GERMAN • INFERIOR • PROC • PROV • SY
RIAE • PALAESTINAE • IBI • EXACTORI • RELI QVOR • ANNON • SACRAE • EXPEDITIO NIS • PROC • IN • VRBE • MAGISTRO • XX • IBI LOGISTAE • THYMELAE • PROC • PROV
15 ARABIAE • IBI • VICE • PRAESID • BIS • ?Koc
RATION • PRIVAT • PER BELGIC • ET • DVAS GERM PRAEF • COH ■ T • GALLIC • IN HISPAN
C • ATILIVS • MARVLLVS • ARVERN ET • C • SACCONIVS • ADNATVS ME
20 DIOMATR • PATRONO OPTIMO
L'E de PRlVATAE à la fin de la sixième ligne réduit à sa haste verticale ; le second V et l'M de DVARVM à la fin de la huitième, les deux premières N de ANNON à la douzième, liés en monogrammes; la barre horizontale du chiffre I après COH, à la dix-septième, placée non sur le chiffre mais à sa droite de manière à simuler un F; peut-être un accent sur l'O de ANNON à la douzième.
Ménestrier, Eloge bist., p. 23; Hist. cons., p. 120. — Spon, Recbercbe, p. 141 , éd. 1857, p. 163, avec planche et note de
Renier; Miscell., p. 148. — De Boissieu, p. 241. — Henzen. 5530. — Comarmond, Description, p. 430. — Martin-Daussigny, dans les Mém. de l'Acad. de Lyon, 1837. — Monfalcon. Musée lapidaire, notes additionnelles, p. 1 et pi. — Wilmanns, 1293. — Manuscrit anonyme appartenant aujourd'hui à M. Dissard, précédemment à M. le marquis de Ruolz. — Dissard, Catalogue, p. 97.
C. Furio Sabinio Aquilae Timesitheo, procuratori provinciarum Lugudunensis et Aquitanicae ; — procuratori provinciae Asiae , ibi vice (procuratoris) vicesimae et (procuratoris) quadragesimae, iteinque vice proconsulis ; — procuratori provinciae Bitbyniae Ponti Paphlagoniae tant patrimonii quant ralionis privatae, ibi vice procuratoris quadragesimae ; — iteinque vice procuratoris patrimonii provinciarum Belgicae et duarum Germaniarum , ibi vice praesidis Germaniae Inferioris ; — procuratori provinciae Syriae Palaestiuae, ibi exactori reliquorum annôuae sacrae expeditionis; — procuratori in Urbe, magistro vicesimae, ibi logistae thymelae; — procuratori provinciae Arabiae, ibi vice praesidis bis ; — procuratori rationis privatae per Belgicam et duas Germanias ; — praefecto coborti I Gallicae in Hispania ;
C. Atilius Marullus, Arveruus, et C. Sacconius Adnatus, Medicmatricus, patrono optimo.
« A Caius Furius Sabinius Aquila Timesitheus, procurateur « des provinces Lyonnaise et d'Aquitaine ; — procurateur de la v< province d'Asie, y remplissant par intérim les fonctions de <,< procurateur de l'impôt du Vingtième et de procurateur de « l'impôt du Quarantième et aussi celles de proconsul ; — pro- « curateur dans la province de Bithynie Pont et Paphlagonie, « tant du patrimoine que du domaine privé , et y remplissant « par intérim les fonctions de procurateur du Quarantième; — -,< remplissant également par intérim les fonctions de procurateur « du patrimoine dans les provinces de Belgique et des deux
« Germanies, et aussi celles de gouverneur civil de la Germanie « Inférieure ; — procurateur de la province de Syrie Palestine, « et chargé d'y recueillir les restes des approvisionnements de « l'expédition sacrée ; — procurateur à Rome et directeur de « l'impôt du Vingtième et directeur, à Rome aussi, de la compta- « bilité des jeux; — procurateur de la province d'Arabie, où « il remplit deux fois par intérim les fonctions de gouverneur « civil ; — procurateur du domaine privé dans la Belgique et les « deux Germanies; — préfet de la cohorte lre Gallica, en Espagne.
« Caius Atilius Marullus de la cité des Arvernes, Caius Sacco- « nius Adnatus de la cité des Médiomatriques, à leur excellent « patron ».
Ici encore les fonctions sont énumérées en ordre inverse et il faut, pour en dérouler la série dans l'ordre suivant lequel elles se sont succédé, prendre l'inscription par la fin.
Un grade militaire a précédé la carrière procuratorienne ; c'est celui de préfet commandant d'une cohorte auxiliaire : la cobors 1 Gallica ou plus conformément à la désignation habituelle des cohortes / Gallomm, dont le numéro, pris par suite d'une incorrection de la gravure pour la lettre F, avait fait supposer qu'elle avait le nom de fidclis ou de Flavia, interprétations qui tombent d'elles-mêmes en présence du redressement du texte. Cette cohorte, à l'époque où elle était commandée par notre personnage, c'est-à-dire dans les premières années du troisième siècle, résidait en Espagne, et depuis au moins un siècle; on l'y trouve sur une inscription contemporaine de Trajan (Mommsen, /. Helv., 116), où elle est dite, comme sur celle de Lyon, in Hispania, en distinction sans doute d'une autre cobors I Gallontm (C. I. L., 3, p. 882), dite Dacica, et qui, en effet, en 157, sous le règne d'Antonin le Pieux, était fixée en Dacie. La cohorte / Gallica in Hispania était attachée à la légion VU Gemina Félix, qui composait à elle seule l'armée d'Espagne.
Après ce commandement , Timesithée commence la longue
suite des procuratelles dont il a été pourvu par celle de la ratio privata dans la Belgique et les deux Germanies. Jusque vers la fin du premier siècle, la fortune privée du prince était peu. distincte des biens qui formaient le domaine de la couronne, et elle était comprise et plus ou moins confondue avec ceux-ci sous la dénomination commune de patrimonium. Ce fut Septime Sévère qui, devenu excessivement riche par les confiscations exercées à la suite de ses victoires sur Niger et sur Albin, créa, sous le nom de ratio privata (Spartien 12), une administration spéciale de la fortune de l'empereur, et le nom de patrimonium resta désormais réservé au domaine de la couronne.
Au sortir de cette première procuratelle, Timesithée eût celle de la province d'Arabie, c'est-à-dire qu'il fut chargé de l'administration financière de cette province, et il eut à y remplir deux fois par intérim les fonctions de gouverneur. Régulièrement, le gouverneur d'Arabie était le légat impérial propréteur commandant de l'armée qui occupait le pays. On comprend facilement que, ce gouverneur venant à s'absenter ou à mourir, le procurateur de la province n'ait pas pu revêtir son commandement militaire, mais ne l'ait remplacé que comme gouverneur civil; c'est ce que paraît vouloir dire le titre de praeses au lieu de celui de legatm Augusti pro praetore qu'avait le général gouverneur. On comprend non moins facilement que diverses circonstances aient pu motiver l'exercice par intérim des fonctions du gouverneur, tandis qu'il est peu aisé d'apercevoir comment il pourrait se faire que la procuratelle de la ratio privata , dont la durée était à l'entière volonté de l'empereur, ait été divisée en deux gestions immédiatement successives ; c'est pourquoi nous avons cru devoir rattacher le mot bis aux mots vice praesidis qui le précèdent, au lieu de le joindre aux mots procuratori rationis privatae qui viennent après.
Trois fonctions exercées dans la Capitale se présentent ensuite : celle de procurateur, à Rome , de l'impôt du Vingtième des successions, cumulée avec celle de directeur général de ce même
impôt, et en même temps celle de directeur de la comptabilité des spectacles; cette dernière charge, désignée depuis le règne de Septime Sévère (Hirschfeld, Adm. roui., p, 185) par le titre ici employé de logista thymelae, l'était auparavant par celui de procurator summi cboragii.
A la suite de ces fonctions dans la Capitale, Timesithée reçut une seconde procuratelle provinciale : celle de la Syrie Palestine, celle-là même qu'avait eue environ deux cent cinquante ans auparavant le très célèbre juge Ponce Pilate. et il fut chargé d'y recueillir les livraisons non encore faites de l'approvisionnement d'une expédition que le texte appelle « sacrée ». Cette désignation, sur laquelle ont été bâties beaucoup de conjectures, est simplement équivalente à « impériale » et ne signifie rien de plus qu'une expédition conduite par l'empereur en personne ; elle se réfère, dans le cas présent, à la guerre entreprise en 216 par Caracalla contre les Parthes et subitement interrompue à son début par la mort de ce prince , assassiné à Carrhes , dans la Mésopotamie, au printemps de l'an 217. D'après l'opinion de M. Hirschfeld (Adm. de la frontière du Rhin, p. 12, note 44), il faut entendre certainement par les mots reliqua annonae les restes à fournir de l'approvisionnement de voyage de l'empereur. Au contraire (note dans Spon, édit. 1857, pp. 169, 170), Renier y voit les restes des approvisionnements mis en réserve en divers dépôts dans les provinces de Syrie, de Phénicie et de Palestine, et qu'après la guerre, continuée par Macrin, et même après l'avènement d'Héliogabale , par conséquent non avant 218 ou 219, Timesithée aurait été chargé de centraliser en Palestine.
Deux fonctions qui ne sont qu'intérimaires appellent ensuite Timesithée dans la Gaule. Il vient remplacer par intérim dans les provinces réunies de Belgique et des deux Germanies le procurateur du patrimoine, c'est-à-dire, ainsi qu'il a été expliqué dans les lignes précédentes, le bien de la couronne, bien inaliénable, se transmettant de successeur en successeur et formant depuis
Septime Sévère une administration distincte de celle des biens privés de l'empereur; il y remplit en même temps et aussi par intérim les fonctions de gouverneur de la Germanie Inférieure. Au premier siècle, les deux Germanies constituaient le long du Rhin deux très fortes circonscriptions militaires; il y avait dans chacune d'elles une armée de quatre légions sous les ordres d'un légat impérial ancien consul , qui paraît n'avoir eu que le commandement militaire ; pour le gouvernement civil les deux Germanies auraient été adjointes à la Belgique, avec laquelle elles n'auraient même composé qu'une seule province , et ce n'est qu'au second siècle qu'elles seraient devenues provinces indépendantes (Hirschfeld, Ibid.). Elles apparaissent certainement comme provinces indépendantes à l'époque à laquelle appartient notre inscription, puisqu'il y est fait mention d'un gouverneur de la Germanie Inférieure. Timesithée a remplacé ici le légat impérial, comme déjà il l'avait fait en Arabie, seulement comme gouverneur civil, non avec le titre à la fois militaire et civil de legatus Augiisti pro pr adore, mais avec le titre purement civil de praeses. Plus tard il y eut, à la vérité, dans toutes les provinces armées, un gouverneur civil du titre officiel de praeses à côté du commandant militaire, mais ce ne fut qu'à partir de l'empereur Gallien et une quarantaine d'années postérieurement au cas présent. Bien qu'érigées en provinces indépendantes, les deux Germanies n'en continuèrent pas moins à rester jointes à la Belgique pour l'administration financière , parallèlement à la réunion habituelle de la Lyonnaise et de l'Aquitaine pour la même administration. De même que le gouverneur de la Lyonnaise, le procurateur des provinces Lyonnaise et d'Aquitaine résidait à Lyon, mais le procurateur du groupe financier formé des trois provinces de Belgique et des deux Germanies n'avait pas la même résidence que le gouverneur de la Belgique ; il se tenait à Trêves, et le gouverneur à Reims. C'est vraisemblablement aussi à Trêves que devait se tenir le procurateur du patrimoine, qui. aussi bien
que le procurateur provincial, réunissait sous ses attributions les trois provinces.
De Gaule Timesithée retourne en Orient pour exercer, dans la province composée des trois districts de Bithynie, Pont et Paphlagonie, les fonctions cumulées de procurateur du patrimoine et de la rcs privata, et par intérim la procuratelle de l'impôt de douane appelé le Quarantième.
De là il passe en Asie pourvu à titre extraordinaire de la procuratelle de cette riche province . où régulièrement l'administration financière aurait dû être entre les mains, non d'un procurateur de l'empereur, mais d'un questeur, et il y gère par intérim les procuratelles de l'impôt du Vingtième des successions et de l'impôt du Quarantième , et , également par intérim , les fonctions de proconsul, c'est-à-dire de gouverneur de la province. L'Asie était une province du sénat, gouvernée, comme toutes les provinces du sénat, par un proconsul; elle était aussi, comme toutes les provinces du sénat, dépourvue de garnison, et le proconsul qui la gouvernait n'avait, quoiqu'ancien consul, que l'autorité civile; c'est pour cela que Timesithée, remplaçant temporairement dans ses fonctions le proconsul gouverneur de la province d'Asie, a pu être désigné comme fonctionnant vice proconsul! s, sans qu'il y ait eu lieu de substituer à ce titre celui de vice praesiàis.
Enfin, il revient daus la Gaule comme procurateur des deux provinces réunies de Lyonnaise et d'Aquitaine, terme de son active carrière au moment où lui a été élevée à Lyon une statue.
Il est remarquable que cette statue , dont le piédestal a été retrouvé dans une construction voisine de l'église St-Nizier, a été dressée sur le terrain de l'association des trois Gaules, et que ceux qui ont fait cet honneur à Timesithée, qu'ils qualifient de « patron », sont des personnages certainement de condition libre et même de condition élevée; l'un se dit de la cité des Arvernes. l'autre de celle des Médiomatriques. Ces deux étrangers
étaient vraisemblablement des députés à l'assemblée des très Galliae, et Timesithée était le patron, non pas de ces hommes, mais des deux cités qu'ils représentaient comme députés et au nom desquelles ils agissaient.
A la haute situation de procurateur provincial de la Lyonnaise et de l'Aquitaine ne s'est pas bornée la vie politique de notre personnage, car on sait qu'il n'est autre que le célèbre préfet du prétoire, beau-père de l'empereur Gordien le Pieux. Il est ce vertueux et habile ministre, qui, par son amour du bien et par ses éminentes capacités militaires et administratives, fit du règne d'un prince à peine sorti de l'enfance un des règnes les plus prospères et les plus glorieux du troisième siècle. Les historiens qui ont parlé de lui : Capitolin, Zosime, Zonare ne le nomment que par son surnom, et celui d'entre eux qui donne ce surnom de la manière la moins inexacte (Capitolin, Gord., 24 à 28) l'appelle Misithèe, dénomination à la fois grotesque et absurde, mais qui , par cela même qu'elle est ridicule, peut très bien avoir été un sobriquet populaire qui lui aura été donné de son vivant et sera ensuite tellement passé en usage que son biographe l'aura pris pour le nom véritable. Outre que la femme de Gordien le Pieux se nommait Flirta Sabinia et avait ainsi précisément les noms de notre Furiits Sabinius Timesitbeus son père, un fragment, autrefois copié à Rome, mentionnait un préfet du prétoire du nom de Timesitbeus et parlait, à ce qu'il semble, d'un portions major, dont il est question dans Capitolin (31) comme ayant été entrepris sous Gordien le Pieux (C. I. L., VI, 161 1).
Timesithée doit avoir commencé sa carrière sous Caracalla ou même sous Septime Sévère. Sa mission en Palestine se place, comme on l'a vu, soit en 217 tout de suite après la mort de Caracalla, soit au début du règne d'Heliogabale en 218 ou 219. La procuratelle de la Lyonnaise et de l'Aquitaine aura été exercée sous Sévère Alexandre, dont le règne a duré de 222 à 235, et
aura ainsi précédé de quelques années son arrivée en 241 à la préfecture du prétoire, intervalle peut-être rempli par quelqu'une des hautes préfectures, celle de l'annone par exemple, qui ordinairement s'obtenait à la suite de cette importante procuratelle. Il maria sa fille au jeune Gordien vers la fin de 241, en même temps qu'il était nommé préfet du prétoire. Il est mort dans l'exercice de cette préfecture, en 243.
Capitolin (Gord., 27) rapporte de la manière suivante et évidemment fautive une inscription qu'à la suite d'un refoulement des Perses, qui avaient envahi l'Asie Mineure et la Syrie, le sénat aurait décernée au ministre du jeune empereur : MISITHEO | EMINENTI VIRO | PARENTI PRINCIPVM | PRAETORII PRAE- FECTO ET TOTIVS VRBIS | TVTORI REIP- | S • P • Q- R- VICEM REDDIDIT. M. Hirschfeld (Adm. rom., p. 237) pense qu'elle pourrait être ainsi rectifiée : [C. Furio Sabinio Aquilae 7/]M[e] SITHEO EMINENTI[ssmo] VIRO PARENTI PRINCIPVM. PRAE- TORII TOTIVS [o]RBIS, [/rs//]TVTORI RE\P[i/biicae], SENATVS POPVLVSOVE ROMANVS VICEM REDDIDIT. On n'aperçoit pas, selon lui, la nécessité de la suppression des mots totius Urbis, ni de l'insertion du mot praefecto à la suite de praetorii proposées par de Saumaise. L'énoncé de l'emploi de Timesithée n'a pas dû prendre place dans une inscription de ce genre, et le titre de parens praetorii et totius orbis peut, quoique sans autre exemple connu, se justifier par des titres analogues portés par des impératrices, par exemple celui de mater Aiigusti et castrorum et senatus et patriae et universi generis humani qu'a eu Mammée et celui de parens rcipublicae que l'on trouve à Valérien. La correction d'urbis par orbis avait déjà été reconnue par Casaubon .
Remarquer dans l'inscription de Lyon l'orthographe Litgudiinensis, contraire à l'affirmation de Dion Cassius (46,50), d'après laquelle cette forme n'était plus en usage au temps de Sévère Alexandre, et avait fait place à la forme contracte Lugdunensis.
Autel à Apollon par un procurateur.
Au-dessus du bassin au milieu de la cour. — Autel avec base et couronnement; « trouvé en 1768 près de la cathédrale, en « creusant les fondations de la nouvelle MANÉCANTERIE » (De Boissieu). au quartier SAINT-JEAN; entré au commencement du siècle au Musée; il était alors en la possession de M. Macors, pharmacien, qui l'avait acquis et déposé dans son jardin de la rue Sarron, au quartier de Perrache, devant sa mosaïque des jeux du cirque (Artaud, Comarmond). — Hauteur o m. 90: du dé o m. 52, largeur o m. 45.