‹ Innocent XIChapitre 420 sur 430 · MISSION GENOISE PRES LE PAPE. IO · texte numérisé non relu

MISSION GENOISE PRES LE PAPE. IO

Ranuzzi annonce qu'il a présenté au roi les félicitations de S. B. pour la signature du traité qui assure la trêve. « S. M. m'a dit qu'elle désire toujours de complaire S. S. et qu'elle espère que N. S. voudra reconnaître l'importance de ce qu'elle a fait, vu les avantages qu'elle eut pu retirer de ses armées et auxquels elle a renoncé en acceptant l'arrangement ».

Le 13, Ranuzzi (i) écrit :

Havrà V. Em^^ a quest'hora intesa la conclusione ch'è seguita délia Tregua fra S. M. e l'Imp^'^, e il Re di Spagna con la compressione anco délia Republica di Genova, ancorche con la riserva, che si degnerà di vedere nella copia che le mando degli articoli délia Tregua con la Spagna, et havrei sperato, ch'à quest'hora fosse cessato ogni dubio, che l'uso di detta riserva havesse da portar nuovi disturbi all'Italiaj se la Republica fosse stata meno renitente ad approfittarsi deU'esempio degli altri, e ad accomodarsi al tempo. In questi termini cessa Toccasione d'havermi io qui da valere dei motivi che si contengono nella lettera del Sig*" Card^ Buonvisi. E' ben vero, ch'intorno ad essi mi vedo in oblige di riverentemente rappresentare a V. Em^^ ch'il servizio publico, ch'è l'istesso di N, S. richiede, che qui si faccia tutto quello che si puo per rendersi benevolo l'animo del Rè ad effetto di tirarlo al possibile à secondare i giusti desideri délia S^'^ S., al quai fine non possono contribuire discorsi di simil natura in riguardo si alla présente fortuna del Regno, che al genio del Rè, et à quello dei ministri. Questo io dico per sodisfare aile parti del mio debito verso il servizio di S. B"*^, e non per sottrarmi dal peso di parlare in questa, e in altre forme anco più aspre quando cosi sia la volontà di S. B"^, alla quale devo con una somma venerazione subordinare intieramente ogni mia operazione, come sin' hora non ho lasciato d'esseguire con la conveniente circospezione, benche debolmente, quanto m'ha comandato ecc.

Le 10, Cybo écrit à Mellini : < N. S. est bien content de l'avis que lui a donné le card. Pio, de la conclusion de la paix.

(i) Le même jour, il ajoute :

E' venuta di Spagna la ratificatione degli articoli délia tregua,e per quanto mi ha detto il Baronc del Val, il Corriere, che la portava è stato ritenuto prigione in Valenziana sotto mendicati prétest!, ma in sostanza per godere qualche giorno di più il di far sussistere le truppe Francesi nel paese di Spagna.

Io8o LA TRÊVE GÉNÉRALE.

Le pape espère que la Cour n'hésitera pas à l'approuver. Le 15, Cybo informe Ranuzzi que S. S. a fait communiquer à Gênes la réponse du très-chrétien au bref ; et la République en remerciant S. B. a répondu qu'elle ne croyait pas devoir offrir de satisfactions, car on pourrait croire qu'elle fut coupable de quelque offense, tandis qu'elle a toujours manifesté du respect envers S. M. (i). Mais, le 23, il ajoute: «^hier, est arrivé un courrier de Gênes au card. Spinola, pour annoncer à S. S. que la République a décidé d'envoyer G. Fr. Brignole avec des instructions et chargé d'exprimer à S. B. les sentiments précis de Gênes au sujet de ses questions avec le trèschrétien ; que ces sentiments sont empreints de respect envers un aussi grand monarque et que, comme la République l'a toujours professé, elle voulait les répéter dans la forme la plus large. Tout cela a été dit par le cardinal à S. S., qui m'ordonna d'en donner communication à l'ambassadeur, et ayant exécuté son ordre, S. Exe. m'assura qu'elle en écrirait à Paris, se déclarant contente de faciliter un accord » (2).

(i) Le 16, il informe que N. S. est très-affligé d'apprendre que près de San Remo est arrivée l'armée navale française ; S. S., qui a tant à cœur la paix de la chrétienté, craint que celle-ci n'en soit troublée. S. M. devrait réfléchir à la désolation qui est entrée dans les palais aussi bien que dans les monastères par le fait de ses armes. Néanmoins S. S. veut que V. S., au nom du pape, prie le roi d'avoir pitié et de peser, dans sa rectitude, les sentiments de dévotion de la République et d'écouter ceux de sa grande générosité, vu l'état misérable dans lequel Gênes est réduite, tandis qu'elle ne cherche qu'à rentrer en grâce.

(2) Et, le 25, il ajoute : « le card. de Ste Cécile, après avoir parlé à S. S. m'a supplié d'obtenir de S. B. l'expédition d'un courrier extraordinaire pour informer de tout V. S., et N. S. y adhéra pour faire grâce à la République qui craint que le courroux royal ne persiste contre elle. Le pape m'a donc ordonné de transmettre le bref à V. S. ; en le remettant à S. M. elle se servira des meilleures expressions que pourront lui inspirer la gravité de cette affaire et le grand désir de S. B. de la voir finie; et, pour mieux exciter l'esprit généreux du roi, V. S. pourra ajouter que N. S. lui sera reconnaissant de tout ce que sa filiale déférence concédera à l'entremise pontificale ; le pape se sentant obligé à ne négliger quoique ce soit, afin d'empêcher que la trêve conclue avec tant de difficulté, ne vienne à être rompue. » Mais, le même jour, il mande :

BONVISI EN FAVEUR DU DUC DE MANTOUE. Io8t

Le 24, Bonvisi annonce que le chancelier de la Cour lui a parlé des subsides et des affaires de Gênes. « Au sujet de ces dernières, dit-il, j'ai répondu que N. S. attend toujours que la République lui communique ses idées, car sans les connaître le pape ne peut intervenir par ses bons offices paternels ; le chancelier se montra soucieux, trouvant que cela pourrait paralyser les effets de la trêve. J'ai demandé au chancelier et de même à l'empereur si véritablement l'ambassadeur d'Espagne avait dit que le roi d'Angleterre aurait écrit au très-chrétien qu'il devait se contenter des humiliations infligées à Gênes et abandonner toute autre prétention touchant les libertés de la République ; S. M. m'a répondu qu'elle avait fait part de la nouvelle d'après le dire de Ronquillo qui l'aurait entendu de la bouche du roi britannique, mais que toutefois l'envoyé césarien n'avait rien dit de précis à ce sujet. S. M. recommande très-chaudement cette affaire à N. S. Le chancelier m'informa ensuite que la conduite du duc de Mantoue éveillait bien des jalousies ici parce qu'il continuait ses négociations pour obtenir l'occupation française, et il me demanda si je croyais bon de suivre le conseil du card. Pio, de tenir un résident impérial à Mantoue pour surveiller ; j'ai répondu que ne l'ayant point fait avant la trêve, je ne voyais pas l'opportunité de le faire maintenant ; toutefois comme on ne peut douter que S. A. négocie avec la France pour se défendre contre l'empereur, offensé ainsi que le roi d'Espagne à cause de la cession de Casai, et plus encore pour avoir de l'argent

Colle lettere di Genova capitale quà ultimamente s'è havuta la notizia, che tra'l Re Catt^o, e quella Repca sia stabilita una lega di 30 anni. N. Si'e sentito questo avviso, hà mandato questa mattina dal Sr Cardinal Sta Cecilia Progovernatore per saper la sussistenza di questo avviso, e S. Emz^ hà risposto, che sapeva essersi stabilita l'accennata lega per 30 anni, e che questa non répugna al Trattato di pace di Nimega, confermata nella présente Tregua ; ma che non sapeva ancora le particolari capitolazioni di essa.

Potrebbe forse apprendersi costî, che tal lega fosse seguita con antécédente partecipazione di N. Sr^, nel quai caso assicuri pur V. S. Ill^a s. Mtà et i ministri,che S. Stà non solo non hà havuta parte alcuna in questo affare, ma, non hà saputo nemeno il principio di questa negoziazione ; ne à mè è stato mai parlato in alcun modo da persona veruna di questa materia.

Io82 LA TRÊVE GÉNÉRALE.

pour ses caprices, il était prudent de rassurer par lettre le duc, l'engageant à diminuer les frais du préside, n'ayant rien à craindre de ses voisins. C'est l'impératrice Eléonore qui a fait le plus de tort envers la chose publique, lorsqu'elle menaça S. A., ce qui l'obligea à augmenter le préside et à dépenser de l'argent alors que ni le Saint-Siège ni les vénitiens ne pouvaient lui en donner ; il était donc à prévoir que le duc s'adresserait à qui pouvait lui en fournir ».

Le 27, Ranuzzi (i) écrit :

Questa sera s'è havuto avviso dalla Corte, che par straordinario vi sia pervenuto da Ratisbona la ratificazione délia Tregua fatta dall' Imp^^ e Stati deU'Imperio in modo che questo negozio è finito per tutte le parti. Con le lettere di Madrid le quali si sono pure havute hoggi ho inteso, che non sia stato ratificato dal Rè Cattolico l'articolo concernente la Republica di Genova, per haver quella Corte stimato esser di più sua convenienza di godera il banafizio dalle antecedenti convanzioni con quasta Corona nella pace di Nimega, par la quala l'è lacito d'assistera i suoi collagati, cha d'apparira d'havar lasciato in abbondono la Rapublica quand'il Rè di Francia pratandesse sodisfazioni esorbitanti. Quasta risoluziona quant'honoravola, a dacorosa nall'apparanza al-tratanto puo esser pericolosa alla quiata d'Italia, poicha rimanando S. M. Chrisf"^ in libertà d'invadara, coma più la torna conto, lo Stato di Genova hor ch'hà con la Tregua stabilito le cose dalla parte di Fiandra, a daU'Impario, a cha parte délie forze cha potrabbon' esserle contraria sono occupate contro il Turco, puo assera cha da quasta comodità, a dal pratesto cha n'hà, pranda incantivo à tentarne l'imprasa, e cha paro si dificulti dall'una, a l'altra parte l'aggiustamento ; dà quella de Genovesi par il calore cha possono ricavare dalla sparanza d'essera assistiti ; e dà quella dal Rè par tenar' aperta la porta alla guarra per muovarla quando veda che sia per tornarle conto. lo ne dô à V. Em^^ questo riverente cenno stimolato dal zelo ecc.

(i) Le 20, il avait mandé :"que le baron del Val était retourné pour les ratifications ; qu'elles avaient été échangées chez lui par ordre du roi, mais qu'il n'y était pas question de l'article de Gênes. Et, le 14 octobre, Cybo lui répond que S. S- a été contente d'apprendre que pour l'échange des ratifications le roi lui ait donné des marques de sympathie qui correspondent bien au zèle paternel de S B. Et, le même jour, il ajoute que Berteuil, à l'audience de S. S., a eu aussi un chapelet en cadeau.

IMPOSITIONvS DU ROI A GÊNES. 1083

Le 18, Raniizzi (i) informe que s'étant rendu à Fontainebleau il eut une audience du roi, et qu'après lui avoir renouvelé les félicitations de N. S. pour la trêve et la signature de l'article sur Gênes, il rappela les assurances données au pape, au nom du roi, par l'ambassadeur, et annonça que N. S., par l'entremise du cardinal de S^^ Cécile, avait été averti, de la part de la République, de l'arrivée prochaine de M*" Jean Fr. Brignole pour exprimer les sentiments de respect de la République envers S. M. et sa ferme décision de vouloir les maintenir; que tandis que N. S. attend cet envoyé il a appris l'arrivée dans le voisinage de Gênes de l'armée navale, de sorte qu'il craint de nouveaux malheurs pour la ville et, vu ses devoirs apostoliques, que S. S. prie S. M. de suspendre tout acte d'hostilité envers cette nation qui montre un grand désir d'obtenir ses bonnes grâces, comme elle peut le voir d'après le bref ; « j'exposai que je pouvais d'autant plus espérer qu'elle se rendrait aux prières du Pape, qu'elle arriverait toujours à temps pour faire sentir les effets de son indignation si la Réput)lique ne faisait pas ce qu'il convient pour gagner l'affection royale. Le roi me répondit par des phrases d'agrément touchant ce que je venais de dire ;que quant à la République S. S. savait qu'il était déjà disposé à frapper avec vigueur et ensuite de faire bénéficier la République du fruit de l'interposition de S. B. ; mais qu'on lui correspondait mal et qu'au lieu

(i) Le 3, il avait écrit : <' l'envoyé de Gênes m'a fait dire qu'il avait reçu l'ordre de donner sa parole d'honneur ; j'en ai averti Croissy.mais je crains que l'on veuille aussi une obligation de ma part, mais je ne la donne pas sans instructions de V. Em. »^ Et, le 11, il transmet la réponse de Croissy qui accepte la déclaration de l'envoyé, mais à condition que le nonce en écrive une autre. Le 18, il annonce qu'ayant prié le roi de l'exonérer d'écrire la déclaration parce qu'il avait bien d'autre force en main, S. M. y consentit. Le 25, il écrit que l'envoyé fait des difficultés pour restreindre son obligation à la ville de Paris et 20 lieues à la ronde et voudrait aussi atténuer la défense de partir après paroles honorables. « J'ai montré sa lettre où il promet de ne pas s'absenter sans la permission de la Cour ; mais Croissy m'a dit que c'était la volonté formelle du roi qu'il promette par écrit de ne point quitter Paris et ses alentours dans un rayon de 15 lieues, sans le consentement de S. M. A cause du retard on a diminué sa liberté de cinq lieues.»

de changer de conduite, Gênes avait noué des ligues contre lui. Dans ces conditions, a dit S. M., je ne puis prêter l'oreille à n'importe quelle demande de suspension d'armes, mais au contraire je veux que la République envoie ici le Doge avec quatre sénateurs et alors on négociera sur les satisfactions à donner. J'ai répondu que la République était prête à donner toute démonstration de bonne volonté et de respect, mais que si le Doge s'absentait, des désordres pourraient se produire dans le gouvernement ; que l'on espérait que S. M. voudra bien prendre ce fait en considération, aussi pour ne pas montrer trop de dureté envers la République ; que si elle a négocié des ligues, ce n'était pas pour offenser S. M. mais pour sa propre défense. J'ai fait observer que, jusqu'à présent, elle s'était conduite avec réserve et de manière à laisser voir son respect, ayant laissé partir le consul de France même après avoir appris que le marquis Marin i était gardé à la Bastille ; que tous les français qui se trouvaient à Gênes sont partis sous escorte ; que si on a parlé de ligues, il paraît qu'aucune n'a été ratifiée, espérant toujours rentrer en grâce auprès de S. M. Mais le roi me dit qu'il ne considérait pas la conduite de la République ainsi que je l'exposais, que par conséquent il entendait que le Doge vint ici, ajoutant d'une voix forte, de manière à se faire entendre des personnes présentes : si la République se montre récalcitrante, j'aurai le moyen de l'obliger malgré elle, lui faisant voir de quel avantage ont les ligues conclues. Ayant tâché de l'adoucir, S. M. me déclara que jamais elle ne changerait d'avis et qu'elle regrettait de ne pouvoir me donner une réponse plus satisfaisante. J'en ai parlé de nouveau à Croissy, lui montrant l'opportunité de conclure quelque accord, et le ministre me répondit : que l'on pouvait le négocier même ici avec l'envoyé de Gênes, qu'il espérait faire remettre en liberté avant son retour à Paris... que touchant les satisfactions que l'on demandait, en outre de la démonstration, il y a le désarmement de quatre galères et l'indemnité des pertes subies par les sujets français ; la sûreté positive de conserver la .neutralité et de pas s'unir aux puissances ennemies de la France. Croissy ne m'a rien assuré à propos du magasin de sel à

CYBO SATISFAIT DE RANUZZI TOUCHANT GÊNES. I085

Savone, mais il m'a promis d'en parler au roi et de m'en référer. Quoique ici il est défendu aux ambassadeurs de causer d'affaires à d'autres ministres en dehors de Croissy, me trouvant avec Louvois et Seignelay, sachant que celui-ci a bien connu les dégâts produits parle bombardement de Gênes, je les ai exhortés à tâcher d'adoucir le roi, mais Louvois m'a répondu que les génois doivent bien considérer ce qu'ils sont et ce qu'est le roi qu'ils ont offensé, et se rappeler que d'autres fois leurs ancêtres ont été vus ici la corde au cou, demandant pardon de leurs faits et gestes (i). Tous les deux furent d'avis que les génois feraient bien de se dépêcher, car autrement le roi les contraindrait parla force ».Le 19, Ranuzzi ajoute qu'en outre des trois conditions il y a : la renonciation à la ligue conclue avec l'Espagne ; le départ des soldats espagnols qui se trouvent à Gênes et dans les environs ; et la réintégration par justice du comte Fieschi dans les biens qu'il réclame, et qu'en attendant on lui donne 100,000 écus. « J'ai répondu que j'en écrirais à N. S. » Et, le 25, il écrit : « voyant que dans les traités pour la trêve on ne parle pas de l'échange des prisonniers et, en ayant parlé au roi, S. M. m'a dit que je devais me mettre d'accord à ce sujet avec l'Espagne et qu'elle accepterait sans faire de traités. J'en ai écrit à Mellini, fixant l'échange à la Noël » (2).

(i)Le 25, il ajoute qu'ayant revu Louvois et Seignelay,il leur expliqua que le précédent du Doge avec la corde au cou, n'avait rien à faire avec le cas présent, car d'abord il eut lieu à Gênes même, quand y entra Louis XII l'épée à la main. Et, à propos de Fieschi, « j'ai dit avoir entendu dire que la cause avait déjà été jugée et que les réclamations furent trouvées sans fondement ; que ce serait donc exiger par la force une chose injuste. J'ai fait aussi allusion aux promesses du roi au pape, mais on m'a répondu que le roi, même avec ses demandes, fait encore une bonne part à la République et que le bien fondé de la réclamation de Fieschi résulte des documents publiés ; que depuis tant d'années n'ayant pu obtenir justice, il était compréhensible que S, M. catholique ne voulant pas ratifier l'article et que les génois se trouvant liés par les ligues, elle se délie de tout engagement ». L'indisposition de Croissy continue.

(2) Le 31, Cybo le remercie de sa relation au roi touchant Gênes. S. S. en a été bien contente, tout en désirant que son intercession ait produit une

Le 29, Bonvisi répond qu'il est content d'avoir été approuvé de n'avoir pas donné suite aux conseils de Ranuzzi. « Je ne sais si le gentilhomme envoyé ici par Gênes a bien fait de travailler à ce que les Espagnols ne ratifient pas l'article adjoint au traité de la ligue ; malheureusement, tout ce qui vient de moi est mal interprété. Mais, à mon avis, il eut dû consentir à la ratification, parce qu'on aurait mis ainsi en sûreté la ville, les forteresses et l'Etat ; avec l'exigence des satisfactions aux offenses supposées, on ne pouvait prétendre autre qu'une humble excuse et non la concession de choses contraires à la liberté et à la souveraineté de la République, mais l'ont voulu ainsi ceux qui ont traité et, s'apercevant trop tard de leur erreur, ils ont tenté de me l'endosser. Mais le v. chancelier, en présence de l'ambassadeur de Venise, a déclaré que jamais l'empereur n'a dit que le pape se réservait cette affaire et que, par conséquent, selon les lettres des plénipotentiaires impériaux à Ratisbonne, Brandebourg n'avait pas eu motif de délaisser les choses de Gênes et de l'Italie, parce que l'électeur avait toujours empêché que l'empire s'en occupât ; que, par conséquent, on avait rédigé l'article ainsi que le désiraient les Français et que l'on s'était trompé en voulant que l'empereur retirât sa ratification sur ce point et abandonnât tout à l'arbitre de la France sans plus de lien. Avec tous ces mensonges dont on se sert pour s'excuser, on ne peut plus traiter d'affaires ».

Le 2 novembre, de Fontainebleau, Ranuzzi mande que Croissy lui a dit que le roi, trouvant extraordinaire le silence de Gênes, accorde à la République un délai jusqu'à la fin de

meilleure disposition dans l'esprit du roi. « J'ai informé de tout le card. de Ste Cécile et il en transmet un rapport à Gênes, dans l'espoir que la République donnera ses instructions à son envoyé à Paris. S. S. espère toujours dans la magnanimité du roi ». Et, le 31, il ajoute que le pape a parlé aussi à l'ambassadeur afin d'engager le roi à ne pas troubler la paix, et S. Ex. a promis d'en écrire comme aussi son frère, le cardinal. Et, dans la troisième, il écrit que le pape serait d'avis, qu'au lieu d'imposer le désarmement des quatre galères de Gênes, on pourrait les obliger à s'unir aux vénitiennes contre les Turcs.

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