AV I T • ET-SVB-AS
CIA DEDICAVIT
Lettres de bonne forme. La première ligne peut-être gravée sur
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le bandeau de la corniche; le T et l'I de PIENTIS à la neuvième ligne liés en un monogramme.
Spon, MisceUanées, p. 220; Recherche, éd. 1857, p. 87. — Ms. Ruolz-Dissard. — De Boissieu, p. 426. — Martin-Daussigny, n° 904 de son Registre d'entrées. — Dissard, Catalogue, p. 122.
Diis Manibus Aurelii Leontis, qui vixit annis XVlll, mensibus VU. diebus V.. (?), artis caracterariae ; Antonio- A manda, mater miserrinia, filio carissimo pientissimo et sibi vivo ponendum curavit et stib ascia dedicavit.
« Aux dieux Mânes d'Aurelius Leons, mort à l'âge de dix-huit <\ ans, sept mois et cinq jours, exerçant la profession de graveur « de lettres; Antonia Amanda, sa mère infortunée, a, de son « vivant, élevé ce tombeau à son très cher et excellent fils et « pour elle-même et l'a dédié sous Y ascia ».
Les Romains ont fait un si grand usage de l'écriture sur la pierre que l'on n'a pas à être surpris que la gravure des lettres soit devenue chez eux un art poussé à un très haut degré de perfection, tellement même qu'il s'en faut de beaucoup que nous soyons parvenus à y atteindre. De quelque partie du vaste empire que provienne une inscription romaine, on y retrouve les mêmes dispositions générales, les mêmes formes de lettres, les mêmes procédés non seulement de facture manuelle mais aussi de rédaction et d'abréviations ; on est alors obligé de reconnaître un art réel savamment et fixement réglementé, n'accordant rien au caprice individuel ni aux pratiques locales et ne pouvant certainement s'acquérir que par un solide apprentissage dont on sortait, non pas simple ouvrier ou artisan, mais véritable artiste.
L'inscription de Lyon est peut-être la seule jusqu'à présent connue qui fasse mention de Yars char acter aria. C'est un art qui, en effet, doit avoir été un des premiers à disparaître devant les progrès de la décadence. Au cinquième siècle et depuis bien long-
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temps sans doute, il n'y avait plus d'artistes graveurs de lettres. Les inscriptions étaient alors gravées par les tailleurs de pierres : lapicidae , qitadratarii. On en a la preuve par un passage de Sidoine Apollinaire (Ep.. III, 12) : il recommande que l'on veille à ce que le «, lapicide » ne fasse pas de fautes en gravant sur le marbre des vers qu'il vient de composer; « le lecteur », dit-il, « pourrait attribuer à l'auteur les erreurs commises par la malice « ou l'ignorance du quadrataire » : Sed vide ut vitium non faciat iu marmore lapicida, quod factum sive ab indu s tria seu per incuriam mibi magis quam quadratario lividus lector adscribet. C'est dans celle de ses lettres où se trouvent l'épitaphe de son aïeul Apollinaris et la description si intéressante pour nous du cimetière de Trion occupant alors un terrain déclive dominé par la route d'Auvergne.
Épitaphe de Valerius Sattiolus, citoyen viennois, constructeur et conducteur de radeaux.
Arcade XVI. — Cippe avec base et couronnement, extrait du puits de TRION en mars 1886 brisé en plusieurs fragments. Sur la face supérieure se remarquent deux forts scellements de plomb par lesquels devait être autrefois retenu un ornement faîtier ; à l'extrémité de chacune des deux volutes de la lysis, dont le milieu est rempli par une ascia gravée en creux, existe un trou dans lequel était fixée une décoration en métal. Une cavité communiquant avec un loatli/s pratiqué au-dessous du cippe pour contenir l'urne cinéraire, occupe le milieu de la plinthe de la base
et était primitivement fermée par un portillon battant dans une feuillure. — Hauteur i m. 38, du dé o m. 80, largeur o m. 50.
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\ALERI • SATTIOLI • CIVIs l'IEKNENSIS • EX • GENTE GA LERIANORVM • NEGOTI b ATORI- ARTIS- RATIARIAE- QV I
VIXIT-ANNIS- LXVI • DIEB- XVIIII NIGIDIA • GRATA • CONIVNX • QVA E-CVM EO-VIXIT • A Ns! S • X X 1 1 1 1 QVA E QV E • EVM COGNOVIT
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L'A et l'E de AETER à la première ligne , le V et l'A de VALERI à la deuxième, les deux N et l'I de ANNIS à la huitième et de ANNOR à la quatorzième, liés en monogrammes; la première syllabe du mot GALERIANORVM séparée des suivantes par un intervalle vide à cause d'un accident de la pierre.
Allmer et Dissard, Trion, I, p. 166. — Allmer, Revue èpigrapbique, II, p. 250.
Dits Manibus et memoriae aeternae Valerii Sattioli, civis Viennensis ex génie Galerianorum, negotiatori artis ratiariae, qui vixit aimis LXVI, ciiebus XVIIII; Nigidia Grata, coniunx, quae cum eo vixit annis XXIIH quaeque eum cognovit cum esset annorum . . . . ,
ex quo genuit Valerium Satlia[num ?] annorum ....
et filias : Valeriam Attiolam annorum . . . . , et Valeriam Attiolam minorent, annorum y III, coniugi et patri harissimo ponendum curaverunt et sub ascia dedicaverunt, procurante Valerio , nepote.
« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Valerius « Sattiolus, citoyen viennois de la famille des Galeriani, négociant s< conducteur de radeaux, mort à l'âge de soixante-six ans et dix- « neuf jours; Nigidia Grata, son épouse, qui a vécu avec lui vingt-
« quatre ans et, n'ayant lorsqu'elle l'a connu que ans, a
« engendré de lui un fils : Valerius Sattianus, âgé de ... . ans, « et deux filles : Valeria Attiola, âgée de .... ans, et Valeria « Attiola la cadette, âgée de huit ans. Elle-même à son mari, et « ses enfants à leur père très cher ont élevé ce tombeau et l'ont
« dédié sous V ascia, par les soins de Valerius , son
« neveu ».
Valerius Sattiolus était citoyen de Vienne. Il ne s'ensuit pas de là qu'il fût né à Vienne, mais sur le territoire de la cité, qui était fort étendu puisqu'il allait dans la direction du nord au sud du lac de Genève à l'Isère, et dans celle de l'est à l'ouest des Alpes au Rhône et même au mont Pilât. L'épitaphe ajoute qu'il était ex gente Galerianorum, ce qui doit signifier que la famille des Valerii, nombreuse dans la cité de Vienne, se divisait en plusieurs branches, dont une, à laquelle il appartient, était celle des Galeriani, du reste entièrement inconnue; on rencontre assez fréquemment des Valerii Valeriani, mais non pas Galeriani.
Il exerçait la profession de négociant constructeur et conducteur de radeaux, formés sans doute alors, comme ils le sont encore aujourd'hui, de bois de charpente équarris et liés les uns aux
autres. Les forêts de sapins qui couvraient en majeure partie le pays montagneux contigu au Léman et au Rhône n'ayant d'autre débouché que le lac et le fleuve, la construction et la conduite des radeaux devaient constituer un négoce important, dont Lyon était le point central. Les inscriptions de Vienne mentionnent à Genève, ville qui, à l'époque romaine, était un vicus de la coloma Vientiensium, une corporation de ratiarii superiores, « ratiaires du haut « Rhône », et, au village de Saint-Jean-de-la-Porte, autrefois Vohidnia, où l'Isère devient navigable, une corporation de ratiarii Voludnienses.
Notre personnage est mort à soixante-six ans, marié depuis vingt-trois ans et père de trois enfants, dont l'aîné, son fils Sattianus, pouvait avoir par conséquent tout au plus vingt-deux ans ; c'est avec surprise qu'on voit intervenir dans l'épitaphe, comme chargé de la direction ou de la surveillance de l'érection du tombeau, un Valerius qualifié de nepos. 11 faut que ce Valerius nepos ait été, non pas un « petit-fils » du défunt, mais un neveu, c'està-dire le fils d'un de ses frères.
Les deux filles s'appelaient toutes deux Valeria Attiola, mais la cadette était Valeria Attiola miiior en distinction de sa soeur.
Épitaphe d'un négociant lyonnais.
Arcade XII. — Grand cippe dont la base et le couronnement ont été retaillés à fleur du dé et la face postérieure creusée pour servir d'auge; « trouvé le 8 octobre 1867 au quartier SAINT-JUST,
« dans une démolition opérée au pensionnat des MINIMES » (Daussigny). — Hauteur 2 m. 40, du dé 1 m. 58, largeur o m. 90.
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^IvATIAE • QNAR + AE 6-0NIVGI • INCOJVPA ™BILI • ET • PR1VATIAE ^/YCHIAE FILIAE • ^E MVATI • FELICISSIM f.ej ■ PRlvA+AE • Q\\R III AE ■ FILIAE • SIBI ■ SV ^rSTITES • FECERVN"
sub ■ ASCI A • DEDICAVER
Le T et le second E de AETERNAE, l'M et le P de INCOMPA- RABILI, l'E et le T de ET, le troisième 1 et l'M de FELICISSIM, le V et l'A, le T et le second I de PRIVATIAE, le V et l'A de QyAR////AE, liés en monogrammes.
Martin-Daussigny, n° 1 125 de son Registre d'entrées. — Dissard, Catalogue, p. 122.
Dits Manibus et memoriae aetemac L. Privatii EutyçheHs, negotiatori Lugudunensi, et Privatiae Quartae, coniugi incomparabili, et Privatiae Eutycbiae, filiaé, ri Privatii Felicissimi, filii, et Privatiae ÇhiartiUae (?). filiae, sibi superstites fecerunt et sub ascia dedicaverunt.
« Aux dieux Mânes et à l'éternelle mémoire de Lucius Privatius « Eutyches, négociant de Lyon, et à Privatia Quarta, son épouse « incomparable, et à Privatia Eutychia, leur fille, et à Privatius « Felicissimus, leur fils, et à Privatia Quartilla, leur fille, qui, tous « survivants, lui ont élevé ce tombeau et l'ont dédié sous Yascia ».
La succincte désignation de négociant lyonnais ne permet pas de savoir quel genre de négoce exerçait Privatius Eutyches, qui paraît avoir été un affranchi. Sa femme, qui porte le même nom de famille que lui, était ou son affranchie ou sa co-affranchie. La fille aînée a reçu le surnom de son père, la fille cadette un surnom dérivé de celui de sa mère : Quartilla ou Quartula ou Quartina.
A cause de la forme superlative du surnom Felicissimus du fils, l'inscription ne doit pas être antérieure aux premières années du deuxième siècle ; les noms de cette forme ont peut-être été mis en vogue par un jeu de mots qu'affectionnait Hadrien en parlant du jeune Marc Aurèle, qui s'appelait Verus et qu'à cause de sa droiture il n'appelait jamais autrement que Verissimus.