LES ARTICLES DU TRAITÉ DE LA TRÊVE. IO
Le 23, Ranuzzi prévient que l'on craint que la conclusion de la trêve crée des obstacles aux négociations que, supposet-on, vient engager ici le comte Buzzacarini (i), car on ne
9. Il y aura libre exercice de religion, et libre jouissance desdixmes.
10. Des commissaires seront nommez de part et d'autre pour le règlement des limites entre l'Empre et la France suivant la possession cy dessus expliquée, et ils feront exécuter les restitutions spécifiées par le traittè.
11. On travaillera incessammt au traittè de paix, et on déterminera le tems et le lieu.
12. S. M. T. Chr. renonce pendant la Trêve à toutes pretensions sur l'Empr et sur TEmpre, et ceux cy renoncent aussi à toutes pretensions de souveraineté, et protection sur les lieux reunis. " "*•
13. Il y aura une entière liberté de commerce réciproque entre les sujets.
14. Les procer des particuliers seront terminez devant les juges des lieux, et s'ils sont entre des personnes de différente iurisdiction le demandeur suivra la iurisdiction du défendeur.
15. Dans ce traittè seront compris outre l'Empr et l'Empre d'une part et le Roy T. Chr. d'autre tous les electorats, archevechez, evechez, abbayes, prevostez, duchez, marquisiats, landgraviats, balliages, commandes, comtez, baronies, seigfies^ villes libres, noblesse immédiate, vassaux et appartenances de l'Emp^e soit dedans ou dehors l'Allemagne sans acception, toutes les cercles et estats de l'Emp^e et le Roy Cath.
16. Les parties se donneront des à présent toutes sortes de garantie générale, et toutes les autres puissances de la Chrestiente seront receùes et invitées à donner la même garantie.
17. L'Emp»" et l'Empre donneront la même garantie sur le traittè conclu avec l'Espagne.
18. Les parties se reservent le pouvoir de sommer dans le terme de 3 mois à compter du jour de la ratificaon (sic) ceux qu'ils y voudron comprendre.
19. Les contestations qui pourront survenir à l'occasion et en explication de ce traittè ne seront point poursuivies par voye de fait mais terminées à l'amiable,
20. Les ratifications seront échangé dans un mois. (i) Le 21, Ranuzzi avait écrit :
Lavenuta in questa città del Conte Buzzacarini, gentilhuomo del Sigr Duca di Mantova, diede, fin da principio, a diversi di questi ministri di Principi d'Italia, una gran gelosia, che si è poi molto accresciuta, per essersi egli portato piii volte alla Corte, e particolarmente alcuni giorni sono, che vi si trattenne li 12, 13 e 14 del corrente, insieme coll' inviato ordinario di Mantova; vivendo nel rimanente molto ritirato. Si discorre perciô diversamente sopra tal fatto ; credendo alcuni, che sia qui per far
croit pas que le roi veuille faire de changements pour Casai ou ailleurs.
Le 28, il continue : « comme Gênes ne donne aucun signe, malgré les conseils de N. S., on s'irrite ici davantage contre elle ; et on parle déjà de préparatifs extraordinaires de galères à Toulon et à Marseille (i) ».
Le 2 septembre, Cybo félicite Ranuzzi de son travail pour la conclusion de la trêve. « S. S. a rendu grâces à la bonté divine ; elle en espère de bons résultats et m'a ordonné d'engager V. S. à continuer ses démarches pour que l'accord se fasse entre le roi et la République de Gênes (2) ». Le 6,
qualche nuovo trattato, o di cederc a S. Mtà il restante di Casale, e del Monferrato ; e forse ancora i crediti, che la Casa di Mantova prétende da quella di Savoia. O pure d'introdurre in Mantova presidio Francese a titolo di assicurar quelle Stato à favore del Bastardo délia Casa, con escluderne i successori legitimi, che sono in Spagna. Questi perô sono puri discorsi, senza, che se ne abbia altro riscontro.
Si trova similmente qui un Inviato dell' Elettor di Colonia, che in questi giorni è stato ammesso ail' udienza del Re ; e vi si è trattenuto tre quarti d'ora, con osservazione délia Corte ; mentre non è solita S. Mtà di dare udienze cosî lunghe.
(i) Et, le 6 septembre, il informe : « me trouvant avec Louvois à la Cour, il me demanda ce que je savais touchant les génois ; j'ai répondu qu'ayant souffert tant de désastres ils ne se sont pas encore résignés,^ mais ils méritent de la compassion. Il m'a répliqué par ces mots : le roi actuellement est le maître tant des femmes que des enfants, n'ayant rien promis sinon que de ne pas toucher à leurs murs. A mon tour, j'ai répondu que S. M. ne leur demandera que ce qui est juste, surtout lorsqu'il sera bien persuadé que les Génois ont eu toujours un grand respect envers elle. Mais Louvois ajouta qu'il fallait que le doge vienne ici. J'ai laissé croire qu'il avait dit cela pour plaisanter et clore notre conversation ; toutefois je crois opportun de l'écrire ».
(2) Le 15, Cybo lui écrit encore : « comme d'habitude, ici on a publié des informations arrivées de Vienne, de Venise et de Munich, mais à propos de la trêve on a employé la phrase : on a conclu l'armistice entre l'empire, l'Espagne et la France. L'ambassadeur s'est plaint à S. S. de ce que la France a été nommée après l'Espagne; et S. S. répondit que cela doit avoir été un simple oubli du Maître du Palais, mais que le roi est''tellement grand qu'il ne peut y voir une atteinte ; toutefois S. S. ordonna de retirer les imprimés.