‹ Inscriptions antiques (volume 3)Chapitre 16 sur 70 · F ■ ARTAVD ÉTANT D1RECTEVR DV CONSERVATOIRE DES ARTS · texte numérisé non relu

F ■ ARTAVD ÉTANT D1RECTEVR DV CONSERVATOIRE DES ARTS

Cette inscription, gravée sur une plaque de marbre bordée de moulures et accompagnée sur chacun de ses deux côtés d'un

appendice en queue d'aronde, se voit aujourd'hui au-dessus du portique double . intermédiaire entre la cour du Musée et le vestibule conduisant à la porte d'entrée sur la place.

Installation de la Table sous les portiques du musée lapidaire — 184s.

« Elles (les Tables) étaient reléguées là (salle des tableaux). « dans un réduit obscur, au-dessus d'une foyère entre deux épais « corps d'armoire ; nous les avons fait transporter sous les porti- « ques du Palais-des-Arts parce qu'il était convenable de réunir « les monuments épigraphiques et de créer à ces Tables une place « d'honneur » (Comarmond). Ce transport doit avoir eu lieu l'année où Comarmond exhuma de la cour de l'église Saint-Irénée le beau sarcophage de marbre représentant la marche triomphale de Bacchus et d'Ariadne et où il consacra à ce sarcophage l'arcade n° V. Ayant fait de cette arcade, comme il le dit. « une place d'honneur ». il y aura alors installé la Table; ce serait, dans ce cas, en 1845. Nous ne savons si c'est à ce moment que le bord supérieur des deux fragments et les bords de chaque côté de la fente centrale furent dissimulés sous un raccord en plâtre ou en mastic peint de la couleur du métal et sous lequel disparut un certain nombre de lettres . . notamment sur le bord droit de la première colonne. Il se peut que ce raccord date du temps où la Table était encore dans la salle des tableaux, car Comarmond ne s'est pas douté d'une disparution de lettres , ce qui serait surprenant si c'était lui qui eût fait faire le raccord. 11 aura été fait sous la gestion d'Artaud ou sous la gestion intérimaire de Thierriat.

Installation de la Table dans la salle des antiques — 18=,=..

En 18S4 ou en 1 8ss. la Table fut transférée de la galerie du rez-de-chaussée dans la salle des antiques : «, Depuis la publication

« de notre Description du Musée lapidaire, 1846 à 1854 », dit Comarmond (Notice du Musée lapidaire, 1855), « ces Tables, « qui figuraient sous le portique n° V, ont été transportées dans « la salle des antiques ». Elles y étaient placées au fond du côté est communiquant à la salle dorée où est exposée actuellement l'installation numismatique. Le panneau entre les deux portes n'étant pas assez large, elles empiétaient sur la porte nord, alors condamnée.

Réinstallation de la Table sous l'es portiques du musée lapidaire — i8s9-

Il est bien peu probable que Comarmond , après avoir fait monter la Table du rez-de-chaussée au premier étage pour satisfaire aux vives réclamations du public, l'ait fait redescendre à son ancienne place. Ce sera plus vraisemblablement son successeur. Martin-Daussigny, soit à son arrivée à la direction du Musée, soit plutôt en 1859. lorsqu'il eut besoin du panneau qu'elle occupait pour y dresser la statue de bronze de Jupiter trouvée, au printemps de cette même année, dans le Rhône.

Installation de la Table dans le vestibule de la salle des antiques — 1868.

En 1868, le 20 août, sous la gestion de Martin-Daussigny, la Table de Claude a été retirée une seconde fois du portique n° V et apportée dans le vestibule de la salle des antiques, où son installation, satisfaisante de toutes manières, est, il faut l'espérer, définitive. C'est dans ce transfert que s'est détachée par hasard la couche de mastic ou de plâtre peint sous laquelle étaient dissimulés le bord supérieur de chacun des deux fragments et les bords de la fracture qui les sépare, avec un certain nombre de lettres tant en haut de chacune des deux colonnes qu'au bout des lignes de la première de ces colonnes.

Constatations diverses .

Les copies prises sur le monument pendant le long intervalle de temps qu'est restée fixée sur le bronze la garniture de mastic ou de plâtre peint si ineptement appliquée, probablement du temps que la Table était au musée de peinture, se trouvent être toutes incomplètes; les copies en fac-similé de De Boissieu, de Comarmond, de Monfalcon, d'Auguste Bernard, la nôtre dans l'atlas joint aux Inscriptions de Vienne sont dans ce cas. Celle de De La Saussaye, prise en 1876, celle de la Société de Topographie historique en 1881, celle de Florian Vallentin en 1882, postérieures à l'enlèvement du plâtre, donnent les lettres précédemment cachées. Les anciennes copies donnent également toutes les lettres.

Dans le transfert de 1868, la Table a été pesée de nouveau. Le poids du fragment gauche, c'est-à-dire celui qui contient la première colonne, est de 110 kilogrammes 750 grammes; le poids du fragment de droite , contenant la seconde colonne , est de iii kilogrammes 750 grammes, ce qui fait pour le poids total de la Table 222 kilogrammes 500 grammes. On a vu dans le procèsverbal d'acquisition de 1 S29 que la Table pesait alors « six s\ quintaulx trente livres », c'est-à-dire 630 livres. Or, la livre du poids public de Lyon étant à cette époque de 14 onces et l'once de 30 grammes 59 centigrammes, les 630 livres converties en livres actuelles donnent 269 kilogrammes 803 grammes, soit avec le dernier poids une différence de 47 kilogrammes 203 grammes, qui ne peut guère s'expliquer que par un fort encroûtement adhérent au métal lors de la pesée faite en 1529. Mais, suivant l'avis de notre collègue M. Dissard, il n'est pas impossible qu'on se soit servi de la livre de 12 onces. Les 630 livres donneraient

alors 231 kilogrammes 291 grammes: la différence se trouverait réduite à 8 kilogrammes 791 grammes.

Deux larges échancrures carrées, qui ne sont pas accidentelles, se remarquent sur le bord inférieur. Ces échancrures ont servi dans l'antiquité à livrer passage à des crampons qui soutenaient la Table, sans doute appliquée contre un mur dans lequel ils étaient scellés. Ce bord inférieur est lisse, tel qu'il est sorti de l'opération de la fonte: il en est de même de chacun des bords latéraux. Ces particularités démontrent que de chaque côté aussi bien qu'en bas la Table est entière.

Une rue , ouverte , au siècle dernier, dans le quartier où la Table a été découverte . a reçu le nom de « rue des Tables- Claudiennes y. Elle donne d'un bout sur celle des Fantasques et de l'autre sur la place du Perron, située derrière l'église Saint- Polycarpe.

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Notre copie , collationnée avec l'assistance de notre collègue M. Dissard. Les lettres répondent par leur forme au temps de Claude. Les courbes souvent défectueuses et les jambages traversés par des arrêts flexueux sont des particularités de la gravure sur bronze. De nombreux accents, flexueux aussi et dirigés de droite à gauche, occupent les interlignes ; ils sont placés, non exactement au-dessus des lettres auxquelles ils appartiennent, mais plus ou moins reportés à droite.

L'inscription a été dorée. On aperçoit encore des restes de cette dorure antique dans les angles de beaucoup de lettres. Suivant Comarmond, il devait en rester beaucoup plus de traces, mais on aurait eu, au moment de la découverte, « la malencontreuse « idée de nettoyer les lettres à fond ».

Les lettres en tête des alinéas, aux lignes 2, 28, 49, 60 et 63, ressortent en vedette.

Ligne 1 . — Toutes les lettres incomplètes par le haut ; la première R de RERVM privée de son jambage incliné.

2. — L'M de EOJ/IDEM privée de son premier jambage en entier et de la partie inférieure du second ; la première M de OMN1VM réduite à sa haste gauche et l'N du même mot à son angle inférieur; le premier 1. le premier T, le second I, l'O, l'N et LE de COG1TATIONEM, l'O et les lettres suivantes de HOM1NVM privés de leur partie supérieure; l'M de OJ/AM réduite à son angle supérieur gauche.

5 — Le T de ET à la fin de la ligne réduit à sa traverse et à un très petit reste du haut de sa haste; un accent sur l'A de HAC; un point dans le C du même mot.

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