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LA HOLLANDE PROPOSE UN CONGRÈS. 82I

médiateur à Nimègue et qu'il ne laissera pas de se mettre intermédiaire pour la paix (i).

Le 10, Visconti écrit à Cybo : « l'envoyé impérial m'avertit qu'il a conseillé par lettre le magistrat de Liège de s'accorder avec l'électeur de Cologne (2), mais on dit que ce magistrat s'est mis d'accord avec M. de la Rodière, envoyé de France. Il m'ajouta aussi que ce magistrat pousse le prince Guillaume de Fûrstemberg à promouvoir la ligue des princes ecclésiastiques avec le roi de Danemark et le marquis de Brandebourg. Mais le dit prince m'a rapporté qu'à Vienne ce traité de ligue est mal vu, ajoutant que dans cette cour on désire toujours nuire aux princes ecclésiastiques ; que le roi de France n'est pas non plus satisfait de la ligue mais, que lui, pense répondre à S. M. que les négociations sont si avancées qu'il est impossible de se retirer. Mgr. d'Argentina prévoit aussi la guerre en Allemagne et que l'empereur sera obligé de signer une paix plus préjudiciable, et il dit qu'il veut écrire au très-chrétien pour savoir si S. M. enverra des soldats dans ces contrées, car il ne se trouverait pas en surêté et devrait s'en

(i) Et, le 29 mars, Lauri annonce l'arrivée à Paris de Heinsius, envoyé des E. G. de Hollande : on dit qu'il s'occupera des affaires du prince d'Orange qui est appuyé aussi par l'Angleterre et Brandebourg, parent du prince.

(2) Le territoire de Liège était sous la domination de l'archevêque, prince électeur de Cologne ; entre celui-ci et les liégeois il y avait forte c^uestion car ils voulaient leurs privilèges maintenus. Mais à ces différends administratifs s'en mêlaient d'autres, ecclésiastiques; dans ce chapitre il n'y a que la correspondance des affaires qui ont seulement le caractère politique, relégant le reste de la correspondance au chapitre des droits de l'église de la Ile Partie du volume. Le pape ne voulait s'en occuper que pour ce qui intéressait l'Eglise et surtout la restitution de Dinant et de Bouillon au diocèse de Liège. Dès le ler novembre 168 r, Cybo répondait à Mgr. Visconti : « N. S. approuve les propositions de V. S. pour finir les différends entre le prince électeur et la ville de Liège, et les conseils donnés à S.A. de faire des concessions pour ne pas perdre tout. N. S. est d'avis que V. S. ne doit pas se préoccuper de ce qu'on peut intriguer à ce sujet ; elle doit rompre le silence et faire des déclarations qui conviennent à un ministre Apostolique et à sa qualité, si V. S. sait qu'on fait quelque accord de préjudice à l'Eglise. »

822 DANS l'occident DE L'eUROPE.

aller. L'évêque, conclut Visconti, m'a promis de travailler à l'avantage de l'Eglise (i). »

(i) Le 34, il ajoute : « Furstemberg m'a dit aussi que la ville de Francfort avait été avertie qu'elle recevrait du Cercle de Franconie 6000 soldats, qui devaient demeurer hors des murs mais à la portée des canons de la ville, pour la défendre ; toutefois la vérité est que ces soldats ne venaient que pour pouvoir entrera Cologne, distante seulement de 24 heures. Il prétend même que l'envoyé impérial et les P. Jésuites fassent leur possible auprès des magistrats et des bourgeois de la ville pour que ces troupes soient acceptées. Mais les adversaires, par contre, répandaient parmi le peupie que, recevant ces troupes, seraient remis en vigueur les édits impériaux en faveur des bourgmestres qui avaient été exilés et que le peuple serait ainsi obligé de se soumettre aux magistrats. L'évêque prévoyait aussi qu'à Bonn et en d'autres localités arriveraient des troupes allemandes ou françaises à cause de la guerre, mais que cela serait à l'avantage de l'archevêché de Cologne et de l'évêché de Liège, Des raisonnements du prince je vois, écritil, bien des points obscurs d'oià on peut déduire que la confusion de Cologne et celle de Liège ne sont pas dues au hasard. Beaucoup de monde dit déjà que dans la ville de Liège plusieurs sont d'avis de se soumettre à l'archevêque, et on va même juscju'à dire que plus de la moitié de la population partage cette idée. Il n'est pas douteux que si les français s'approchaient la ville ferait sa soumission pour n'être pas leur proie, et alors la France en devrait être contente, voyant que les impériaux ne viennent pas, en même temps que les princes ecclésiastiques qui se sont coalisés pour adhérer aux propositions de la France seraient contents, voyant que les Français n'entrent ni à Cologne, ni à Liège. Dieu veuille, dit-il, qu'au lieu d'acc^uérir on y perde.... Je me confirme dans l'opinion que l'envoyé impérial a dit que les Français entrent à Cologne et à Liège et que dans cette ville, en outre des citoyens, se trouvent d'autres personnes qui sèment la zizanie. A propos de l'affaire de Liège, le prince m'a dit aussi qu'il y a bien des confusions mais qu'il ne désespère pas qu'on fasse l'accord, et qu'en tout cas l'électeur à très bien fait de le proposer, car si Liège se voit en plus grand danger elle finirait par l'accepter afin de n'être pas soumise aune autre puissance... D'après le discours de quelques ministres de l'électeur j'ai appris qu'il peut y avoir quelques pourparlers pour la coadjutorerie en faveur du prince Guillaume ; je m'en assurerai et j'agirai selon les instructions.... Le comte de Rinsberg, chanoine d'Argentina, m'a informé que les affaires de la ville ont besoin d'être réglementées, parce que les Français veulent s'occuper des matières ecclésiastiques sous le prétexte que le parlement en France s'en occupe. » Et, le 31, il écrit : le vicaire général d'Argentina a annoncé au prince Guillaume que l'intendant de France a ordonné que dorénavant on n'exécute aucune bulle pontificale si elle n'a pas eu le con-

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