RÉSERVES DU ROI AU SUJET DE GÊNES. I
et de comprendre dans la garantie les autres princes hors de l'empire (i), dès qu'ils auront conclu leurs accords particuliers avec la France selon la notification faite au plénipotentiaire français. Le ministre césarien a déclaré, au nom de l'Espagne, d'accepter la trêve mais que Gênes devait y être comprise, avec l'idée de tout risquer à cet effet. Les Etats Généraux ont envoyé un exprès en Angleterre pour obtenir du très-chrétien que Gênes soit inclue dans la trêve. « Moi aussi, j'ai reçu des lettres de La Haye, mais je doute fort de réussir dans mes démarches, car le roi s'est dit disposé à négocier pour plaire à N. S., espérant pouvoir s'accommoder moyennant un traité particulier ; et on pourra en tout cas trouver un tempérament pour rassurer la Cour d'Espagne à . propos de l'accord avec les génois ». A la même date, il mande : « hier je suis allé à l'audience du roi pour deux motifs : la trêve et les affaires de Gênes ; touchant le premier le roi m'a dit d'avoir fait le possible en vue de donner la paix à l'Europe pour complaire S. S., et que la marche de ses armées vers le Rhin avait fait hâter le résultat des négociations et obtenir le consentement des réfractaires à admettre le respect des droits des sujets conquis à la Couronne, avec les réunions de la Caméra de Metz, comme les autres sujets et sans en faire l'objet de capitulations, voulant trancher pour toujours la question. Et, à propos de Gênes, S. M. a confirmé sa ferme volonté de vouloir arranger l'affaire comme l'ambassadeur l'a dit à N. S., et elle n'a pas laissé de faire quelque allusion aux sentiments de la République envers l'Espagne et de sa répugnance à donner des réparations au très-chrétien. A ce propos, Croissy, plus tard, m'a dit qu'on était disposé à quelque adoucissement, attendant de voir ce que Gênes ferait pour l'armement des galères ; il évita de parler des sels, mais le
(i) Le 6, Visconti, de Cologne, avait écrit à Cybo : on dit que Brandebourg a offert ses troupes au cas où Cologne serait attaquée ; on ajoute même qu'il y a une ligue entre Brandebourg, le Danemark et les princes de Brunswick contre la Suède, mais que l'empereur refuse de l'assister, de manière que si on conclut la trêve, elle ne peut être que générale.
ministre conclut par ces paroles : si la République avait donné la faculté de négocier, tout serait déjà arrangé entre lui et moi... Il est superflu que j'assure à V. Em. que ces deux affaires attirent toute mon attention ». Et, le 14, il ajoute que pour faciliter l'accord de la trêve, on dit que S. M. a ordonné à M'" Cressy, son plénipotentiaire, de pouvoir y comprendre Gênes aussi, pourvu qu'elle donne les satisfactions qu'il lui demande et que, le mois ayant expiré le 29, le délai fût prorogé au vingt du courant. Mais, le 18, il annonce que Croissy lui a dit que la trêve a été conclue entre les deux Couronnes, mais qu'on attend afin de la signer en même temps que l'accord avec l'empereur ; on croit que ce sera pour aujourd'hui. Quant à Gênes, le très-chrétien a promis dans un article de ne prendre ni la ville ni aucune localité de la République, se réservant de procéder contre elle si elle ne se décide pas à lui donner de satisfactions convenables (i). '
Le 19, Cybo écrit à Bonvisi :
Hà udito N. S^"^ con singolar godimento cio che V. E. mi significa intorno al grave affare délia tregua, cioè la total rimissione del Rè Catt^^o all'arbitrio deirimpi"e ; la concorde propensione délie Camere deirimpero ad accettarla, et i salutevoli stimoli aggiunti dall'E. V. per muover l'animo di S. M. Ces* à stabilirla. Nel particolar'di Genova S. S. è per fare tutto quello, che puo provenire dai suoi paterni officii ; desiderosa di tor' di mezzo quest' unico ostacolo, che potrebbe impedire il riposo d'Italia, e del Christianesimo tutto ; E bacio etc.
Et, le 20, Bonvisi l'informe :
Hiersera arrivô il cavallerizzo di Monsig' Vescovo di Aixtait commissario Cesareo in Ratisbona, con l'avviso délia tregua conclusa trà rimperatore, e l'Imperio col Rè di Francia, rimanendovi compresa
(i) Et, le 25, il confirme que le 17 on a signé le traité avec l'Espagne et celui avec l'empire pour la trêve ; N. S. en recevra les textes par l'ambassadeur. « Croissy s'est beaucoup étendu sur le soin qu'a pris S. M. à seconder les démarches paternelles de N. S. pour la paix de la chrétienté, aussi a-telle voulu qu'il y en eut la preuve dans l'introduction des traités ; mais que le roi, de son côté, attend de S. S. une égale correspondance en ce qui a trait à ses désirs. Je tâcherai, dans la prochaine audience du roi/, d'obtenir qu'il rappelle ses troupes de l'Allemagne afin que l'empereur ait plus de liberté dans ses mouvements ».