reste l'idée d'engager les objets sacrés cause à tout le monde des scrupules, sous l'inspiration peutêtre des confesseurs qui ne veulent pas en priver leurs églises... Le Ban de Croatie, quoique bien besoigneux,m'écrit qu'il a gardé chez lui ma commission pour l'évêque de Zagabria, voulant ne s'en servir que dans des cas extrêmes : je lui ai répondu qu'il était heureux que la libéralité de N. S. ait paré au besoin... Et le nonce conclut que c'est à la générosité de N. S. et à ses grâces que l'empereur devra reconnaître son salut, si Dieu ne voudra pas le lui nier par nos péchés ».
entendre ce qu'il avait à lui dire. Le hongrois refusa d'abord, mais ensuite présenta les lettres de son maître où il semble qu'on dit : que l'amitié qui a toujours existé entre les deux royaumes doit continuer, car Tokoli empêche les Tartares d'envahir la Pologne ; on ajoute qu'il voudrait toujours la paix avec César, mais que si celui-ci est un homme juste, ses ministres ont été toujours durs ; il espère que par l'entremise du roi on pourra remettre l'ordre dans les affaires de la Hongrie... Le roi avec le consentement du résident césarien avait déjà envoyé le gentilhomme Giza à Tokoli pour lui conseiller ce qu'il avait à faire, ainsi les sénateurs, renonçant à toute responsabilité, ont congédié le hongrois l'engageant à dire à Tokoli de négocier avec Giza... » Le nonce avertit que les troupes de Brandebourg sont déjà à Pétricovia, que bien des cosaques se présentent au service du roi et c'est une excellente infanterie contre les Turcs.. Comme on s'attend à ce que les armées en viennent aux mains dans la semaine, on fait déjà des prières publiques et aussi durant la nuit dans les maisons particulières, et pour mieux engager le monde on sonne durant la nuit toutes les cloches de la ville ; c'est une disposition nouvelle et qui plaît au peuple... La reine a dit au nonce qu'enfin quelques régiments de lithuaniens se trouvent dans l'évêché de Luceovia,les généraux l'ont annoncé à S M. -sans dire dans quelle direction ils vont marcher Le même jour, il écrit : « la reine m'a dit que le roi me signifiait par avance, que tout sinistre qui pourrait arriver à Vienne ne devrait incomber qu'aux allemands et non à lui, car à Tulm il n'a trouvé ni pont pour passer le fleuve, ni les troupes qui devaient arriver de l'Allemagne. La reine, en parlant ensuite des mérites du roi envers la chrétienté, laissa entendre qu'elle regrettait que le roi n'ait pas encore le stoque et elle la Rose d'or, tandis que le roi Michel qui n'était pas aussi méritant l'a eu. Elle ne fit pas les éloges d'elle-même et se borna à dire qu'elle devrait obtenir la Rose par les mérites du roi, mais que toutefois il était évident que si elle n'avait pas aidé on n'aurait rien fait. Et le nonce conclut : qu'il voit combien fort est son désir d'avoir cet honneur et que, si elle ne l'obtient pas, elle est capable de se