‹ Inscriptions antiques (volume 3)Chapitre 69 sur 70 · L'ARMEE DE MER · texte numérisé non relu

L'ARMEE DE MER

L'armée de mer était, de même que la garde du corps, considérée comme faisant partie de la domesticité de l'empereur. Jusqu'au temps de Claude, elle était composée d'esclaves; ensuite elle se composa en majeure partie d'affranchis et d'étrangers. C'est seulement au bout d'un service de vingt-six ans et moins rétribué que dans tous les autres corps que l'on y obtenait le droit de cité romaine.

Deux flottes pour la garde des côtes de l'Italie furent créées par Auguste, l'une à Misène : classis praetoria Misenensis, sur la mer Tyrrhénienne, l'autre à Ravenne : classis praetoria Ravennas ou Ravennatium, sur l'Adriatique ; chacune d'elles sous le commandement d'un praefectus , quelquefois simple affranchi mais ordinairement chevalier romain, et d'un subpraefectus.

Le praefectus n'était que de la classe des centenarii, c'est-à-dire aux appointements de 1 00000 sesterces, 20000 francs; le subpraefectus appartenait à celle du sexagenarii et était rétribué à 60000 sesterces, 12000 francs (Hirschfeld, Adm. rom., pp. 262 et 263).

L'armée de mer n'est rappelée, à Lyon, que par une inscription qui n'existe plus.

Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.

Préfet de la flotte de Ravenne. — Lucius Aemilius Sullectinus (inscr. autrefois au quartier SAINT-JUST, « en la rue de la Mon- « noyé auprès de la porte de l'hôtellerie du faulcon d'or »; dans « la RUE DU BŒUF, vis-à-vis un jeu de paume, à la base d'une « porte cochère »; voy. De Boissieu, p. 16), pracfectus classis Ravennatium . Il dédie un autel à Minerve.

Page 56.

Addition au quatrième alinéa :

Se montrent ensuite des dates par les noms des consuls des années 167, 172, 184, 190, 194, 197, 216, 221 et 243 (non 247).

Page 66.

Addition en continuation du premier alinéa :

On sait le nom de l'artiste par qui a été sculpté l'encadrement de feuilles de chêne du panneau occupé par la Table. On lit dans l'ouvrage de Natalis Rondot, les Mèdailleurs lyonnais, article Hendricy : « Le sculpteur Martin Hendricy fut chargé par le « Consulat en 1658 de poser les Tables de l'empereur Claude dans « le grand vestibule de l'Hôtel de Ville et de sculpter leur enca- « drement de pierre ».

Page 91.

Addition en continuation du deuxième alinéa

Tacite (Ann., XI, 14) parle aussi du corinthien Damarate et rapporte que les Etrusques lui attribuaient l'introduction chez eux des lettres de l'alphabet, tandis que les autres peuples de l'Italie s'en croyaient redevables à l'arcadien Evandre.

Page 98.

Addition en continuation du deuxième alinéa :

Un des principaux griefs que les accusateurs d'Asiaticus faisaient valoir contre lui était le dessein qu'ils lui prêtaient de chercher à exciter une révolte dans la Gaule en vue de s'élever au trône : « N'était-il pas le premier auteur du meurtre de Caligula? Ne s'était-il « pas fait de ce crime, avoué en pleine assemblée du peuple romain, « une gloire criminelle? Depuis ce temps, son nom était célèbre « à Rome, répandu dans les provinces; il se disposait à partir pour « les armées de Germanie : ad Germanicos exercitm. Né à Vienne, « soutenu par une parenté nombreuse et puissante, il soulèverait « sans peine des peuples dont il était le compatriote (Ann., XI, I).

De ce que Tacite dit a les armées de Germanie » au pluriel, quelques savants ont cru pouvoir conclure qu'Asiaticus avait été nommé au commandement des armées des deux provinces de Germanie. Cependant, depuis la fin du règne d'Auguste, au plus tard depuis le commencement de celui de Tibère, la Germanie romaine avait été divisée en deux provinces, précisément afin que le commandement d'une armée aussi considérable que l'était celle du Rhin, — huit légions alors, — ne fût pas entre les mains d'un seul chef. On se rappelle les appréhensions de Tibère pendant tout le temps que Germanicus se trouva à la tête de cette force militaire.

Qu'un empereur aussi timoré que Claude, si dénué de jugement qu'on se plaise à le supposer, soit revenu sur cette division pour faire de nouveau des deux Germanies une seule province, et ait donné à Asiaticus le commandement des deux armées, cela est absolument incroyable. Mais on s'explique facilement que, pour produire plus d'impression sur l'esprit du craintif et crédule empereur, les accusateurs d'Asiaticus ne se soient pas bornés à rappeler sa nombreuse et puissante parenté de Gaule, mais l'aient représenté lui-même comme s'apprêtant à aller suborner les armées de la Germanie. Puisqu'ils généralisaient sans articuler aucun fait précis, ils ne pouvaient autrement dire que « les armées » au pluriel, et ils se seraient d'ailleurs bien gardés de dire autrement. Bien loin qu'Asiaticus ait été nommé au commandement des deux armées réunies de la Germanie, très probablement n'avait-il pas même été nommé au commandement d'une seule.

Page 102.

Addition en continuation du deuxième alinéa :

A son tour, M. Hirschfeld examine, dans le volume du Corpus Inscriptionum laiinarum consacré à la Narbonnaise (XII, pp. 218, 219), la question de savoir si c'est d'Auguste ou de Caligula que Vienne a reçu le droit de cité romaine. 11 penche vers l'opinion de M. Mommsen : que le complément de civitas octroyé à Vienne entre le premier consulat d'Asiaticus et le discours de Claude est, non pas le droit Italique dont Vienne a été en possession au IIIe siècle, mais le droit de colonie romaine, reçu de Caligula vraisemblablement pendant le séjour de cet empereur en Gaule dans les années 39 et 40 de notre ère, et il trouve une confirmation de cette hypothèse dans le changement que subit, au premier siècle, la forme de la

constitution municipale de la colonie, où apparaissent comme premiers magistrats, sur les inscriptions les plus anciennes, des quattuorvirs, et, sur celles des temps suivants, des duumvirs. Claude aurait donc voulu dire par droit de cité romaine complet, le droit de citoyens romains accordé aux Viennois par son prédécesseur, et par droit de cité romaine incomplet le droit latin que Vienne avait depuis Jules César, et qui, étant un acheminement à la civitas, pouvait en être considéré comme un premier degré. Enfin Vienne se serait peut-être appelée Colonia Julia Augusta Florentin Viertna, au témoignage d'une inscription trouvée en Savoie, au village d'Arbin, et aujourd'hui perdue (Guichenon, Hist. généalogique de la maison de Savoie, p. 33 ; Allmer, Inscr. de Vienne, I, p. 91; Hirschfeld, C. XII, 2327); T. Pompeio, T. /., \Voltinia\, Albino, tribuno mil(itum) leg[ionis Vl\ Victricis, sub pro[curatori] provinc(iae) Lnsitaniae, [ii viro] i(ure) d(icundo) col(oniae) Jul(iae) Aug(ustae) Flor(entiae) V\iennae ?], Pompeia, T. fil-, Sextina [patri ? ]. C'est encore M Mommsen (Hermès, vol. 18, p. 181) qui, par une conjecture, « aussi probable qu'ingénieuse », a cru reconnaître dans cette

colonie Julia Augusta Florentin V , qu'on avait jusqu'à

présent cherchée en Italie, la colonie de Vienne, à laquelle pouvait, en effet, d'autant mieux convenir ce nom de Florentia que les deux colonies les plus voisines avaient des noms analogues ; l'une s'appelait Valentia, l'autre Lugudunum Copia. Toutefois, ce nom, si réellement il a été celui de Vienne, indiquerait une ancienneté plus grande ; il se rattacherait à un système de nomenclature employé pour les colonies antérieurement à l'empire et qui paraît n'avoir pas survécu à la République.

Mais quel pourrait avoir été le motif de Caligula pour accorder à Vienne le droit de cité romaine ? De la part d'un prince aussi prodigue et aussi insatiable que l'était cet empereur en démence, il ne faut sans doute songer ni à un acte de bienveillance envers les Viennois, ni à quelque noble désir d'étendre le nom romain ;

plus vraisemblablement, comme plus tard Caracalla lorsqu'il fit citoyens romains tous les sujets libres de l'empire, il aura simplement voulu battre monnaie aux dépens d'une cité réputée une des plus riches de la Gaule.

Page 241 . Addition en continuation du premier alinéa :

L'armée, sous l'ancienne République, était à peu près exclusivement composée de citoyens romains de naissance. Auguste apporta à ce principe deux innovations profondes : l'admission des noncitoyens comme auxiliaires et comme légionnaires. Par la première de ces innovations il introduisit dans la composition régulière de l'armée, comme second élément et plutôt égal qu'inférieur en nombre et en force aux légions, les corps dits « auxiliaires », composés exclusivement de non-citoyens et recrutés chez les peuples assujétis aux Romains; par la seconde il admit comme légionnaires des non-citoyens à qui était accordé, par le fait de leur entrée dans la légion, le droit de citoyens romains.

D'abord c'étaient l'Italie et les provinces de l'ouest qui fournissaient au recrutement des légions de l'Occident , et les provinces de l'est grec à celui des légions de l'Orient, toutefois avec de singulières inégalités ; tels pays sont , à ce qu'il semble , mis à contribution d'une manière excessive, tels autres paraissent laissés de côté presque entièrement, mais ces inégalités ne sont qu'apparentes; les provinces où le recrutement légionnaire ne se montre que faiblement, ou même pas du tout, sont justement celles qui pour celui des auxilia viennent en première ligne, et, vice versa, les provinces dans lesquelles il ne se fait pas de recrutement pour les corps auxiliaires, telles que par exemple les provinces du sénat, pourvoient d'une manière abondante au recrutement légionnaire. Puis bientôt deux importantes modifications se laissent apercevoir ;

à partir de Vespasien l'Italie est exclue du recrutement des légions, et à partir d'Hadrien les légions se recrutent dans les provinces où elles sont fixées.

Le motif de la détermination de Vespasien est facile à saisir. La tentative de s'emparer de la domination sur l'Italie avait été inspirée à l'armée du Rhin par l'excessive présomption de l'Italien, que son orgueil portait à se croire le maître absolu de l'empire. Que de pareilles tentatives ne se renouvelleraient plus, il n'y en avait aucune garantie; il y en avait une, au contraire, si, une fois pour toutes, l'arme était retirée des mains de l'Italien. Ce fut le grand acte de Vespasien d'avoir ramené le pouvoir militaire à l'obéissance et soumis de nouveau les chefs d'armée à l'autorité du gouvernement. Vraisemblablement aucune ordonnance ne fut rendue à ce sujet, mais tout simplement le gouvernement se sera abstenu de recruter en Italie.

Qu'Hadrien soit l'auteur de la conscription locale, la preuve en est acquise pour la légion en garnison en Afrique. Sans doute il aura étendu le même régime à tout l'empire, mais, comme cela se comprend de soi, sans rigueur absolue et dans la mesure du possible. Le recrutement de l'armée d'Afrique fut demandé à la Mauritanie; l'Egypte et la Syrie se suffirent; les deux Germanies, où stationnaient de fortes armées et où déjà le recrutement puisait très largement pour les anxilia, furent suppléées par les provinces voisines : les trois Gaules et la Rétie. Par suite de la conscription locale, les provinces parvenues à l'entier droit de cité romaine et dépourvues de garnisons : la Bétique, la Narbonnaise, l'Achaïe, l'Asie, toutes provinces sénatoriales, se trouvèrent laissées de côté. Des motifs d'économie et de simplification stratégique et administrative peuvent avoir dicté à Hadrien la réforme qu'il a introduite; mais il a eu certainement aussi d'autres raisons d'un ordre plus élevé; l'autorisation du sénat étant légalement nécessaire pour le recrutement dans les provinces qui lui appartenaient, Hadrien aura voulu soustraire le pouvoir impérial à son entremise.

non pas en le spoliant de ses droits, mais en ne lui laissant pas d'occasion de les exercer.

Exclus par Vespasien du service dans les légions, les Italiens avaient encore accès dans les corps de la garnison de Rome composés de citoyens romains, c'est-à-dire la garde prétorienne et la garde urbaine. Ce dernier refuge leur fut à son tour fermé lorsque Septime Sévère substitua aux anciens prétoriens une nouvelle garde extraite de l'élite légionnaire et dans laquelle apparaissent en majeure partie, entre autres barbares, des Africains, des Illyriens, des Syriens. La méfiance envers l'Italien est un fait très remarquable de la politique impériale.

D'abord, la garde prétorienne se recrutait presque uniquement en Italie, puis de soldats tirés des provinces les plus civilisées de l'ouest : la Macédoine, la Norique, la Pannonie, la Tarraconnaise, la Narbonnaise. la Dalmatie. Maintenant c'est l'inverse complète : plus est avancé en civilisation le pays dont on est originaire, plus on est réputé inapte à faire un soldat. Pour être enrôlé il faut être né barbare.

Ainsi, dans la garde par la brusque réforme de Septime Sévère excluant les Italiens, comme peu à peu dans les légions par l'admission dissimulée des non-citoyens pratiquée sur une échelle toujours de plus en plus large, l'armée en vient à n'avoir plus de romain que le nom ; les Thraces, les Pannoniens y jouent le premier rôle. Finalement la domination de l'empire tombe aux mains des barbares de l'Illyrie.

Voyez Mommsen, la Conscription sous l'empire romain.

Page 246.

Addition au tableau des légions :

La XVIe Gallica.

Page 384.

Correction au texte épigraphique, lignes 2 et 3 :

MIL LEG • XXX . . . lisez : Al leg ■ XXX.

Page 1