‹ Inscriptions antiques (volume 4)Chapitre 6 sur 276 · NE FORS TEMPORE P 0 S T V M 0 VIATOR · texte numérisé non relu

NE FORS TEMPORE P 0 S T V M 0 VIATOR

IGNORANS REVERENTIAM SEPVLTI 5 TELLVREM TERERES I N A G G E R R AT A M

PRAEFECTVS IACET HIC APOLLINARIS

POST PRAETORIA RECTA GALLIARVM

MOERENTIS PATRIAE SINV RECEPTVS

CONSVLTISSIMVS VTILISS1IVIV SQVE 10 RVRIS MILITIAE FORIQVE CVLTOR

EXEMPLOQVE ALIIS PERICVLOSO

LIBER SVB DOMINANTIBVS TYRANNIS

HAEC SED IYIAXIMA DIGNITAS PROBATVR

QVOD FRONTEM CRVCE M E M B R A FONTE PVRGANS 15 P R I M V S DE N V M E R 0 PATRVM S V 0 R V M

SACRIS SACRILEGIS RENVNTIAVIT

HOC PRIMVM EST DECVS HAEC SVPERBA VIRTVS

SPE PRAECEDERE QVOS HONORE IVNGAS

QVIQVE HIC SVNT TITVLIS PARES PARENTES 20 HOS ILLIC MERITIS SVPERVENIRE

C. Sailli Apollinaris Sidonii, Epist., III, 12. — Spon, Disc, sur une pierre antique, p. 30. — Ménestrier, Histoire consulaire, p. 147. — Delalande, Antiq. de la Haute-Loire, p. 58, — Germain,

Essai sur Apollinaris Sidonins, p. 14. — Grégoire et Collombet, Traduction des Œuvres de Sidoine, I. p. 282. — De Boissieu, p. S64. — Le Blant, I, p. 62.

Sérum post palruos patremqne canncn

Haud indignus avo uepos dicavi,

Ne fors tempore postumo. viator,

Ignorans reverentiam sepul/i, 5 Tellure ni ter ères iuaggerata/u.

Praefectus jacet hic Apollinaris

Post praetoria recta Galliarum

Moerentis patriae siuu receptus.

Cou stiltissini us u tiliss im usque 10 Ruris, militiae, forique cultor,

Exemploque aliis periculoso

Liber sub dominantibus tyrannis;

Haec sed maxima dignitas probatur

Qiiod frontem cruce, membra fonte purgans, ' 5 Primus de numéro patrum suorum

Sacris sacrilegis renuntiavit.

Hoc primum est decus, haec superba virtus ,

Spe praecedere quos honore jungas,

Qj tique hic su nt titulis pares parentes, 20 Hos illic meritis supervenir e.

« Petit-fils non indigne de mon aïeul, je lui ai consacré, après la

« mort de mes oncles paternels et de mon père, cette tardive

« épitaphe, afin qua l'avenir la terre affaissée de sa sépulture ne

« risque pas d'être foulée aux pieds par le passant, ignorant du

« respect dû à celui qui repose à cette place. Ici gît le préfet

« Apollinaris, qui, après avoir gouverné le prétoire des Gaules, a

« été reçu dans le sein de sa patrie désolée. Possesseur de grands

« domaines, illustre dans les armes et dans le barreau, il sut,

« exemple dangereux pour les autres, rester libre sous la domi- « nation des tyrans, mais ce qui lui fait honneur plus que ses « dignités, c'est d'avoir été le premier d'entre les siens, qui, purifiant « son front par la croix, ses membres par le baptême, ait renoncé « à un culte sacrilège. Le comble de la gloire est de surpasser en « espérances ceux qu'on égale en honneurs et d'être placé là-haut « par ses mérites au-dessus de ses pères quand on était ici-bas leur « égal par les titres ».

« Mais afin », écrit Sidoine à son neveu, « de rendre désor-

« mais impossibles de tels accidents... », c'est-à-dire qu'on puisse, faute d'indice, croire libre la place d'un ensevelissement, « je te « recommande de faire tout de suite, en mon absence et à mes « frais, relever la terre en un tertre sur lequel sera placée une « pierre polie portant une inscription. J'ai laissé au vénérable Gau- « dentius le prix de la pierre et de l'oeuvre. Les vers qui suivent,

« je les ai composés la nuit dernière Fais-les, je te prie.

« promptement graver et veille à ce que le lapicide ne fasse pas « de fautes. Commises par inadvertance ou à dessein, la malice du « lecteur ne manquerait pas de me les imputer plutôt qu'au qua- « drataire. Si tu t'acquittes avec empressement de ce que je te « demande, je t'en aurai autant de reconnaissance que si tu n'y « avais pas ta part d'honneur et de mérite; car c'est toi qui aurais « dû, en ta qualité de descendant et étant sur les lieux, te charger, « à la place de ton oncle absent, du soin de ce devoir ».

Secundus, à qui est adressée la lettre dont est extrait ce passage, était le fils du frère de Sidoine. Il n'y a aucune raison de douter qu'il ne se soit empressé de déférer au désir si instamment exprimé de son oncle, et que l'épitaphe n'ait été gravée sur la pierre destinée à marquer la place de la sépulture du grand-père.

Déjà (ci-dessus, II, p. 230) les circonstances qui ont motivé la rédaction tardive de cette épitaphe ont été rapportées : Sidoine, sorti de Lyon par la porte d'Auvergne, aperçoit, du haut du chemin,

des fossoyeurs, qui, « voyant le sol nivelé et croyant la place « vacante », s'apprêtent à creuser sur la tombe de son aïeul ; il s'élance avec colère, les atteint avant qu'ils aient pu fuir et les tue sur place. Déjà aussi nous avons essayé de flétrir cet insigne acte de cruauté ainsi que la conduite de l'évêque, — chrétien de nom, profondément païen de sentiments, — auquel, se voyant l'objet du blâme général, il a recours, espérant à peine, dit-il, son pardon. « L'homme saint et équitable », comme il l'appelle, non seulement s'abstient de tout reproche, mais encore ne trouve pour son action

coupable que des paroles de louange et d'encouragement!

A quoi bon alors l'Evangile? à quoi bon le sacrifice accompli sur le Calvaire pour le relèvement des faibles et l'abaissement des puissants, si les plus éminents princes du clergé viennent réhabiliter, glorifier même, au profit d'un grand et riche seigneur contre des infimes, les pires iniquités sociales du paganisme?

Toute païenne également est l'excessive et vaniteuse importance attachée par Sidoine à la dépouille mortelle. Il semble complètement ignorer que ce reste de la personne terrestre n'est qu'une poussière à peine digne de souci, et que l'âme est ailleurs.

Apollinaire, l'aïeul de Sidoine, a été préfet du prétoire des Gaules sous le tyran Constantin, proclamé en 407 et mort en 411.

De Boissieu place la confection de l'épitaphe d'Apollinaris « à peu « près à sa date », dit-il, « entre les années 473 et 475 ». Très sûrement il se trompe; il est impossible d'attribuer à Sidoine évêque, — et il l'était depuis la fin de 471 ou au plus tard depuis le commencement de 472, — les meurtres et le recours dont il vient d'être parlé. Il faut remonter beaucoup en arrière.

Sidoine n'explique pas clairement de quelle forme sera le tombeau décoré de l'épitaphe par lui composée à dessein de marquer la place de l'ensevelissement. Les mots quant (congeriem) laevigata pagina tegat et pretinm lapidis et operis, par lesquels il le désigne font bien voir qu'il s'agit d'une « pierre polie et inscrite », mais ne per-

mettent pas de bien reconnaître si cette pierre était une stèle fichée ou une dalle posée à plat sur le sol. La probabilité est en faveur de cette dernière disposition. De l'une ou de l'autre à un « mausolée » et même un « riche mausolée », il y a vraiment loin!

Epitaphe de Cesarius, datée du consulat d'Anastase et de Rufus = 492.

Perdue. — « Dans la cour de l'église SAINT-IRÉNÉE, sur la « porte du jardin de M. Margonne, était autrefois un petit « marbre blanc » (Spon); Lugduni ad S. henaeum (Maffei).

HOC TVMVLO Q VIESCIT BONE MEMO RIVS CESARIVS VIXI T ANVS XIV REOVIBIT 5 IN PACE SVB DIE X KAL

Page 1