OMNIBVS • ET 5 GENIO • LOCI
TFLAVLATINIANVS PRAEFECT VS V I G I L V M
Greppo, dans la Revue du Lyonnais, IX, p. 20. — De Boissieu, p. 3. — Orelli - Henzen , 6754. — Comarmond, Description,
p. 268 ; Notice, p. 99. — Monfalcon, Suppl. à Spon. Recherche, éd. 1857, p. 324; Musée lapidaire, p. 17. — Dissard, Catalogne, p. 106.
Iovi optimo maximo depulsori et dits deabusque omnibus et Genio loci, T. Flavius Latinianus, praefectus vigiluni
« A Jupiter très bon très grand, protecteur contre les calami- « tés, à tous les dieux et à toutes les déesses et au Génie du « lieu, Titus Flavius Latinianus, préfet des vigiles ».
Il est difficile de décider s'il s'agit ici du préfet des vigiles de Rome ou du commandant d'un corps de vigiles de Lyon qui ne serait connu que par cette inscription. On ne comprend guère comment le préfet des vigiles de Rome, qui ne devait pas pouvoir s'absenter de la capitale, se serait trouvé à Lyon. D'un autre côté, on a. à Nimes par plusieurs inscriptions, l'exemple d'une institution de vigiles dont le chef avait le titre de praefectus vigiluni et ariuoruin. S'il est vrai, ainsi qu'il paraît l'être, que les centonaires aient été des sapeurs- pompiers et que le motif qui les rattachait, comme cela se voit souvent, aux fabri et aux dendrephores ait été le soin d'éteindre les incendies , il devient très vraisemblable que ces divers corps , qui existaient à Lyon , y auraient eu pour chef commun un praefectus vigiluni. Lyon, réduit en cendres sous le règne de Néron, a dû chercher à se préserver contre le retour d'un pareil fléau et organiser, sur le modèle de Nimes et de beaucoup de villes du nord de l'Italie, un service contre le feu.
L'invocation au Génie du lieu, à tous les dieux, à Jupiter deputsor, c'est-à-dire « Jupiter qui éloigne les calamités ». semble inspirée par la frayeur d'un sinistre encore récent. Peut-être est-ce le terrible incendie qui, dans le court espace d'une nuit, au dire de Sénèque (Ep., 91), « ne laissa d'une grande ville que la place ». On ne sait pas la date de cet incendie. La lettre de Sénèque
qui en parle dit qu'il eut lieu « cent ans après la fondation de « Lyon », c'est-à-dire alors en l'an de J.-C. 57; mais il n'est pas du tout certain que l'auteur ait voulu donner une date précise, et on croit savoir que la lettre a été écrite vers la fin de 63 ou en 64 (voy. Tillemont, Histoire des empereurs, I, p. 338). Sénèque est mort dans les premiers mois de 65.