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RANUCCI BIEN ACCUEILLI PAR LE ROI. I

qui a poussé le cardinal à parler de cette manière, je dois avouer, conclut le nonce, que j'ai entendu dire par d'autres, que le roi ne donne pas d'occasion de faire parler des affaires de l'Etat, à l'exception des ministres ; et qu'il ne supporte pas que d'autres s'en mêlent. Toutefois, je ne sais pas me décider à parler des brefs et je tâcherai de temporiser en attendant de nouveaux ordres ». (i)

Et, dans une quatrième, il écrit que, comme d'habitude, il demanda une audience privée ; on la lui accorda et S. M. fut très aimable ; elle lui permit de se couvrir, ce qu'on ne permet pas aux autres prélats, et fit de fortes déclarations d'estime et de respect envers S. S. « Je n'ai pas parlé d'affaires, d'autant plus que Croissy m'avait écrit qu'il ne pouvait pas être présent parce que la goutte l'empêche de rester debout » (i). Le 2 août, il annonce que Croissy est venu le voir et lui a dit que les dernières nouvelles de l'Allemagne sont bien mauvaises pour l'empereur, car les Turcs ont occupé les îles du Danube près de Vienne, et commencé le siège de cette ville ayant planté déjà deux batteries ; que le duc de Lorraine s'est retiré vers Linz et qu'enfin le roi a chargé Vergius, son ministre à Ratisbonne, de redemander la paix, comptant sur le concours de tous les électeurs, et espérant détourner le danger d'une guerre entre l'empire et la France... A ce sujet, Croissy parla du grand mal qu'il y a à ce que le pape et le roi ne soient pas unis, et ensuite il aborda la question de la Régale. Le ministre déclara que le roi avait tellement fait abandon de ses raisons dans la collation dco bénéfices, qu'il en était resté bien peu, de manière que si lui, Croissy, avait été Président du Parlement il aurait fait de l'opposition à S. M. ; qu'il est dérivé un grand mal de ce que le roi ait arrangé tout cela avec les

(i)Le 26, Lauri informe que la première présentation de Mgr le nonce à la Cour a été avantageuse ; on a parlé de lui avec estime et aimablement de ses manières ; toute appréhension pour son arrivée à Paris a été dissipée. Hier l'archevêque lui a fait présenter ses compliments, e.t le P. La Chaise est venu le voir.

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évêques et non avec le nonce, mais de nonce il ne s'en trouvait pas à la Cour ; et de cela les btittafuochi (comme les appela Croissy) ont eu le champ libre pour faire du mal, ce dont le roi s'est déjà aperçu. — « J'ai compris qu'il voulait faire allusion aux troubles causés par l'Assemblée du clergé. Cela m'a été répété par d'autres personnes que je ne nomme pas, pour ne point les compromettre, n'ayant pas une grande confiance même dans les chiffres, à moins que N. S. me l'ordonne ; et mes informateurs m'ont dit, à ce propos, que les personnes qui ont entraîné le souverain, ont déjà perdu dans son estime, mais que S. M. dissimule tout comme maxime de gouvernement et pour qu'on ne lui fasse pas la réputation de ne pas soutenir les engagements. — J'ai répondu à Croissy ce que j'avais dit autrefois touchant des secours et la nécessité de dissiper les jalousies ; mais, ici, on maintient l'idée d'obtenir, moyennant la paix avec l'empereur, la reconnaissance des acquisitions faites sur le Rhin, et de rendre impossibles des ligues contre la France et améliorer ainsi ses rapports avec l'Espagne ; par conséquent je n'a^' rien pu tirer de positif du ministre, sauf quelque espérance de secours, si l'empereur ne fait pas de difficulté de recevoir un corps de soldats après avoir conclu la paix avec lui. Toutefois, rien n'est positif, car Croissy n'a pas fait de déclarations explicites... Pour ce qui regarde les autres sujets, je me suis borné à dire à Croissy qu'il y a motif de réfléchir combien est contraire au service du roi la nouveauté des Propositions du clergé, à cause des troubles auxquels elles peuvent donner lien dans une matière aussi délicate, et nuire ainsi à la tranquillité du royaume : le pape, ai-je ajouté et on a pu le constater, est toujours disposé à marcher en parfaite union et inteUigence avec le roi, ce qui aurait dû persuader S. M. de prendre en bonne part ce qui vient du saint zèle de N. S. et "de considérer ces nouveautés sous un point de vue bien différent que celui des affaires politiques ... du reste je n'ai pas voulu, conclut-il, dire davantage, n'ayant pas d'instructions pour négocier au sujet de la Régale, sujet sur lequel on discute souvent, de manière qu'on peut en

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