‹ Inscriptions antiques (volume 4)Chapitre 22 sur 276 · ET M E N S I S · texte numérisé non relu

ET M E N S I S

Allmer. dans la Revue du Lyonnais, juin 1866. p. soi

Iv/ViXXJT^

Dessin de notre collègue M. Dissarcl.

in albis récessif, qui vixxit anuos XVI et mensis II.

« décédé in albis, à 1 âge de seize ans et deux mois. . . . ».

Le défunt anonyme de cette épitaphe est mort in albis, c'est-àdire avant d'avoir quitté les vêtements blancs qu'après avoir reçu le baptême il devait porter pendant huit jours. Le nouveau baptisé était dit, à cause de cela, albatus ou in albis positus, constitutus, ou simplement in albis. Pâques et la Pentecôte étaient les jours solennellement consacrés à l'administration du baptême. La semaine après Pâques s'appelait albae Paschales, et celle après la Pentecôte albae Pentecostes ; le dimanche de la Quasimodo se nommait dominica in albis depositis, dominica in albis, infra albas, post albas, dies depositionis albarum. Octo dies neopbytorum étaient les huit jours à partir du dimanche de Pâques.

En dehors de ces deux fêtes, le baptême n'était guère accordé que lorsqu'il y avait danger de mort. Ce fut vraisemblablement le cas du jeune homme de notre épitaphe, puisque nous le voyons mourir avant d'avoir déposé la robe baptismale.

Deux épitaphes seulement avec la mention in albis sont jusqu'à présent connues dans la Gaule : l'une à Cologne, l'autre celle de Lyon.

Vixxit — vixit, fautivement. Aniiits = amios. Mensis == tueuses. XC^ = XVI ; l'épisème (îzv, assez fréquent jusqu'ici, disparaît des inscriptions de Lyon avant la lin du sixième siècle.

Epitaphe de Bellausus.

Arcade XXXII. — Tablette de marbre, trouvée « aux Génové- « fains », quartier SAINT-IRÈNÉE ; « on la voyait encastrée dans » une des murailles de leur jardin » (Artaud), — Hauteur o m. 40, largeur o m. 27.

IN HOC TV NI VLO R EQV I ISCIT IN C RISTO 8ELLAV 5 SVS QVI VIXS

ET ANNOS XLII OBIT sTb NO NAS IVLIAS

Artaud, Notice des inscriptions antiques du musée de Lyon 1816, p. 12. — Millin', Voyage, I, p. 312. — De Boissieu, p. 597. —

Comarmond, Description, p. 6l ; Notice, p. 21. — Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gante, I. p. 67, pi. n° 10.

0 BITS BDNQ HA S ivuAi

Dessin de notre collègue M. Dissard : au-dessous, le Chrisme en forme de croix entre deux colombes.

/// hoc tiimnlo reqniescit in *Cristo Bellansns qui vixset annos XL!/ ; obit snb die nouas iiilias.

« Dans ce tombeau repose, dans le Christ, Bellausus, mort à l'âge « de quarante-deux ans, le jour des nones de juillet (7 juillet) ».

La formule in hoc tiunnlo reqniescit, par laquelle commencent cette épitaphe et celles qui suivent, est moins ancienne que celle qui débute par hic reqniescit ou hic jacet.

Bellansns = Bellosns.

Epitaphe de Prejecta.

Arcade XXXII. — Tablette de marbre, trouvée certainement

Lyon, mais de provenance précise non connue. — Hauteur o m. 29. largeur o m. 61.

IN HOC LOCO REQVI ESC ET IN PACE BONE MOIYIERIE PREIECTA QVI VIXIT ANNVS XXXV OVIET IN PACE-£> XII K SEPTEM BRIS

Artaud, Notice 1816, p. 40. — De Boissieu, p. 597, n° 59. — Comarmond, Description, p. 116. — Le Blant, I, p. 116; pi. n° 32.

TTHoC j.0 core av i ESCETl NPA CE BoHE M°ME RIE P REIECTA

avivix«iTANiivSxxxv QV 1 l 71 KJ PA CE «=> X ii K 5 EPTEMBRIS

Dessin de notre collègue M. Dissard : dans la marge à gauche, une palme entre deux colombes: en bordure au-dessous du texte. un rinceau.

/// hoc loco requiescet in pace boue momerie Pr éjecta, qui vixit a un us XXX y; oviet in pace XII kalendas sepiembris.

« En ce lieu repose en paix Prejecta de bonne mémoire, qui « a vécu trente-cinq ans et est morte en paix le 12 des calen- « des de septembre (21 août) ».

La défunte s'appelait Prejecta. non Preleda comme on a lu par erreur.

Prejecta, « jetée au rebut », nom à signification injurieuse dénotant une basse origine.

in pace, formule empruntée aux Juifs. L'état habituel d'exalta-

tion fanatique et de tension presque furieuse dans lequel vivaient les Juifs leur faisait envisager le repos comme l'idéal de la félicité.

M. Le Blant remarque que l'expression locus, pour iitmiilus, est fréquente sur les inscriptions des Catacombes et très rare sur celles de la Gaule. Elle s'est déjà plusieurs fois présentée sur les inscriptions de Lyon.

La disposition singulière des ornements symboliques qui remplissent la marge à gauche de l'épitaphe paraît être intentionnelle et avoir été ainsi voulue afin que, la tablette étant placée derrière ou sous la tête du mort, les colombes fussent tournées vers lui.

Voirie numéro suivant.

Requiescet = requiescit. Momerie = memorie, par transposition fautive de \'e et de \'o.

Epitaphe de Romanus.

Arcade XXXII. — Tablette de marbre. « de la collection des « Génovéfains » (Artaud), quartier SAINT-IRÉNEE. — Hauteur o m. 43, largeur o m. 33.

IN HoC TVM0L0 R E S V M S C I T BoNAE M E M o R I A E R 0 M A N V S PRESENTER S I VI VUIT 5 IN PACE ANNIS LXIII

oBIIT NoNVM K FEB RAR I AS

Artaud, Notice 1S16, p. 32. — Mili.in, Voyage, i, p. 51.2. —

IÔO INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES

Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France. II, p. 180. — De Caumont, Cours d'antiq. monum., VIe partie, p. 238 et pi. Q4bis; Bulletin monum.. IX, p. 165; Abécédaire d'archéologie, p. Si; Dictionnaire d'èpigraphie . I, p. 780. — Abbé Cochet. Normandie souterraine, p. 345. — De Boissieu, p. s8o. — Comarmond, Descr.. p. 131; Notice, p. 46. — Le Blant, I, p. 136, n" 34 des planches.

'iNH<><n"vM°io > nt^vus <it&uNA[

Î'AEm°R1AEK°MAHv5 PREs&lTEMVlVIXiT INPACEaHHISCXUI °BlITHoNVMlcTEB

Dessin de notre collègue M. Dissard : au-dessous, un vase entre deux paons, le tout renversé; l'L de TVMOLO en la forme d'un T renversé : les CL en minuscules : q ; l'F de FEBRARIAS remplacée par un T.

/// hoc tumolo requiiscit bonae memoriae Romanits, presbiter, qui vixit in pace a unis LX/II. obiit non 11 m halendas febr arias.

« Dans ce tombeau repose Romanus de bonne mémoire, prêtre, « qui a vécu en paix soixante-trois ans; il est mort le neuf des « calendes de février (24 janvier) ».

Le paon, symbole d'apothéose chez les païens, de résurrection chez les chrétiens.

Ce n'est sans doute pas par inattention que les ornements qui terminent l'épitaphe sont renversés; on aura voulu que les oiseaux fussent tournés vers le texte et en même temps vers le défunt si

l'on suppose que la pierre aurait été déposée dans le cercueil et placée derrière ou sous la tête du cadavre.

Une disposition analogue s'est déjà montrée sur l'inscription du numéro précédent et sur plusieurs des inscriptions datées.

A cause de la forme des lettres, notamment des q, l'épitaphe n'est probablement pas antérieure à la moitié du sixième siècle.

Epitaphe de Taurinus.

Arcade XXXII. — Fragment d'une tablette de marbre, trouvé en septembre 1 88 1 dans un égout, rue de TRION. — Hauteur o m. 20, largeur o m. 38.

HOC CO NT EN e»/«r tumulo TAVRINI M Embra qui saecu LARIS \HHO11estatcm et obedient I A M RELEGIosae v i t a e se T E N V I / semper et

Allmer, Revue èpigraphique , II, p. 285. — Allmer et Dissard, Trion, p. 253.

FAVRiHiME ÎARISINHûl

Dessin de notre collègue M. Dissard : lettres de bonne forme.

Epitaphe de Valentina.

Arcade XXXII. — Tablette de marbre, « trouvée sur la montagne « de SAINT-IRÉNEE » (Journal de Trévoux); passée ensuite dans « la collection Artaud, achetée par la Ville » (Comarmond). — Hauteur o m. 20, largeur o m. 29,

in /jOC TVM0L0 REQVI ISCIT BoNE MEMoRlAE VALENTINA Ql dXIT ANVS OCTVS ENTA QIQE+

Journal de Trévoux. 1 73 1 , p. 1620. — Muratori, 1952, 8. — De Boissieu, p. 578, n° 65, en fac-similé. — Comarmond, Descr., p. 105 ; Notice, p. 35. — Le Blant, I, p. 1 52, pi. n° 42.

cTvMotoREûV) "*\ IÎS Cl T 3oNEMt<uoHi Af M/AL.ewnNA9WXiTANVi

O C T v^eWTAQlQf +

Dessin de notre collègue M. Dissard : au-dessous du texte, une palme entre deux colombes.

In hoc tumolo requiiscit bone memoriae Valentina qi vxit anus octugenta qiqe.

« Dans ce tombeau repose Valentina, de bonne mémoire, qui a « vécu quatre-vingt-cinq ans ».

Qi = Çhii yom quae ; qiqe — quinque avec suppression de Vu, orthographe conforme à la prononciation et dont les exemples ne manquent pas dans les siècles de bonne époque.

Remarquer, dans Valentina et dans v(i)xit, le v consonne se différenciant du v voyelle par une forme particulière.

La palme, ornement et signe de ponctuation sur les épitaphes païennes, symbole de victoire ou tout au moins d'espérance sur les épitaphes chrétiennes.

Epitaphe de Vincentius.

Arcade XXXII. — Table de marbre, autrefois « chez les Géno- « véfains » (Artaud), quartier SAINT-IRÉNÉE, puis dans la collection Artaud (Comarmond). — Hauteur o m. 38, largeur o m. 42.

rie viNCEArrr

S MON Ï.CVS S V B D y I III K A L E N DAS DECEM BR75 QVI VIXIT a M N QVADR^ G

Les capitales inclinées, prises de la copie d'Artaud plus complète.

Artaud, Notice 1816, p. 33. — De Boissieu, p. 595, n° 57 en fac-similé. — Comarmond, Description, p. 139; Notice, p. 49. — Le Blant, I, p. 154, pi. n° 46.

Dessin de notre collègue M. Dissard : dans la marge à gauche et tourné vers le texte, le Chrisme avec \' alpha et Y oméga, dans un cercle.

Hic requiescet bone memo\rie Vincentius, monecus, [obiit] sub die V 11 'II halendas decembris; qui vixii annis quadraginta...

« Ici repose Vincentius de bonne mémoire, moine, qui est mort « le neuf des calendes de décembre (2) novembre), à l'âge de « quarante ans... ».

Vincentius, un des noms qu'affectionnaient les chrétiens.

Le monogramme du Christ dans un cercle, tel qu'il se voit sur l'épitaphe de Vincentius, est ainsi expliqué en deux distiques sur une inscription de l'église de Sainte-Thècle, à Milan (Le Blant, I, p. 105,):

Circulus hic summi comprenait nomina Régis,

Quem sine principio et sine fine vides. Principium cum fine simul tibi dénotât a. w,

X et P Christi nomina sancta tenent.

A l'égard de la place du Chrisme à gauche de l'épitaphe de Vincentius et tourné vers elle, voir la remarque déjà faite sur des dispositions analogues des ornements qui accompagnent les textes. Probablement, la pierre était destinée à servir d'appui à la tête du mort.

NSCRIPTIONS CHRETIENNES

Fragment de l'épitaphe d'un enfant.

Arcade XXXII. — Fragment présentant l'extrémité gauche d'une tablette de marbre; « autrefois dans la collection Artaud », sans indication de provenance (Comarmond). — Hauteur o m. 16, largeur o m. 26.

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