‹ Inscriptions antiques (volume 4)Chapitre 4 sur 276 · P~C I0NIS · texte numérisé non relu

P~C I0NIS

Journal de Trévoux, 1 73 1 , p. 161 6. — Maffei, Galliae antiquitates. p. 94. — De Boissieu, p. 561. — Le Blant, 1, p. 115.

Hic requiiscit boue memoriae Porcaria, quae mundana reliquit et

tradcdit animant Domino; vixit annis XL, obiit Vllll kalcndas jebruarias, post consnlatum [Opil]ionis (viri clarissimi consulis).

« Ici repose Porcaria de bonne mémoire, qui a quitté ce monde « et remis son âme au Seigneur à l'âge de quarante ans; elle est « morte le 9 des calendes de février (24 janvier), l'année après le « consulat d'Opilion clarissime ».

Il vient d'être expliqué, à l'occasion de l'épitaphe de Primulus, qu'il y a eu deux consuls d'Occident du nom d'Opilion, l'un en 453 continué par post-consulat pendant toute l'année 454, l'autre en 524 et dont le post-consulat a fait place dès le mois de janvier ou de février au consul de 325, Probus junior.

Porcaria étant morte le 24 janvier, la probabilité d'après la date ne décide en faveur d'aucun des deux consuls préférablement à l'autre et, comme l'inscription n'existe plus, la forme des lettres : Q figuré par q, n'apporte non plus aucun indice chronologique, car cette figuration peut être imputable au copiste. Cependant, nous croyons devoir adopter la date de 454, c'est-à-dire la plus ancienne, en remarquant que l'épitaphe commence, de même que la plupart de celles qui la précèdent et la suivent, par les mots hic requiescit, tandis que, repoussée en 525, elle aurait devant et derrière elle toute une longue série d'inscriptions débutant par in hoc tiuiutlo.

Bonae memoriae, premier exemple d'une formule qui devient habituelle et prend, plus tard, quelquefois la forme adjective bonememoriiis.

Porcaria : « gardeuse de pourceaux », nom appartenant à la catégorie de ceux qui attestent une basse origine.

Tradedit = tradidit.

Remarquer, comme sur l'inscription précédente, l'emploi, dans la date du décès, du signe numéral appelé épisème (3xZ.

Vers le milieu du cinquième siècle florissait, à la tête de l'école

de Vienne, le rhéteur Sapaudus, que ses contemporains regardaient comme la plus brillante représentation de la culture et de l'éloquence romaines.

Épitaphe de Vassio, datée du consulat de l'empereur Léon == 458.

Non entrée au Musée. — Tablette de marbre, conservée dans la collection de SAINT-IR.ENÉR. On aperçoit, dans la marge à gauche du texte, un reste de gravure qui représentait une colombe. — Hauteur o m. 19, largeur o m. 45.

HIC REQVIESCIT BONE MEMO RIAE VASSIO CVM PACE QVI VIXIT A UNIS XL ■& 0 ET OBIIT VII KL IVLIAS DOM NOS LEONE V~V C CON

De Boissieu, p. 563, en fac-similé. — Le Blant, I, p. 153, pi. n° 44.

HICREev/ESClTÊWMfMO

'RiAEVASSio-cvMPAcéÇv 1,

vix/tanniSxl -£> ^ V E t *^6ntviik>sivliàsd oaa v" /noS^EonEwcûoN -P

Dessin de notre collègue, M. Dissard, d'après celui de Perrin dans De Boissieu : une palmette à la fin de la troisième ligne; KX, foute de gravure pour KL; une colombe dans la marge à gauche.

Hic requiescit boiie memoriae Vasslo cum pace, qui vixit annis XL et obiit VU halendas julias, domino nostro Leone vivo darissimo consule.

« Ici repose en paix Vassio de bonne mémoire, qui a vécu « quarante ans et est mort le 7 des calendes de juillet (25 juin), « sous le consulat de notre maître Léon clarissime ».

L'empereur Léon a été consul en 458, en 462, en 466, en 471 et en 473, avec les mentions de réitération II, III. IIII et V. Le redoublement du v n'étant pas nécessaire pour exprimer à la suite du nom de l'empereur le titre de vit clarissimus, De Boissieu considère le premier des deux V comme un chiffre et attribue l'inscription au cinquième consulat de Léon en l'année 473 ; M. Le Blant ne tient pas compte de ce redoublement superflu, qui se rencontre d'ailleurs fréquemment sur les inscriptions du temps, et il s'arrête au consulat de l'an 458, en faisant remarquer que, s'il s'agissait de Léon jeune, le consul de 474, le nom devrait être accompagné de l'épithète junior.

Léon l'empereur était consul d'Orient ; le consul d'Occident était l'empereur Majorien, dont le nom, employé seul d'abord, ne tarde pas à se montrer en compagnie de celui de son collègue d'Orient et habituellement à sa suite (de Rossi, I, p. 604). L'absence du nom de Majorien dans l'inscription de Lyon est remarquable, mais trouve son explication dans les événements de l'époque.

Pendant l'interrègne troublé qui suit la mort de l'empereur Avitus, arrivée en 456, les parties de la Gaule encore possédées par les Romains, n'attendant plus rien d'une domination qui n'a de force que pour les pressurer et se montre entièrement impuissante à les protéger, cherchent, poussées par le désespoir, à secouer un joug de plus en plus intolérable. Les curiales, c'est-à-dire les notables, des cités de la Lyonnaise Première concertent amiablement avec les

Burgondes, à leur retour d'Espagne, où, conduits par leur roi Gondeuch, ils sont allés avec les Visigoths combattre les Suèves, un partage de leurs biens pour qu'ils occupent militairement le pays et s'en constituent les défenseurs contre l'Empire. C'est en 457; Majorien vient d'être porté au trône d'Occident (icr avril), et se hâte d'apprêter des forces pour venir assiéger Lyon. On sait qu'en 458 la ville fut prise, rançonnée durement et placée sous la garde d'une garnison de Sarmates des bords de la mer Noire. Il devient alors aisé de comprendre qu'une inscription de Lyon antérieure à la victoire de Majorien ne soit datée que du nom de l'empereur Léon.

Mais tout de suite après la mort de Majorien en 461 , les Burgondes reviendront comme hôtes et maîtres acceptés, et Lyon, repris, sera, en remplacement de Genève, la capitale du royaume, qui, de la Lyonnaise Première ne tardera pas à s'étendre sur la Viennoise (dès avant 463) et sur la Deuxième Narbonnaise et s'agrandira plus tard (472) d'une notable partie de la Séquanaise.

Les rois burgondes se reconnaissent vassaux des empereurs, frappent monnaie aux effigies de ceux-ci et se font honneur de porter les titres romains de patrice et de maître de la milice. Dans la grande invasion de la Gaule par Attila, en 451, les Burgondes ont combattu à côté des Visigoths comme troupes romaines et ont contribué à la victoire remportée par Aétius dans cette lutte suprême, et, en 470, ils défendront à côté des Romains l'Auvergne contre les Visigoths d'Euric. Ce sont des Burgondes qui composent en grande partie la garde des empereurs.

On trouve chez Sidoine la Lyonnaise Première appelée, à cause des Burgondes, lugdunensis Germania, « la Germanie lyonnaise ».

Vassio, qui n'a pas d'une manière bien saisissable la physionomie d'un nom romain, est peut-être un nom burgonde, car au cinquième siècle, il n'y a pas à penser à un nom celtique. Peut-être aussi faut-il plutôt se reporter à la fréquente confusion du v et du b et lire Bassio, diminutif ou ampliatif de Bassus.

W, réduplication fautive, mais fréquente, en parlant d'un seul consul. — DOMNOS, peut-être Domno avec point en forme d's.

Épitaphe de , datée du troisième

consulat de l'empereur Léon = 466.

Non entrée au Musée. — Tablette de marbre à SAINT-IR.ÉNÉE, « dans le vestibule d'un couloir qui conduit à la crypte » (De Boissieu); dans le couloir même. — Hautr o m. 21, largr o m. 31.

. ... I V S / ACLISIANVS

qui V I X I T A N N 0 S V et (MIS XLV T R AN SI I T . . . rf/E NONAS MARTIAS DÔM?LE0NE III

De Boissieu, p. 562, en fac-similé, pi. 45.

siv s

Il >X l. V TR An niT NONAS MdRT/ A S Dom n 1 EonE ;ll

Le Blant, I, p. 157,

Dessin de notre collègue M. Dissard d'après celui de Perrin dans de Boissieu : au-dessous du texte, une branche de laurier entre des aigles.

ius A(e)lisianitsQ), qui vixit niiuos V, dies XLV ';

transiit sub dieQ) nouas mariias, domino nostro Leone III.

« Ici repose ..ius Aelisianus, qui a vécu cinq ans et quarante-cinq « jours; il a trépassé le jour des nones de mars (7 mars), sous le « troisième consulat de notre maître Léon ».

Le nom du défunt, réduit à sa dernière syllabe, n'est pas restituable, non plus que le mot suivant quoique presque entier : peutêtre A(e)lisianus? M. Le Blant n'admet pas que les aigles représentées au bas du texte soient un symbole chrétien, et il y voit une allusion probable au nom, qu'il suppose avoir été peut-être Aquilius. Il réunit quelques exemples de représentations répondant aux noms des défunts sur des épitaphes chrétiennes : un navire accompagne l'épitaphe d'une Nabira, une laie celle d'une Porcella, un serpent celle d'un Dracontias ; un onagre se voit sur celle d'un Onager; un tonneau fait allusion aux mots pater dolieus, sans doute écrit pour dolens ; une chèvre est figurée sur l'épitaphe d'une chrétienne appelée Capriola. Mort à cinq ans d'âge, le jeune enfant de l'épitaphe de Lyon peut avoir été qualifié [Arpag\ius A[e]lisiaii//s; les aigles feraient allusion à cet enlèvement au séjour bienheureux.

Le quantième qui fait partie de la date n'est pas certain non plus; il se peut qu'au lieu de [subdi]e, on doive lire [pridije, c'est-à-dire la veille du jour des nones de mars, et alors le 6 mars.

Il vient d'être rappelé que l'empereur Léon Ier a été consul pour la troisième fois en 466. Quelques fastes lui adjoignent pour collègue un Tatianus, dont on ne sait pas autre chose (voy. Tillemont. Enipp., V, p. 386; De Rossi, I, p. 604).

Les Visigoths, battus par Majorien en 4^9 à la suite de la soumission de Lyon et devenus ses alliés, ont continué après sa mort, en 461, à s'accroître à l'est et au nord malgré les efforts du maître de la milice Aegidius. En 462 ou peut être beaucoup plus tôt, et

alors dès le commencement du règne de leur roi Théodoric II (453-466), ils ont réussi à s'emparer de Narbonne, plusieurs fois assiégée inutilement, et à s'étendre sur une grande partie de la Narbonnaise Première, dont ils font, à cause de Béziers, l'ancienne colouia Iulia Baeterrensiutn Septitmanoram, la Septimanie, puis en 464 sur toute l'Aquitaine Seconde. Cette même année 464, Paris est, après un long siège, tombé au pouvoir des Francs, Nantes et Bayeux au pouvoir des Saxons; des Bretons, expulsés de leur île, se sont réfugiés à l'extrémité occidentale de la Quatrième Lyonnaise dans le pays qui a pris à cause d'eux le nom de Bretagne. Les Allamans se sont rendus maîtres d'une notable partie de la Maxima Sequanorum.

A l'exemple des cités de la Lyonnaise Première, les cités de la Viennoise ont, dès avant 463, eu rmte de se ranger sous la domination des Burgondes et seront suivies en 472 par celles de la partie sud-ouest de la Grande Séquanaise. Les États burgondes embrassent, suivant l'expression d'un historien du temps, la Gallia Comata et la Cisalpina, c'est-à-dire la Lyonnaise et tout le pays compris entre le Rhône et les Alpes; ils s'étendent jusqu'à la Méditerranée (voir ci-dessus, II, p. 256). Leur puissance s'est accrue tellement qu'elle égale celle des Visigoths, et l'on n'a pas à s'étonner de voir un préfet des Gaules, le traître Arvandus dont parle Sidoine, proposer, en 467, à Euric, roi des Visigoths, un partage de la Gaule entre les Visigoths et les Burgondes.

Gondeuch, mort en 463, a été remplacé par son frère Hilpéric Ier, qui, de Genève où il se tenait comme roi vassal, a transféré, étant devenu seul roi, sa résidence à Lyon. Ce ne sera qu'après sa mort, en 474, que le royaume passera à ses neveux, les quatre fils de Gondeuch.

Transiit pour obiit, expression inconnue à l'épigraphie païenne et même à la première période de l'épigraphie chrétienne; elle apparaît ici pour la première fois.

Epitaphe de Contumeliosus, datée du consulat de Marcianus = 469.

Perdue. — Inscription « découverte à GRIGNY près Lyon et « aujourd'hui disparue » (Le Blant).

HIC REQVIESCET IN PAGE VENERABILIS CONTVM ELIOSVS QVI VIXIT ANNOS XXXI D • XI OBIIT XV KL FEBRARIAS IVIARCIANO VV CC

Le Blant, I, p. 177, d'après Spon, dans la Correspondance de l 'abbé Nicaise , t. II, pièce 148, bibi. nat., dép. mss. Suppl. français, n° 1958. — Le Blant, Epigr. chrèt., p. 16.

Hic requiescet in pace venerabilis Contumeliosus , qui vixit annos XXXI, dies XI; obiit XV halendasfebr arias, Marciano viro clarissimo cou su le.

« Ici repose en paix Contumeliosus, homme vénérable qui a vécu « trente et un ans et onze jours; il est mort le 1 5 des calendes de « février (18 janvier), sous le consulat de Marcianus clarissime ».

Mort à trente et un ans sans avoir eu aucune fonction ecclésiastique, Contumeliosus n'était pas assez âgé pour pouvoir être appelé venerabilis; on aura voulu corriger par une antithèse de déférence la mauvaise impression d'un nom injurieux. Des noms injurieux analogues à celui de Contumeliosus se rencontrent non rarement

sur les épitaphes chrétiennes, M. Le Blant (II, pp. 68 et suiv.) les attribue à l'humilité des premiers chrétiens, qui se faisaient gloire des injures que leur adressaient les païens. On pourrait y voir aussi, surtout aux époques éloignées de l'ère des persécutions, une marque de la basse origine de ceux qui les portaient.

Deux Marcianus ont été consuls à peu d'années l'un de l'autre, Marcianus, fils de l'empereur Anthème en 469 en Occident où son nom figure seul dès le commencement et pendant toute la durée de l'année, son collègue Zenon n'ayant, paraît-il. pas été promulgué en dehors de l'Orient, puis en 472 un autre Marcianus consul d'Orient, connu en Gaule par une seule inscription du mois de novembre dans laquelle son nom vient à la suite de celui du consul d'Occident Festus, habituellement employé seul (voy. De Rossi, I, p. 605). Le fait que l'épitaphe du Contumeliosus est datée du mois de février et du consulat de Marcianus sans collègue indique l'année 469.

Febrarias = febntarias, conformément à la prononciation.

Vv ce, redoublement indicatif du pluriel, fautif en parlant d'un seul consul.

Epigraphe composée par Apollinaire Sidoine pour une église nouvellement construite par J'évêque de Lyon Patient, non postérieure à Tannée 470.

Perdue. — Autrefois sur l'église S. JUST : Hujus igitur aedis extimis, rogatu praefati antistitis (papae Paticntis), titmultuariiim carmen inscripsi troebaeis triplicibus, adhuc mibi perfamiliaribus;

« sur la demande du pieux évêque (Patient), j'ai fait graver à l'ex- « trémité de cette église des vers à triple trochée faits à la hâte, « genre de poésie qui m'est encore très familier » (Epp., II, 10) :

QVISQVIS PONTIFICIS PATRISQVE NOSTRI COLLAVDAS PATIENTIS HIC L A B 0 R E NI VOTI COMPOTE SVPPLICATIONE CONCESSVNI EXPERIARE QVOD ROGABIS

5 AEDES CELSA NITET NEC IN SINISTRVNI

AVT DEXTRVN1 TRAHITVR SED ARCE FRONTIS OR TV NI PROSPICIT AEQVINOCTIALEM INTVS LVX NIICAT ATQVE BRACTEATVM SOL SIC SOLLICITATVR AD LACVNAR

10 FVLVO VT C0NC0L0R ERRET IN NI E T A L L 0

DISTINCTVNI VARIO NITORE NI A R NI 0 R PERCVRRIT CAMERAM SOLVNI FENESTRAS AC SVB VERSICO L 0 RI BVS FIGVRIS VERNANS HERBIDA CRVSTA SAPPHIRATOS

15 F LECTIT PER PRASINVNI VITRVM L A P I L LOS

Il VIC EST PORTICVS APPLICATA TRIPLEX FVLNIENTIS AQVITANICIS SVPERBA AD CVIVS SPECIMEN REMOTIORA CLAVDVNT ATRIA PORTICVS SECVNDAE

20 ET CAMPVM NIEDIVM PROCVL LOCATAS

VEXIT SAXEA SYLVA PER COLVMNAS HINC AGGER SONAT HINC ARAR RESVLTAT HINC SESE PEDES ATQVE EQVES REFLECTIT STRIDENTVM ET MODERATOR ESSEDORVM

25 CVRVORVM HINC CHORVS HELCIARIORVM

R ESPON SANTI BVS ALLELVIA RIPIS AD CHRISTVNI LEVAT AMNICVM C E L E V NI A SIC SIC PSALLITE NAVTA VEL VIATOR NAMQVE ISTE EST LOCVS OMMIBVS PETENDVS

30 ONINES QVO VIA DVCIT AD SALVTEM

Apoll. Sidon.. ÉpisL, II, 10. — Spon , Recherche, p, 50. — Colonia, Hist. litt.. r° partie, p. 167. — Mai, Coll. pat.. V, p. 84. — Paulin de Nole, Opp., éd. 1685, appendice pp. 94 et 104. — David, Histoire de la peinture, p. 45, éd. 1842. — Dusommerard, Arts au moyen âge, II, pp. 202, 275. — Clouet, Hist. ecclès. de la prov. de Trêves, I, p. 708. — Duméril, Mêl.

arcbèol., p. 353. — De Boissieu, p. 565. — Le Blant, I, p. 113.

Ouisquis pontifias patrisqite nostri

Colla ndas Patientis hic laborem

Voti compote supplicatioue

Concession experiare quod rogabis. ? Aedes celsa nitet, nec in sinistrum

A nt dextrum trahitur, sed aire frontis

Ortuni prospicit aequinoctialem,

Intus lux iiiicat atque bvacteatum

Sol sic sollicitât itr ad lacunar 10 Fulvo ut concolor erret in métallo,

Distinctiim vario nitore marmor

Percurrit cameram, solum, feuestras,

Ac sub versicoloribus figuris

Vernans bcrbida cnista sappbiratos 15 F ledit per prasiiium vitriim lapillos.

Huic est portici/s applicala triplex

Fiilmentis Aquitanicis superba,

Ad ci/Jus spécimen remotiora

Claiidunt atria porticus secundae 20 Et campitm médium procul locatas

Vexit saxea sylva per columnas.

Hinc agger sonat, bine Arar résultat,

Hinc sese pedes atque eques reflectit

Stridentuni et moderator essedoriim; z? Cîirvoruni bine chorus belciariorum,

Responsantibus alléluia ripis,

Ad Cbristum levât amnicum celeuma.

Sic sic psallite muta vel viator

Namque iste est locus omnibus pelendus 3° Omîtes quo via ducit ad salutem.

« Qui que tu sois qui admires cet ouvrage de Patient, notre

« pontife et notre père, puisses-tu voir tes vœux exaucés et tes « prières écoutées! Ici s'élève l'église qu'il a construite; la façade « n'incline ni vers la gauche ni vers la droite, mais regarde directe- « ment le levant équinoxial. La lumière étincelle au dedans; le « soleil, visitant les lambris de son plafond incrusté de plaques d'or, « promène sur le métal ses rayons de même couleur dorée. Le « dôme, le pavé, les fenêtres sont enrichis d'un marbre aux veines « brillantes, et, au-dessous de figures teintes, un émail d'un vert « printanier fait luire des saphirs à travers des vitraux verdoyants. « Un portique à trois arcs, que soutiennent de superbes colonnes « de marbre d'Aquitaine, forme la façade de l'édifice; un autre « portique pareil embellit le fond de l'atrium ; une forêt de colon- « nés de pierre, se développant au loin, entoure la grande nef. « D'un côté retentit la voie publique, de l'autre l'Arar; vers l'église « se retournent le piéton, le cavalier, le conducteur du chariot « aux roues stridentes; vers l'église monte de la rivière le chœur « des matelots courbés, envoyant au Christ leur pieux céleusme, « auquel répondent, de chacune des rives, de joyeux alléluia. « Chantez, chantez, mariniers et passants ! c'est ici que chacun doit « se rendre, c'est ici le chemin qui conduit au salut ».

Si Patient est mort en 480 selon l'opinion de ses meilleurs biographes, son église doit avoir été bâtie avant la période de 470 à 47s témoin d'une longue guerre entre les Visigoths et les Romains alliés aux Burgondes, immédiatement suivie d'une invasion, dans laquelle les premiers enlevèrent à ceux-ci, en 476, le Gévaudan, le Velay, Aps avec le Vivarais, Arles et Marseille avec la Provence méridionale, et dévastèrent la partie du territoire burgonde où se trouvaient les villes d'Avignon, d'Orange, de Valence et de Saint-Paul-T rois-Châteaux, qui toutefois ne furent pas alors détachées du royaume. Pendant toute cette période d'inimitiés , les relations commerciales et le libre usage des routes, que suppose le transport des Pyrénées à Lyon de colonnes destinées à l'église, durent cesser entre les deux pays; puis, dans

les années suivantes, au commencement desquelles Patient s'employa activement à soulager la misère des villes visitées par la famine à la suite de la guerre et des dévastations subséquentes, il y aurait à peine eu le temps de bâtir une église.

Plus vraisemblablement la construction remonte antérieurement à 470, d'autant plus que la lettre contenant envoi de la pièce de vers ne présente pas, semble-t-il, le ton pénétré de piété qu'elle devrait avoir si elle avait été écrite du temps que Sidoine était déjà évêque, c'est-à-dire à partir de 472 ou même de la fin de 471. De plus, les mots « notre pontife et notre père » par lesquels est qualifié Patient sont convenables dans la bouche de Sidoine laïque, mais non de Sidoine évêque.

Les détails sur l'église sont des plus curieux. Elle avait un plafond à caissons carrés dont les solives étaient ornées de bractées, c'est-à-dire de lamelles d'or découpées et appliquées en incrustation : bracteatum lacunar ; elle était pourvue d'une coupole : caméra; les bordures de cette coupole, celles des fenêtres, le pavé, étaient faits d'un marbre brillant et veiné : distinction vario nitore marinor, certainement pris à des monuments romains ; les fenêtres étaient garnies de vitraux teints où des figures de couleurs variées étaient entourées de cordons de saphirs sur un fond verdàtre : ac sub versicoloribus figuris venians herbida crusta sapphiratos flectit per prasinum viirum lapillos. L'atrium présentait un porche à trois arceaux, dont les colonnes étaient de marbre d'Aquitaine : fulinentis Aquitanicis superba, c'est-à-dire de marbre blanc de Saint-Béat, à la limite des actuels départements de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées. L'église était située entre la voie publique et la Saône, qu'elle dominait du haut du coteau, et nul ne passait sur la route ou sur la rivière sans faire acte de dévotion : les piétons, les gens à cheval, ceux que voiturait le char à deux roues appelé essedum, sans se tourner respectueusement vers l'édifice, les bateliers , sans remplacer, en passant sous ses murs , le chant habituel des rameurs, — leur céleusme, — par des cantiques.

Celeuma, eeleusuia; le mot se rencontre sous les deux formes.

La lettre de Sidoine parle avec éloges d'hexamètres faits par deux poètes émérites, Constantius son ami et Secundinus, et placés sur les côtés de la nef voisins du grand autel. Ces compositions, qu'il cite sans les transcrire, sont perdues aujourd'hui.

M. Le Blant fait remarquer que les Romains connaissaient la teinture et la peinture du verre; « ils exécutaient », dit-il (p. 114, note 3), « par ce dernier procédé, des portraits dont je possède un « exemplaire ». Les fouilles de Trion (p. 535) ont ramené au jour des quantités de fragments de verre teint qui attestent sous ce rapport la supériorité de l'art antique sur le nôtre. 11 est, entre autres, telle couleur rouge opaque que l'art de la verrerie, en son état actuel, ne sait pas reproduire même d'une manière approchante.

Fragment anonyme d'une épitaphe datée du consulat de Severus et de Jordanes = 470.

Perdue. — Fragment découvert « à S. IR.ÉNEE » (Maffei); « sur « la montagne de S. Irénée » (Journal de Trévoux).

Page 1