A • TERRA • AD MARTYRES
Procula, clarissima femina , famula Dei, a terra ad martyres.
« Femme clarissime »; voir le commentaire du numéro précédent.
Famula Dei : « servante de Dieu », non pour cela vouée à la vie religieuse.
A terra ad martyres : a quitté la terre pour aller au séjour des martyrs, c'est-à-dire au Ciel.
Epitaphe ancienne d'après la concision du texte et la forme relativement bonne des lettres ; du commencement du cinquième siècle selon De Boissieu, certainement du quatrième d'après M. Le Blant.
Perdue. — Epitaphe d'Aelianus, citoyen rémois, fils de Paulus ancien gouverneur de province (Voy. De Boissieu, pp. 229 et 557 ; Le Blant. I, p. 39); « découverte en 1736, avec plusieurs autres,
« sous les ruines de l'église SA1NT-JUST, autrefois l'église des « Machabées ». Au-dessus du texte se voyait le Chrisme grec ».
Hicjacet AeUanus,fllius Pauli viri praesiâialis, qui vixit ann(is) pl(us) m(inus) XL, cives Remus.
Le rappel de la filiation et de la fonction remplie par le père ancien gouverneur d'une province tenue par un praeses, en distinction de celles qui étaient gouvernées par des consulares, et l'indication de la patrie reportent l'épitaphe d'Aelianus, mort à l'âge d'environ quarante ans, à une époque où la ferveur chrétienne n'avait pas encore entièrement fait abandonner les habitudes de la rédaction païenne.
Perdue. — Epitaphe de Flavius Florinus(?), ancien tribun (voy. De Boissieu, p. 553; Le Blant, I, p. 81). « découverte en 1736 « avec plusieurs autres épitaphes chrétiennes, sous les ruines de « l'église SAINT-JUST, autrefois l'église des Machabées ».
Flavius Flori[...], ex tribunis, qui vixit \ annis octogenta et \ septim, militavi[t] ann(is) \ trigenta et novem, positu[s] \ est ad sanctos et pro\batus annorum decim \ et octo.
Hic commemo\ra[tur\ santa in ecclesia \ Lugdunensi a[nte] j / d(iem) calendas aug(ustas).
Flavius Florinus(?) était entré au service à dix-huit ans, y était resté trente-neuf ans et y était parvenu au grade de tribun; mort à l'âge de quatre-vingt-sept ans, il fut enseveli auprès des Saints, c'est-à-dire près de la primitive église des Machabées, reconstruite au cinquième siècle pour recevoir le corps de saint Just rapporté
d'Egypte. C'est sans doute par d'insignes bienfaits et d'éclatants actes de piété qu'il avait mérité d'être recommandé aux prières des fidèles de Lyon pendant les offices. L'inscription n'existant plus et toute vérification étant impossible, on a à se demander si les dernières lignes, relatives à la commémoration, ne seraient pas une addition postérieure.
La date du 31 juillet (ante primum diem calendas augustas), tirée d'une note manuscrite de Colonia (Archives du Rhône, VI, 177)-
Non entrée au Musée. — Epitaphe de Sofronia, femme de Flavius Ursicinus (voy. De Boissieu, p. 594; Le Blant, I, p. 141, n° 39 des pi.), sur une table de marbre, trouvée en 1841, à CHOULANS, quartier SA1NT-IRÉNÉE, dans la propriété De Chazournes. Elle recouvrait, la face inscrite tournée en dedans, un sarcophage de pierre. Au bas de l'inscription sont gravés, au milieu, un vase d'où sortent deux épis, et, de chaque côté, une colombe suivie d'un agneau ou d'une brebis. — Hauteur o m. 59, largeur o m. 63.
SOFRONIAE DILECTISSIME CONIVGI FLVRSICINVS MA RITVS CVM QVO VIXIT A N N • S V • MENS' VII- DIES ' Mil ■ POSVIT IN XPO QV I ESC ENT I IN PACE
Sofroniae, dilectissime conjugi, Flavius Ursicinus, maritus cum quo vixit annis V, mensibus VU, dies MI, positif in Christo quiescenti in pace.
La forme peu altérée des lettres, la régularité de la rédaction, le rappel du lien de famille sont autant de marques d'ancienneté qui
reportent vraisemblablement l'épitaphe de Sofronia au quatrième siècle, époque où les habitudes du formulaire païen n'avaient pas encore entièrement disparu devant la discipline chrétienne.
Quiescere in pace, formule empruntée des Juifs, pour qui le repos de la tombe, en contraste avec l'état habituel d'exaltation violente pendant la vie, constituait le suprême idéal de félicité.
La représentation de la brebis, fréquente sur les bas-reliefs autant que rare sur les inscriptions, tout au moins dans la Gaule.
Non entrée au Musée. — Epitaphe d'Adelfius (voy. De Boissieu, p. 597, n° 61 ; Le Blant, I, p. 38, n° 4 des pi.), à SAINT-IRÉNÉE, sur une tablette de marbre, « dans le vestibule du couloir qu" « conduit à la crypte ». Au-dessus de l'inscription, le Chrisme en forme de croix avec l'alpha et l'oméga. — Hauteur o m. 21, largeur o m. 2 s.
HIC R EQ.VIES CIT BoNE MEMO RIAE ADELt-'IVS . . . IXIT AN N
Hic requiescit bone memoriae Adelfins, qui vixit aimis
Adelfius, nom propre après avoir été peut-être primitivement un nom d'affiliation.
Perdue. — Epitaphe d'Agricia (voy. De Boissieu, p. 552; Le Blant, I, p. 46), à SAINT-JUST, extraite des fouilles faites en 1736, sur l'emplacement de l'ancienne église des Machabées. Au-dessus du
texte se voyait, d'après un dessin du temps mais peut-être pas exact, une colombe tournée à gauche et tenant au bec un branchage.
Hic iacet Agricia \ qui fuit in observa \ sione annis sedece(m ....
Observatio. l'observation du vœu monastique ; Agricia avait embrassé la vie religieuse depuis seize ans quand elle est morte.
Non entrée au Musée. — Epitaphe d'Aventina (Comarmond, Description du Musée lapidaire de la ville de Lyon, p. 505 ; Le Blant. I, p. 66. n° 20 des pi.), à SA1NT-JUST, sur une table de marbre incomplète à droite, fixée dans le carrelage d'un cabinet d'aisance de la maison Joannin, ensuite Julien, rue des Farges; actuellement à Paris, dans la collection de M. Le Blant. Un reste de moulures richement ornées, débris d'une frise arrachée à quelque édifice romain, se voit sur la tranche supérieure. — Hauteur o m. 26, largeur o m. 38.
HIC IACET IN NOM;»*- 771 SANCTIMONIALIS N o m i NE AVENTINA QVAE Vixit ANNOS XXXV QVAc rcces SIT SVB DIE VIII K AVGustas
K AVG à la dernière ligne, peu certain : peut-être KAL • O(ctobres).
Hic iacet in nomine Cbristi sanctimonialis nomme Aventina, quae vixit anuos XXXV; quae recessit sub die Vlll kalendas augustas (ou octobres).
Aventina, morte le 25 juillet ou le 24 septembre, n'avait peutêtre pas embrassé la vie monastique. Son épitaphe, d'une rédaction peu compliquée, est d'apparence ancienne.
In notnine Christi à la première ligne, recessit à la quatrième, restitutions de M. Le Blant.
Non entrée au Musée. — Epitaphe de Basilia fAllmer, Revue èpigrapbique, II, p. 249), sur une tablette de marbre incomplète en bas et sans ornements; trouvée vers 1870 sur la place de CHOU- LANS, quartier SAINT-IRÉNÉE, en creusant les fondations de la maison qui porte le n° 1 ; aujourd'hui engagée extérieurement dans le mur de cette maison à son angle sud-est. — Hauteur o m. 10. largeur o m. 16.