CONFÉRENCE DES MINISTRES
affaire pouvant en troubler les discussions. Le même jour, il mande : « j'ai fait au congrès les propositions déjà annoncées ; d'abord que l'on devait mettre par écrit à l'envoyé du Khan, que si on faisait un traité tous les coalisés devaient y concourir. Il serait bien avantageux de séparer le Khan des Turcs, et Venise aussi en bénéficierait beaucoup, car le Turc n'aurait plus le grand nombre de Ruthènes, qui, emmenés en esclavage par les Tartares, sont ensuite achetés par les Turcs pour servir sur leurs galères ; mais cela sera difficile. Dans la première réunion du congrès le résident césarien demanda, de quoi il avait été question avec l'envoyé transylvain, et le v. chancelier répondit que le roi avait voulu savoir si Abaffi aurait demandé sa protection, en délaissant celle des Turcs, et si César était content de ce changement ; mais le résident, soupçonnant que déjà on avait conclu un traité avec Abaffi, répliqua qu'on devait rester toujours dans les conditions de la ligue. Le v. chancelier soutint alors qu'il ne s'agissait pas de faits d'armes, mais de sédition ; la conversation a menacé de dégénérer en dispute. Le v. chancelier aborda ensuite le troisième point de la conférence et déclara, au nom du roi, que jamais S. M. n'aurait juré les deux articles (i), parce qu'ils ne
(i) Nel 2" Articolo del quale si tratta dicesi : « Inter Provincias ad Rcgnum, et Coronam Huuo^arie spectantes aut ab eadem nunc, vel olim dependentes, solum in Dalmatia ea que Serenissime Reipublice Venete Armis à Turca recuperubuntur ejiisdem Domino reunientur , et cedunt. Et, le nonce ajoute :
•Corne vedesi questa è una propositione particolare contenuta in quella universale, et una semplice spiegatione délia particola Antea. Hor sendo stato dal Gran Cancelliere e qualche altro Ministro et essaminata colle scritture la cosa, li hô resi capaci, essere quel che concerne tutti, una pura spiegatione, ne dovere à Polacchi dispiaccre altro se non che essi non son stati cosî attenti. corne i Venetiani in procurar parimente qualche eccettione, e corne vedo la desiderata da loro è quelia délia Valacchia, quale pare anco in stato più prossimo di riunirsi, et alla quale la Polonia per altro hà pretentione onde credo, e parmi anco che il Sigf Ambasciatore Cesarea sii già quasi persuaso, che tutto quello che fu detto dalli Cancellieri circa la Transilvania e la ripugnanza in giurare fossero poste sul Tavoliere per veder di tirare qualche dichiaratione per la Valacchia. lo adesso insto perché si formi la Plenipotenza per ginrare. sopra di che parlai vivamente Domenica à S. M. et hora attendo le risolutioni. etc.
le touchaient pas. Cette déclaration m'étonna beaucoup, et j'en ai relevé l'erreur car l'article premier est commun à tous, comme l'est aussi le second, quoiqu'il considère seulement les conquêtes en Dalmatie ; et le v. chancelier, qui se trouvait absent de la Cour durant les négociations, finit par me donner raison touchant le premier, mais déclara que si le second était présenté à la Diète il soulèverait de l'opposition. »
Le 12, Pallavicini écrit :
L'accommodamento di questa Corte, o più tosto délia Regina con la Francia, non è promesso solo dall'amore di grandezze. ma anco dal timoré. Apprende, ô se lo fà apprendere molto l'indignatione del Rè di Francia par causa délie archibusate tirate all'abbitatione del suo Ambasciatore. Chi fù l'autore di questo fatto, frequentô poi molto la Corte délia Regina con porgere materia aile sospicioni, e la Regina terne tanto più, quanto che sa di esser mal vista comunemente, e crede sopravvivere al Rè. Facilmente à fine che l'universale giovi, e cooperi coll' approvatione alla missione'del Gran Cancelliere in Francia, si mette fuori che il Rè di Francia pregato in tal forma darà sussidij di denari alla Polonia.
Parmi di scorgere che non sii molto avanti il trattato del Matrimonio del Principe Giacomo con Madamigella di Borbone (i).
Le 26, il déclare que malgré toutes les diligences faites, il ne trouve pas qu'il y eut malice de la part du roi dans la campagne des Polonais. «Au sujet de Béthunes, j'ai appris que le roi a manifesté à la reine son soupçon qu'il ait empêché la construction du pont; il y a aussi d'autres motifs de le soupçonner, car sa présence ici n'est pas sans avantage pour la France. Et, par suite, je suis d'avis que les coalisés règlent leurs affaires ailleurs qu'ici, afin de n'avoir pas de déception et d'éviter l'influence que peuvent avoir le naturel du roi, la toute-puissance de la reine qui se laisse entraîner par Béthunes, ainsi que la Diète et le fait des dépenses ; mais, il ne faut
(i) Le 6, il avait répété que le très-chrétien persiste à vouloir l'envoi en France d'une ambassade solennelle pour se disculper des offenses à Vitry ; le roi, après des difficultés, a fini par y adhérer et c'est le gr. chancelier, beau- frère de la reine, qui ira en France. « On dit même que Vg traité est déjà formulé ; et le père de la reine m'assura que la Pologne pourra recevoir des renforts français par la voie de Dantzig ».
CYBO APPROUVE PALLAVICINI. 923
pas désespérer de la Pologne et renoncer à travailler le roi (i).
Le 30, Cybo lui répond que, du moment qu'on a juré la ligue, il ne trouve pas nécessaire d'insister pour qu'on jure aussi sur les deux articles touchant les pays conquis, d'autant plus que ces conquêtes sont encore bien lointaines... La nouvelle du traité de S. M. avec Abaffi n'a aucun fondement. « Et, le même jour, il l'assure qu'on a bien loué la manière avec laquelle V. S. a su enlever aux ambassadeurs césarien et vénitien et à l'abbé Borgognone les idées sinistres qu'ils pouvaient avoir conçues, les engageant à écrire, au contraire, à leurs princes touchant les bonnes intentions de S. M. tant au sujet de la dernière campagne que de la future. Et, le même jour, il mande que si l'opinion est bien fondée, que le prince de Valachie travaille avec sincérité et vigueur pour la cause commune contre les Turcs, N. S. consentirait à ce qu'on hasarde cent, ou cent cinquante mille flor. de m. e. pour gagner ce nouveau secours à notre parti ».
(i) Le 9, Cybo avait mandé à Pallavicini que, vu son intelligence, il lui sera aisé de distinguer si une nouvelle est vraie ou fausse ; et il l'engage à investiguer et à renseigner ensuite. On sait de Vienne que le peu de succès dans le siège de Bude n'a pas diminué les ardeurs de l'empereur, et que tous sont résolus à se préparer pour la nouvelle campagne. Le z^, il écrit qu'à Paris on dit que Laverne, qui a été en Transylvanie, va partir, mais on ignore quel est le sujet de sa mission. « V. S. veillera s'il vient en Pologne ou dans les principautés »..