‹ Innocent XIChapitre 386 sur 430 · NOUVELLES DE BUDE. 99I · texte numérisé non relu

NOUVELLES DE BUDE. 99I

résulte d'une lettre du plénipotentiaire français de Ratisbonne à l'ambassadeur espagnol, que les Français veulent que la ratification de l'Espagne soit fait disjointement de celle de l'empire afin de l'exclure de toute garantie ». « Le fait que l'envoyé de France est venu prendre congé pour se rendre à Vienne me donne du soupçon, car il a laissé ici une grande partie de son bagage et, contre son habitude, il' ne m'a pas fait part du contenu des lettres reçues de Ratisbonne. Je crois que c'est à cause de l'affaire de Gênes, lui ayant dit que si le roi s'était contenté d'avoir seulement humilié les Algériens en concluant la paix à la simple condition de l'échange réciproque des esclaves, il n'était pas raisonnable de vouloir exiger de la République une plus forte humiliation : les Algériens, mahométans, corsaires avaient rompu la paix, tué le consul de Fraiice, pille plusieurs navires, tandis que les Génois n'ont fait aucune injure positive pour mériter un traitement plus dur ; mais je n'ai pas pu obtenir de réponse ». Le 13, de Vienne, Bonvisi informe qu'il a présenté les condoléances à l'empereur et l'a prié d'envoyer des secours à Bude, dont on a grand besoin à la suite de la mauvaise direction donnée par le maréchal Staremberg et des sorties faites par le nombreux et désespéré préside turc ; l'armée impériale a perdu beaucoup de monde, tant d'infanterie que de cavalerie. A présent qu'à Ratisbonne les affaires marchent mieux, l'empereur a accepté l'offre de l'électeur de Bavière, qui a grande envie de se mesurer avec les Turcs et a déjà expédié ses bagages ; « toutefois, vS. M. m'a engagé de prier N. S. d'écrire au très-chrétien, en l'exhortant toujours plus à conclure la paix générale » (i). Le 20, il ajoute que les assiégeants de Bude n'ont d'autre espoir que dans les secours, à cause de la mauvaise tactique du maréchal ; de l'infanterie, après tant de tueries, il ne reste que 11,000 hommes ; la cavalerie est

(i) Le même jour, il annonce sa rentrée à Vienne avec un jour de retard, à cause des vents sur le Danube ; il trouva sa maison bien ruinée, mais arrangée au mieux avec du bois ; il espère que peu à peu on pourra faire des réparations.

presque détruite et réduite à 7500 chevaux sa.ns fourrage ; et elle se perdra complètement si on n'envoie de l'avoine, mais l'argent manque et la récolte a été mauvaise. Les mineurs font mal leur service : deux mines avec 6000 livres de poudre ont éclaté sans effet ; l'imprévoyance des nôtres donne du courage aux Turcs et, en outre, le successeur du Vizir décédé annonce de nouveaux secours... (i) L'empereur a réglé la situation à l'armée, de l'électeur de Bavière et du duc de Lorraine ; chacun aura le titre de commandant, agissant de son côté ; plus tard, si les affaires de la guerre vont bien, on prendra d'autres mesures. L'empereur s'est plaint de la conduite du siège et regrette fort d'avoir refusé d'engager le duc Guadagni, élève principal de Turenne. « Je vois presque chaque jour confier des régiments à des princes inexperts et on laisse de côté de vieux et braves officiers. Dans mon désir de bien servir N. S., je m'afflige de ce que tout devienne inutile, parce que, sans officiers, on ne peut rien faire et je vois que l'on ne peut donner aux troupes d'autres quartiers à cause de la misère qui régne dans les provinces. Si même, après la trêve, l'empire peut réunir des gens de guerre, l'argent manquera toujours, car la récolte en Bohème a été pauvre et l'Autriche est dévastée ».

Le 27 août, Bonvisi raconte qu'il avait préparé un mémorial pour le très-chrétien (2), mais l'envoyé de France étant venu

(i) Le 26, Jacobelli informe Cybo que les Inquisiteurs d'Etat ont communiqué au Collège une lettre du drogman Tarsia, avertissant que les ministres du gr. Seigneur l'ont engagé à écrire au magistrat suprême que, si la République veut avoir de bons rapports avec la Porte, on lui donnera toutes les satisfactions désirables, restituant tout ce que lui a enlevé le gr.vizir décédé, qui avait agi sans l'ordre du gr. Seigneur. Ici on est aussi inquiet, ayant appris que le roi de Pologne obéit aux conseils des éuêques de Chiovia et de Camenietz, partisans de la France et qui poussent à conclure la paix avec les Turcs ; par conséquent la campagne se poursuit avec lenteur. On m'a dit que l'on écrira à Lando de prier M. S. d'ordonner au nonce de presser le roi à entrer en campagne selon les conventions de la ligue. ''

(2) Sire. Nell'invitare V. M. Christma con humilissima divozione al conseguimento d'un infinitomerito appresso Dio, et al colmo délia gloria, pre-

Page 1