‹ Innocent XIChapitre 58 sur 430 · BÊTHUNES RETOURNE EN POLOGNE · texte numérisé non relu

BÊTHUNES RETOURNE EN POLOGNE

habituel, est parti pour l'Espagne (i). «I1 m'a donné la relation de l'audience, l'ayant pris pour quelque temps dans mon carrosse au retour à Paris ; il me pria de pousser à une suspension d'armes pour deux mois au moins, se proposant d'accélérer sa rentrée à Madrid pour obtenir un arrangement. J'en ai parlé à Croissy, qui ne savait comment s'y prendre avec le roi pour le persuader à suspendre la marche de ses armées au moment même où il a été provoqué par l'Espagne, alors que d'ici on offrait à Madrid les facilités pour arriver à un accord. Malgré toutes mes exhortations je ne vois pas qu'on veuille se persuader » (2).

A la même date il annonce « que le card, Mellini l'a averti que le roi d'Espagne s'est plaint à l'ambassadeur impérial que, par mon entremise, on négociait ici un traité entre l'empereur et la France. Jamais je ne me suis occupé d'une telle chose, et j'ai répondu au nonce que, au contraire, j'ai

(i) Le II, Cybo l'avait engagé à continuer, malgré le départ de l'ambassadeur d'Espagne, à travailler pour la concorde entre les deux Couronnes, tant nécessaire à la chrétienté, surtout si à Madrid on se décide à prendre part à la trêve ; «V. vS., qui est sur les lieux, a l'intelligence et la prudence pour veiller. »

(2) Dans un Avis, il est écrit que le cadeau que le marquis délia Fuente a reçu de S. M. est un bijou en diamants, avec le portrait du roi, de la valeur de 1500 doubles. On craint qu'à cause des mauvais chemins et de la rigueur de la saison l'ambassadeur ne puisse atteindre la frontière que dans 40 jours. Foscarini, ambassadeur de Venise, part aussi pour Madrid. Le roi a, comme cadeau, nommé à la charge d'intendant de la maison de M^^ la Dauphine Mr d'Aguin, son premier médecin, qui probablement la vendra, avec le consentement du roi, pour 150,000 écus. Le chev. Ballati, envoyé de Hanovre, se rend en Espagne pour obtenir le payement d'une somme dont son duc est créancier. Le comte Negrelli, envoyé de Modène, pour porter les conûoléances à propros de la mort de la reine, est arrivé. Dans un Avis du 23 novembre on lit qu'à l'arsenal de Naples on construit 4 galères, et que pour leur équipage on a acheté à Vienne environ 10 jo esclaves turcs pour 40 écus chacun ; et dans un autre Avis de Rome il est dit que le v. roi de Naples a envoyé à Linz, en présent à l'empereur, vingt chevaux, de la part du roi d'Espagne, quatre à l'électeur de Bavière, quatre au prince Charles de Lorraine et deux à l'ambassadeur d'Espagne.

toujours dit à Croissy qu'on ne pouvait négocier qu'un traité général » (i).

Le II Cybo (2) lui mande que tous les Avis sur la guerre en Flandre parlent des excès commis par les troupes françaises, qui brûlent les villes, maltraitent les populations et ne respectent ni les églises ni les personnes sacrées ; « ces faits sont très douloureux pour S. S. et quoiqu'on sache qu'ils ont lieu contrairement aux ordres du roi, le pape veut que V. S. lUme en parle à Croissy et même à S. M., afin que l'on ordonne aux ofBciers de maintenir la discipline, ce qui serait conforme à la piété naturelle du roi, servirait à sa gloire et serait à l'honneur de la nation». Et, le même jour, il l'invite à en parler aussi, au nom de S. B., au P. La Chaise, bien que ce fut contre les ordres du roi, afin de mettre un terme à ces excès. Le père, qui dirige la conscience du roi, s'y prendra de la manière qu'il croira la meilleure (3).

Le 21, Ranucci écrit : « qu'ayant rencontré Béthunes, ila démenti les bruits de sa mission en Pologne en vue de concilier les deux Cours ; au contraire, il est bien décidé à retarder son départ, afin de ne pas éveiller de soupçons à la Cour de Vienne et aux ministres, connaissant cette nation comme très-

(i) Et, le 4, Bonvisi informait Cybo que les plaintes contre Mgr Ranucci ne viennent pas de l'empereur, mais de l'ambassadeur espagnol qui voudrait voir tout le monde en guerre ; il « m'accusa aussi d'être devenu français lorsque j'ai proposé le projet pour la trêve. Toutefois l'empereur approuve l'idée de la trêve et le marquis de Grana, auquel j'en ai écrit, en serait content pourvu qu'il fût établi que, durant la durée de la trêve, la place de Luxembourg ne serait pas bloquée ; si N. S, parvenait à persuader le trèschrétien, l'empereur y consentirait et Grana aiderait N. S. à Madrid, où la Cour s'est déjà bien avancée en des engagements dangereux. L'Europe serait tranquillisée pour quelque temps et la guerre contre les Turcs serait certaine.»

(2) Le 4, il priait Ranucci de remercier le marquis de Béthunes de son offre d'enrôler des soldats, lui faisant observer que si S. S. y contribue de son argent, elle en laisse l'emploi à l'empereur et au roi.

(3) A la même date, Cybo le charge de présenter les félicitations du pape et également les siennes pour l'accouchement de la Dauphine.

PLAINTES DE CROYSSY A RANUCCI. 165

ombrageuse. Il déclara toutefois qu'il était prêt à s'y rendre avec l'espoir d'être utile à la cause commune, tant que son déplacement ne donnerait pas lieu à de fâcheux commentaires. Le marquis m'encouragea à prendre en main la réconciliation des deux rois, ajoutant que peut-être on m'en écrira de la part de S. S. ; je me suis borné à des termes généraux, me disant prêt à exécuter les ordres qui me seraient donnés » (i).

Le 7 février, il informe Cybo (2) :

Rinovai Giovedî le diligenze col Signor di Crossy intorno alla violazione délia sospensione accordata costi col Sig. Card. [d'Estres, replicando le cose altre volte dettegli, e querelandomi del poco caso che qui si fa d'un' appuntamento preso per evitare altri sconcerti, e tanto religiosamente costi osservato ; ma non avvanzai niente più di quello, che m'hâbbia fatto l'altre volte, e solo ne riportai una aperta dichiarazione che qui non si è in queste materie per fare alcun passo indietro se reciprocamente di costà non si riceve soddisfazione intorno

(i) Mais, le 24 avril, il informe que la nouvelle du départ de Béthunes a donné lieu aux mêmes commentaires que ceux du mois de janvier. J'ai tâché de savoir si, avec la licence de partir, le marquis a été aussi chargé d'une mission ; j'ai appris de lui-même que le roi ne lui a rien dit autre que de donner la main, mais comme de son initiative, sans entreprendre aucune négociation au nom de S. M. car on continue la guerre contre les Turcs ; et Béthunes attribue cela au désir qu'on a ici de voir la diversion des armées impériales, pour ne pas porter préjudice aux projets de cette Cour. Le marquis ne paraît pas être satisfait de la Cour, car sa femme est obligée de s'en tenir éloignée parce qu'on lui nie le traitement auquel elle prétend comme sœur de la reine de Pologne ; et le marquis est sans emploi, avec beaucoup de dettes. « Et, à la même date, il ajoute que Béthunes lui a dit d'avoir obtenu du roi la licence d'aller en Pologne pour assister son beau-frère dans la guerre ; « je l'ai remercié de la communication. »

(2) Et Cybo, le 26 janvier, lui avait écrit: « dès le 17 sept, dr N. S. a écrit que Loudovic Gou et Marie de Chaudeville, liés au premier et second degré de consanguinité, avaient recouru à N. S. pour avoir la dispense au mariage et que, ne l'ayant pas obtenue, ils imploraient le patronage de N, S. offrant 30,000 écus pour la guerre contre les Turcs. Je voudrais que V. S., s'informe si leur obligation a du fondement et j'attendrai une réponse. Les dépenses du pape en secours à l'empereur et à la Pologne et aussi aux Vénitiens augmentent toujours, et dans le cas affirmatif par l'entremise de l'expéditeur ils pourront renouveler l'instance. »

l66 INNOCENT XI ET LOUIS XIV.

alla provista delleXhiese, délia quale, e particolarmente per quella di Pamiers, si suppone da lui che costi sia stata data tempo fa speranza taie a detto Cardinale d'Estrees che si haveva qui il negotio per aggiustato, e che poi non se n'era fatto niente, e che il medesimo era seguito in altri casi, ne quali si è trattato di cose concernente la soddisfatione del Re ; onde ne parlai pure alla Maestà Sua, ponendogli in considerazione con la giusta occasione di dolersi délie contravenzioni sudette il pericolo, che puô portare di maggiori sconcerti il fomento, che si da aile dottrine reprovate, malsane e scandalose, la forza che si fa agli intelletti acciochè le seguano, e la convenienza che la Maestà Sua eserciti la propria pietà col far cessare questo maie. Ma ne meno dalla Maestà sua potei havere alcuna speranza di rimedio, perché dopo di havermi detto de Bovay è cosi ben suo Regno, come gli altri luoghi del medesimo, e che ivi devono esservarsi i suoi ordini, come si fa negli altri, e di haverfatte le dichiarazioni, che sempre suole del suo desiderio di piacere a Sua Santità, mi accenno con parole interrotte, e senza chiaramente esprimersi il suo proprio dispiacere di non essere, come si prétende, corrisposto costi nelle cose d'intéressé, et soddisfatione délia Maestà Sua, et in fatti io non vedo apparenza alcuna, che possa far sperare che le cose prendano qui miglior piega, anzi è probabile che la prendano sempre peggiore a misura che con la vacanza délie Chiese crescono le occasioni de sconcerti, et i pretesti a questa Corte di farne querele. Oltre a ciô che io riferii a V.E. del Sig"" Principe di Condé, niolti sono quelli che me ne hanno discorso ne medesimi termini, ed io ho risposto loro del medesimo tuono, che feci a S. A. Ma i più di questi mi hanno replicato che per buone che siano le mie risposte, non resta che l'aftare non habbia bisogno di rimedio perché la continuazione nella lettura délie proposizioni fa radicare giornalmente negli animi la dottrina, che s'insegna, e che col tempo sarà tanto più difficile a svellersi : che nelle Chiese vacanti Io star senza Vescovo cagiona rrioltissimi disordini, e corrompe co i costumi del Clero la disciplina ecclesiastica ; che la negativa di spedire le gratie per i nominati, aliéna da cotesta Corte gli animi di Signori di condizione, i quali parlando degli interessi délia S. Sede con sentimenti proporzionati alla loro mala sodisfatione, non fanno che giornalmente ■ qualche cattivo effetto negli animi del Re e dei Ministri : che il tempo serve per stabilire con la Regalia, tutti gli abusi, con r quali si è dilatata, molto piii considerabili délia Regalia medesima, e che essi suppongono probabile, che fossero per levarsi con un' aggiustamento, e con questi, e simili côncetti mostrano un gran desiderio che ilSignore

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