BONVISI CONSEILLE LA TREVE
et l'autre brochure où sont publiés les traités stipulés par la France avec les Turcs au préjudice de la chrétienté ; et entre autres le serment prêté par François i^"" à Soliman. Si tout cela pouvait avoir été justifié pour se défendre contre la prépotence autrichienne, à présent une entente avec les Turcs pour opprimer chaque prince fait naître la haine de tout le monde contre la France et, par la dévotion que j'éprouve pour son roi, j'étais affligé d'entendre, au temps du siège de Vienne, que l'opinion générale était qu'il avait eu lieu de concert avec la France et que pour empêcher les secours on avait suscité les jalousies en Italie et en Flandre, que de toute manière on doit craindre le courroux de Dieu, citant même les exemples de. la Bible et aussi de Henri II, afin de recevoir plutôt les bénédictions du ciel sur les armées impériales, car celle des Turcs est réduite à 20,000 soldats sans munitions ni cavalerie ; qu'obliger César à signer la paix avec eux, ferait naître dans toute l'Europe la haine contre la France. Et en lui répétant, ajoute-il, d'autres réflexions j'ai prié l'envoyé de communiquer à son roi toutes mes observations ; il m'assura que le très-chrétien agréera de les lire et les prendra en considération, mais il objecta que le roi avait été bien offensé par les Génois et qu'il était nécessaire qu'ils s'humiliassent. J'ai alors répondu qu'il était invraisemblable qu'une petite République ait voulu offenser le puissant roi ; que si même on veuille considérer comme offense le fait de s'être réfusée à ce qui répugnait à sa liberté, qu'en tout cas on eût pu être moins sensible à des offenses venant de chrétiens, mais l'être beaucoup plus et justement pour le traitement qu'ont subi dernièrement les deux ambassadeurs à Constantinople. Pareille offense méritait vengeance et que, s'il y en avait de la part des génois, il fallait leur pardonner par l'intercession du Vicaire du Christ, pour lequel Machiavel disait qu'était due la vénération de tous les fidèles et qu'on la perdait si S. S. ne réussissait pas à obtenir la paix en Italie... V. Em., conclut-il, trouvera peut-être que j'ai été trop libre, mais aux maux extrêmes il faut hasarder des tentatives hardies et, ne préjugeant que moi personnelle-
ment, elles ne compromettent pas le bien public » (i). Et, le 28, il annonce que du 22 l'on a de bonnes nouvelles du duc de Lorraine près deBreda. Et, faisant remarquer que samedi expire le terme à Ratisbonne, il dit « que tous sont irrités contre la France, qui paraît vouloir sauver les Turcs de la ruine ; on écrit du camp que, sous les noms de flamands et de lorrains, se sont enrôlés des ingénieurs et des bombardiers français qui ensuite passèrent à Bude et à Neuhaunsee ; il y a de la haine contre cette nation et si N. S. ne tâche pas de l'étouffer en pressant le très chrétien à ce que dans la trêve soit comprise l'Italie et qu'on reprenne les négociations si elles se rompent à Ratisbonne, je prévois que l'on signera la paix avec les Turcs et que la guerre éclatera entre chrétiens ». Et, le i^'" août, il continue :
Non puol negarsi che la Francia habbia ritrattato le buone intenzioni, che mi furno significate dà Monsigr Ranucci, che la tregua fosse générale e per X anni, ma la iacilità provata nell' espugnazione di Luxemburgo, e quella ch' hanno trovata nelli Olandesi nel consentire ail' aggiustamento particolare, hanno fatto cambiar tutto, et il bisogno délia Christianità nécessita ad inghiottire qualisvoglia amaro boccone. Sabato sera venne uno straordinario di Spagna, partito alli 16 del passato, et arrivato in 12 giorni, con non piîi udita diligenza, e porto ail' Imperat^e il totale arbitrio di compuonere, corne meglio li pareva gl'affari del Rè Cattolico, e S. M. me
(i) A la même date, il ajoute : « on attendait les résolutions de Ratisbonne touchant la trêve, que l'on veut générale afin d'éviter les discordes particulièrement en Italie. Brandebourg travaille en France et à Ratisbonne, mais il voudrait en exclure la Suède tout au moins pour ses possessions hors de l'empire. Ces intrigues donneront lieu à des disputes, mais non au point de faire refuser la trêve de 20 ans désirée par tous, afin d'être libres dans la guerre contre les Turcs ; du reste, la Suède n'a pas rempli ses engagements envers les coalisés, engagements qui l'obligaient à tenir des troupes en Posnanie et dans l'Etat de Brème, laissant tout le poids de la guerre aux autres ; on devra prendre une décision car le terme du mois va expirer. Dans la conviction que la trêve sera acceptée, la Souabe tient déjà prêtes des barques pour le transport de 4000 soldats ; la Bavière en fournit 10,000 et 6000 le district de Franconic ; de manière que pour la fin du ipois d'Août 26,000 soldats pourront se joindre aux impériaux, pour entrer en Hongrie. Bargozzi fait savoir que Tôkoli sera abandonné par les siens, et trouve qu'il ne mérite aucun égard à cause de ses cruautés.
lo participô domenica nell' audienza, che doppo quella del giorno antécédente stimai di dover chiedere per i negozil portati da detto corriero, che mi consegnô le lettere del Sigr Carde Millino delli 16, e di Monsigi" Ranucci delli 23 del passato, et encora la chiesi per l'arrivo del corriero di Roma, similmente venuto sabato sera di ritorno. Dubitavo che fosse spirato il termine assegnato in Ratisbona per li 29 del caduto, e perô volevo esortar rimperatore à riattaccare il negozio nel meglior modo, che si fosse potuto, ma S. M. mi participô di havere appunto ail' hora ricevuto un corriero di Ratisbona con ottime nuove, cioè, che tutte le camere deU'Imperio, havevano concordemente risoluto, che si accettasse, la tregna, e che accettandola anche la Spagna, l'Imperio tutto la garantisse, e si obligasse nel tempo délia tregua si assicurare tutti gli Stati del Rè di Spagna, posti in qualsivoglia parte del mondo, et ogn'uno haveva riconosciuta l'assistenza divina, perché l'Elettore di Brandeburgo, ch'era implacabile verso gli Spagnoli, era stato il principale promotore di questo salutevole consiglio. Che il plenipotenziario di Francia mosso forse dal vedere unito tutto l'Imperio in questo sentimento, haveva detto, che mentre vedeva in tutti eguale desiderio délia quiète, poteva pigliarsi l'arbitrio ni prorogare per alcuni giorni il tempo che spirava per li 29, onde S. Mtà stima che il negozio possa havere buon fine, ma che gli affari di Genova grandemente lo travagliavano, perché l'abbandonarla alla discrizione (sic) de Francesi, era un soggettare tutta l'Italia, et à poco serviva che fossero garantiti gli Stati del Cattolico in Italia, se durante la tregua, fosse stato lecito à i Francesi di occupare Genova, et il suo Stato, ô molestare altri prencipi non compresi nella garantia ; espuosi all'hora à S. M. quello, che in tal particolare V. E. mi hà scritto col corriero in data delli 20 del passato, che il Christianissimo si era dichiarato con S. Stà di non haver mai pensato, ne di pensare all'occupazione di Genova, ne di alcuna parte del suo Stato, ne di molestare alcun altro prencipe, riserbandosi- pero la libertà di continuare il suo risentimento conlro la Republica, ove questa non le dia ragionevoli sodisfazioni, contentandosi che intorno à questo la Republica medesima confidi à S. B"^ quel che voglia fare, onde S. Stà che non haveva précisa notizia de sentimenti di essa, haveva spcdito per informarsene. E soggiunsi quello, che mi haveva scritto Monsigr Ranucci sotto li 23 cioè, di haver ritratto espressioni generali di non voler la Francia stare in tutto il rigore délie sodisfazioni pretese, onde dissi à S. M. che mentre si fosse assodato il punto essenziale, che le sodisfazioni non toccassero la loro liberté, e la sicurezza del loro Stato, mi pareva ch'in riguardo del ben publico non si dovesse risparmiare alcuna humile sodisfazione, e S. M. mi ringraziô délie notizie, e del consiglio, dicendomi che appunto all'hora doveva una conferenza sopra questa materia, e che pero volentieri haveva voluto ammettermi di nuovo alla sua udienza, e confidava che S. S^à si sarebbe adoprata efficacemente in quest' affare, che tanto importava alla quiète d'Italia, nella quale Sua S^à haveva
cosi grand'interessc. L'Imperatore non hà avviso che il Rè di Francia habbia fatto dichiarare dal suo ambasciatore all'Haya, che S. M. vuole obligarsi di non attaccare la citta di Genova, ne piazza ô paese che ne dipendas ma io hô detto, che questa notizia è andata à Roma per straordinario, e che con un'altro V. E. me la communica, e perô piiol essere che per la via d'Olanda arrivi piii tardi (i). La Republica di Venezia hà ordinato à questo suo Sigr Ambasciatore, che rattifichi i due articoli aggiunti alla lega, et io hô detto à S. Ecc^a che questo non puol farsi da lui, ma bisogna che la Serma Republca, mandi l'istrumento dclla rattificazione, come si è fatto nel primo Trattato altrimente non posso io consegnare la rattificazione del Rè di Polonia, se nell'istesso tempo non ricevo quella deirimperatore e délia Republica et e col mio solito onequio ecc.
A la même date, il annonce la prise de Vironitza et que la Cour se rend à Vienne pour fuir la dyssenterie (2). Et, le 8, il écrit qu'il partira lui aussi pour Vienne, par barque à cause de la goutte ; on attend quelque nouvelle de Bude. « Il
(i) Le même jour, il annonce que le lendemain du départ de l'empereur à Ems, est mort le petit archiduc Léopold, sur 'equel reposaient les espérances de la famille. Et il informe aussi que l'empereur a écrit à son ambassadeur à Varsovie d'arranger l'affaire du cérémonial avec l'aîné du roi — du moment que le nonce lui cède le pas — et quoique il en ait d'avis contraire, ne s'agissant pas de fils héritier du trône, S. M. a envoyé son ordre pour montrer au roi l'estime qu'il lui porte.
(2) de 2 septembre, Cybo lui répond :
Uniformi à gl'avvisi di V. E. sono quelli, che vengono da Parigi sùl particolare délia tregua già conclusa dalla Francia tanto coU'Imperio, quanto colla Spagna ; E. N. S, ne hà sommamentc goduto, sperando, che questo successo riuscirà utilissimo alla causa publica, e che renderà il sospirato riposo al Christianesimo. Quanto all'affare délia Republica di Genova, che pur resta compresa nella tregua, ma con articolo separato, S. S^à che vivamente desidera la sicurezza délia Republica medesima, e la quiète d'Italia, impiegherà con ogni premura i suoi paterni ufficii appresso il Piè Xmo acciôche quanto prima siegua un'aggiustamento, che finisca di quietar tutti ;, anzi questa sera ne scrivo ben caldamente à M^ N^ Ranucci, incaricandogli di non risparmiar opérera, che possa contribuire all'intento, secondo il bisogno deli'affare ; del che sarà egli avvertito da quell'inviato, giàche qui non s'hà per anche notitia précisa de i sentimenti, e délie risoluzioni délia Republica. E pure sarebbe bene di non perder tempo, e di contribuir'presto al desiderato aggiustamento tutte quelle agevolerze, che nelle presenti circostanze saran credute convcnienti, et opportune dall-a prudenza di quel Senato E bacio ecc.