‹ Inscriptions antiques (volume 3)Chapitre 36 sur 70 · TREBIA • DIGN A CON · texte numérisé non relu

TREBIA • DIGN A CON

IVGI • KARISSIMO • ET

HEREDES • EIVSDEM • API

DI • VALERI • APIDIVS 10 EVPHROSINVS • APIDI

VS • ZOTICVS • APIDIVS

HERMES • LIBERTI • PATRON

INDVLGENTISSIMO • P • C

ETSVB-ASCIA-DEDICAVER '

De Boissieu, p. 164. — Comarmond, Description, p. 224 et

pi. 11; Notice, p. 83. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 15. — Dissard, Catalogue, p. 98.

Diis Mauibus et memoriae aeternae Apidii Valerii, scribae librarii triuni decuriarum quaestorii; Trebia Digna conjugi carissimo et beredes ejusdem Apidii Valerii : Apidius Eupbrosiiius , Apidius Zoticus, Apidius Hermès, liber ti, patrono indulgentissimo ponendum curaverunt et sub ascia dedicaverunt .

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle d' Apidius « Valérius, scribe du questeur et membre des trois décuries; \< Trebia Digna à son époux très cher, et Apidius Euphrosinus, « Apidius Zoticus, Apidius Hermès, affranchis et héritiers du « même Apidius Valérius, ont élevé ce tombeau à leur patron « plein de bonté et l'on dédié sous l'ascia ».

Les scribes du questeur, scribae librarii quaestorii ou simplement scribae quaestorii, étaient spécialement chargés de la tenue de la comptabilité de Yaerarium et de la conservation des archives déposées dans le temple où Yaerarium était renfermé. Nommés par le questeur et à fonction d'abord annuelle mais renouvelable sans limite, ils étaient arrivés de bonne heure, comme aussi la plupart des autres appariteurs des magistrats de la Capitale, à conserver leur emploi à vie et même, s'il leur plaisait de se retirer, à avoir le droit de présenter leur successeur; à moins de cas d'indignité, le questeur était tenu de l'accepter.

Ils formaient, à Rome, une corporation partagée en trois décuries, ayant à leur tête six notables ou premiers d'entre eux, du titre de sexprimi. Par leur expérience pratique et leur fixité ils étaient les véritables administrateurs du trésor public bien plus que les questeurs, qui presque toujours étaient des jeunes gens et ne fonctionnaient jamais qu'une année. L'importance de leur service comme comptables et archivistes leur valait une grande considération : ils tenaient le premier rang parmi les appariteurs. Peu

d'entre eux n'étaient qu'affranchis ; ils appartenaient pour la plupart à l'Ordre des chevaliers.

Lorsque, au premier siècle de l'empire, l'administration financière eût passé des mains des questeurs dans celles de personnages sénatoriaux de rang prétorial, les scribes de ceux-ci continuèrent à s'appeler de leur ancien nom « scribes du questeur ». Alors, comme au temps de la République, chaque gouverneur de province sénatoriale, c'est-à-dire chaque proconsul, emmenait avec lui de Rome un questeur et deux scribes; au contraire, dans les provinces impériales, le légat gouverneur n'ayant aucun maniement des deniers publics et l'administration de ces deniers appartenant exclusivement à un procurateur de l'empereur, il n'y avait ni questeur ni scribes du questeur. La présence à Lyon d'un scriba librarius trium decuriarum quaestorius ne peut s'expliquer que par quelque circonstance étrangère à ses fonctions.

(Voy. Mommsen, Droit public, i, p. 331 et suiv.).

Epitaphe faisant mention d'un licteur, membre des trois décuries.

Arcade LX. — Table de marbre oblongue, brisée verticalement en deux fragments et incomplète à gauche, « retirée en 1856 du « lit du RHONE en face de la Manufacture des tabacs » (Martin- Daussigny), quartier de PERRACHE. L'inscription était renfermée

dans un encadrement sans moulures. — Hauteur o m. 48, largeur o m. 66; hauteur de la partie encadrée o m. 40.

• LIB a CVTO

seX- VIRO • LVGVD

sibi fecii ET • LlBERTlS • SVlS item conliB • TRYPHERAE

et CHO-LlCTORIEXÏÏÏDECVR

Lettres de bonne forme ; le B et le C à la première ligne et le B au commencement de la quatrième réduits à leur moitié inférieure ; l'X au commencement de la deuxième à l'extrémité inférieure de son second jambage ; CHO au commencement de la dernière avec H dimidiée; accents sur l'V de ACVTO et sur l'O de LICTORI.

Martin-Daussigny, n° 793 de son Registre d'entrées. — Monfalcon, dans Spon, éd. 1857, p. 365; Musée lapidaire, p. 2. — Dissard, Catalogue, p. 98.

liberto, Acùto, sexviro Lugiidunensi, sibi fecit

et liber tis suis, item collibertis Trypberae et , liclôri ex tribus

decuriis.

« A Acutus, affranchi de , sévir de Lyon; tombeau

« qu'il s'est préparé pour lui-même et ses affranchis et aussi pour « ses co-affranchis Tryphera et Diadochus (?), licteur des trois « décuries ».

Personne n'ignore que les licteurs, lictores qui magistratibus apparent, étaient des appariteurs qui marchaient devant les magistrats publics ayant droit à cette distinction , en portant des faisceaux composés d'une hache entourée de verges. Ils appartenaient presque tous à la classe des affranchis. Ils venaient en considération après les scribes et avant les viatores et les praecones,

et, de même que les uns et les autres, ils étaient parvenus dès longtemps avant l'Empire au droit de garder leur charge à vie et de la transmettre. Ils formaient à Rome une corporation divisée en trois décuries sous la prééminence de dix decemprimi. Dans les provinces, au contraire, il n'y avait pas de licteurs constitués en corporations et en décuries. Les magistrats qui y avaient droit à l'honneur des faisceaux se pourvoyaient de licteurs nommés par eux et seulement pour le temps de la durée de leurs fonctions. (Voyez Mommsen, Droit public, i, p. 339).

Il n'y a donc pas apparence que le licteur de notre inscription, membre des trois décuries, c'est-à-dire de la corporation des licteurs de Rome, ait fait partie de Yapparitio du légat impérial gouverneur de la Lyonnaise, bien que celui-ci eût droit à une escorte de cinq licteurs. On sait qu'Auguste , afin d'honorer le sénat dans le partage des provinces de l'Empire, limita à cinq le nombre des faisceaux des gouverneurs des provinces césariennes lorsqu'ils n'étaient que de rang prétorial, d'où leur vint plus tard le nom de quinquefascales, tandis que les gouverneurs proconsuls des provinces sénatoriales, lors même qu'ils n'étaient qu'anciens préteurs, avaient six faisceaux.

Epitaphe d'un esclave impérial payeur du fisc des Gaules.

Pilastre entre les arcades LVI et LV11. — Cippe avec base et couronnement, extrait en mars 1886 du puits de TRION, quartier

SA1NT-JUST. Une ascia renversée est sculptée en relief sur la face latérale droite du dé. — Hauteur i m. 80; du dé 1 m. 20, largeur o m. 59.

FAVSTI • QVOND

AVG VSTOR

EX DISPENSATO

RIBVS

AMETHYSTVS • VI KARIVS • EIVS

Lettres de bonne forme; les deux dernières lignes séparées des précédentes par un intervalle de o m. 49.

Allmer, Revue épigraphique, II, p. 199; Trion, p. 127. — Dissard, Catalogue, p. 99.

Diis Manibus Fausti, quondam Augustorum (servi), ex dispensatoribus, Amethystus vikarius eius.

« Aux dieux Mânes de Faustus, en son vivant esclave impé- « rial de la catégorie des payeurs, Amethystus son vicaire ».

La rédaction quondam Augustorum ne permet pas de savoir si Faustus a été l'esclave de plusieurs empereurs successivement ou de deux empereurs ayant régné en même temps. D'après l'âge des inscriptions retirées du puits de Trion pourvues d'indices chronologiques, il doit avoir appartenu au second siècle ou peut-être même à la dernière partie du premier. Les empereurs sous lesquels il a rempli, en qualité d'esclave impérial, les fonctions de payeur peuvent avoir été, s'il s'agit d'empereurs

collègues, Marc Aurèle et Vérus les deux premiers qui aient régné ensemble, ou Marc Aurèle et Commode, et, s'il s'agit d'empereurs successifs, plus vraisemblablement peut-être, à cause de la belle facture du cippe et de l'inscription, ceux de la dynastie de Vespasien ou les premiers princes de la dynastie de Nerva.

On connaît par une inscription de Rome (de Boissieu, p. 611) un autre dispensator de l'administration impériale à Lyon , dont les fonctions étaient sans doute les mêmes, mais dont le titre, plus explicite, était celui de dispensator ad fiscum Gallicum provinciae Lugdunensis. De même que Faustus, il appartenait à la domesticité impériale et était esclave de Tibère. Il dépendait donc uniquement de l'empereur et était au contraire indépendant du procurateur, qui, à cette époque comme probablement aussi à l'époque des empereurs sous lesquels exerçait Faustus, devait se restreindre au rôle de trésorier-receveur, mais n'avait pas à faire directement les payements des dépenses publiques de la province, cette partie du service étant réservée au dispensator impérial.

Il ne faudrait pas se faire de ces esclaves des empereurs une idée trop mesquine et se les figurer comme de minces et humbles subalternes par cela seul qu'ils étaient de condition servile. L'esclave de Tibère, dont nous venons de parler, étant allé à Rome, mourut en chemin, et nous lisons sur son tombeau les noms de ceux de ses esclaves : ex vicariis eius, qui l'avaient accompagné dans sa route : un acheteur, un boursier, un médecin, trois secrétaires, un préposé à la garde-robe, un valet de chambre, deux cuisiniers, deux argentiers, deux laquais, une compagne, en tout quinze personnes, ne formant qu'une partie de son personnel ordinaire de service. 11 ne paraît pas que Faustus ait eu un train de maison aussi fastueux; un seul viharins s'inscrit sur son épitaphe, et on peut mesurer, d'après le respectueux intervalle qui sépare dans le texte la partie relative à Faustus de celle qui se rapporte à son vicaire, toute la distance qui séparait dans leurs rapports habituels l'esclave chef de l'esclave subalterne.

Epitaphe d'un soldat légionnaire, corniculaire du gouverneur de la Lyonnaise.

Arcade LIX. — Cippe dont la base et le couronnement ont été retaillés et affleurés au dé; « trouvé en 1862 dans la SAONE, au « pont Nemours » (Martin-Daussigny), le pont qui a remplacé l'ancien PONT DU CHANGE. Une ascia est gravée au milieu de la première ligne de l'inscription entre les sigles D M. — Hauteur 1 m. 50; du dé 1 m. 15, largeur o m. 78.

D ascia M

ET MEMORIAE

AETERNAE

G • GEMINIO • ARTILLO

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