‹ Innocent XIChapitre 381 sur 430 · LETTRE DE TOKOLI AU PAPE · texte numérisé non relu

LETTRE DE TOKOLI AU PAPE

ici à celui du duc de Bavière, afin de mieux assurer l'union nécessaire à empêcher les Turcs d'avancer ».

Le 20, il écrit qu'après la chute de Luxembourg il serait inutile d'y envoyer une partie des forces impériales. L'ambassadeur d'Espagne insiste auprès des ministres pour l'envoi de troupes sur le Rhin, vu les probabilités de mouvements français. L'ambassadeur de France demande une trêve de 20 ans avec l'empereur et les Espagnols et ainsi l'Italie et Gênes

lettera si risponde col foglio annesso (a), del cui tenore potrà ella valersi, per renderne persuasa la M^à del Rè, che per parte di S. S^à potrebbe esortar' il Thokoly, ad abbracciar sinceramente la Religione Cattolica, abbandonar' i Turchi, e distaccarsi affatto da essi, e rimettersi ail' ubbidienza deir Imp'"c suo legittimo Rè, e sovrano. A questo procuri V. S. lUma d'eccitar la M. Sua nelle manière, che saran credute più acconcie, e più proprie del savio avvedimento di lei, onde il Thokoly vi si disponga celeramenta, si per far' la sainte di se medesimo, si la sicurezza délia Christianità eçc.

(a) Copia del foglio transmesso à M. No in Polonia li 3 giungno 1684.

Non tocca al Thokoly di voler difendere la libertà pretesa del regno d'Ungheria, màalli stati del regno istesso,

Nell'assedio di Vienna egli hà assisitito à i Turchi, ne cos'alcuna è più contraria alla Religione Cattolica Romana, che assistere à i Turchi nemici comuni di tutta la Cristianità.

La vittoria di Vienna poteva dare una total sicurezza al Thokoly, s'egli havesse fatto ricorso alla clemenza di S. M'a Cesarea sinceramente, com'era obligato di fare ; E cosî cessava la pretesa sua nécessita, onde non mérita scusa alcuna, ne puô sfuggire il titolo di ribelle del suo sovrano.

Sono stati meritamente castigati molti magnati Ungari confessi, e convinti di ribellione, c di lésa maestà,e come aderenti à i Turchi ; e questo non era cercar la libertà ; ma la soggezione alla tirania Ottomanna, la più dura di tutte le servitù, essendo ogni suddito del Turco schiavo del Sultano. Il Regno d'Ungheria è ereditario, e non di libéra elezione, come falsamente prétende il Thokoly nella sua lettera.

Le chiese evangeliche sono chiese eretiche toUerate qualche voita per mera nécessita, et il Thokoly dice di voler questo solo per giustitia, il cheè una évidente ingiustitia, alla quale non si puô, ne si deve consentire, et al S. Stà non puô, ne deve pur ella consentire, anzi deve opporsi con ogni rigore, come hà fatto sempre la S. Sede in tutte le Diète, che sono state tenute in Ungheria, et hà sempre protestato contro quello, che si è fatto contro la Religione Catt^a Romana, anche quando la nécessita de tempi hà indotto rimpere à qualche connivenza e toUeranza.

resteraient exposés ; » je ne parle plus, parce qu'on m'accuse d'être français ; tandis que le très chrétien change, Ranuzzi m'ayant écrit que la France demande une trêve de lo ans et non de 20. On a répandu le bruit que N. S. a écrit au roi » (i).

Dans la troisième il informe qu'il espère réussir à ce que l'ambassadeur de Venise accepte une déclaration à part, expliquant l'article touchant les conquêtes : que les mots solam daUnatiora ne se réfèrent qu'aux autres provinces de la Couronne de Hongrie et laissent pleine liberté pour les autres de l'empire ottoman. Il est nécessaire que cette déclaration se fasse en forme privée, car même parmi les polonais s'éveille quelque velléité... « A cause des grandes diversions que fait la France, il n'y a pas moyen que l'empire ait d'autre secours et, par conséquent, la conquête de la Bosnie ne peut se faire comme on le pensait ; toutefois, afin que les Turcs ne soient pas tranquilles de ce côté, j'ai demandé aux ministres de me permettre de déclarer au vénitien que César serait content

(i) Et, le 27, il renouvelle ses plaintes touchant le refus de l'offre du duc de Bavière, et il ajoute que se trouvant seul à soutenir cette combinaison, sa présence à Vienne est tout à fait inutile et il supplie S. S. de lui accorder son congé, prévoyant que les subsides pontificaux ne suffiront pas et il craint que plus tard on lui reproche de les avoir sollicités et que tout retombe sur lui. « On me répond, écrit-il, que si on n'envoie pas sur le Rhin 30,000 soldats les français envahiront l'empire et l'Italie ; mais je réplique qu'au contraire cet envoi donnera lieu à de nouvelles ruptures, car les français prétendront que les troupes impériales n'y sont point concentrées pour la défense mais pour l'offensive, ce qui leur fournira le moyen de couvrir la honte qui les entraîne en faveur des turcs. Du reste, pour cette année il est impossible qu'il y ait des mouvements de français, faute de magasins, tandis que l'année prochaine, si les turcs ne sont pas bien battus, les français exigeront davantage. On a tellement inculqué à l'empereur la crainte de perdre la Couronne impériale, qu'il n'y a pas moyen de démolir ce prétendu danger. Du reste, les jalousies qu'inspirent les français aux villes de Cologne et de Trêves et à tout le monde sont très fortes, et l'on est mécontent de leur refus que la trêve soit générale. A ce sujet on me reproche, conclut-il, d'avoir voulu les tromper à l'idée que la trêve fût^de 10 ans au lieu de 20, mais j'ai eu confiance dans notre nonce en France, qui, à son tour, a été trompé. »

BONVISI ET l'envoyé DE FRANCE. 977

que la République y fit faire des incursions. » Le même jour, il accuse réception de Piatti de 150,000 fl. pour compléter les 200,000 et il déclare les avoir passés au marchand Bellini, qui en avait fait l'anticipation au président de la Chambre, et pour lui maintenir le crédit dans les difficultés où il se trauve pour avoir de l'argent ; après la vente de quelques seigneuries pour 600,000 fl.,on en a emprunté du prince Schwarzemberg 340,000 à 6 0/0 et en donnant des hypothèques. A cette occasion, écrit-il, j'ai parlé de nouveau des Monti, mais on est bien embarrassé par les mouvements des Français. » Et il ajoute qu'il a averti le P. Christophore Steltinger, confesseur de César, d'avoir reçu les facultés de S. S. afm de pouvoir les passer aux missionnaires Castrensi.

Le 13, Bonvisi écrit : « voyant que les nouvelles de France dérangent nos projets, j'ai pris l'occasion d'une visite à l'envoyé de France pour lui parler de la mauvaise interprétation que donne le monde au rassemblement de leurs armées, au moment où tous sont tournés vers les Turcs, de la barbarie desquels est victime le Saint-Siège comme mère de tous et particulièrement dans les Marches, la Romagne et dans les provinces maritimes des Etats de l'Eglise. J'ai dit que N. S. était bien affligé de voir l'inutilité de tant de sacrifices pour la sainte et triple ligue, afin de remédier à tant de pertes et délivrer bien des peuples chrétiens d'un dur esclavage ; bien que l'intention du roi de France n'était pas de tirer les Turcs du précipice, cependant d'une manière indirecte il y aidait à rencontre de son zèle de fils aîné de l'Eglise. L'envoyé tâcha d'en jeter la responsabilité sur les Espagnols, qui déclarèrent la guerre tandis qu'ils devaient accepter une des alternatives proposées par le très-chrétien, ce qui aurait assuré la paix à l'Europe et tous se seraient tournés contre les Turcs. J'ai répondu de n'avoir pas approuvé la déclaration de guerre, mais que toutefois le roi catholique était excusable, se voyant dépouillé alors qu'il comptait être tranquille après la paix de

Innocent XI. — III. 63

Nimègue ; que comme souverain il n'était pas obligé de se soumettre aux sentences de la chambre de Metz. Du reste, à Madrid on prétend de n'avoir pas déclaré la guerre, mais seulement que la paix avait été rompue par les invasions précédentes. Et on n'aurait pas refusé de rétablir la paix pourvu qu'elle fût universelle, car en la concluant seulement d'une part, on laisse s'élever des jalousies de l'autre. L'envoyé répliqua qu'on faisait tort à son roi en ne se fiant pas à sa parole ; à quoi j'ai répondu qu'on y ferait tort s'il l'avait donnée réellement,tandis, qu'au contraire, il a toujours refusé d'en venir à des accords généraux et avec tous, en manifestant des prétentions sur la République de Gênes et mettant même en danger l'état de Milan. A mes observations le français dit que ces jalousies auraient cessé si on avait fixé, dans un congrès, ce qui fut présenté à la Diète de Ratisbonne dans l'intérêt de l'empereur et aussi de l'Espagne et de l'Italie ; à quoi j'ai répliqué qu'on n'a pas voulu négocier au désavantage des ligues après l'expérience faite au congrès de Nimègue, Le ministre continua ses plaintes contre les Espagnols, trouvant étrange que l'empire et l'empereur, ne visant qu'à détruire les Turcs, aient fini par négliger leurs propres intérêts. Alors j'ai fait observer que, tant que les très-graves pertes dans le Luxembourg n'ont pas menacé la tranquillité de tous les peuples, on s'est tu, mais, qu'à présent, tous voyaient leur propre danger. Si l'alternative de Courtray et Dixmunda donnait des ennuis aux Anglais et spécialement aux Hollandais, comme partie de la barrière établie, sans s'intéresser de la perte de Luxembourg, il en était autrement des Allemands, qui, eux, ne se souciaient pas de Courtray et Dixmunda et voyaient mal la .perte de Luxembourg, parce qu'ainsi se trouvaient menacés les quatre électeurs du Rhin, mis en soupçon l'électeur de Brandebourg pour ses états de Clèves et de la Marche, car les Allemands considèrent le Luxembourg comme leur < antemural »; et disent qu'il ne dépendrait que du vouloir du très-chrétien de se faire élire roi des Romains, de cette manière tous seraient obligés de faire la paix avec les Turcs. J'ai fait considérer aussi que le très-puissant empire romain et l'empire otto-

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