‹ Innocent XIChapitre 360 sur 430 · CONSIDERATIONS DE PALLAVICINI · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS DE PALLAVICINI

de N. S. pour les Czars et qu'il en a parlé au roi afin qu'il envoie à Moscou un ministre pour tâter le terrain, négocier la ligue et connaître les véritables intentions des Moscovites. S. M. hésite et voudrait avoir d'abord les réponses de ses envoyés quoique de degré inférieur, qui se trouvent déjà en Moscovie, et savoir si les Cosaques Transboristènes qui envahirent la Lithuanie agirent pour leur compte. « Il est probable que dans cette expédition du roi en Moscovie, soit compris le P. Votta, qui déjà a trouvé grâce auprès de Gallicino, premier ministre ; ce religieux est bien disposé à partir et j'en ai parlé au roi. On dit aussi qu'il est probable que les Moscovites aient été poussés à agir parce qu'on aurait découvert des lettres de la mère du Czar Pierre au roi, pour en avoir la protection, son fils -étant le seul qui a droit d'être Czar, carie frère ne lui a été adjoint que par des séditions ; ce serait donc la faction d'Alexis qui aurait décidé l'invasion; toutefois, S. M. espère pouvoir tout arranger et maintient son idée de la cession de Kiovia ex nonce, avec la clause résolutive de l'occupation de la Crimée. » Et, le même jour, il ajoute que la Ligue Sainte semble très-bien établie ; qu'il n'y a plus à craindre de changement que par la rupture de la Diète, car alors on ne saurait pas comment suffire à l'entretien des troupes. Cette éventualité est possible, à cause des différentes propositions qui y seront discutées, telles que : la citation de l'ex-gr. Trésorier, les chiffres séquestrés, à propos desquels il y en a qui voudraient en limiter la portée à la personne de l'accusé ; en outre, les palatinats se plaignent que les dépenses ont été faites sans aucun profit. « Je crois, conclut-ii, que le roi fera ce qu'il veut pourvu qu'il se serve de ses propres moyens ; en conséquence je me permets de prier N. S., quand il recevra l'envoyé polonais, de lui parler des craintes à pro-

reur et le roi, il paraît qu'il y a l'idée en Pologne que César veuille remplacer le roi par le duc de Lorraine ; cette nouvelle vient de Turin et de Paris et elle est insidieuse. Et, le même jour, il ajoute qu'il paraît que le pape a fait écrire à Bonvisi qu'il ne veut pas qu'il suive les ambassadeurs qui se déclarent satisfaits du cérémonial fixé par la Cour de l'empereur.

pos de la Diète et que S. S. espère de la sagesse du roi qu'il n'y sera pas question d'autres affaires. » Et, à la même date, il assure que toutes ses démarches, pour obtenir du roi la plénipotence au serment des deux articles, sont restées infructueuses, car S. M. veut attendre la réunion de la Diète. L'ambassadeur de Venise en était renseigné et savait qu'il ne s'agissait que d'une pure formalité ; on a appris aussi que le Sénat, à la suite des renseignements de Lando, n'insistait pas, ayant décidé d'attendre et de ne reprendre la question de la plénipotence qu'après la clôture de la Diète. Et il ajoute que le roi a voulu réunir au congrès le nonce, le césarien et le v. chancelier, qui au nom de S. M. déclara que l'envoyé du Khan des Tartares propose la paix perpétuelle entre la Pologne et la Porte et d'en être,lui, le médiateur, mais que l'on ne posait pas de conditions. Et le v. chancelier ajoutait que S. M. était constante dans la ligue et qu'avant de récuser la médiation elle voulait connaître nos opinions. « J'ai remercié, écrit-il, comme a aussi remercié le césarien, nous réservant de répondre. Mon opinion est, qu'une ligue existant, on ne peut parler de paix que conclue avec tous. Je crois toutefois pouvoir ajouter qu'il, n'y pas eu de négociations sur des projets de traité, car, si même il y en avait, le texte n'en pourrait être que mauvais, les Turcs connaissant le résultat désastreux de la campagne ; j'ai exprimé l'avis de négocier plutôt avec le Khan pour le détacher de la Porte ; le roi y semble bien disposé et voudrait même augmenter la pension annuelle ; à ce propos j'ai répondu au ministre que déjà N. S. avait adhéré à ce que S. M. prît quelque part des subsides pour les donner au Khan. Le v. chancelier me répondit qu'il n'y en avait besoin que l'année prochaine, mais que le roi voulait le savoir afin de se régler.... L'ambassadeur de Venise est parti gratifié par le roi d'un costume complet en zibeline, d'une ceinture d'or enrichie de diamants et d'une croix... On dit que les médecins ont ordonné à S. M. une grosse purge au printemps, ses jambes étant enflées par la bile ». Le 12, il annonce que la situation s'est améliorée : les Moscovites ont retiré leurs troupes de la Lithuanic et le roi travaille pour soustraire à la Diète toute

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