‹ Inscriptions antiques (volume 3)Chapitre 31 sur 70 · L. Aemilius Front (ci-dessus n · texte numérisé non relu

L. Aemilius Front (ci-dessus n

Sous Commode :

Septime Sévère, le futur empereur (Spartien, Sev., 4; Capitolin, Ant., 5).

Sous Septime Sévère, Caracalla et Géta :

T. Flavius Secundus Philippianus (ci-dessus n° 18).

Sous Sévère Alexandre :

Claudius Paulinus (ci-dessus p. 140). le decessor du suivant. Aedinius Julianus (ci-dessus p. 140). le qiiinquefascalis de l'inscription de Thorigny.

Epoque non déterminée :

L'anonyme d'une inscription de Rome (ci-dessus p. 140).

Agrippa, Drusus. Tibère, Germanicus, investis de pouvoirs non limités à la Gaule, ne peuvent pas être considérés comme des gouverneurs de la Lyonnaise. Quant aux gouverneurs postérieurs au 111e siècle, ils appartiennent à une nouvelle organisation dans laquelle il y a d'abord deux, puis ensuite quatre Lyonnaises.

III. — INSCRIPTIONS RELATIVES AUX FONCTIONS REMPLIES PAR DES CHEVALIERS

Auguste . ne pouvant pas songer à rétablir ouvertement la monarchie à cause de l'exécration qu'elle inspirait au peuple romain, se contenta d'en avoir, sous les apparences d'une forme républicaine , les attributions essentielles. Dans le partage fait entre lui et le sénat en 727, av. J.-C. 27. il ne garda pour lui d'abord que l'armée et les provinces frontières ou non entièrement pacifiées. Il donna pour gouverneurs à ces provinces suivant leur importance , des sénateurs anciens consuls ou anciens préteurs, du titre de légats de l'empereur, mais en s'en réservant à luimême toute l'administration financière et en y pourvoyant pour les hauts postes par des fondés de pouvoirs, chevaliers romains du titre de procurateurs, et pour le service inférieur par des affranchis et des esclaves de sa maison. Ces procurateurs n'étaient pas dépendants des gouverneurs, mais ne relevaient que de lui et habituellement réunissaient sous leurs attributions plusieurs provinces : par exemple la Lyonnaise et l'Aquitaine , la Belgique et les deux Germanies; ils exerçaient même dans les provinces du sénat pour les revenus afférents aux caisses de l'empereur : le fisc, le patrimoine, le trésor militaire. A la tête de l'Egypte, qui était sa propre conquête, à la tête des petites provinces conquises également par lui postérieurement au partage et considérées comme des parties de son domaine privé, il mit. non pas des

sénateurs, mais des chevaliers du titre de préfets. Il en fit de même pour le service de l'approvisionnement de la Capitale, qui, ayant été laissé au sénat, restait en souffrance, et pour les trois milices qui composaient la garde de l'empereur, celle de Rome et celle des côtes de l'Italie : le prétoire, la veille contre l'incendie, les flottes. Des diverses branches créées par lui en remplacement de la censure, il donna seulement les principales à des sénateurs, les autres à des chevaliers. Après lui jusqu'à la fin du haut empire et au-delà, le rôle des chevaliers dans l'armée et dans l'administration, en accroissement de l'autorité de l'empereur et en diminution de celle du sénat . ira toujours en grandissant d'importance.

Sous Claude, les procurateurs, — et ils ont remplacé déjà dans presque toutes les petites provinces les préfets gouverneurs et déjà aussi leur titre s'est étendu à la plupart des affranchis chefs de services. — reçoivent une juridiction civile, ce qui de simples mandataires les élève au rang de magistrats. Sous Hadrien, des chevaliers sont substitués aux affranchis dans tous les hauts postes qui se trouvent être encore aux mains de ceux-ci, notamment les trois secrétariats impériaux a rationibm, ab epistulis et a libellis, c'est-à-dire la cour des comptes, la correspondance et les suppliques, et une gradation fixe de salaires des fonctions équestres est établie. Septime Sévère va plus loin ; il donne, autant qu'il peut le faire, à des chevaliers les fonctions jusque-là réservées à des sénateurs et il crée, en concurrence au titre nobiliaire sénatorial de « clarissime », les titres nobiliaires équestres de « perfectissime » et d' « égrège ». Puis enfin Gallien interdit l'armée à tous les membres du sénat, et dès lors les commandements retirés aux sénateurs passent à des chevaliers. Pendant trois quarts de siècle à partir de ce temps, c'est à peine s'il reste pour le sénat, éliminé complètement des grades militaires, à peu près complètement des fonctions civiles et réduit à des prérogatives honorifiques sans valeur réelle, quelque place encore sur le champ de la vie publi-

que. Ainsi périt et devait périr tôt ou tard le savant artifice si industriellement construit par Auguste ; le gouvernement à deux ne pouvait autrement aboutir qu'à un antagonisme de plus en plus inégal du sénat et du prince et finalement au complet triomphe de la monarchie. L'évolution s'achève par les réformes de Dioclétien et de Constantin dans les premières années du IVe siècle.

L'empereur, devenu seul maître, reste en dehors de l'administration. Les sénateurs, non plus co-partageants mais serviteurs du pouvoir et divisés en trois classes de noblesse par les titres d' « illustre », de « spectable » et de « clarissime ». reprennent rang en tête des grandes directions, et les chevaliers, toujours reconnaissables à leur titre de « perfectissimes », ne viennent plus qu'à leur suite. A la place des affranchis et des esclaves impériaux, auxquels ont été déjà dès le temps de Septime Sévère en grande partie substitués des soldats retraités ou en continuité d'activité de service, apparaît maintenant le tiers Ordre auparavant tenu à l'écart, et c'est à des hommes libres, à des citoyens romains que sont donnés les emplois inférieurs (Voir Hirschfeld, Administration romaine, pp. 281 à 299).

Les inscriptions relatives à des fonctions remplies par des" chevaliers nous montrent un assez grand nombre de fonctionnaires de divers titres.

Plusieurs procurateurs de la Lyonnaise et de l'Aquitaine, provinces ainsi ordinairement réunies en une seule procuratelle et en même temps la plus importante des procuratelles provinciales : — Caius Minicius Italus (inscr. étrangère), procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine et aussi du district de Lectoure sous Trajan; — Tiberius Claudius Secundinus Lucius Statius Macedo (inscr. étrangère), procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine avant Hadrien : — Cneus Pompeius Homullus Aelius Gracilis

Cassianus Longinus (inscr. étrangère), procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine postérieurement à Hadrien ; — Caius Junius Flavianus (inscr. perdue), procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine postérieurement aussi à Hadrien ; — Caius Julius Celsus (n° 21), procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine sous Antonin le Pieux ; — Lucius Valerius Proculus (inscr. étrangère), procurateur des trois provinces de Gaule : la Lyonnaise, l'Aquitaine et la Belgique, également sous Antonin le Pieux : — Lucius Marius Perpetuus (n° 22), procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine sous Marc Aurèle, et très probablement le père de l'historien Marius Maximus ; — Titus Flavius Titianus (inscr. perdue), procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine également sous Marc Aurèle ; — Tiberius Antistius Marcianus (n° 2)). procurateur sous Septime Sévère et Caracalla, ensuite chargé du recensement de la Lyonnaise et le premier chevalier romain qui ait été investi de cette fonction ; — Badius Cominianus (inscr. étrangère), procurateur au moins de la Lyonnaise, remplissant avant 238 par intérim les fonctions de gouverneur ; — Caius Furius Sabinius Aquila Timesitheus (n° 24). procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine, plus tard préfet du prétoire de Gordien le Pieux et en même temps son beau-père ; — Lucius Valerius Julianus (inscr. étrangère), indiqué par Renier comme procurateur de la Lyonnaise; — Anonyme (inscr. non entrée au Musée), procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine.

Ils avaient leur résidence à Lyon ; elle est attestée par des employés de leurs bureaux : ab actis procuratoris provinciarum Lugudunensis et Aquitanicae, sur des inscriptions de Lyon.

Plusieurs procurateurs sans désignation plus explicite, qui peuvent avoir été des intendants de domaines impériaux : — Un anonyme (n° 26), procurator Augustonim ; — Julius Silvanus Melanio (n° 25), procurator Augusii.

Un procurateur du Vingtième des successions : Tiberius Claudius

Candidus (inscr. étrangère), procurator XX hereditatium de la Lyonnaise, de la Belgique et des deux Germanies sous Marc Aurèle ou Commode.

Un procurateur des mines de fer : Attius Alcimus (inscr. non entrée au Musée) sous Sévère Alexandre: — un préposé à l'administration des mines : Aurelius Caecilianus (n° 28). praepositus vectigaliiim; — une mine (inscr. non entrée au Musée) dite massa ferrariarum de Memmia Sosandris « femme clarissime ». probablement parente d'une des épouses de Sévère Alexandre : cette mine était affermée à une Compagnie qui la faisait exploiter par un gérant.

Un vice-procurateur du Quarantième des Gaules : Caius Attius Alcimus Felicianus (inscr. étrangère), probablement de la fin du troisième siècle.

Un procurateur extraordinaire chargé de juger les contestations entre les fermiers du Quarantième des Gaules et les commerçants : Sextius Martialis (inscr. étrangère), probablement non antérieur à Marc Aurèle.

Un procurateur pour le recrutement des gladiateurs : Lucius Didius Marinus (inscr. étrangère), vir egregius. procurator familiae gladiatoriae per Gallias, . Britannias . Hispanias, . Gernianias et Raetiam, non antérieur à Septime Sévère.

Des préfets des chariots de la poste : Lucius Mussius Aemilianus (inscr. étrangère), vir egregius, praefectus vebiculorum triiim provinciarum Lugdunensis, Narbonensis et Aquitanicae, du temps des Philippes en 247 ou 248 ; — un anonyme (inscr. étrangère). praefectus vebiculorum per Gallias.

Un censiteur adjoint : Lucius Dudistius Novanus (inscr. étrangère), adjutor ad cetisus provinciae Lugudunensis.

Un secrétaire attaché aux études du prince : Marcus Aemilius Laetus (n° 27), a studiis Augusti , fonction qui, à l'époque à laquelle semble appartenir l'inscription, était ordinairement remplie par des affranchis, mais ensuite, peut-être dès le temps d'Hadrien et au plus tard avant la fin du troisième siècle, devint une fonction de chevalier.

Un membre des cinq décuries de juges : Caius Aucius Macrinus (n° 29), adlectus Romae in quinque decufitzs.

Des curateurs provinciaux des citoyens romains : Sextus Vagirius Martianus (inscr. municipale), summus curator civium Ronianorum proviuciae Aquitanicae postérieurement à Trajan et antérieurement à Septime Sévère ; — Sextus Ligurius Marinus (inscr. municipale), summus curator civium Romanorum proviuciae Lugdunensis , qui peut-être n'était pas chevalier.

Ne doivent pas figurer au nombre des procurateurs de la Lyonnaise : Aedinius Julianus de l'inscription de Thorigny (De Boissieu, p. 262), qui, s'intitulant quinquefascalis agens in proviucia Lugdunensi, a été, non pas procurateur, mais gouverneur de la province ; ni Caius Carantius Junianus d'une inscription perdue,

qui était, non pas PROC , c'est-à-dire PROC(urator) , mais

PROC/IAN1 Filius, et très probablement prêtre à l'autel de Rome et d'Auguste ou fonctionnaire de l'association des très Galliae.

FONCTIONS ÉQUESTRF.S 1 49

Statue élevée à un chevalier romain pourvu entre autres fonctions de celle de procurateur des provinces Lyonnaise et d'Aquitaine sous Antonin le Pieux.

Arcade VI. — Piédestal commun à deux statues, décrit sous le numéro précédent.

Caio iulio, Caii filio, Qiiirina, Celso, a libellis et censibus, procuratori provinciarnm Lugudunensis et Aquitanicae, procuratori patrimonii , procuratori vicesimae hereditatium Romae, procuratori Neaspoleos et mausolei Alexandriae, procuratori vicesimae hereditatium per proviucias Narbonensem et Aquitanicam , dilectatori per Aquitanicae XI populos , curatori viae liguariae triumpbalis, Appiànus, Augusti liber tus, iabularius ration is ferra n'a ru m.

« A Caius Julius Celsus, fils de Caius (Julius), de la tribu <\ Qiiirina, secrétaire de l'empereur au bureau des pétitions et du « cens , procurateur des provinces Lyonnaise et d'Aquitaine , « procurateur du patrimoine, procurateur du Vingtième des suc- « cessions à Rome, procurateur de la Ville Neuve et du Mausolée « à Alexandrie, procurateur du Vingtième des successions dans les « provinces Narbonnaise et d'Aquitaine , préposé au recrutement « chez les onze peuples de l'Aquitaine, curateur de la voie ligiiaria

\yO FONCTIONS ÉQUESTRES

« triomphale, Appianus . affranchi de l'empereur, préposé à la ss comptabilité des mines de fer ».

Le personnage honoré de la statue qu'accompagnait cette inscription est le père de l'enfant qu'on vient de voir, sous le numéro précédent, admis par Antonin le Pieux à faire partie de l'Ordre sénatorial. 11 n'était lui-même que chevalier romain comme l'indiquent les nombreuses fonctions exclusivement équestres dont il a été pourvu. Ces fonctions sont énumérées sur l'inscription dans l'ordre décroissant, c'est-à-dire commençant par les dernières obtenues et conséquemment les plus hautes ; il convient mieux, pour en faire la revue, de les prendre dans l'ordre de leur succession chronologique.

Celle par laquelle a débuté la longue carrière de Julius Celsus est la curatelle de la voie lignaria triumpbalis. Notre inscription est le seul document jusqu'à présent connu où figure cette voie. On trouve, plusieurs autres fois , la voie triumpbalis, mais non lignaria triumpbalis, jointe, sous une même curatelle confiée à un personnage sénatorial ancien consul ou ancien préteur, aux voies Aurélia et Cornelia : curator viarum Aureliae veteris et novae. Corneliae et triumpbalis (Wilmanns, 1 1 86 ; voy. 1210).

La fonction qui vient ensuite la première est celle de diledator. chargé du recrutement dans la partie de l'Aquitaine occupée par les onze peuples : per Aquitanicae XI populos. Il s'agit, évidemment selon nous, des peuples ajoutés par Auguste à l'ancienne Aquitaine lorsqu'il agrandit cette province de tout le territoire compris entre la Garonne et la Loire. Les peuples qui habitaient cette partie de l'Aquitaine étaient, en effet, au nombre de onze. Il n'y a pas à s'arrêter à ce que dit Strabon(p. 189) que cette région comprenait quatorze peuples; lui-même n'en énumère que douze (pp. 191, 192) en attribuant par erreur à l'Aquitaine les Helvii, qui appartenaient à la Narbonnaise, ce qui réduit son compte à onze. Ptolémée (2. 6) n'en énumère pareillement que onze ; ce sont , élimination faite des Helves, les mêmes que ceux de Strabon : i° les Piciones, avec

deux villes chefs-lieux : Ratiatum et Lemonum ; 2° les Santones, chef-lieu Mediolanium ; 30 Les Lemovices, chef-lieu Augustoritum : 40 les Cadurci, chef-lieu Dueona et mieux Divona ; 50 les Petnicorii, chef-lieu Vesunna ; 6" les Biiiuiges Cubi, chef-lieu Avaricum ; 70 les Nitiobriges, chef-lieu Aginnum ; 8° les Gabali, chef-lieu Anderitum ; 90 les Arverni, chef-lieu Augustonemetum ; io° les Velauni, cheflieu Ruessium ; n° les Ruteni , chef-lieu Etodunum et mieux Segodunum. Quant aux Bituriges divisa', dont les villes chefslieux étaient Noviomagus et Burdigala, ils faisaient partie de l'Aquitaine comprise entre la Garonne et les Pyrénées bien qu'ils fussent certainement, d'après le témoignage de Strabon (p. 190), de race celtique. 11 y avait, outre les Vivisci, dans cette Aquitaine cis-garumnale, suivant Ptolémée, cinq autres peuples : les Ausci, les Convenue, les Datii , les Tarbelli et les basâtes; mais les inscriptions en font connaître quatre de plus : Les Lactorates qu'on trouve dès le temps de Trajan (C. I. L., 5, 875) et ensuite sous Marc Aurèle et sous Gordien le Pieux ; les Elusatcs avec le titre de colonie, les Ilurenscs avec celui de civitas, les Consorani avec mention d'un duumvir sur des inscriptions de beaucoup antérieures au temps de Dioclétien. Ces quatre peuples, ajoutés aux cinq que nomme Ptolémée , pourraient être les neuf peuples d'origine ibérienhe dont parle l'inscription d'Hasparren et qui ont formé plus tard la province de Novempopulanie. Celsus, qui n'avait à opérer le recrutement que dans le district compris entre la Garonne et la Loire et qui n'était que chevalier, avait sans doute au-dessus de lui un dilectator de rang sénatorial chargé de diriger l'opération du diledus dans toute la province (voy. Renier, Mélanges d 'èpigrapbie , p. 85).

Après la fonction de dilectator nous le voyons procurateur du Vingtième des successions dans les deux provinces réunies de Narbonnaise et d'Aquitaine. L'impôt de cinq pour cent sur les successions, établi par Auguste en l'an 6 deJ.-C, était exclusivement destiné à assurer les retraites des soldats et appartenait

à Yaerariuin militaire créé à la même époque pour cet objet. C'est pourquoi il était perçu, même dans les provinces du sénat, par des procurateurs de l'empereur. La Narbonnaise était une province du sénat ; il n'y a rien d'extraordinaire à la trouver jointe pour la perception de cet impôt à l'Aquitaine, qui était une province impériale. La vicesima hereditaiium n'atteignait que les citoyens romains. A l'époque d'Hadrien , à laquelle peut se rapporter la fonction de Julius Celsus, le droit de cité romaine était certainement très répandu, sinon en Aquitaine, au moins dans la Narbonnaise.

Vient ensuite la procuratelle dite Neaspoleos et mansolei Alexandriae. Le quartier neuf d'Alexandrie, qui avait le nom de Neapolis: « la Ville Neuve », est peut-être mentionné par Strabon (pp. 793, 795) dans la description qu'il fait de la ville telle qu'elle était de son temps. 11 dit qu'on avait à main gauche en entrant dans le grand port la série des palais royaux, qui tenaient le tiers ou le quart du circuit et au milieu desquels se trouvaient le musée, les sépultures des rois et le tombeau d'Alexandre le Grand. Puis, en suivant la courbe du port, on voyait successivement le théâtre, le temple de Neptune, le temple de Jupiter protecteur des navigateurs, le marché, les « apostases ». c'est-à-dire les magasins, puis les stations des navires jusqu'au môle et , au-delà du môle, d'autres stations de navires et le port d'Eunostos. La partie d'Alexandrie qui dominait les stations des navires s'appelait Rhacotis ; là s'élevait le Sérapeum. « Là aussi ». ajoute Strabon (p. 795), « sont d'autres temples antiques aujourd'hui à peu près « abandonnés par suite de la construction des temples neufs « élevés à Nicopolis ; car l'amphithéâtre et le stade se trouvent <> dans ce nouveau quartier et c'est là que se célèbrent les jeux « quinquennaux ». Quelques lignes plus loin, Strabon parle de la ville de Nicopolis, qu'Auguste avait embellie et à laquelle il avait donné, en mémoire de sa victoire sur Antoine . le nom qu'elle avait. Bien que voisine d'Alexandrie . Nicopolis n'en faisait pas

partie; elle en était éloignée de trente stades, c'est-à-dire de près de six kilomètres. On s'est demandé s'il est bien vraisemblable, possible même, que les Alexandrins eussent eu à faire ce voyage chaque fois qu'ils seraient allés au stade ou à l'amphithéâtre, lieux dans lesquels l'histoire nous les montre se réunissant à tout moment du jour, même de la nuit, et en un instant, et comment il se fait que les témoignages épigraphiques, toujours si précis, nomment Alexandrie, jamais Nicopolis, quand ils parlent de la célébration des jeux quinquennaux. On a proposé (voy. Bulletin de correspondance arcbèol., de Rome, 1880), d'après notre inscription et d'après une inscription d'Afrique (Renier, /., A., 3518) où la même procuratelle apparaît dans les mêmes termes, de corriger dans le premier passage de Strabon NhcÔtoÀiç (quelques éditions portent Nex/scWjç) par ISîdnohç. Alors tout se comprend parfaitement. Neapolis était le quartier que l'on avait à main gauche en entrant dans le grand port. Là, non à Nicopolis, étaient le musée, les sépultures des rois, le tombeau d'Alexandre le Grand et les temples neufs qui avaient fait délaisser les vieux temples élevés à Rhacotis. — Le Mansolenm de notre inscription ne peut être que le mausolée où était déposé le corps d'Alexandre le Grand, renfermé primitivement dans une châsse d'or, et, au temps de Strabon (p. 794). dans un cercueil de verre. On sait qu'Auguste, ayant eu la curiosité de l'en faire extraire, déposa avec respect sur sa tête une couronne d'or (Suétone, Aug., 18). Dion Cassius (51, 16) nous apprend même qu'en le touchant sans assez de ménagement Auguste lui ébrêcha le nez. Dans l'allocution qu'en cette circonstance il adressa aux Alexandrins, il attribue à sa considération pour le héros sa clémence à leur égard. Septime Sévère fit plus tard clore le tombeau , après y avoir enfermé tous les livres secrets conservés dans les sanctuaires de l'Egypte. Le Mausoleum et la Ville Neuve procuraient sans doute des sources de revenus d'une certaine importance puisqu'ils ont donné lieu à la création d'une curatelle spéciale. Conquise par Auguste.

l'Egypte est restée pendant les deux premiers siècles une propriété en quelque sorte privée des empereurs. Ils la gouvernaient par un mandataire, chevalier romain, qui avait en partie les insignes et les prérogatives des anciens rois du pays. Il ne s'y trouvait aucun fonctionnaire de l'ordre sénatorial ; aucun sénateur n'avait même le droit d'y venir. Tous les revenus de l'Egypte appartenaient exclusivement et en propre à l'empereur.

Celsus obtint après cela , l'une après l'autre , la fonction de procurateur du Vingtième des successions à Rome et celle de procurateur du patrimoine, c'est-à-dire le patrimoine de l'empereur. C'était la fortune privée du prince, composée principalement des revenus de ses terres, des mines qui lui appartenaient, des profits des entreprises particulières dans lesquelles étaient engagés ses fonds personnels ; d'autre part , des nombreux héritages qui lui échéaient, sans que du reste il existât une distinction précise entre cette fortune privée entièrement à sa disposition , et celle qui, constituant spécialement le bien de la couronne, était inaliénable et devait être transmise à ses successeurs. A partir seulement de Septime Sévère, cette séparation fut établie et elle motiva l'institution des procuratores rationis privatae, en distinction du procuratores patrimonii depuis lors chargés de l'administration des biens inaliénables (voy. Marquardt, Handbucb, pp. 299. 300).

La fonction qui succéda à cette dernière est celle de procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine. Habituellement ainsi réunies pour l'administration des finances publiques sous les attributions d'un seul procurateur, ces deux provinces paraissent avoir formé la plus importante de toutes les procuratelles provinciales (voy. Hirschfeld, Adm. roui , p. 260, n. 6; Bloch. Adlecti, p. 61, n. 11). Aussi ne pouvait-on être promu, au sortir de cette gestion, qu'à quelqu'un des plus hauts postes de la carrière équestre.

C'était effectivement un très haut poste que celui de secrétaire a censibus a libellis Augusti. ou a libellis et censibus ou nmgister a libellis, magister a censibus, ou encore a censibus equitum Routa-

FONCTIONS EQUESTRES ISS

nom/il, chargé d'instruire les pétitions adressées à l'empereur et de vérifier notamment si ceux des pétitionnaires qui sollicitaient l'obtention soit du cheval public, soit du laticlave, présentaient les conditions requises de naissance, de fortune et d'honorabilité (voy. Mommsen , Droit publ.. II, p. 398, n. 2 et 3 ; III, p. 490 et note 2). On reconnaît à peu près en ce fonctionnaire impérial le sous-censeur dont parle Dion Cassius (52, 21; voy. 24) dans l'entretien qu'il prête à Mécènes et à Auguste.

Mécènes recommande à Auguste, dans ce même entretien (Dion, 32, 25), de donner aux procurateurs de rang équestre des appointements gradués suivant l'honneur et l'importance de leurs fonctions. Vraisemblablement il n'y eut pas, dès le premier siècle, d'après Hirschfeld (Adni. roui., p. 258 et suiv.), les quatre catégories de fonctions procuratoriennes qui apparaissent à partir d'Hadrien sous les noms de trecenariae, ducenariae, centenariae et sexagenariae, c'est-à-dire rétribuées à trois cent mille, à deux cent mille, à cent mille et à soixante mille sesterces. Cette classification doit se rattacher à la création par Hadrien d'une carrière de procurateurs. Les deux premières fonctions de Julius Celsus : la via lignaria triumphalis et le dilectus per Aquitanicae XI populos n'ont probablement été qu'aux appointements de soixante mille sesterces; les trois procuratelles suivantes : celle de la vicesima hereditatium de la Narbonnaise et de l'Aquitaine, celle de la Ville Neuve et du Mausolée à Alexandrie, celle de la vicesima hereditatium à Rome paraissent avoir appartenu à la classe des centenariae (p. 26)), salariées à cent mille sesterces. La procuratelle provinciale de la Lyonnaise et de l'Aquitaine était certainement ducenaria (p. 260) et valait un traitement de deux cent mille sesterces. Le bureau a libellis et censibus, érigé au siècle suivant en maîtrise et classé parmi les trecenariae, ne recevait encore sous Antonin le Pieux, qu'un traitement de deux cent mille sesterces (p. 2S9)-

Appianus, l'affranchi impérial auteur du monument autrefois

décoré des statues de Julius Celsus et de son fils, était chef de bureau à la comptabilité des mines de fer, mines situées, bien que le texte ne le dise pas, si ce n'est sur toute l'étendue de la Gaule, au moins dans la circonscription dont Celsus venait de quitter la procuratelle pour le secrétariat des pétitions et du cens. C'est à Lyon sans doute, où d'ailleurs était le bureau de cette comptabilité, qu'il aura puisé dans ses rapports avec le procurateur provincial , son supérieur, les motifs d'affection ou de reconnaissance qui l'ont porté à lui consacrer un éclatant et durable témoignage de son dévouement.

Affranchi vraisemblablement d'Antonin le Pieux . Appianus devait s'appeler Titus Aelius Appianus.

Statue d'un procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine , probablement le père de l'historien Mari us Maxim us.

Arcade LI. — Piédestal avec base et couronnement, découvert en 1768 près de l'église cathédrale, en creusant les fondations de la nouvelle MANÉCANTERIE, quartier SAINT-JEAN; brisé alors ou déjà auparavant en deux parties. La partie inférieure, retirée quelques années plus tard de la Saône, non loin du Pont-Volant, c'est-à-dire le pont de bois aujourd'hui remplacé par le pont du Palais-de-justice , fut recueillie au Musée avant 1808; l'autre,

retrouvée au bas du quai des Célestins, vis-à-vis l'Archevêché, est entré au Musée dans l'intervalle de 1808 à 1816. — Hauteur 1 m. 58; du dé o m. 98, largeur o m. 80.

L • MARIO • L • F • QVIR • PERPETVO

PONTIFICI PROCVRATORI * PROVINCIARVM LVGVDVNENSIS ■ ET • AQVITANICAE 5 PROCVRATORI STATIONIS HEREDITAT

PROCVRATORI ■ XX • HEREDITATIVM PROCVRATORI e PATRIMONI

PROCVRATORI » MONETAE

PROMAGISTRO « HEREDITATIVM

10 Q • MARCIVS • DONATIANVS s EQVES

CORNICVLÂRIVS » EIVS

Accents sur l'A de PROCVRATORI et de PROVINCIARVM à la troisième ligne, sur l'E de LVGVDVNENSIS à la quatrième, sur l'A de HEREDITATIVM à la cinquième, sur l'A et le second O de PROCVRATORI et sur l'O de PATRIMONI à la septième, sur le second O de PROCVRATORI à la huitième, sur l'A de HERE- DITATIVM à la neuvième, sur l'I ou sur le second A de DONATIANVS à la dixième, sur l'A de CORNICVLARIVS à la dernière ; les points aux troisième , septième , huitième , dixième et onzième lignes figurés par des hederae cordiformes.

Manuscrits de Calvet et de l'abbé Jacquet à la bibliothèque de l'Académie de Lyon. — Artaud, Notice, 1808, p. 42. 1816, p. 68; Musée lapidaire, arcade XLIX. — De Boissieu, p. 236. — Comarmond. Description, p. 277. pi. 2; Notice, p. 109. — Henzen. 6642. — Renier, dans Spon, éd. 1 857. p. 294. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 20. pi. 12. — Wilmanns. 1272. — Dissard, Catalogue, p. 96.

L. Mario, Lucii filio, Quirina, Perpetuo. pontifici, procurâtori provinciârum Lugudunènsis et Aquitanicae, procurâtori siationis berediiatium, procurâtori vices imae hereditâtium, procurâtori palrimonii , procurâtori monetae, promagistro hereditâtium. Quiutus Marcius Donatiânus eques, corniculârius ejus.

« A Lucius Marius Perpetuus. fils de Lucius (Marius). de la v< tribu Quirina, pontife, procurateur des provinces Lyonnaise et « d'Aquitaine, procurateur du bureau des successions, procurateur « de l'impôt du vingtième des successions, procurateur du patri- « moine, promagister des successions. Quintus Marcius Donatianus. « cavalier corniculaire attaché au service de ses bureaux ».

Cette inscription a été l'objet d'une savante dissertation de Renier; nous n'avons guère qu'à résumer cette dissertation.

Les fonctions sont énumérées dans l'ordre inverse de celui de leur obtention, et. ainsi que déjà la remarque en a été faite, ce sont toutes des fonctions équestres, et toutes, excepté la dernière qui est celle de procurateur des deux provinces réunies : la Lyonnaise et l'Aquitaine, elles ont été exercées à Rome.

La première qu'a remplie Marius Perpetuus est la charge de promagister hereditâtium , c'est-à-dire « suppléant du maître ou « directeur général du bureau des successions ». Le mot vicesima ne figurant pas dans l'énoncé de ce titre, nous inclinons à croire qu'il s'agit ici, non pas de l'impôt du Vingtième créé pour entretenir la caisse des retraites militaires, mais des successions qui revenaient en très grand nombre à l'empereur, soit par suite de legs faits volontairement, soit comme héritier de droit de ses affranchis. Renier a lui-même reconnu la difficulté de rattacher hiérarchiquement le promagisterium de Marius Perpetuus avec les fonctions qui l'ont suivi. Une inscription où apparaît un procurateur hereditâtium patrimonii privati (Wilmanns. 1275). est interprétée par M. Mommsen dans le sens qui vient d'être proposé.

Les quatre fonctions suivantes sont la procuratelle de la

monnaie: celle du patrimoine, expliquée dans le commentaire de l'inscription précédente ; celle du Vingtième des successions pour la caisse des retraites des soldats : procuralori vicesimae hereditatium , et celle qui est intitulée procuratori slationis hereditatium. Cette dernière paraît être un bureau de recette, non de la vicesima parce que cet impôt n'est pas rappelé, mais de cette même administration des héritages échéant au prince et dans laquelle Marius a eu sa fonction de début comme suppléant du magister.

La carrière de notre personnage se termine par l'importante procuratelle de la Lyonnaise et de l'Aquitaine.

Puis vient séparément et en dehors de l'ordre chronologique le titre de pontife. La désignation de ce sacerdoce par le mot pontifici sans addition de l'adjectif miuori est suffisante, bien qu'incomplète. Le collège des pontifes, le premier et le plus honoré des quatre grands collèges sacerdotaux du peuple romain, se composait de pontifes dits majores et de pontifes dits minores; les majores étaient toujours des sénateurs ; les minores étaient leurs secrétaires et toujours des chevaliers. Mais dans les inscriptions, on pouvait se dispenser sans inconvénient, selon qu'il s'agissait clairement d'un sénateur ou d'un chevalier, de joindre au titre de pontifex l'épithète de major ou de minor.

Deux personnages des mêmes noms que le procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine doivent avoir été ses fils; tous deux entrés dans l'Ordre sénatorial, suivant Renier (Spon. p. 294) probablement sous Marc Aurèle . et tous deux parvenus . l'un surtout, aux plus hauts honneurs. L'aîné, Lucius Marius Maximus Perpetuus Aurelianus, prit part, comme chef d'un corps d'armée. aux guerres contre Pescennius Niger et contre Albin. Il fit dans la première le mémorable siège de Byzance. et dans la seconde, où il commandait l'aile droite victorieuse au moment où l'aile gauche, tombée dans une embuscade, se faisait battre, il décida le gain de la bataille qui livra l'empire à Septime Sévère. Il fut

IÔO FONCTIONS ÉQUESTRES

consul suffectus, à ce qu'on croit, en 197 ou 198. ensuite proconsul d'Afrique, après cela préfet de Rome sous Macrin en 217 et 218. puis proconsul d'Asie et consul pour la seconde fois sous Sévère Alexandre en 221. Aucune supériorité de mérite ni aucune illustration ne lui firent défaut ; car il paraît avoir été l'historien célèbre, si souvent cité dans l'Histoire auguste, qui avait écrit les vies des empereurs depuis Trajan jusqu'à Sévère Alexandre. Les inscriptions qui le concernent (Wilmanns, 1203) ont été trouvées à Rome sur le mont Caelius, où il y a apparence qu'était son habitation. Son frère, Lucius Marius Perpetuus, après avoir comme lui préludé aux fonctions de la carrière sénatoriale par le tribunat légionnaire laticlave et parcouru la série des honneurs jusqu'à un consulat dont l'année est restée inconnue, fut. sous Caracalla (Borghesi , Œitvr.. 5, p. 478) ou sous Héliogabale (Wilmanns. 1204), légat impérial de la Mésie Supérieure et des trois Dacies.

On a vu que la procuratelle de la Lyonnaise et de l'Aquitaine était une fonction rétribuée à deux cent mille sesterces: il en était de même de celle dite stationis hereditatiuni (Mommsen. /. N.. 3948: Henzen, 6356). Les fonctions qui ont précédé ces deux dernières n'atteignaient qu'à cent mille sesterces. La première de toutes, celle de promagister hereditatium, était seulement sexagenaria . c'est-à-dire à soixante mille sesterces (Hirschfeld. Administration romaine, pp. 263. 264).

La statue élevée, à Lyon, à Marius Perpetuus. notre procurateur provincial, l'a été par un soldat de cavalerie. Quintus Marcius Donatianus. remplissant auprès de lui un service d'auxiliaire. Le nom de comicularius , donné à ces soldats attachés comme adjudants aux officiers supérieurs et aussi , comme ici . à des fonctionnaires civils, leur venait d'un ornement de leur casque. corniciilum . ornement dont nous ne savons dire au juste la forme.

Les officiers légionnaires au service desquels se rencontrent des corniculaires sont le légat commandant . le préfet de camp et,

après sa suppression, son remplaçant le préfet de la légion, puis encore celui des tribuns à qui c'était le tour d'avoir le commandement. Les gouverneurs provinciaux en avaient deux composant ce qu'on appelait l'officiùm corniculariorum. Enfin, des corniculaires étaient adjoints aussi au préfet du prétoire, aux tribuns des cohortes prétoriennes, au préfet de Rome, au préfet de l'annone quoique dépourvu de commandement militaire, au préfet, au sous-préfet et aux tribuns des vigiles (voy. Marquardt. Administration romaine, 11, volume revu par MM. Dessau et Domaszewski, p. S46).

Statue équestre élevée par l'assemblée des trois Gaules à un procurateur de la Lyonnaise, censiteur de la même province et le premier chevalier romain qui ait eu cette fonction.

Arcade LUI. — Bloc quadrangulaire qui a dû être le dé d'un piédestal pourvu d'une base et d'un couronnement rapportés ; découvert, au seizième siècle, dans la rue LU1ZERNE . quartier des TERREAUX, en creusant les fondations d'une maison, la seconde alors à main droite en venant de l'église Saint-Pierre. puis employé sur place comme jambage de porte dans une cave obscure et reculée; retrouvé et transporté au Musée par Artaud

sous la mairie de M. Fay de Sathonnay, — Hauteur i m. 45. largeur o m. 92.

TIB ■ ANTISTIO- FAVS

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