MESURES DU TRES CHRETIEN CONTRE LES GÉNOIS. IO
Par la seconde, il informe qu'on a envoyé l'ordre d'arrêter tous les génois (i). On a déjà commencé ici, niais on veut que la mesure soit exécutée en même temps à Lyon, Marseille et ailleurs ; on doit séquestre^ les effets des génois, parmi lesquels on dit qu'il y en a pour 1,800.000 fr. sur l'Hôtel de ville (2).
Dans la troisième il (3) avertit Cybo que, parlant au roi de
à son retour de Valenciennes. « Le pape désire que les bonnes intentions de S. M. pour l'acommodement avec la République puissent conduire à un résultat par l'entremise dé l'envoyé ; on veut croire qu'il est déjà remis en liberté, » Et, le 5 août, il ajoute que la République n'a pas encore répondu à ce que N. S. lui a fait savoir ; on a appris que l'on discute la question afin de se décider.
(i) A la date du 15 mai, on avait publié de Turin un arrêt du roi, ordonnant de confisquer tout navire génois dans la Méditerranée et l'Océan, voulant empêcher le commerce que les génois font sur ces mers.
(2) Dans une feuille à part, à la même date, on lit : Ces jours-ci est parti pour le Canada un certain La Laie qui, dans ces dernières années, a fait la découverte d'un grand fleuve qui du Canada va se jeter dans la mer duMexique vers l'extrême limite de la Floride. Le roi lui a donné deux vaisseaux, deux compagnies de soldats, un ingénieur, huit missionnaires; entre hommes et femmes ils sont au nombre de 500 et doivent fonder la colonie Colbcrt.
(3) Le 12, il avait mandé que Mellini l'informait qu'à ses démarches auprès de la Cour pour l'accord, on lui a répondu que l'on a remis à l'ambassadeur impérial l'acceptation de la réponse aux propositions du 5 novembre df. Le très-chrétien, soit qu'il le sache par des dépêches interceptées au courrier impérial à Bayonne, ou autrement, a dit au card. Bonvisi qu'on s'est résolu alors que le temps était passé et que par surcroit on avait transmis l'acceptation à l'ambassadeur de l'empereur ; il est possible que le" retard ait été provoqué par le très-chrétien, voulant occuper Luxembourg. Ayant averti l'internoncc en Flandre qu'on avait chanté le Te Deum pour la conquête de cette place, et à son tour le prélat l'ayant dit au marquis de Grana, celui-ci me fit prier de faire savoir la nouvelle à Mellini, afin qu'il obtienne l'accord même avec la cession de Luxembourg du moment qu'il est déjà entre les mains des Français. « Ayant besoin d'un passeport pour le courrier extraordinaire que j'envoyais à Madrid pour Mellini, j'ai prié Croissy de me le livrer ; mais il n'a été donné que la veille de ma rentrée à Paris, et le ministre même a déclaré qu'il se réservait de m'en donner l'explication. Je crois que la raison fut que l'on voulait attendre la confirmation de la nouvelle ; et on a annoncé la conquête de Luxembourg avant qu'elle fût
raccord pour la trêve, « S. M. resta ferme dans ses déclarations précédentes, et ajouta que dans mon voyage j'ai dû voir ses troupes et que tout est en ordre pour continuer la guerre.» Aujourd'hui expire le dernier délai touchant la neutralité de la Hollande ; ici on espère qu'elle se déclarera pour la neutralité, car on sait que le prince d'Orange, qui l'a combattue ces jours ci, parla avec l'envoyé de France des intérêts de sa principauté et de ses biens dans la Franche Comté ; et si la
réelle, mais je suis justifié du chant du Te Deum à la présence du roi. » Et, à son tour, le 15, Mellini avait mandé à Cybo :
Questo Sigr Ambasciatore dell' Imp'"e con tutto secreto mi confidô li giorni passati, che coU'ultime lettere confidcntiali tenute dal Sig^'Impre, gli veniva ordinato di convitare S. Mtà Catt^a ad entrare nella triplice lega sacra contro il Turco, e di premeria, perche si aggiustasse con la Francia corne potesse, ô con trattato, ô con tregua, con mostrare di venire astretto dall' istesso Sigr Impre à soggcttarsï ad ogni aggiustamento, e di sacrificare le sue particolari convenienze per le più importanti del ben comune délia Christianità, e per la depressione Ottomana, e per la maggior sieurezza dell' Imperio Cattco, e deir Augustissima Casa : Mi hà poi detto S. Ecc^a che di già haveva passati gli offitii col Rè, et altri ministri, e che si bene li haveva trovati duri per non voler cedere Luxemburgo, e perche suppongono che quando questo resti occupato dalle presenti armi Francesi, non vi possa più essere forma di aggiustarsi ; non estante non disperava di poterli ridurre con la continuatione délie sue premure, e passando questo trattato in tutta confidenza per essere interesse domestico délie due Case, mi hà incaricato S. Ecc^a il non darmene per inteso in niun modo, e che solo potevo io continuare gli offitii gcnerali per la pace, o per la tregua uniformandomi col Sigr Ambasciatore di Venetia, il quale per ordine havuto dalla sua Repca col corriero straordinano hà già passati efficaci uffitii anco per scritto, accioche S. M^^ Catt^a contribuisca in facilitare la pace, o tregua per poter poi aiutare con le sue forze le Repca gjà tanto impegnata per la causa publica délia Christianità, e per la privata délia Casa d'Austria, mediante la lega stabilita col Sig*" Impre, e col Rè di Polonia, délia quale diede parte in forma : prima pcrô di presentare l'offitio volse farmelo leggere per sentire il mio parera, usando meco detta partialissima confidenza in tutto che va opérande. Tuttavia non è stato rispostc ne à detti Sigri Ambasciatori, ne à me sopra gli ultimi, e nuovi offitii passati ; di ciô che seguirà non lascerô di dar minuto conto à V. E., e continuerô à premere per me stesso,- e far premare à detti Sigfi Ambasciatori per loro medesimi, accioche si facilitino le dispositioni per la perfettione d'un opéra cosi santa, e cosi necessaria.
A LA HAYE ON NEGOCIE l'ACCORD. IO59
Hollande y consent, le catholique aura un mois et demi pour accepter les propositions de la France du 29 avril d^
Le 21, Muzio informe que jusqu'à présent on n'entend pas dire que la France fasse des démarches pour intéresser la Cour contre Milan et les Génois ; si l'ambassadeur en a reçu l'ordre il ne saurait à qui s'adresser, car le duc est à Verceil et Madame ne s'en occupe plus ni le duc ne lui en parle: on ne peut pas çxprimer combien le fils a d'antipathie pour sa mère, tandis que la duchesse aime sincèrement sa belle-mère (i).
Le 25, Cybo répond à Ranuzzi : (2) « V. S. a été prudente en parlant de la nouvelle reçue de la Hollande que, à la Haye, on négocie l'accord, que la Cour y est disposée et que l'empereur accepte à condition qu'il soit général et que rien ne soit arrêté en particulier comme elle le saura de Bonvisi. S. S. trouve que la période d'un mois fixée par le roi est trop brève et espère qu'on en demandera la prolongation et qu'elle sera concédée ». Et, le même jour, il l'approuve d'avoir traité avec civilité l'ambassadeur d'Espagne ; d'avoir parlé au roi, à Croissy et au P. La Chaise au sujet du Jubilé, recommandant à leur piété d'assurer le repos public, afin que les fidèles implorent la bonté divine pour le bien de la chrétienté et la
(1} Et, le ler juillet, il ajoute qu'on l'a averti que l'ambassadeur de France a reçu l'ordre de veiller sur ce que font les Génois et sur les traités qu'ils ont avec les Espagnols ; l'ambassadeur laisse aussi comprendre que la guerre pourrait bien avoir lieu en Italie ; que son roi n'est pas satisfait delà punition infligée aux Génois. On dit que dans le Dauphiné et dans le Lyonnais sont réunis 30^00 hom. ; ils ne peuvent être destinés seulement pour la Catalogne. Et, le 8, il dit qu'il ne voit faire aucun préparatif ; que l'on voudrait vivre en paix avec tous et même que l'on a fait passer beaucoup de blé aux Génois, quoique l'année ne sqit pas très-bonne. Mais, le 20, Cybo lui écrit : « S. S. a été bien contente d'apprendre que jusqu'à présent on n'a rien fait pour engager la Cour à participer aux mouvements qu'on craint en Italie ; V. S. doit observer et en référer ».
(2) Le 26, le nonce écrit que Croissy lui a dit que, en outre des provinces de la Hollande, la Frise et Grôningue, celles d'Utrecht et d'Ourivel ont demandé à ce qu'il soit désisté à des actes hostiles dans les Pays-Bas, qui ont promis la neutralité si l'Espagne dans six semaines ne s'est pas accordée avec la France,
Io6o • LA TRÊVE GÉNÉRALE.
destruction de l'ennemi commun. « Mais les prières auraient plus de fruit si elles étaient accompagnées de la suspension d'armes, sans les incendies et les dévastations qui sont si douloureuses quoique faites contre les ordres du roi ; et V. S. doit travailler pour que l'on donne des ordres plus rigoureux >.
Le 26 (i) Ranuzzi écrit :
Martedi passato parlai nuovamente al S"" di Croissy sopra l'affare di Genova, par promovere quanto m'era possibile la sospenzione délie hostilità, affinchè gl'accidenti, che possono andar seguendo non intorbidino maggiormente le cose, e soministrino materia à render piii difficile l'aggiustaniento, et havendomi egli replicato qualche l'altra (sic) m'haveva detto, ch'il Rè non puo sodisfarsi délie sole parole, se i Genovesi non giustificano il loro preteso buon desiderio col entrar in trattato. lo gli rimostrai l'impossibilità di fare ciô, se non si pone in libertà il ministro, com' altre volte gl' havevo detto, aggiungendo ch' il Rè non deve più havervi difficoltà, mentre s'è saputo certatamente, non havere quella Republica praticati gl'atti di risentimento contro la nazione Francese che si erano supposti ; e ch'il pretendere, che nel mentre questo vien ritenuto, la Repub'^^ ne mandi un' altro, non sarebbe cosa ragionevole ne pratticabile. Mi disse che ne havrebbe parlato al Rè, ne havendomi fatto saper altro, son hoggi tornato à trovarlo per intender ciô ch'egli havesse riportato da S. M., e dopo havermi affermato, che qui s'hà rincontro, che non solo i nazionali Francesi non sono stati mal trattati, in Genova, ma anche con atti di molta humanità sono stati condotti in sicuro, m'hà detto, ch' il Rè è disposto à far porre in libertà il ministro suddetto, accioche possa seco trattarsi, ogni volta ch'io dia parola per lui, che non partira da Parigi. lo gl'ho risposto che il partira, mentre v'è apertura ail' aggiustamento non sarebbe confacevole air interessi di quella Republica, e pero probabilmente ne meno secondo la volontà d'essa, ma ch' io non posso entrare à darne parola, ne parermi convenevole l'esigerla dal ministro, che non puo legarsi senza la permissione délia Repub^a. Hô fatto saper tutto quello che passa al suddetto ministro, accio che ne sia informato, et intanto
(i) Le même jour, il informe que Saint-Olon ayant laissé à Gênes des meubles, que l'on dit de grande valeur, pour être transportés en France, un des lieutenants, avec la permission du roi, a séquestré l'argenterie et le mobilier de l'envoyé de Gênes, comme gage au cas où les effets de Saint-Olon seraient volés au jardin.