PLAINTES DU TRÈS-CHRÉTIEN CONTRE GÊNES. IO
che possono esser molto pregiudiziali alla sua gloria. Et il medesimo ho anco detto al S^ di Croissy, mettendogli di più in considerazione il grave danno, che sarà stato dato à tante chiese, con offesa del concetto, che corre délia pietà del Rè. Ma S. M. se la passo con dire, che questa erauna burla, délia quale in Italia se ne sarebbero risi, ma che se i Genovesi non havessero mutato stile, gle (sic) n'havrebbe fatto dell' altre maggiori. Et il S"" di Croissy si difuse in doglianze del poco rispetto, che havevano usato verso il Rè, délie detrattioni, e satire contro il suo nome, e in dichiarazioni, che se non s'emendano, e se seranno verificati i diportamenti crudeli, che si suppongono contro la nazione Francese, s'accorgeranno à quai segno arriveranno i regii risentimenti. Ch'è quanto m'accadescrivere à V. Ema in questa materia (i).
Le 6, Bonvisi annonce à Cybo que l'empereur lui a envoyé le comte Koniseg^ pour lui dire que le roi d'Espagne ayant donné à l'empereur plein arbitre touchant la trêve. César ordonnera de déclarer à la Diète à Ratisbonne qu'il accepte la trêve de dix ans, laissant aux français ce qu'ils ont occupé dans l'empire ei qu'il fera accepter par l'Espagne l'alternative de Courtray et de Dixmunda, à condition qu'on évacue Luxembourg, et que la France promette la tranquillité à toute l'Europe et à l'empire avec l'observance des traités. « Il me chargea d'en écrire au nonce à Paris ; j'ai accepté
(i) Le 5, de Paris, l'abbé Lauri mande à Cybo : Mgr Giraud, sous-introducteur des ambassadeurs, s'est rendu samedi matin à six heures chez le marquis Marini, envoyé de Gênes, et lui a dit que le roi ayant appris que des français ont été massacrés sur le territoire de la République et craignant que le peuple de Paris insulte la personne de l'envoyé, lui avait ordonné d'aller le prendre avec un exempt de gardes et des archers pour le mettre en sûreté à la Bastille. Le marquis répondit qu'il ignorait ces massacres et surtout qu'ils eussent été faits par ordre du gouvernement ; d'autre part si le peuple génois, se voyant insulté par l'armée navale hostile avait commis des excès entre quelques français, il ne lui paraissait pas que c'était le cas de faire enfermer à la Bastille un ministre mis sous la sauvegarde de la foi publique, mais' que, se trouvant ici, il ne pouvait pas se refuser à ce qu'on lui imposait ; après cela entrèrent l'officier avec plusieurs archers venus dans trois voitures. Le marquis fut emmené à la Bastille où jusqu'à présent il est libre de recevoir des visites.
pourvu que l'on donne cela par écrit, ne voulant pas me bazarder. Toutefois, je doute qu'on ne dise que le temps est déjà passé, mais Ranuzzi pourra toujours répondre que le temps est écoulé parce que l'on a gardé 25 jours le courrier venu d'Espagne (i). Mgr de Vienne m'a informé que 50,000 Turcs se trouvent vers Bude ; je lui ai demandé de quelle manière on pourrait alors prendre cette place, il me répondit qu'il fallait d'abord livrer une bataille. »
Le 7, Muzio informe qu'il a apprit que l'ambassadeur de France aurait dit que l'armée navale française reviendra dans la mer ligurienne pour un nouveau bombardement et attaquer la flotte espagnole si elle se présente. « J'ai entendu dire aussi, mais j'ignore avec quel fond de vérité, que cette Cour n'est pas contente de la façon dont la République traite les ressortissants du duché ». Et le 9, il ajoute qu'on lui a dit que le français a fait voir des lettres de son roi, dans lesquelles il se plaint que les génois aient tiré des coups de canon contre son armée navale avant de savoir si celle-ci voulait mettre à exécution les menaces si on n'accueillait pas les demandes de Seignelay (2).
Le 12, Ranuzzi annonçait qu'aussitôt rentré à Paris, il reçut un billet de Marini le priant de s'interposer afin qu'il soit
(i) Le 15 juillet, Cybo écrit à Ranuzzi : « N. S. regrette l'incident arrivé au courrier Gallina à Rayonne et il a été d'avis que N. S. aurait dû faire de suite les démarches auprès des ministres, en proportion de l'insulte faite à un courrier public dans le domaine du roi. » Dès le 24 juin il lui avait ordonné d'expédier les dépêches à M^ Mendet à Lyon, qui devait les transmettre à Borghi à Venise et d'ici être expédiées à Rome, Et cela à cause des interruptions des courriers par Gênes. Mais, le 28 octobre, il lui répond qu'il est satisfait que le gouverneur de Bayonne a fait justice de l'individu qui tira le coup d'arquebuse contre le courrier envoyé par la nonciature en Espagne.
(2) Le 14, Cybo l'engage à bien surveiller les dispositions do cette Cour touchant Gênes; et de faire aussi les démarches nécessaires pour prévenir des conflits pouvant troubler encore plus la tranquillité de l'Italie.