S I L VA NO
AVG VSTO
M-AEMILIVS
LAETVS
5 A-STVDllS
AVGVSTI
DICAVIT
Lettres de forme remarquablement belle.
De Boissieu, p. 43. — Comarmond, Description, p. 371, pi. 16; Notice, p. 134. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 24. — Dissard, Catalogue, p. 97.
Silvano augusto, M. Aemilius Laetus, a studiis Augusti, dicavit.
« A Silvain auguste, Marais Aemilius Laetus, secrétaire aux « études de l'empereur, a dédié cet autel ».
Le secrétariat a studiis n'apparaît pas avant Claude; vraisemblablement il aura été créé par ce savant et studieux empereur, et alors confié à des affranchis. Spon rapporte, dans ses Miscellanêes (p. 211), une inscription de Rome au nom d'un Tiberius Claudius Lemnius, affranchi de l'empereur Claude et son secrétaire a studiis.
Cet office est ensuite mentionné fréquemment et devient une fonction équestre, exercée dès avant la fin du troisième siècle par un magister du titre de « perfectissime » et aux appointements de trois cent mille sesterces, c'est-à-dire environ soixante mille
francs. Il doit s'agir alors, non plus d'un simple secrétaire du prince pour ses études particulières, mais d'un directeur général de l'instruction publique, ayant au-dessous de lui comme auxiliaires des sexagenaril studioriim et des proximi a studiis. Ce haut poste disparaît au quatrième siècle, probablement après le transfert de la Capitale à Constantinople (voy. Hirschfeld, Adm. rom., p. 210, n. 2 et pp. 260 et 275).
L'autel dédié à Silvain par Laetus a été trouvé sur le penchant oriental de la colline de Fourvière, près du palais impérial romain, dont l'emplacement est aujourd'hui occupé en partie par l'hospice de l'Antiquaille. Claude était né dans ce palais. Sa mère, son père, son oncle, son neveu, sans parler d'Auguste, y avaient fait de plus ou moins longs séjours. On sait qu'entre autres ouvrages. Claude, épris d'une passion malheureuse pour les belles-lettres, avait composé quarante-trois livres d'annales et écrit sa propre biographie formant huit volumes de mémoires. On n'aperçoit pas facilement quel empereur autre que Claude pourrait avoir eu à Lyon un secrétaire pour ses études.
Epitaphe d'un préposé à l'exploitation des mines de fer.
Arcade XXX. — Cippe dont la base et le couronnement ont été retaillés à fleur du dé ; employé, au siècle dernier, « dans la « construction de la corniche du premier étage du couvent « des GÉNOVÉFAINS, aujourd'hui le Refuge Saint-Michel, près « de l'église SAINT-IRÉNÉE » (Comarmond); extrait de là et
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transporté au Musée par Artaud, avant 1 8 1 6. — Hauteur i m. 50, du dé o m. 92, largeur o m. 70.
MEMORIAE AVRELI • CAc CILIANI-PRÀ* POSITI-VECTIG ALIVM POSVI/ EPICTETVS ALVMN VS
Il n'y a pas place, au commencement de la seconde ligne, pour une lettre avant le mot AVRELI.
Artaud, Notice, 1816, p. 5. — De Boissieu, p. 272. —
Comarmond, Description, p. 11; Notice, p. 5. — Spon, éd. 1857,
p. 310, note de Renier. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 2. — Dissard, Catalogue, p. 97.
Memoriae Aurelii Caeciliani, praepositi vectigalium, Epictetus, alumnus.
« A la mémoire d'Aurelius Caecilianus, préposé à l'exploitation « des mines de fer, Epictetus, son élève, a élevé ce tombeau ».
Pris dans l'acception générale, le mot vectigal s'appliquait à tous les impôts ; mais on le trouve employé sur une autre inscription de Lyon (Maffei, Gall. ont., p. 67; de Boissieu, p. 277), pour désigner particulièrement le produit d'une mine de fer : Spleiididissimum vectigal massae ferrariarum Memmiae Sosandridis quod agitur sub cura [Aurelii] Nerei sd[cii ve]ctigalis. Renier (dans Spon, p. 310) pense que c'est des mines de fer qu'il s'agit ici. et que Aurelius Caecilianus a été chargé de diriger pour le
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compte de l'Etat l'exploitation de quelques-unes ou de l'ensemble des mines situées dans la circonscription du procurateur provincial de la Lyonnaise et de l'Aquitaine.
Epictetus, par qui le tombeau a été dressé et que l'épitaphe qualifie d'alumnus, était un enfant-trouvé qu'Aurelius Caecilianus avait recueilli et élevé. Il n'avait auprès de son bienfaiteur, ainsi que la forme de son nom le fait voir, que la condition d'esclave. Telle était, du reste, la condition légale ordinaire des enfantstrouvés. Trajan, en réponse à une lettre de Pline (Ep. X, 71, 72), décide qu'on ne devra pas refuser la liberté à ceux qui, étant nés libres, la réclameront. Une loi du code Théodosien (V, 6, 1) de l'an 331, permet au maître d'un enfant abandonné de le traiter selon son gré, comme fils ou comme esclave.
Le texte ne commençait peut-être pas par le mot MEMORIAE ; on lisait probablement sur l'attique ou sur le bandeau de la corniche, aujourd'hui disparus, les sigles D M et le mot ET.
Epitaphe d'un Lyonnais, membre des cinq décuries de juges.
Arcade LI. — Grande pierre oblongue, retaillée à gauche, présentant la partie supérieure d'un ensemble composé de deux pierres primitivement pareilles et superposées; trouvée « en 1844 « dans la Grande-Rue de VAISE sous le sol de la voie publique » (Comarmond). L'inscription était renfermée dans un encadrement
de moulures. — Hauteur o m. 48. longueur 1 m. 73 ; hauteur à l'intérieur du cadre o m. 37. longueur 1 m. 50.
C • AVCIVS • C • FlL • GAL • MACRINVS OMNIBVS • HONORIB ■ IN ■ COLONIA FVNCTVS • ADLECTVS • ROMAE • IN quiNQVE ■ DECV/TAS • VlVOS • SIBI
Toutes les lettres de la quatrième ligne réduites à un très petit reste de leurs extrémités supérieures ; accents sur le second O de HONORIB et de COLONIA, sur le premier V de FVNCTVS, sur l'E de ADLECTVS. sur l'O et l'E de ROMAE. sur l'A de DECVrIAS.
De Boissieu, p. 163. — Comarmond, Description, p. 287;
Notice, p. 105. — Monfalcon, Supplément à Spon, éd. 1857,
p. 321. — Bernard, Autel d'Auguste, p. 78. — Dissard, Catalogue, p. 113.
C. Aucius, Caii filius, Galeria, Macrinus, omnibus honôribus in colônia fûnctus, adlèctits Rômac in quinque decuriâs, vivos sibi.
« Caius Aucius Macrinus, fils de Caius (Aucius); de la tribu « Galeria, promu dans sa colonie à tous les honneurs munici- « paux, admis à Rome dans les cinq décuries, a, de son vivant, « élevé ce tombeau pour lui-même et ».
Les cinq décuries dans lesquelles Aucius Macrinus fut admis à Rome sont celles qui composaient l'ordre judiciaire, partagé depuis Caligula en cinq classes de juges appelées décuries.
Peu d'institutions romaines ont subi autant de variations. Le principal motif de ces changements paraît avoir été, dès le prin-
cipe, l'impunité que les sénateurs, ayant seuls droit sous la République au gouvernement des provinces, trouvaient d'une manière assurée auprès de tribunaux composés d'hommes de leur Ordre, pour les exactions par eux commises dans leurs gouvernements. De là les ardents efforts du parti populaire pour introduire des chevaliers et des plébéiens dans la judicature, et de là aussi l'acharnement du parti aristocratique à ne pas se laisser déposséder de son privilège. Après bien des oscillations, qui du sénat, auquel d'abord elle appartenait exclusivement, la transportèrent à l'Ordre équestre, puis la partagèrent entre les chevaliers et les sénateurs, puis la rendirent aux chevaliers, puis de nouveau aux deux Ordres , puis encore aux sénateurs , la judicature se composait, à Rome, dans les derniers temps de la République, en vertu d'une loi Aurélia de l'an 70 av. J.-C, de trois décuries : une de sénateurs, une de chevaliers, la troisième de plébéiens avec le titre de tribuns de Xaerarium. César (Suétone, 41), en l'an 46, les réduisit à deux par la suppression de la dernière; mais, deux ans plus tard, Antoine substitua à celle-ci une décurie de centurions et de vétérans, qui fut de courte durée (Cicéron, Phil., 1, 8; 5. 5. 6; 13, 2, 3). Une troisième décurie, probablement celle des tribuns de Xaerarium, doit néanmoins avoir été rétablie, puisqu'on apprend de Suétone (Aug., 22) : « qu'aux trois décuries existantes, Auguste ajouta une quatrième, « composée de citoyens d'un cens inférieur pour juger les causes « de minime importance ». Ces derniers juges étaient appelés Juceuarii, c'est-à-dire au cens de deux cent mille sesterces, en distinction du cens des décuries supérieures : de trois cent mille sesterces pour celle des tribuui aerarii, de quatre cent mille pour celle des chevaliers, et de huit cent mille d'abord, puis de un million deux cent mille, pour celle des sénateurs. Ces quatre décuries ayant peine à suffire à leur tache, Caligula (Suétone, 16) en institua une cinquième pour leur venir en aide, et le nombre en resta là. Galba refusa d'en créer une sixième.
On apprend de Pline (33, 1, 7) que chaque décurie se composait d'environ mille membres. La fonction de ces juges était annuelle, et leur rôle, analogue à celui des jurés modernes, consistait à déclarer par voie de vote individuel, après audition des débats, s'il y avait lieu d'absoudre ou de condamner. D'après la majorité des votes, le magistrat président prononçait la sentence.
Une inscription, trouvée à Vaise (Spon, Miscell., p. 172), nous fait connaître le nom du père de notre personnage : Dits Manibtts C. Ancii, Gai (cria), Céleris, seviri aitg(ustalis) ; C. Audits Macrintts patri. 11 ressort de cette épitaphe, aussi bien que de celle de Macrinus et de plusieurs autres inscriptions de Lyon, que la tribu dans laquelle étaient inscrits les Lyonnais était la tribu Galeria,
Inscriptions contenues dans les paragraphes précédents.
Ci-dessus n° 12. — Lucius Vestinus, equestris ordinis ornamentuiii, employé par Claude à l'administration de ses affaires privées, sans doute comme procurateur ; le même, à peu près certainement, qu'un Lucius Julius Vestinus qu'on sait avoir été préfet d'Egypte sous Néron, en l'an 60, et le même aussi que le chevalier Vestinus chargé, en l'an 70, par Vespasien, de rebâtir le Capitule.
Ci-dessus n° 14. — Le préfet du prétoire Plautien, qui devint sénateur dans le cours de sa préfecture, mais n'était d'abord que chevalier.
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Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.
Statue élevée à un procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine, peut-être ensuite préfet d'Egypte. — Inscription incomplète (De Boissieu, p. 251), « autrefois dans la muraille de la ville « au-dessus de SAINT-GEORGES en allant à Saint-Just », au nom d'un [.... F]l(avius), T(iti) fil(ius), 0(uirina), Titianus, [pr]oc(urator) Ang(usti) provinciar(um) [Lujg(dunensis) et Aquitanicae, proc(urator) [pa]trimonii, proc(urator) pro\yinciae Ga\lat\ia\c,
proc(urator) pro[vùtciae ] — Renier, à qui sont dues les
restitutions des parties manquantes (voy. Spon, Rech., éd. 1857, p. 126), a réuni plusieurs personnages des noms de Flavius Titianus, parvenus à de hautes fonctions équestres ou sénatoriales, même une impératrice : Flavia Titiana, femme de Pertinax, qui tous ont certainement appartenu à une famille liée de quelque manière à celle de Vespasien. Un Titus Flavius Titianus, préfet d'Egypte, est mentionné sur une inscription de l'an 126 gravée sur un des pieds de la statue de Memnon (C. I. Z... 111, 41); un autre Flavius Titianus sur une inscription de l'an 166 trouvée près du grand sphinx (C. I. G., 4701), et, plus explicitement avec le prénom dé Titus et le titre de préfet d'Egypte, sur une inscription de l'an 164 qui se voit près de la pyramide de Giseh (Ibid., 4831 b); un autre Titus Flavius, passé de la carrière des fonctions équestres dans celle des fonctions sénatoriales, a été légat impérial de l'Espagne Citérieure sous Septime Sévère et Caracalla, et ensuite proconsul d'Afrique (C. I. L., II, 4076 et 41 18); un quatrième Flavius Titianus, procurateur d'Alexandrie, a été tué
sous Caracalla en 215 ou 216 (Dion, 77, 51). Renier a cru pouvoir reconnaître dans le premier le père de notre personnage, et dans le second notre personnage lui-même devenu préfet d'Egypte à la suite de la procuratelle de la Lyonnaise et de l'Aquitaine, chemin ordinaire pour arriver soit à la préfecture de l'annone, soit au gouvernement de la province d'Egypte, et on devra aussi l'identifier avec un Titianus cité par Lucien parmi les officiers qui firent en dernier lieu la guerre de Lucius Verus contre les Parthes, terminée en 165. L'impératrice Flavia Titiana était probablement sa nièce, et le Flavius Titianus, légat impérial de l'Espagne Citérieure, vraisemblablement son fils.
On trouve encore à la fin du troisième siècle plusieurs membres de cette même famille : un Titus Flavius Postumius Varus (C. I.L., VI, 141 6, 141 7), consul suffecius d'une année inconnue, légat de Bretagne, préfet de Rome en 271; un Titus Flavius Postumius Titianus (VI, 14 1 8, 141 9), curator coloniae splendidissimae Uigdunensium, consul en 301, préfet de Rome en 305, peut-être frère du précédent, difficilement cependant à cause du laps de temps qui sépare leurs préfectures, l'un et l'autre petits-fils par leur mère d'un proconsul d'Asie (VI, 141 6) nommé Marcus Postumius Festus, dont ils avaient joint le nom au leur. On peut encore ajouter, mais sans époque déterminée, un Flavius Titianus procurateur impérial de la province de Norique (III, 5164, ^172), et un Titus Flavius Titianus, tribun légionnaire en Bretagne (VII, 431. 440).
Statue élevée par les Lyonnais à un procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine. — Fragment (De Boissieu, p. 286), autrefois à FOURVIÈRE dans la collection de Langes, restitué par Renier (Spon, Recb., éd. 1857. P- 3°3) d'après une inscription de Rome (C. I. L., VI, 1620) relative au même personnage : C. Iunio, Cf.. Quirina . Flaviano , proc(uratori) proviiiciariim Litgitdiineiisis et Aquitankae , proc(uratori) bereditatiimi , proc(nratori) provinciac
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Hispaniae Citer ioris pcr Astnriam] ET CALLEC(iam), PRO[r (1/ raton) provinciae Alpiitm] MARlTIMARf/////J, PRO[magistro] X[x hereditatinm , fri]B(itno) [niii(itnni)] LEG(ionis) VII [Geminae, pontifia, Z.//JGVDVNENSES. — L'inscription de Rome qui a fourni les éléments de la restitution de ce fragment nous montre Junius Flavianus élevé successivement, après sa procuratelle des provinces réunies de Lyonnaise et d'Aquitaine, aux hautes fonctions équestres de procurâtes a ratiouibns et de préfet de l'annone. La première de ces deux dernières charges ne peut avoir été exercée avant le règne d'Hadrien ; c'est en conséquence des réformes administratives d'Hadrien que, les grands services de la cour ayant été retirés aux affranchis pour être confiés à des chevaliers, le préposé à la direction générale des finances prit le titre de procurator a ratiouibns au lieu du titre plus simple de a ratiouibns jusque-là en usage. C'était la plus haute des procuratelles et la seule, au second siècle, qui comportât un appointement de trois cent mille sesterces, environ soixante mille francs (Hirschfeld, Administ. rom., pp. 32 et 259). On ne sait pas quel était l'appointement du préfet de l'annone ; il devait être au moins de quatre cent mille sesterces, quatre-vingt mille francs (p. 259, note 1). Déjà il y a eu l'occasion de dire que le traitement du procurateur de la Lyonnaise était de deux cent mille sesterces, quarante mille francs (p. 261, note 1). Celui du procurateur des Alpes Maritimes ne devait pas dépasser cent mille sesterces, vingt mille francs.
Ni le titre de procurator a ratiouibns ni celui de praefectus annonae ne figurent sur l'inscription de Lyon; c'est que la statue dont les Lyonnais ont honoré Junius Flavianus a été élevée dans l'intervalle compris entre sa gestion de procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine et sa promotion à la direction des finances de l'empire.
Statue élevée à un procurateur des mines de fer. — Fragment (De Boissieu, p. 276). présentant la partie supérieure d'un piédes-
tal, engagé extérieurement dans le mur de l'abside de l'église SAINT-JEAN, derrière un contrefort qui n'en laisse voir que les cinq premières lignes : Attio Akimo\, v(iro) è(gregio), proc(itratori) ferrarûànim ; Cogitatinius IuYvenis, b(cne)f(iciarins) leg(ati)
leg(ionis) I / M(inerviae) [Alexandrianae], patrôno
Attius Alcimus, que cette inscription qualifie de procurateur des mines de fer, sans désignation plus précise, était sans doute procurateur de l'ensemble des mines de fer de toute la province Lyonnaise ou peut-être plutôt de la Lyonnaise et de l'Aquitaine, très souvent réunies sous les attributions d'un seul procurateur provincial, dont le procurateur des mines devait être le subordonné. La Lyonnaise n'était pas un pays riche en mines de fer; l'Aquitaine, au contraire, en possédait beaucoup. Le titre de vir cgregius, que porte Alcimus, lui assigne une époque non antérieure à Septime Sévère; c'est du règne de ce prince que date la création de ce titre', donné comme marque officielle de leur rang aux chevaliers pourvus de procuratelles (Hirschfeld, Adm. roui., p. 273). D'un autre côté, la présence d'accents sur plusieurs lettres : sur chacune des sigles V E, sur le second A de FERRAR1ARVM, sur le second I de COGITATIN1VS. sur le premier O de PATRONO, interdit de chercher beaucoup au-dessous des Antonins le motif du martelage de la partie de la sixième ligne qui vient après les mots / Minerviae. Cette partie érasée intentionnellement dans l'antiquité devait contenir un de ces surnoms souvent accordés aux légions à partir de Caracalla en l'honneur de l'empereur régnant, et ensuite effacés si la mémoire de l'empereur venait à être frappée de proscription, ce qui, pour la période à laquelle peut se rapporter l'inscription d'Alcimus, a été le cas des empereurs Géta, Macrin, Diaduménien, Héliogabale, Sévère Alexandre, Maximin et du césar Maxime. De ces princes, Sévère Alexandre est de beaucoup celui qui s'est le plus attaché à s'affectionner l'armée au moyen de ces surnoms honorifiques, et celui aussi envers qui l'arrêt de proscription a été exécuté avec le moins de rigueur. La plupart
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des légions, notamment celles du Rhin, dont faisait partie la Première Minervia cantonnée dans la Germanie Inférieure, ont porté en son honneur les surnoms de Severiana Alexandriana ou simplement l'un des deux. Celui de Severiana, peut-être parce qu'il pouvait également s'appliquer à Septime Sévère, a été ordinairement épargné, tandis que celui à' Alexandriana a souvent seul été martelé. Les surnoms effacés qui rappellent d'autres empereurs se rencontrent rarement et dans des contrées éloignées de la nôtre. 11 y a donc toute apparence que le mot disparu sur l'inscription de Lyon ne peut avoir été que le surnom Alexandriana.
Comme procurateur des diverses mines de fer disséminées dans l'étendue de la Lyonnaise ou de la Lyonnaise et de l'Aquitaine, Attius Alcimus appartenait à la catégorie des fonctionnaires centenarii, c'est-à-dire rétribués à 100.000 sesterces (Hirschfeld. Adm. rom., p. 263).
La statue qui le représentait avait été élevée par un simple sous-officier de la légion Minervia, ancien beneficiarins du commandant de cette légion. Il remplissait à Lyon, après sa retraite obtenue, auprès de notre procurateur, peut-être quelque fonction bureaucratique.
Poids faisant autrefois partie du mobilier du bureau du procurateur des mines de fer de la Lyonnaise. — Cône tronqué en marbre à pourtour convexe, pourvu au milieu de sa face supérieure d'un entaille carrée, large et peu profonde; du temps de Maffei (Gall. ant., p. 67) « dans une maison située sur la colline de « FOURVIÈRE »; retrouvé en 1875 dans un puits à Saint-Just et actuellement en la possession de M. Etienne Récamier, avocat. L'inscription est gravée sur le pourtour du marbre et le remplit entièrement. Maffei supposait que le marbre avait été brisé et que primitivement il devait avoir la forme d'un cône pointu. De Boissieu (p. 277) a cru. d'après cette explication, qu'il aurait été
suspendu par la pointe pour servir d'enseigne. — Hauteur o m. 18; diamètre en haut o m. 24, en bas om. 29. Largeur de l'entaille o m. 04, profondeur o m. 02.
scVERO ALEXjNDRO PIO Vclice aug. Il
ET • AVFIDIO MARCELLO II COS MAirix cxacta.
SPLENDIDISSIMI VECTIGAL1S MASSAE FERRARIARM
MEMMIAE SOSANDRID1SC-F- QVODAGITVRSVBCVRA//
aurelii «EREI SOC/» t^CTIGALIS
L'V et L'M de FERRARIARVM liés en un monogramme. La restitution MAtrix conseillée par M. Hirschfeld. La dernière ligne, plus complète du temps de Maffei. se lisait : AVRELI NERE1 SOC . . . VECT1GALIS.
« Sous le consulat de Sévère Alexandre pieux heureux Auguste, « et d'Aufidius Marcellus, consuls pour la seconde fois. — Poids- « matrice contrôlé, à l'usage de la splendidissime exploitation « de la mine de fer de Memmia Sosandris, femme clarissime : « exercée sous la gérance d'Aurélius Nereus. sociétaire de ladite « exploitation ».
Il n'y a pas à douter que le marbre autour duquel est gravée cette inscription n'ait été un poids. Sa forme en tronçon de cône est tellement caractéristique qu'il suffit de le voir pour acquérir immédiatement la certitude qu'il ne peut avoir été fait pour aucun autre usage. Ce poids, officiellement contrôlé et légalisé à la date qui s'y lit. c'est-à-dire de l'an 226, répondant au second consulat de l'empereur Sévère Alexandre avec Lucius Aufidius Marcellus, consul aussi pour la seconde fois, et l'un et l'autre consuls ordinaires de l'année, était, croyons-nous, destiné spécialement à peser, au bureau du procurateur des mines de fer de la Lyonnaise, les lingots fournis à l'Etat à titre de redevance en nature par la mine de Memmia Sosandris, et devait corres-
FONCTIONS EQUESTRES ICI
pondre au poids minimum exigé pour chacun de ces lingots. Il parait avoir été fait à destination d'emploi à demeure, car l'entaille pratiquée au milieu de la face supérieure est beaucoup trop large et en même temps beaucoup trop peu profonde pour avoir pu servir au scellement d'un anneau, et semble avoir été plutôt propre à contenir, outre du plomb fondu, une plaque probablement de bronze sur laquelle devait se lire un chiffre indiquant sa valeur pondérale. Approximativement, ce cylindre de marbre pouvait peser au moins une quarantaine de nos livres.
Memmia Sosandris, qualifiée de femme clarissime, c'est-à-dire appartenant à l'Ordre sénatorial , était vraisemblablement une parente de celle des femmes de Sévère Alexandre qui avait, ainsi qu'elle, le nom de Memmia (Lampride. Alex., 26).
Inscriptions étrangères.
Un procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine. — Caius Minicius Italus (inscr. à Aquilée, C. /. L., V. 875), procurator provinciarum Luguduniensis et Aqtiitanicae , item Lactorae , en l'an ios, ensuite préfet de l'annone, puis préfet d'Egypte.
Un procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine. — Tiberius Claudius Secundinus Lucius Statius Macedo (inscr. à Aquilée ; C. /. L., V, 867), procurator provinciarum Lugdunensis et Aquitanicae, ensuite a rationibus, et, à cause de ce titre, antérieur à Hadrien : puis préfet de l'annone.
Un procurateur de la Lyonnaise et de l'Aquitaine. — Cneus Pompeius Homullus Aelius Gracilis Cassianus Longinus (inscr. à Rome; C. I. L., VI, 1626), procurator Augusti provinciarum ditarum Lugudunensis et Aqiiitanicae, puis procurator Augusti a ratiouibus, et, d'après ce dernier titre, non antérieur à Hadrien.
Un procurateur des trois provinces de la Gaule. — Lucius Valerius Proculus (inscr. à Malacca ; C. I. L., II, 1970), procurator provinciarum trium [Galtia]ruiu, ensuite procurator a ratiouibus et préfet de l'annone en 144, sous Antonin le Pieux.
Un procurateur, sans doute de la. Lyonnaise et de l'Aquitaine.
— Lucius Valerius Julianus (inscr. à Rieti ; Renier dans Spon. p. 304).
Un procurateur, sans doute de la Lyonnaise et de l'Aquitaine.
— Badius Cominianus (inscr. de Thorigny ; voy. de Boissieu, p. 262), procurateur de la province; il remplit par intérim les fonctions de gouverneur de la Lyonnaise. L'inscription qui le mentionne est datée de l'an 238.
Un procurateur du Vingtième des successions. — Tiberius Claudius Candidus (inscr. à Tarragone ; C. /. L., II, 41 14), procurator XX hereditatiuin per Gallias Litgdunensem et Belgicam et utramque Germanium, sous Marc Aurèle ou Commode, et de là entré au sénat in ter tribunicios item praetorios sous Commode (voy. Bloch, Adlecti, p. 1 54).
Un procurateur du Quarantième des Gaules. — Priscus (inscr. à Antium ; Wilmanns, 1242), Augusti libertus, procurator IIII publicorum Africae et XXXX Galliarum, fonction exercée, non sans doute à Lyon, mais à Rome, par un affranchi impérial, et qui. à partir d'Hadrien, a dû devenir une fonction équestre.
Un vice-procurateur du Quarantième des Gaules : — Caius
Attius Alcimus Felicianus (inscr. de Tunisie; Wilmanns, 1295), vir perfectissimus , vice procuratoris quadragesimae Galliarum, probablement vers la fin du troisième siècle.
Un procurateur chargé de juger les contestations entre les fermiers du Quarantième des Gaules et les commerçants. — Sextius Martialis (inscr. d'Afrique, Bulletin èpigrapbique de la Gaule, 1884, p. 155), procurator inter mancipes XL Galliarum et negotiatores , fonction extraordinaire et probablement non antérieure à Marc Aurèle. Le bureau était peut-être à Lyon.
Un procurateur pour le recrutement des gladiateurs. — Lucius Didius Marinus (inscr. à Ancyre; C. /. L., III, 249), vir egregius, procurator familiae gladiatoriae per Gallias, Britannias, Hispanias, Germanias et Raetiam, non antérieur à Septime Sévère.
Un préfet des chariots de la poste. — Lucius Mussius Aemilianus (inscr. à Rome; C. /. L., VI, 1624), vir egregius, praefectus vebiculorum trium provinciarum Lugdunensis, Narbonensis et Aquitanicae, rétribué ad sestertium sexaginta milita, sous le règne des Philippes, en 247 ou 248.
Un autre préfet des chariots de la poste. — Anonyme (inscr. à Rome; C. /. L., VI, 1641), simplement dit praefectus vebiculorum per Gallias.
Un censiteur adjoint. — Lucius Dudistius Novanus (inscr. à Marseille; Wilmanns, 1258), adjutor ad census provinciae Lugudunensis. ensuite procurateur des Alpes Cottiennes.
Les inscriptions relatives aux fonctions inférieures nous montrent de nombreux employés des diverses branches des services publics.
Des appariteurs appartenant aux décuries de Rome. — Un scribe du questeur : Apidius Valerius (ci-après n° 29) , scriba lib(rarius) trium decuriarum quaestorius. — Un licteur : Acutus (ci-après n° 30), . . . , lictor ex tribus decuriis.
Des payeurs provinciaux. — Un payeur des dépenses du fisc dans la Gaule : Musicus (inscr. étrangère), .... dis.pens.ator ad fiscum Gallicum, esclave de Tibère. — Un autre : Felicianus (inscr. perdue), ex dispensatorïbus, esclave impérial. — Un autre encore : Faustus (ci-après n° 31), simplement dit aussi ex dispensatorïbus, et pareillement esclave impérial. — Un autre encore : Protoctetus (inscr. étrangère), qui s'intitule dispensator ad census provinciae Lugdunensis, esclave impérial comme les précédents.
Des attachés au gouverneur. — Un corniculaire : Gaius Geminius Artillus (ci-après n° 32), ex corniculario praesidis provinciae Litgdunensis, soldat légionnaire.
Des attachés au procurateur provincial : Un corniculaire : Quintus Marcius Donatianus (ci-dessus n° 22), eques, cornicularius ejus, soldat de cavalerie.
FONCTIONS INFÉRIEURES ÏÇ5
Plusieurs bénéficiaires. — Marcus Pontius Gemellus (ci-après n° 34), veteranus, . . . , ex bcneficiario procuratoris. — Titus Flavius Florus (ci-après n° 36), veteranus,, . . . , ex bcneficiario procuratoris,. — Gaius Mansuetius Tertius (ci-après n" 37), veteranus, . . . , [beneficiarius ou ex bcneficiario] procuratoris. — Julius Superinius Victor (ci-après n° 33), probablement un ancien militaire comme les précédents, simplement dit beneficiarius procuratoris. Suivant toute vraisemblance, ces bénéficiaires, tous anciens soldats des armées de la Germanie, ont rempli leur fonction pendant leur service militaire ; le procurateur auquel ils étaient attachés n'était peut-être pas celui de la Lyonnaise, mais plutôt celui de la Belgique et des deux Germanies.
Un greffier : . . . .nius Quart. . . . (ci-après n° 38), .... ab actis procuratoris provinciarum duarum Lugudunensis et Aquitanicae, soldat légionnaire. — Un autre greffier : anonyme (inscr. non entrée au Musée), . . . , [ex actis procuratoris provinciarum d]uarum Luguduuen[sis et Aquitanicae], soldat légionnaire. — Un autre :
Celerinius Fidelis (ci -après n° 39) exactus procuratoris pro-
vinciae Lugdunensis, soldat légionnaire également. — Un autre :
Pompeius Félix (inscr. non entrée au Musée) exactus
procuratoris.
Un employé aux écritures : Marcus Aurelius (inscr.
perdue), . . . , a commentants procuratoris provinciarum Lugdunensis et Aquitanicae, affranchi impérial.
Divers chefs ou employés de bureaux. — Un chef de bureau à la comptabilité provinciale : Marcus Ulpius Gresianus (inscr. étrangère), .... tabularius provinciarum. Lugudunensis et Aquitanicae, ensuite tabularius de la province de Lusitanie. affranchi impérial, probablement de Trajan. — Un autre : Marcus Ulpius
Fortunatus (ci-après n° 43), tabularius affranchi d'un
empereur, probablement aussi Trajan. — Un autre encore : Aurelius Hermès (inscr. perdue), simplement dit tabularius, affranchi impérial.
Divers chefs ou employés de bureaux du service du Quarantième des Gaules. — Un chef de bureau à la comptabilité du Quarantième : Quinctius (inscr. perdue), .... tabulariits quadragesimae Galliarum , affranchi impérial. — Un autre : Firmanus (inscr. perdue), . . . , quadragesimae Galliarum tabulariits. — Un autre encore : Festus (ci-après n° 40), . . . , tabulariits quadragesimae Galliarum, affranchi impérial. — Un esclave de la Compagnie : Vitalis (ci-après n° 41), sociorum publia quadragesimae servus. — Un autre esclave, contrôleur au bureau d'Avigliana à la limite des Alpes Cottiennes et de l'Italie, devenu ensuite par avancement caissier à Lyon : Pudens (inscr. étrangère). .... sociorum publia quadragesimae servus, contrascriptor finibus Cottii, arcarius Lugu-
dlllli.
Des chefs de bureaux du service des mines. — Un chef de bureau à la comptabilité des mines de fer : Aurelius Calocaerus (ci-après n° 42), tabulariits rationis ferrariarum, affranchi impérial. — Un autre : Appianus (ci-dessus n° 20), .... tabulariits rationis ferrariarum, également affranchi impérial.
Un employé du service de l'Hôtel de la Monnaie. — Un ajusteur : Nobilis (inscr. perdue) aequator monetae, esclave de Tibère.
Un employé du service de la prison. — Un porte-clefs de la prison publique de Lyon : Tib. Cl(audius) Chrestus (ci-après n° 45), clavicularius carceris publia Luguduni.
Un employé du service des aqueducs. — Un ingénieur : anonyme (inscr. perdue), .... librator aqiiarum, affranchi impérial.
Des employés du service de la poste. — Un courrier : Marcus Cornélius Rufinus (inscr. non entrée au Musée), civis Lugdunensis, tabellarius ejusdem civitatis, fonction peut-être municipale. — Un préposé aux relais : anonyme (ci-après n° 44), . . . , station arius.
Épitaphe d'un scribe du questeur, membre des trois décuries.
Arcade XXVII. — Cippe avec base et couronnement, découvert « en 1835 en creusant pour les fondations du nouveau PALAIS « DE JUSTICE » (De Boissieu), au quartier SAINT-JEAN ; « de « provenance inconnue » (Comarmond). Une ascia est gravée au-dessus de l'inscription sur la face antérieure du couronnement. — Hauteur i m. 07; du dé o m. 55, largeur o m. 38.
ET MEMORIAE AETERN APIDI • VALERI • SCRIBAE
LIB ■ TRIVM DECVRIA
5 RVM • QVAESTORI