LE PAPE INTERVIENT EN FAVEUR DE GÊNES. I
écrit : «j'ai remis au roi le Iref visant Gênes (i), lui avouant la grande douleur de N. S., qui, constitué par Dieu chef de
transmissa fuit :) inducias armorum coiniret, et consequenter (: dummodo obsidio Luxemburgensis cesset :) Curtracum et Dixmudum conditionibus antedictis Galiicae Coronae pendente armistitio relinqueret.
Desideraret autem S. M. Caesa ab electoribus, principibus et statibus acceieratam deliberationem, quomodo durante armistitio statuum, plerumque in Imperio destitutorum, ac laesorum à coronis Galliae et Daniae, una et Seri"i Ducis Lotharingiae, tanquam constatus protectionis participis apud S. R. I. porrecta menioralia observanda, necnon limites determinandi erunt, cum S. M. Caes^ iuribus eorumdem- neutiquam praeiudicare cogitaret,
Ast utpote taie armistitium decem annorum principaliter eo tendit, qua post eius conclusionem plénum pacis salubre opus quantocyus (sic) suscipiatur, et virtute Westphalicae et Neomagiensis restabiliatur^ denique Orbis christianus in quietem contra inimicum hereditarium adaequatam ponatur. Ita et de se ipso subintelligi, quod per hoc a dispositione praefatorum pacis tractatuum cedendi nulla sit opinio, faciendo S. M. Caesa banc ipsam declarationem cum ista expressa reservatione, nisi S. M. Xma in tesseram sui pro universa Christianitatis quiète saepius contestati zeli ab obsidione Luxemburgensi, aliisquc attentatis hostilibus (: per quae alias optima Xtas in bcllum cruentum involveretur, et de quo S. M. Caes» coram Deo, et bonis hominibus excusanda foret :) ex notoria sua generositate primitus desistere velit.
Et haec foret augustissimi Caesaris pro bono Imperii, totiusque Christianitatis citra praeiudicium opinata denique declaratio, clementissima spe nisus illam, prouti de animo sane paterno émanât, ita et a S. R. I. electoribus, principibus et statibus aequaliter suscipiendam, nec non patriotice secundandam esse : De super etiam S. M. Caes» eorum acceieratam, et salutiferam declarationem pro necessitate urgente clementissime expectans ecc.
(i) Le 17, Cybo lui avait annoncé que l'armée navale sous Gênes après les cinq heures accordées par le commandant pour les satisfactions demandées, commença le bombardement de la ville, y jetant beaucoup de bombes ; on continua ainsi jusqu'au 22, où il y eut trêve, durant laquelle on transmit à la ville de nouvelles propositions ; mais ayant eu un refus on continua les hostilités jusqu'au 28, jour en lequel l'armée est partie en laissant sa destination. S. S. en fut informée par l'archevêque qui lui a écrit la désolation de la ville et la dévastation d'églises et de monastères, dont les nonces se sont enfuies. « Le pape m'ordonna de prier l'ambassadeur d'écrire au commandant de suspendre jusqu'après avoir entendu les résolutions de S. M. S, Exe. a écrit mais trop tard, car l'armée était partie. J'espère que les démarches de N. S. auront influé sur l'esprit de S. M. »
l'Eglise, ne pouvait que mettre sous les yeux de S. M. les devoirs de la religion, en ces moments surtout où tous les princes sont en mouvement contre les Turcs ; que N. S. espère qu'un roi aussi puissant, auquel ont été concédées prudence et piété, ne voudra pas continuer la guerre. J'ai prié S. M. de désister à troubler la République et les génois, de les remettre dans sa grâce comme ils le désirent ; ajoutant aussi la demande que l'on fasse sortir de la Bastille l'envoyé génois. Le roi m'a répondu qu'il éprouvait un grand respect pour le bref; que Gênes s'était conduite bien mal envers lui, mais que par égard aux bons offices de S. S., il recevrait les génois en grâce lorsqu'ils changeront de conduite et lui donneront des satisfactions convenables ; mais au sujet de ma demande S. M. dit qu'elle avait appris que la République avait mis à mort, même en imposant des tailles, plusieurs français sans fondement d'aucun crime mais uniquement par haine contre la nation et que, avant de décider, il voulait être certain de ces faits. Alors j'ai répondu que si à Gênes les français ont été poursuivis, cela doit avoir été l'effet d'une surexcitation populaire en voyant les maisons incendiées, et que peut-être il a été difficile aux magistrats de saisir les coupables au milieu de ces tumultes. Mais tout ce que j'ai pu dire est resté sans résultat, parce que le roi répliqua qu'il voulait recevoir la nouvelle positive si tout cela avait été toléré par l'autorité publique. J'ai demandé à S. M. de se contenter de la suspension d'actes hostiles contre la République, qui, depuis le départ de l'armée, se réduisent à la persécution des navires génois, et d'accorder du temps afin de pouvoir préparer les satisfactions à donner à S. M. J'en ai parlé aussi à Croissy mais sans effet, car on dit qu'il faut voir les faits et ne pas se contenter de paroles ; comme ont déjà fait les génois lorsqu'ils ont recouru au roi d'Angleterre. Enfin, conclut-il, il est évident que, pour arranger cette affaire, il faut que la République décide ce qu'elle croit plus opportun de faire » (i). /
^i) Le ^5 juillet, Cybo approuve ce qu'il a dit au roi, au sujet de Gênes,