CYBO SE PLAINT DU TRÈS-CHRETIEN
il n'ait à le détourner des Turcs, le roi a répondu qu'il serait disposé à conclure une trêve de 30 ans avec l'empereur, au cas qu'il veuille signer une paix sans y inclure les coalisés. L'ambassadeur de France ici a tenu le même langage ; mais à présent on attend la réponse que Ranuzzi aur aobtenue du roi à la remise du second bref (i). Et, le 14, il écrit à Ranuzzi : Resta molto ben persuaso N. S. che V. S. nell' udienza privata presa dal Rè prima délia publica par eseguir sollecitamente le commission! recatele dal corfier Burattino habbia pienamente corrisposto aile pontificie premure, havendo ella addotte à S. M. le ragioni più forti, che poteano muovere l'animo reale ad aiutare la causa publica délia Cristianità pericolante nell' assediata città di Vienna, 6 con positivi soccorsi, ô col rimuovere almeno le gelosie, che dalle armi di S. M^^ ricevono l'Imp""^, et i principi suoi coUegati. Duol pero molto à S. B., che i suoi paterni ufficii non habbian conseguito il desiderato intento corne si riconosce nelle risposte rese à V. S. 111"''^, la quale nondimeno rimane incaricata da S. S^^ di non perdere alcuna buona congiuntura d'insinuare à S. M. et à suoi ministri gli stessi sentiment! del zelo pontificio, che in si grande urgenza del mondo cristiano non puo deporre le speranze nella generosa, et acclamata pietà del Rè.
A la même date, Bonvisi informe Cybo que les abondants secours à la Pologne, et ceux bien plus larges à l'empire ont dépassé l'attente. Les 100,000 fl. qui se trouvaient déjà entre les mains du nonce à Varsovie, ainsi que les 112,000 restitués par la Radziwill sont allés au bénéfice de l'empereur pour les levées de Lubomirsky, et cette somme avec les premiers 100,000, et les seconds 500,000 unis à ceux du Portugal et aux 200,000 empruntés à la caisse du sel, font un million de florins d'Allemagne, en outre des 500,000 concédés sur les ecclésiastiques. Tout le monde avoue que sans ces aides on n'aurait ni le pain ni les munitions pour l'armée (2). ...
(i) Et, le 25, il ajoute que pour persuader le très-chrétien que l'empereur ne cherche pas la paix avec les Turcs pour envahir la France, « N.S. lui a fait répéter par le nonce ce que V. Em. a écrit il y a un mois, comme appris de l'empereur touchant son désir et la nécessité d'être en bon terme avec la France. »
(2) Et, le mêm.e jour, il remercie S. Em. et S. S. des bienveillantes
Le 15, Bonvisi annonce :
Questa mattina è arrivato un capitano del reggimento Souches, spedito dal suo colonnello alla Contessa sua moglie, che stà in questa
expressions à son égard, et il continuera à servir comme par le passé ; « il est vrai, écrit-il, que si mes conseils sont agréés par S. M. ils sont combattus par les ministres, qui doutent que mes conseils actuels puissent avoir autant de crédit que ceux du temps passé justifiés par les malheurs qui sont survenus. Ainsi j'en «i eu l'occasion dans les débats touchant le voyage actuel de S. M., car Mgr de Vienne et le majordome majeur, qui avec habileté auraient pu l'empêcher, finirent, le second par le conseiller et l'évêque m'a dit qu'il ne voulait pas s'opposer à l'avis des autres ; mais je lui ai répondu : que s'il marchait avec ces égards jamais il ne serait devenu un grand ministre. L'empereur a été perplexe jusqu'au dernier moment ; il a dit au P. Slavata qu'il partait mais avec la crainte de porter préjudice à la cause plublique par des disputes de cérémonial avec le roi de Pologne. Il m'a répété presque la même chose le soir, avant son départ ; il me confia que pour remédier à une partie des désordres, il avait écrit deux lettres de sa main au roi de Pologne, l'informant que c'est pour satisfaire ses peuples qu'il se déplaçait mais qu'il priait S. M. de ne pas l'attendre et de continuer vigoureusement sa marche au secours de Vienne, en voulant laisser toute la direction et la gloire à S. M. ; et que pour cela il avait ordonné à ses généraux de lui obéir et prié les électeurs de faire de même... » de cette manière on aura remédié au premier point et c'était utile ajoute Bonvisi, car on a su que le roi ayant appris le voyage de l'empereur s'était montré triste et avait dit : voilà un grand empêchement à l'entreprise... « Je crains qu'il y ait des questions pour le cérémonial, après la victoire s'il plaît à Dieu de nous la donner, car on sait que le roi prétend avoir la main. Le V. Chancelier de Pologne a dit qu'il n'était pas nécessaire que ces princes s'abouchent avant le combat, mais après, s'il leur arrivait de se trouver ensemble il semblait convenable que l'empereur use de toute son amabilité envers le roi pour le remercier. Ces messieurs se trompent en espérant trouver des moyens-termes, car le roi s'apercevra de toute façon qu'on lui refuse la main. C'est pour lui répéter mes instances que je désirais suivre l'empereur, mais de sa bouche il me fit comprendre qu'il voulait que je reste. Toutefois pour remédier en quelque manière aux désordres, j'ai pris occasion de la lettre de V. Em., dans laquelle elle me chargea de procurer au roi tous les bons traitements possibles, et j'en ai envoyé à S. M. le chapitre relatif, par le majordome. Comme V. Em. verra parla copie, je propose la combinaison de la protestation ;qui obligerait mieux le roi s'il l'a connaissait, car il verrait que si on ne peut pas donner la main aux rois, on ne peut pas la refuser à un roi brave qui, quittant son royaume, est venu délivrer Vienne, ces Etats et toute la chrétienté de