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ATROCITÉS DES FRANÇAIS EN FLANDRE

l'aider, mais le roi m'a répondu qu'il avait déjà diminué la quote de contribution de 3,400,000 livrevS et d'un quart celle des localités incendiées ; il m'assura avoir donné des ordres pour la discipline, mais que si les soldats ne sont pas servis spontanément on ne devait pas se plaindre de leur mauvaise conduite. »

Le 16 décembre, Cybo charge le nonce de demander des explications au sujet d'une caravelle turque, dans les eaux de Civitavecchia ; cette caravelle, armée parle très-chrétien, avec 150 hommes d'équipage et 20 pièces de canon, se livre à des actes d'hostilité envers les navires de N. S. (i). Et, le 30, il lui écrit qu'il a pris acte de la présentation, au nom du pape, des félicitations au Dauphin pour sa guérison; il l'engage à faire part au duc d'Orléans que S. S. a accordé, à lui et à sa femme, de pouvoir faire dire la messe à une heure et demie après-midi.

En attendant, des troupes françaises occupaient déjà des pays en Flandre, et la Cour de Rome en était préoccupée.

Le 8 février 1684, Cybo regrette le départ du roi pour Compiègnes, prévoyant de nouveaux obstacles à la conclusion de la trêve si le roi s'engage en de nouvelles entreprises. « S. B. engage V. S. à veiller toujours plus sur les ouvertures qui pourraient être faites à cet égard. » Le- 15, il ajoute : « le pape, apprenant qu'augmentent les atrocités des Français en Flandre, — les incendies, les dévastations et les cruautés envers les personnes et les églises — il en parla à l'ambassadeur en faisant des remontrances. V. S. doit aussi en parler au roi, ajoutant que le card. Rospigliosi en mourant fut bien affligé à la pensée de n'avoir pas fait tout le bien qu'il aurait dû faire ; quels remords doivent éprouver ceux qui ont commandé ces meurtres barbares! (2) »

(i) Le 14, il l'avait informé que le pape, qui s'était rétabli, était de nouveau obligé de garder le lit, à eause du scirocco.

(2) Le même jour il l'informe que depuis cinq jours le pape est alité pour n'avoir pas soigné un léger catarrhe, mais qu'aujoud'hui la fièvre ne lui est pas revenue. Et, le 22, il l'avertit que N. S. s'est levé et est guéri.

Le 2 mai, il lui répond que, d'après sa lettre, on comprend que le P. La Chaise n'a pas encore parlé à S. M. « S. S. veut, par conséquent, que V. S. représente au roi la douleur qu'elle éprouve en apprenant de telles cruautés, commises dans des guerres entre chrétiens ; et que sa douleur est d'autant plus grande qu'elles ont lieu sous un roi aussi pieux ; que cette guerre n'est pas nécessitée dans un but de défense, car elle fut commencée avant que les espagnols eussent fait leur intimation. V. S. signifiera ensuite au P. La Chaise que se trompent ceux qui disent qu'il ne doit pas se mêler de ces matières, car du moment qu'on lui a confié le soin de la conscience du roi, c'est sur le confesseur que retombe la responsabiUté et non sur ceux qui conseillent d'après des considérations purement politiques ; c'est à lui qu'incombe le devoir d'avertir S. M. de ne point grever son âme. Ici on n'a aucune nouvelle de l'ordre que l'on dit avoir été donné, de respecter les églises et les choses sacrées » (i).

Le 24, Cybo écrit : « si la déclaration du roi touchant Luxembourg donne lieu à quelque ouverture pour arriver à un accord, N. S. espère que V. S. en profitera ». Le même jour, il répond que la prétention de l'ambassadeur de Malte n'a aucun fondement, et qu'il doit remplir sa dette envers N. S. et se conformer au cérémonial. Et il l'avertit qu'il a déjà invité l'ambassadeur résident à Rome d'en écrire au Grand Maître. A la même date il annonce que le pape a appelé l'ambassadeur de France et lui a exprimé dans une forme très vive sa douleur pour les faits de Gênes (2).

(i) Le 24 avril, Ranucci avait annoncé que samedi le roi avec le Dauphin et la Dauphine, accompagnés de toute la Cour, sont partis pour Valenciennes. «S. M. a laissé leur pleine liberté aux ministres étrangers, mais j'ai décidé de suivre la Cour. » Et, le ler mai, il annonçait à Cybo que l'ambassadeur de Malte n'avait jamais rempli ses devoirs envers lui, prétendant avoir la main comme ambassadeur extraordinaire. «J'ai répondu que cette affaire regardait ses collègues de l'Ordre, et que, vu mon caractère, je ne croyais pas déroger aux usages suivis avec ses prédécesseurs. »

(2) Le 18, de Valenciennes, Ranucci lui annonce qu'il a remis à Croissy le bref du pape et la lettre de S. Em. communiquant la grâce accordée à son

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